APPLICATION DU FORCEPS SUR LE SOMMET ARRIVÉ AU DÉTROIT INFÉRIEUR
La période de la dilatation de l’orifice utérin étant accomplie, on peut être obligé d’employer le forceps d’urgence, à quelque degré que soit arrivée la période d’expulsion. Il ne suffit pas en effet que les contractions utéroabdominales paraissent capables de terminer l’accouchement; il faut encore pouvoir leur donner, sans risques ni danger, le temps nécessaire à cette terminaison spontanée. Il suffirait peut-être de quelques minutes, d’une
demi-heure., mais quelquefois l’intérêt de la mère ou plus souvent celui
de l’enfant, exige l’intervention immédiate et rapide. C’est, pour la mère, l’éclampsie, les accidents gravido-cardiaques ; pour le fœtus, l’asphyxie (troubles de la circulation inter-utéro-placentairepar suite de la longue durée de la période de dilatation, embarras de la circulation funiculaire par compression du cordon, etc.). Dans ces conditions, le méconium évacué donne une coloration verdâtre au liquide amniotique qui s’écoule par le vagin ; les bruits du cœur sont irréguliers et ralentis même dans l’intervalle des contractions utérines.
Cette intervention rapide, urgente, est la moins fréquente.
Le plus souvent, l’on intervient à cause de la lenteur de la période d’expulsion. Lorsque aucune complication ne vient entraver celle-ci, l’on attend deux heures environ après avoir constaté la dilatation complète et rompu la poche des eaux si (ce qui est commun) elle existait encore à ce moment. Pendant ces deux heures, l’immense majorité des accouchements par le Sommet se terminent seuls et doivent être simplement surveillés.
Mais, environ quatre fois sur cent dans les positions antérieures, environ dix fois sur cent dans les positions postérieures, l’accoucheur est obligé ou fait bien d’avoir recours au forceps, instrument inofîensif dans des mains exercées. Car après les deux heures d’attente normale (chiffre approximatif évidemment arbitraire), il n’est plus possible de fixer à la parturiente et à son entourage le moment probable de la délivrance ; car les parties molles de l’excavation peuvent être compromises dans leur vitalité si on les laisse
trop longtemps soumises à la compression que les os.
leur fait subir la tête contre