‹ Introduction à l'esthétique; les méthodes de l'esthétique, beauté naturelle et beauté artistique, l'impressionnisme et le dogmatismeChapitre 54 sur 99 · Ihid., Série IV, p. vi-vii · texte numérisé non relu

Ihid., Série IV, p. vi-vii

Une page de Michelet fut un jour tournée en dérision par de bons critiques, parce qu'ils n'en savaient pas l'origine. « Cette page est admirable, mais, pour être admirée d'un consentement unanime, faut-il encore qu'elle soit signée . » a Par contre, ce qu'un grand nom recommande a chance d'être loué aveuglément. Victor Cousin découvrait dans Pascal des sublimités qu'on a reconnu être des fautes du copiste. Il s'extasiait, par exemple, sur certains « raccourcis d'abîme » qui proviennent d'une mauvaise lecture. On n'imagine pas M. Victor Cousin admirant des «raccourcis d'abîme » chez un de ses contemporains ». Autre mésaventure bien connue : « Ossian, quand on le croyait ancien, semblait l'égal d'Homère. On le méprise depuis qu'on sait que c'est Mac Pherson^ »

Ainsi, ou bien la tradition universelle dont se réclame pratiquement le dogmatisme n'existe réellement pas, ou bien elle n'est qu'une routine machinale, sans valeur et peu respectable.

«Faut-il donc ne faire ni esthétique ni critique? Je ne dis pas cela. Mais il faut savoir que c'est un art, et y mettre la passion et V agrément sans lesquels il n'y a point d'art^. »

« On ne peut prévoir aujourd'hui, quoi qu'on dise, le temps où la critique aura la rigueur d'une

Page 1