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CHAPITRE IV

Nous avons suivi les Insectes dans leurs deux premiers états d'œuf et de larve ; maintenant nous voici arrivés à celui pendant lequel les organes de l’Insecte

(1) Voyez la planche 5 et l'explication qui l'accompagne.

parfaitrecoivent leur dernière préparation,et n’ont plus qu'une enveloppe à rejeter pour paraître tels qu'ils resteront désormais : dans ce nonvel état, les Insectes peuvent être divisés, comme les larves , en deux grandes divisions qui correspondent également à la métamorphose partielle et à la métamorphose complète.

1°. Ceux dont les nymphes ressemblent plus ou moins à la larve ;

2. Ceux dont les nymphes sont entièrement diflérentes des larvés dont elles proviennent.

À la première division appartiennent toutes les nymphes que Linné et Fabricius nommaient complétes, vu leur grande ressemblance avec l'Insecte parfait, c’est-à-dire celles des Dermaptères, des Orthoptères , des Hémiptères (sauf quelques exceptions déjà souvent indiquées pour cet ordre), des Libellulines, des ÆEphémères, et peut-être des Termites, parmi les Névroptères.

Dans les trois premiers ordres, les nymphes ne diffèrent de l’Insecte parfait qu’en ce que leurs ailes ne sont pas encore entièrement développées : la forme générale du corps et les parties de la bouche sont semblables, sauf peut-être quelques légères variations quant au développement de certaines de ces parties, et chez les Hémiptères de la section des Homoptères (Cigales , etc. ), quant à la longueur des pates postérieures qui sont souvent plus alongées qu’elles ne le resteront par la suite. Il est très-difficile, dans ces trois ordres, d'indiquer d’une manière précise le moment où la larve passe à l'état de nymphe; chaque fois qu'elle change de peau, les ailes se développant, et les autres organes, s'ils diflèrent de ceux de FInsecte parfait, se rapprochant de ceux de ce der-

nier. Le seul caractère qu'on puisse employer , est de dire que, devenus nymphes, les Insectes de ces ordres n’ont plus qu’une mue à subir , tandis qu'à l'état de larve ils en ont plusieurs. Mais la difliculté n’en est pas moins grande, de savoir quand il ne reste plus que cette dernière mue à éprouver ; aussi avOns-nous déjà dit, pour cette raison , que, dans ces ordres, la métamorphose et la mue paraissent se confondre.

La ressemblance des nymphes des Zibellulines et des Éphémères avec l’Insecte parfait est moins forte. Les premières conservent ce masque singulier qui recouvre la face et les parties de la bouche dans la larve ; et les secondes des mandibules et des mâchoires dont on retrouve à peine les rudimens dans le dernier état.

Il ne faut pas prendre à la rigueur le terme de rudimens dont on se sert souvent en parlant des ailes des nymphes à métamorphose incomplète. Ce mot ne se rapporte qu'à l'apparence extérieure ; car ces organes sont complets et simplement pliés longitudinalement et transversalement sous des étuis membraneux qui les enveloppent , et qui , lorsque le dernier changement a lieu, demeurent attachés à la dépouille de la nymphe. Chez les Hémiptères, les hémélytres recouvrent les ailes inférieures et les dérobent à la vue : mais dans les nymphes des Libellulines , les quatre ailes sont ordinairement visibles, quoique très-pelites, comparées à ce qu'elles seront plus tard chez l’Insecte parfait ; dans quelques espèces cependant leur grandeur est assez remarquable. Les Chermes nous en offrent un exemple.

Avec Latreille ncus appliquerons aux nymphes de cette première division Île nom de demi-nymphe (semi-nympha); Lamarck lui donne simplement le

nom de 7ymphe, terme que nous conlinuerons souvent à employer d'une manière générale pour désigner le troisième état, comme nous l'avons fait jusqu'ici.

La seconde grande division comprend toutes les nymphes qui appartiennent à la métamorphose complète, c'est-à-dire de tous les ordres autres que ceux mentionnés plus haut. Quoiqu'elles aient pour caractère commun de ne pas ressembler aux larves dont elles proviennent , on peut les partager en trois sousdivisions qui correspondent à trois des métamorphoses de Linné et de Fabricius :

1°. Celles chez qui toutes les parties de l'Insecte parfait étant repliées sous une peau membraneuse, qui s'applique exactement à chacune d'elles, sont visibles. Telles sont les nymphes des Siphonaptères, des Goléoptères, des Hyménoptères, des Névroptères {moins les exceptions mentionnées plus haut), et parmi les Diptères celles des Cousins, des Tipules, des Taons, des Bombyles, etc. Ges sortes de nymphes sont celles que Linné appelle fncomplètes (incompletæ), Lamarck Momies resserrées ( Mumiæ coarctatæ ) chez les Coléoptères et les Hyménoptères, 0 mies fausses nymphes (Mumiæ pseudonympheæ ) chez les Friganes, et Latreille simplement 7ymphes (1). Ce dernier terme sera celui que nous adopterons.

2°, Celles chez qui les parties de l’Insecte futur étant enveloppées d’une membrane plus dure, sont moins distinctement visibles que dans les précédentes. Le seul ordre des Lépidoptères tout entier constitue

(4) Cours d'entomologie, p 282.

NYMPHE » 173 cette sous-division. Cesont les 2ymphesemmaillotiées (AN. obtectæ ) de Linné, les Chrysalides de Latreille , Lamarck, et de tous les entomologistes en général. Le second de ces auteurs les appelle : Chrysalides à reliefs ( C. signatæ). Latreille, dans son Cours d’entomologie, propose d’ya jouter l’épithète de mummiformis, en forme de momie. Nous emploierons simplement le terme de Chrysalide.

3°. Enfin celles qui sont renfermées dans une peau opaque et épaisse qui n'est autre chose que celle de la larve, et qui ne permet de distinguer aucune des parties de l’Insecte parfait. Telles sont la plus grande partie de celles des Diptères, des genres #ouche, Æmpis , Conops , OEstre, etc. Ces dernières sont pour Linné des Nymphes resserrées (coarctatæ), pour Lamarck des Chrysalides en barillet (C. dolioloides), et pour Latreille des Pupes ( Pupæ) (1). Le nom de Linné sera celui que nous adopterons.

Il est presque impossible de présenter une division des nymphes qui soit irréprochable. Le tableau sui-

vant offre sous une forme plus concise celle qui précède :

I Nymphes mobiles et prenant de la nourriture. Demi-nymphes.

1. Parties de la bouche semblables à celles de l’Insecte parfait. Hémiptères.

2. Parties de la bouche différant de celles de l’Insecte parfait. Libellulines, Ephémères.

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