‹ Introduction à l'esthétique; les méthodes de l'esthétique, beauté naturelle et beauté artistique, l'impressionnisme et le dogmatismeChapitre 72 sur 99 · Tite-Live, p · texte numérisé non relu

Tite-Live, p

En 1857, dans une Préface qui a disparu de Tédition définitive de la Littérature Anglaise, Taine critiquait sévèrement le dilettantisme purement descriptif auquel se complaisait encore trop Sainte-Beuve. « L'homme, dit-il, n'est pas un assemblage de pièces continues ; il est un système et non un amas... C'est une force qu'il faut démêler ; ce ne sont pas des flots épars qu'on doit recueillir, mais une source qu'on doit atteindre... Si c'est beaucoup de faire voir un personnage, il est peut-être intéressant de le faire comprendre^. »

Ce qui est vrai des esprits est vrai des œuvres. (( Au fond de chaque oeuvre d'art est une idée de la nature et de la vie ; c'est cette idée qui mène le poète ; soit qu'il le sache, soit qu'il l'ignore, il écrit pour la rendre sensible ^ »

Ainsi la solidarité de toutes les parties de l'œuvre d'art permet à l'esthéticien les mêmes opérations que la «finalité interne» des organes permet au naturaliste : c'est-à-dire une longue déduction succédant aux inductions préliminaires.

Tout lecteur qui étudie dans une œuvre littéraire «les personnages ou caractères, l'action ou intrigue, le style ou façon d'écrire » verra se dégager, «s'il a quelque pratique de ce travail», «un certain état psychologique, dominateur et persis-

1. Cité par F. Hémon, Cours de Littérature ; La Critique, 1910, art. Taine, p. 16.

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