BEAUTÉ ARTISTIQUE ET BEAUTE NATURELLE
un esprit insolent tout au moins, et ordinairement bas et commun, empêchant tout progrès et flétrissant tout pouvoir, encourageant les faiblesses, flattant les partialités... Il ne dessine rien de bien, celui qui n'a pas envie de dessiner n'importe quoi! Lorsqu'un bon peintre se récuse, c'est parce qu'il se sent humilié, non parce qu'il fait fi ; lorsqu'il s'arrête, c'est parce qu'il est rassasié, non parce qu'il trouve que la Nature lui donne une mauvaise nourriture. J'ai vu un homme d'un goût très pur s'arrêter pendant un quart d'heure pour contempler les petits canaux que la pluie venait de tracer dans un tas de cendres... L'art parfait perçoit et reflète l'ensemble de la Nature. L'art imparfait, qui est dédaigneux, rejette ou préfère \.. »
Ni purisme, ni sensualisme : naturalisme. Tel est le cri de guerre de l'école. (Car, malgré le vœu exprès de Ruskin, il y a des « Ruskiniens »). Dans Féternelle moisson de l'humanité, « les puristes prennent la belle farine et les sensualistes la balle et la paille. Quant aux naturalistes, ils emportent tout chez eux : d'une part ils font leur gâteau, et de Fautre ils rembourrent leur lit^ »
« L'art est adoration. » Mais la vérité prime encore le sentiment. « L'amour de la beauté exprimé par le peintre, voilà ce qui fait la gran-