‹ Introduction à l'esthétique: les méthodes de l'esthétique, beauté naturelleChapitre 45 sur 97 · J. Cohn, Aesthelik, p · texte numérisé non relu

J. Cohn, Aesthelik, p

3. St. Witasek, GrundzUge der allgemeinen Aesthetik, Leipzig, 1904, p. 372-3. — Werl und Schônheit, Archiv fiir systemaUsche Philosophie, 1902.

4. C.-D. Pflaum, Die Aufgabe wissenschaftlicher Aesthetik, ihid., t X, 1904.

et de mauvais goût » dépasse donc le domaine de la pure psychologie ^

Ces diverses formes du dualisme esthétique ont ce trait commun^ de présenter le lien des deux points de vue théorique et normatif comme une adjonction extérieure, une synthèse artificielle. Leur avantage est celui de tout dualisme: une exposition et une division simples et claires d'idées malaisées à délimiter exactement. Le moindre de leurs défauts est aussi celui de tous les dualismes : la difficulté de rejoindre les deux parties de la vie qu'on a arbitrairement séparées en compartiments étanches. Car la vie consciente n'admet pas de telles divisions : tout se tient en elle, tout s'y fond en degrés insensibles.

Il est beaucoup plus conforme aux tendances scientifiques modernes de considérer ce passage comme une progression continue et par conséquent comme une synthèse, mais naturelle, c'est-à-dire susceptible de loi : tout n'est-il pas dans la nature et dans la légalité ? Ainsi se présente l'éclectisme très conscient, et d'ailleurs fortement organisé, de Dessoir. Toute science, dit-il, est « technique » à quelque degré : elle transforme de quelque façon le monde pour le connaître. Toute classification est autre chose qu'une constatation de numéros d'ordre : elle est en outre une estimation person-

i . E. Meamann, Die Grênzen der psychologischen AesthêHk, dans : FesUchrift fUr M. Heinze, Berlin, 1906, p. 140 et 9Uiv.

nelle. Toute description est déjà une évaluation. « Entre les sciences pures et appliquées, descriptives et normatives, il n'est pas possible d'établir théoriquement une distinction sûre. » Ainsi en est-il des deux points de vue successifs de Testhétique * .

Enfln l'attitude éclectique de Volkelt se découvre la plus motivée et la plus méthodique. Les adversaires de Testhétique normative, dit-il, obéissent à deux mobiles opposés : ou bien la superstition de l'individualité libre et sans lois, et plus négativement la crainte exagérée de tout dogmatisme; ou bien, en sens opposé,la superstition des sciences de la nature, c'est-à-dire le prestige du milieu extérieur, le dédain pour l'observation intérieure de la conscience ^'

Mais n'y a-t-il pas en toutes choses des moyens fort acceptables, ou môme désirables, de dépasser l'individualité? Et Tesprit n'est-il pas, lui aussi, dans la nature ? A bien considérer les choses, tout fait psychologique devient une valeur lorsqu'il se pose comme un besoin, un devoir être, comme Texigence d'un but, d'un idéal quelconque dans la conscience. Car il n'y faut pas voir d'autre mystère. Aussi Volkelt a-t-il divisé le début de son grand ouvrage en deux parties : l'une descriptive, l'autre normative. Elles sont distinctes, mais insé-

1. M. Dessoir, Aesthelik und allgemeine Kunstwissenschaft, Leipzig, 1906, p. 96 et suiv.

2. J. Volkéiiy System der Aestketik. Mûnchen, 1905-1910 (en cours de publication), t. I, p. 43-6.

parables. La seconde se fonde sur la première, et réciproquement la simple analyse ne trouve de fil conducteur que dans les valeurs présupposées qui lui donnent seules sa raison d'être. On peut formuler ainsi le principe général de toute valeur : « Etant donnée l'existence d'un genre déterminé de buts doués de valeur pour Thumanité, le besoin se pose pour l'intuition, le sentiment ou la fantaisie, de se comporter de telle façon déterminée, et inversement de rejeter tout ce qui s'y oppose ». Or la psychologie purement descriptive ne suffit pas à rétablissement de telles normes. Des lors « l'alternative qui s'offre à l'esthétique, ce n'est pas : ou science normative ou science descriptive ; mais bien : ou science normative^ ou absolument pas d'esthétique comme science * » .

Telle est l'expression la plus correcte du problème, si toutefois nous retenons seulement de Yolkelt sa solution négative. Car sa pensée positive s'oriente vers des conceptions individualistes à tendances mystiques : ce qui dépasse l'individu dans sa propre pensée, s'est l'intuition d'un « je ne sais quoi »... si merveilleusement propre à résoudre tous les problèmes ! — Or la seule forme positive sous laquelle une discipline peut être conçue comme « plus que psychologique », c'est, croyonsnous, celle d'une « discipline sociologique ».

1. Ibid., t. I, p. 41, 46-7; voir : 74, 368; t. II, 19i0, p. 5.

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