‹ Introduction à l'esthétique; les méthodes de l'esthétique, beauté naturelle et beauté artistique, l'impressionnisme et le dogmatismeChapitre 56 sur 99 · Vie Littéraire, Série III, p. xvii-xviii · texte numérisé non relu

Vie Littéraire, Série III, p. xvii-xviii

ne saurait trop espérer, et dont Anatole France lui-même au fond, et comme Renan son maître, n'a garde de désespérer. Seulement, à Fattitude ingrate et rébarbative du prophète ils préfèrent .tous les deux le tour d'esprit plus séduisant du conteur de mythes ; et comme il arrive chez Platon, il faut parfois prendre leurs mythes au sérieux : ils sont même la partie la plus sérieuse de leur philosophie ; et c'est quand ils plaisantent qu'il faut les croire. Il y a de fortes chances pour qu'ils aient au fond toute foi dans un avenir qu'ils commencent par railler, pour se donner plus de droits à l'attendre sans mécomptes.

Jules Lemaître s'est toujours refusé, à l'encontre de Brunetière, à distinguer entre aimer et juger, se plaire à une œuvre, et l'estimer belle. Il ne présente au public que « des impressions sincères notées avec soin^ ». Il définit la critique : « un art de jouir des livres, et d'enrichir et d'affiner par eux ses sensations^ ». Et il estime que, notre tempérament et nos goûts changeant avec l'âge et les circonstances, pour être sincères ces impressions ou sensations doivent être changeantes aussi, et par suite rejeter toute règle, toute méthode invariable. « Aimons les livres qui nous plaisent, sans nous

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