Taine. Histoire de la littérature anglaise, t. I, p
tant, qui est celui de son auteur. » Qu'il étende son examen à la vie, aux opinions, aux manières d'agir de Fauteur lui-même, et les résume en quelques formules : « il verra que ses sept ou huit formules dépendent les premières des autres ; que, la première étant donnée, les autres ne pouvaient être différentes;-., qu'elles forment un système comme un corps organisé ^ »
Dans ce corps organisé on retrouve toutes les lois de dépendance et de conditionnement réciproques qui règlent la classification ou l'évolution des organismes vivants : loi de connexion des caractères, de Cuvier; loi de balancement organique, de Geoffroy Saint-Hilaire ; principe de la subordination des caractères, commun à tous les classificateurs, depuis Jussieu et Linné ; hypothèses de Darwin sur la sélection naturelle. «Il suit de là qu'une carrière semblable à celle des sciences naturelles est ouverte aux sciences morales ^ »
Ainsi l'individualité n'est nullement absente de l'œuvre esthétique de Taine, comme on l'a trop souvent prétendu : ce qui ferait en son système une lacune ruineuse. Seulement, cette lacune n'est comblée que par une nouvelle méthode, dont le caractère le plus apparent est d'être moins inductive que déductive, et le plus profond d'être inté-