QUE PEUT-ON FftlRE AVEC LES WANCHES ET QUE DOIT-ON FAIRE
io Flexion ou dé flexion. — Quand la prise est bonne, que les cuillères embrassent de chaque côté les bosses pariétales et les saillies jugales, rien n’est plus facile à l’accoucheur que de fléchir ou de défléchir la tête, tout nu moins de contrecaiirer ou de favoriser ces mouvements.
Par exemple, lorsque l’occiput ou le menton se dégagent à la vulve, sous la symphyse, l’accoucheur favorise, en redressant les manches du forceps, les rabattant même sur le ventre de la mère, le mouvement de déflexion s’il s agit du SOMMET et le mouvement de flexion s’il s’agit de la face.
LE FORCEPS
2o Inclinaison latérale. — Le forceps peut encore, par des mouvements de latéralité, incliner ou redresser la tête inclinée, principalement dans le cas où l’on est obligé de saisir dans le plan bi-auriculo-bregmatique, c’est-à-dire en travers, d’une oreille à l’autre. Avec un forceps droit agissant comme une tenaille qui ébranle un clou, il suffirait de balancer latéralement les manches. Avec le forceps courbe, il faut saisir à pleine main les pédicules des cuillères et transporter ces pédicules du côté opposé au bec dont on veut abaisser la prise. Sur la fig. 260, le bec droit restant immobile, l’abaissement du bec G en G’ exige le transport des pédicules des cuillères suivant le petit arc indiqué par la flèche. Une main se charge de ce mouvement arqué, tandis que l’autre main, presque passive et tenant les manches, les transporte dans le même sens.
figure 260. - Prise .lu bec G ab.leebe p... „„
LE FORCEPS
30 Rotation. — Enfin, avec les manches du forceps, l’accoucheur peut provoquer ou entraver la rotation de la tête. Avec le forceps droit, rien ne serait plus simple que de faire tourner la tête. Il n’y aurait qu’à le prendre en main et à lui imposer des mouvements de pronation ou de supination.
Avec le forceps courbe, c’est tout autre chose. Permettez-nous de vous rappeler la pipe d’un tir tournant sur son tuyau vertical ; le fourneau, comparable comme direction aux cuillères du forceps, décrit un entonnoir. Eh bien! si l’on manœuvrait les manches du forceps en les faisant tourner sur leur axe, on imposerait aux cuillères un mouvement semblable à celui du fourneau de la pipe (Fig. 261). Leurs becs raboteraient l’intérieur du bassin.
figure 261. Forceps tournant sur l'axe des manches ; entonnoir décrit par les cuillères.
LE FORCEPS
On ne le fait que trop souvent, il ne faut pas le faire. Comment donc agir?
D’abord, examinez la figure 262 qui représente le forceps tournant autour de l’axe de ses cuillères, axe qui n’est autre que le grand axe de l’ovoïde céphalique lorsque la tête est bien saisie : le manche du forceps décrit nécessairement un mouvement d’entonnoir ou de circumduction et l’on voit, pointillée, la trajectoire des crochets, cercle d’environ 0m30 de diamètre.
La rotation de la tête impose un mouvement infundibuliforme aux manches du forceps ; réciproquement, un mouvement infundibuliforme des manches fait tourner la tête.
LE FORCEPS
Par exemple, quand la tête, portant le forceps et placée en pos. occipitoiliaque-gauche-antérieure, tourne pour devenir directe, occipito-pubienne, on voit les extrémités du manche, les crochets, décrire une partie correspondante du grand cercle, environ 1/8,45o.
La tête tournant meut le forceps comme l’homme meut son bras étendu pour tracer un cercle au tableau noir ou dans l’espace. C’est de la circumduction. •
Quand l’accoucheur veut favoriser la rotation, il doit donc imposer aux manches du forceps un mouvement de circumduction. Il prend du bout des doigts les crochets et leur fait décrire, dans le bon sens, un arc de cercle suffisant.
Lorsqu’on s’exerce sur le mannequin, l’on peut faire tourner la tête plusieurs fois et assez vite; l’opérateur qui dirige les extrémités des manches suivant une circonférence de 0m30 de diamètre environ, a l’air de vouloir évaser la vulve, comme lorsqu’on creuse un entonnoir dans le sable avec un pieu.
M. Chassagny, de Lyon, a consacré toute une vie, déjà longue, à la question du forceps. {Fonctions du forceps, Paris, 1886.)
Nous signalerons, d’une part, la traction continue mécanique et mesurée, sur des lacs attachés aux cuillères ; d’autre part, les perfectionnements apportés à la conformation des cuillères, des branches et du mode d’union du primitif forceps à branches parallèles.
Le forceps de M. Chassagny a les cuillères d’un Levret perfectionnées ; mais ses branches, au lieu de se croiser, vont s’articuler aux extrémités d’une barre d’union plus longue que la tête n’est large. L’instrument appliqué, «St serré par une ficelle, comme une pincette de cheminée par la main. Les deux articulations étant mobiles, les cuillères peuvent monter à une hauteur inégale et faire ainsi une prise irrégulière occipito-frontale, directe ou oblidne, relativement solide et inoffensive. Cet avantage peut ne pas être à dédaigner toujours, particulièrement au détroit supérieur.