‹ Introduction à l'esthétique; les méthodes de l'esthétique, beauté naturelle et beauté artistique, l'impressionnisme et le dogmatismeChapitre 19 sur 99 · V. Hugo, Préface de Cromwell · texte numérisé non relu

V. Hugo, Préface de Cromwell

l'unité naturaliste du beau 59

ide Tart qu'il la transforme à deux degrés au moins : d'abord en la choisissant belle, ensuite en idéaliisant encore cette nature déjà belle. On peut croire qu'après ces deux opérations elle sera en définitive suffisamment méconnaissable? Il n'en est rien : c'est elle qui reste encore le principe de Fart. (( Puisque Yessence de Vart est l'interprétation de [la belle nature, Tart est d'autant plus excellent, d'autant plus beau, d'autant plus art, que la nature qu'il interprète est plus belle, et qu'il l'interprète avec plus de puissance idéale^ ». Par une grâce d'état, rheureux non-sens des derniers mots vient neutraliser le remarquable contre-sens des premiers, et (( la face est sauve », comme disent les Chinois. On ne jongle pas impunément avec des entités, à moins que ces entités ne soient que des mots. Malheureusement, nature, belle nature, art, idéal même (s'il est réellement senti) : ce sont là des faits, et qui résistent opiniâtrement à la con tradiction. Aussi tous les écrivains n'ont-ils pas la contra- I diction aussi heureuse. Tel Quatremère de Quincy, lorsqu'il part de cette conception générale, qui évoque avant la lettre celle de Tarde : « on pourrait expliquer presque tout l'homme naturel et social par limitation » ; et en particulier il explique les beaux-arts par l'imitation de la nature. Mais [ d'autre part, dit-il, « il faut reconnaître dans chaque

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