DANS LE MODE DES FESSES NON ENGAGÉ
Lorsque le siège se présente décomplété mode des fesses au détroit supérieur, l’accoucheur peut être obligé d’exécuter une manœuvre spéciale pour atteindre un pied ou pour l’abaisser avant de le saisir. C’est un cas particulier de l’extraction complète.
Les fesses sont encpre au détroit supérieur. Elles n’y sont plus assez mobiles pour qu’on puisse, à la façon dé Lachapelle, les soulever à pleine main et les reporter dans la fosse iliaque que regarde le sacrum, pendant qu’on abaisse la tête par une pression extérieure, double manœuvre qui abat le plan ventral et les pieds sur l’aire du détroit supérieur.
Elles sont fixées sur l’entrée du bassin, dans laquelle elles font parfois une saillie déjà notable, et tassées par un utérus vide d’eau et revenu sur luimême.
Dans ces conditions, pour aboutir avec la main, ce que nous conseillons exclusivement avec Mme Lachapelle, peut-on accrocher l’aine antérieure avec l’index et le médius recourbés et introduits soit en dehors soit en dedans de la cuisse ? Non, dans l’immense majorité des cas.
Peut-on songer, avec Barnes, à introduire la main dans l’utérus, le long de la face ventrale du fœtus, pour aller directement saisir un pied qui se trouve au niveau de la tête du fœtus, au fond de l’utérus ? Non, car dans les conditions où nous nous supposons placés, la base du coin pelvien fœtal ne peut être dépassée par les articulations métacarpo-phalangiennes des doigts.
Mais, si la main ne peut progresser jusqu’au fond de l’utérus, elle a tout au moins la libre exploration de toute la région engagée ; en particulier du côté du plan ventral du fœtus, elle peut, du bout des doigts, atteindre aisément à la hauteur du creux poplité des membres relevés. C’est assez, l’expérience l’a prouvé, pour rendre un pied accessible à la saisie. Vous allez voir comment on y réussit en suivant les conseils de M. Pinard.
Supposez une présentation du Siège décomplété mode des fesses, en position sacro-iLiAQUE-GAUCHE-<ï/i^erfewre (Fig. 164). Le ventre du fœtus, devant lequel les membres inférieurs étendus sont relevés et appliqués comme deux attelles, regarde à droite et un peu en arrière. Si nous pouvions abaisser le pied gauche qui est celui de la hanche antérieure, ce serait parfait !
INTERVENTION MANUELLE
Introduisez tout entière la main gauche dont la paume regarde le plan ventral du fœtus ; appliquez la face palmaire des doigts à la face ventrale du fœtus, tandis que le pouce montera derrière le sacrum. Que l’index et le médius se dressent le long de la cuisse antérieure, et montent jusqu’à ce que leur pulpe arrive au creux poplité. Alors, le médius légèrement écarté reste dans l’attente de la jambe que l’index va faire tomber en la forçant à se fléchir. A cet effet, le bout de l’index appuie fortement dans le creux poplité ou sur la saillie des tendons qui l’encadrent (fléchisseurs de la jambe ou ischiojambiers). Cette pression chasse le genou vers le flanc du fœtus, plus en arrière encore.
DANS l’accouchement PAR LE SIÈGE
Les muscles ischio-jambiers, distendus par la pression du doigt et par l’exagération de la flexion fémorale, fléchissent la jambe qui tombe à la place que lui a faite le refoulement du jarret, entre l’index et le médius qui la saisissent immédiatement, le talon battant le dos de la main.
En recourbant l’index ou le médius par-dessus la jambe abaissée, l’on saisit aisément le cou-de-pied qui, se trouvant pris entre les deux doigts, les suit dans le vagin, puis au dehors, dépliant le membre complètement. Vous pouvez désormais exercer des tractions efficaces d’après les règles indiquées plus haut.
Dans les positions droites, c’est la main droite, celle dont la paume regarde naturellement le ventre du fœtus, qu’il faut employer (Fig. 165).
PIGURE 165. — Mode des Fesses. — Position droite, abaissement du pied antérieur par l’action de l’index droit sur le jarret.
INTERVENTION MANUELLE