‹ Introduction à l'étude clinique et à la pratique des accouchements. Anatomie, présentations et positions, mécanisme, toucher, manoeuvres, extraction du siège, version, forcepsChapitre 37 sur 71 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

APPLICATION DP FORCEPS

Le forceps, nous le savons, est fait pour s’appliquer et s’applique sur l’extrémité céphalique; le plus souvent sur la tête fléchie, le sommet; très exceptionnellement, même dans une grande Maternité, sur la tête défléchie, la FACE. Aussi, dans notre description du manuel opératoire, aiirons-nous spécialement en vue la présentation du Sommet. Le manuel opératoire pour chacune des positions de la Face étant le même que pour la position correspondante du Sommet, à quelques détails près, nous ne ferons que signaler brièvement ceux-ci dans un paragraphe spécial.

Commençons par indiquer quelques règles tout à fait générales, relatives à l’introduction et au placement des cuillères du forceps pour saisir la tête.

La main qui ne doit pas tenir le manche, pénètre d’abord et s’applique à la tête, absolument à la même place et de la même manière que va le faire la cuillère à laquelle elle servira de guide.

Or il n’y a place pour la main qu’en arrière, entre l’arc intersciatique et la tête. Dans cet arc, une main peut pénétrer en trois positions différentes:

lo A plat devant le coccyx en position directe sacrée;

2 o Obliquement à gauche entre le coccyx et l’ischion gauche, en position gauche postérieure;

3*» Obliquement à droite entre le coccyx et l’ischion droit, en position droite postérieure.

Donc les cuillères, toujours guidées par une main, ne peuvent pénétrer que dans ces trois positions: directe postérieure, gauche postérieure et droite postérieure.

Supposez qu’une cuillère pénètre d’elle-même en position directe postérieure, pour s’appliquer au méridien céphalique dirigé de la symphyse au coccyx, antéro-postérieur : cette cuillère fera descendre et abattra le crochet dans un plan parallèle au plan du méridien d’application, c’est-à-dire, dans

le cas particulier, dans un plan antéro-postérieur. Le plan du méridien de pénétration et celui dans lequel se meut nécessairement le crochet, orienté, on le sait, comme la face prenante de la cuillère, ont un écartement invariable qui dépend de la courbure pelvienne du forceps.

Mais la cuillère n’entre pas d’elle-même : il faut la conduire avec le manche, et son introduction ne sera bonne que si le crochet est toujours tenu et abaissé directement de haut en bas sans la moindre déviation latérale. Les figures 263 et 264 montrent la présentation (Fig. 263) et la pénétration (Fig. 264) de la cuillère gauche directement en arrière.

263. — Présentation de la cuillère pauche pour pénétrer directement en arrière de la tête représentée par une sphère grise, sur la ligne méridienne M que couvre l’axe de la mainguide. L’axe de la cuillère étant présenté sur le même méridien, le manche est incliné à gauche; et l’on sent que Si la cuillère pénètre sans dévier, le crochet s’abaissera dans le plan indiqué per la flèche descendante, plan parallèle au méridien d’application.

FIGURE 26i. — Introduction de la cuillère gauche directement en arrière, son axe ne quittant pas l’axe de la main-guide qui couvre la ligne méridienne M. La main qui tenait le crochet haut et à gauche s’est abaissée directement; elle est tout entière en dehors du bord radial de l’avant-bras guide. Le crochet n’a pas cessé de se tenir dans le plan d’abaissement ; il y était presque horizontal au début, on le voit presque vertical à la fin.

On y voit l’indication du méridien d’application et du plan d’abaissement du crochet.

La main qui manœuvre le manche, abaissée directement, est venue tomber en dehors du bord radial de l’avant-bras de la main-guide. C’est ainsi qu’il faut toujours faire, nécessairement, la preuve est évidente.

Les figures 265 et 266 représentent de même la présentation (Fig. 265) et la pénétration (Fig. 266) de la cuillère droite. On y voit le crochet descendre dans un plan vertical antéro-postérieur parallèle au méridien d’application.

FIGURE 265. — Présentation de la cuillère droite pour pénétrer directement en arrière sur la ligne méridienne M que couvre l’axe de la main-guide. La flèche descendante indique le sens dans lequel la main qui tient le manche doit l’abaisser.

FIGURE 266. — Introduction ds cuillère droite directement en arrière, son axe glissant sur l’axe de la mainguide qui couvre la ligne méridienne M- Le crochet est descendu directement dans un plan parallèle au méridien d’application.

S’agit-il de placer la cuillère gauche en position gauche postérieure, ou la cuillère droite en position droite postérieure, le plan du méridien d’application devient oblique. Aussi le crochet devra-t-il descendre dans un plan oblique, parallèle au méridien d’application indiqué toujours par l’axe de la main-guide et de son avant-bras.

Les figures 267 et 268 le montrent pour l’introduction de la cuillère gauche en position gauche postérieure.

f^IOURE 267. — Présentatioa de la cuillère gauche pour pénétrer en arrière et à gauche, sur la ligne méndieune oblique M que couvre l’axe de la main-guide. L’axe de la cuillère se confond encore dès le début avec le méridien d’application qui ici est OBüque ; aussi le manche est-il dressé un peu à droite du plan médian. Si la cuillère pénètre bien, sans dévier, comme il convient, l’on devine que le crochet descendra obliquement (flèche noire) dans un plan parallèle au méridien d’application.

FIGURE 268. — Introduction de la cuillère gauche en arrière et à gauche.

Son axe ne quitte pas l’axe de la mainguide qui couvre la ligne méridienne d’application M. La main qui tenait le manche dressé et un peu à droite du plan médian, s’est abaissée obliquement à gauche suivant la flèche descendante : elle est tout entière en dehors du bord radial de l’avant-bras guide. Le crochet qui était presque horizontal au début, se voit dressé à la fin, mais oblique comme le plan dans lequel il s’est abaissé.

De même, les figures ci-dessous, 269 et 270, exposent la mise en action de cette loi pour l’introduction de la cuillère droite en position droite postérieure.

Ici encore, dans les introductions obliques, et par conséquent toujours, la main qui tient le manche devra abaisser le crochet dans un plan parallèle au méridien d’application et venir tomber en dehors de l’avant-bras de la main-guide.

FIGURE 269. — Présentation de 1 cuillere droite pour pénétrer en arrièr et a droite, sur la ligne méridienn oûlique M que couvre l’axe de la maii ^ide. La flèche descendante indiqu le sens dans lequel le manche doit ôti abaissé pour enfoncer régulièrement 1 cuillère.

FIGURE 270. — Introduction de cuillère droite en arrière et à droite, son axe glissant sur l'axe de la mainguide qui couvre la ligne méridienne d’application M. Le crochet abaissé suivant la flèche, est descendu obliquement dans un plan parallèle au méridien d’application.

Mais, si l’on ne peut introduire les cuillères que dans les trois positions postérieures directe, gauche et droite, comment les amener dans les autres positions ?

Par un mouvement de circumduction plus ou moins étendu suivant le besoin.

271. — Évolution qu’il faut imposer au manche pour amener la cuillère gauche P Produite en arrière à gauche I, dans toutes les positions qu’il peut être utile de lui donner, ^our conduire la cuillère sur le côté, de 1 en II (45"), le manche passe de même de I en II écrivant aussi un arc de 45° ; en même temps son crochet, qui était oblique ascendant, evient tout à fait transversal.—Pour mener la cuillère de II en III, le manche II s’abaisse en et son crochet de transversal devient oblique descendant. — Enfin, le manche descendu ^ lui, avec son crochet pendant, a porté la cuillère directement en avant et c’est tout ce quon demande au forceps.

application du forceps

Les figures 271 et 272 ont été faites pour en démontrer le mécanisme. L une conduit la cuillère gauche, l’autre la cuillère droite, chacune de sa position d’introduction à l’une ou l’autre des trois autres positions : transversale, oblique antérieure ou antérieure directe qu’elle peut occuper.

introduite à droite^en^ardLe^lPlanche pour amener la cuillère droite Le manche I a on crochet oolio^ les positions qu’il peut être utile de lui donner,

devenu transversaUrSiUèrfjSssHn. ^ 'ul

fait avancer la cuillère en III et le crochet J® ~ manche II s'ubaissant en I| -

venant en IIII, dirige son crorhet en W descendant. - Enfin le manche lH

ge son crochet en bas et porte la cuillère directement en avant.

Observez la cuillère droite représentée ci-contre, figure 272. Introduite en position droite postérieure (I), elle dresse son manche et dirige son crochet obliquement à gauche de la mère. Regardez-la en position transversale II : le manche s’est abaissé, déjeté vers la gauche maternelle, orientant son crochet directement en travers. C’est donc par ce double mouvement abaissement et déjettement, et cette torsion de 45o que, manœuvrant la cuillère par le manche, vous pourrez l’amener de la position d’introduction droite postérieure I à la position transversale II.

Regardez la même cuillère en position oblique antérieure III : le manche s’est abaissé encore considérablement, et son crochet, qui a tourné une seconde fois de 45o, regarde maintenant obliquement en bas et à gauche. Par un abaissement et une torsion imposés et équivalents, vous ferez, quand vous voudrez, passer la cuillère de la position transversale II à la position oblique antérieure III.

De même vous irez jusqu’à mener la cuillère en position antérieure directe si vous amenez le manche à pendre obliquement en bas IIII, et si vous en tordez une troisième fois de 45o le crochet qui finalement se dirigera vers le sol.

Ainsi donc en trois étapes que dans la pratique on fait sans arrêt, voilà une cuillère, la droite, amenée de sa position de pénétration, droite postérieure, en position antérieure directe ; il n’en faut jamais plus.

Ce grand mouvement de la cuillère, rendu visible et amplifié par le mouvement du crochet agent puissant et index sûr, n’est pas sur la nature simplement circulaire parce que l’opérateur, en même temps qu’il fait tourner l’instrument, a soin de veiller à ce qu’il pénètre davantage. On peut donc dire que la cuillère décrit un mouvement spiroïde envahissant de plus 6n plus l’hémisphère supérieur de la tête. C’est le mouvement spiral de Mme Lachapelle.

Entrons dans la pratique :

La TÊTE FLÉCHIE, le SOMMET sur lequel nous avons à appliquer le forceps, P^nt se trouver dans deux situations très différentes qui doivent être étudiées à part.

Ou bien elle est descendue dans le bassin et arrêtée au-dessus du détroit ^i^férieur ; ou bien elle n’a pas encore franchi le détroit supérieur.

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