‹ Introduction à l'esthétique: les méthodes de l'esthétique, beauté naturelleChapitre 16 sur 97 · L'UNITÉ NATURALISTE DU BEAU · texte numérisé non relu

L'UNITÉ NATURALISTE DU BEAU

Notre sentiment du beau a deux sources : la nature et l'art. A peu d'exceptions près, les principaux théoriciens de l'esthétique font dériver la beauté artistique de ^la beauté naturelle. Il semble logique d'apparenter étroitement ces deux formes et de les subordonner Tune à l'autre : sous l'infinie diversité de ses aspects, la beauté est une ; et c'est une même pensée esthétique, une même conscience du beau que nous apportons dans la contemplation d'une symphonie ou d'un drame, œuvres intentionnelles de l'homme, et dans l'admiration d'un beau ciel ou d'un bel animal, produits de la nature indifférente. Peu importe l'objet que nous lui donnons : Tactivité que déploie notre conscience esthétique n'est-elle pas la môme dans les deux cas ? Or, en droit comme en fait, c'est la nature qui précède l'art.

Cette affirmation, répétée à satiété sous toutes les formes, paraît être l'évidence même. « L'œil, dit Léonard de Vinci, reçoit de la beauté peinte le

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plaisir que de la beauté réelle^ ». a Les beaux-arts^ dit Kant, Bont des arts dans la mesure où ils paraissent en même temps être de la naturel » L'opinion des artistes ou des critiques et le bon sens du public semblent s'accorder à unir plus tiirectement encore ces deux réalités : d'abord parce que les effets que nous demandons aux deux sont identiques ; ensuite parce que Fune n'est que la reproduction de Tautre.

Tout d'abord nous attendons les mêmes effets des deux sortes de beauté ; en d'autres termes^ les foncr tiong psychplogiques qu'elles ont à remplir paraissant identiques. Le résultat est seulement plus intense lorsqu'il s'agit de la nature que lorsqu'il s'agit de sa simple imitation : entre les deux, la différence ne saurait être que de degré, et l'on devine de quel côté penche la balance : les séduc*lions d'un coucher de soleil peint par le Lorrain ou Turner sont du même ordre que <;elles d'un eoucher de soleil réel dans un paysage splendide, puisque cellesJà n^ont d'autre objet que do nous /aire penser à celles'^ci. Mais combien le spectacle di la nature aurait plus de variété, plus d'éclat, plus de richesse! Qui doutera que Raphaël ait goftté un plaisir plus profond à contempler les traits de la Fomarina et à jouir de sa personnalité

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