DES PLANTES PARASITES ET FAUSSES PARASITES
LHnQuence des plantes parasites sur les plantes qu'elles attaquent se lie trop intimement à la manière de vivre de ces végétaux, pour qu'il soit possible de parler séparément des deux objets.
Les botanistes distinguent \es fausses parasites des parasites proprement dites.
Les premières , telles que le lierre , plusieurs orchidées des pays chauds , certaines mousses , plusieurs lichens et champignons, vivent habituellement à la surface d'autres végétaux , sans en tirer directement aucune
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nourriture. C'est comme appui, et grâce à ane pelitequin* tité d*humidité superficielle , que cette station leur convient, mais aucun organe ne pénètre dans Tintérieurdela plante attaquée, et les fausses parasites vivent également bien sur un mur légèrement humide, pourvu que Tëtat de la surface leur permette de s'y accrocher* D'autres espècessont semées fréquemment par les oiseaux dans les cavités des arbres et se développent bien dans le terreta ligneux qui s'y trouve. D'autres , sous forme de lianes, se jettent sur les plantes et les entourent. Ces végétaux faussement parasites n'ont d'autre inconvénient pour leurs supports que d'entretenir à la surface une humidité peu favorable, de receler des insectes nuisibki, d'élreindre trop fortement des tiges ou rameaux qui demandent à grossir, et de gêner les feuilles par un développement trop vigoureux.
Les vraies parasites vivent aux dépens d'une plante étrangère, elles en tirent un suc plus ou moins abondant. N'étant pas douées d'organes complets , propres à élaborer les sucs , elles ne rendent rien de nutritif à leur support, et ne peuvent que lui nuire. Quant à leur manière de végéter, M. de Candolle les classe à peu près comme suit (i) :
(i)Phys. vcg., p. i4o3.
PHENOMENES ciN^RAUX DE VEGETATION.
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Toutes les parasites phanéro^mes attaquent lesplantes par rextërieur, aucune ne se développe à rintérieor. Au contraire, parmi les parasites cryptogames , les unes naissent à la surface, comme les erysiphe , rhizoclùnia , etc. ; les autres , et c'est le plus grand nombre, à rintérieur, près de la surface, comme les uredo, pucdnia, etc. Les parasites phanérogames n'ont que de trèspetites feuilles sous forme d'écaillés. Les loranthacées, dont le gui fait partie, sont une exception.
Les parasites superficielles des racines (radicicoles) s'implantent diversement dans le corps de la racine. Les unes (monobases) par un seul point qui semble être la base de la tige ou l'extrémité d'une racine unique^ c'est le cas de quelques orobanches, de ce genre rafflesia et d'autres cytinées dont la fleur sort de terre comme une énorme tête de chou , avec la coulear et la consistance d'un champignon (i).
D'autres (poljrhizes) émMexïX , outre la racine implantée dans le support , d'autres racines non parasites qui probablement absorbent de l'eau dans le sol , comme une racine ordinaire. C'est le cas de la plupart des orobanches. Probablement elles finissent assez fréquemment par n'être plus parasites.
Enfin , le lailirœa squamaria (polystomé) , décrit avec soin par M. Bowman ('2), tient par le bas de sa lige à la racine qui lui sert de suppori , et émet latéralement des racines terminées par des suçoirs renflés,
* (i) K. Br. , Account of rafflesia , in-4o, avec pi. -— Blith. , Flor. jav. , in-folio.
(a) Trans» linn, soe, Lond,^ XV, p. 899 , pi. ai«
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qui s^implantent dans la racine étrangère. Les rhizoctones , qui font tant de dégât dans les champs de luzerne (i) et de safran (a), se composent d'un petit corps arrondi , lequel émet autour des racines une multitude de filets en réseau. Ces filets absorbent les sucs et tuent la plante.
Les parasites caulicoles ont quelquefois des suçoirs , comme on le voit dans les cuscutes, ces fils déliés et blanchâtres qui s'entortillent autour du trèfle, de la Tigne (dans le midi de la France) et d'autres dicotylédones. Le gui a une radicule qui perce Técorce des arbres, puis s'implante dans le corps ligneux, avec lequel il se greffe intimement (3). D'autres loranlhacées, outre la racine principale soudée au bois , émettent des racines qui serpentent entre le corps ligneux et l'écorce (4). Le gui a été trouvé sur presque tous les arbres dicotylédones , excepté sur ceux qui ont un suc laiteux. Les autres lorantbacées paraissent plus bornées à une ou plusieurs espèces.
Les auteurs se sont partagés quant à l'origine des parasites intestinales, c'est-à-dire qui sortent du tissu même des végétaux. Quelques-uns, notamment M. Turpin , les regardent comme des altérations maladives du tissu , mais cette opinion est admise par peu de personnes, à cause de l'analogie extrême des puccinia^ œcidium^ etc., avec certaines cryptogames qui ne sont pas parasites.
(i) DC. , Mcm. du mus. d'hist. nat., II , 1809 , p. 209, avec pi. (9.) BcLL. , Champ. , 81, p. 466.
(3) DC, Mëm. sur la vëg. du gui, prem. vol. des Mem. dessavaos étrangers ; Physiol. vég. , p. 1409. — Dut&ochbt, Recherch. anat., ttn Tolume in-S**.
(4) DC, Ph)siol. tég., p. 141).
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En admettant que ces corps et globules qui sortent des végétaux en rompant répiderme soient bien des parasites , on s'est demandé comment ils naissent à rintérieur. Quelques savans ont cru qu'ils pénètrent par les stomates; mais ils viennent dans des espèces et des organes dépourvus de ces ouvertures. M. de Candolle (i) a émis Tidée que la poussière reproductrice de ces végétaux , absorbée par les racines avec Teau du terrain , se trouve charriée dans la sève jusqu^aux o^ ganes supérieurs et sur divers points de la surface; que là ils se développent et percent Tépiderme , quand la nature de la plante et les circonstances, le leur permettent. Cette hypothèse repose sur les faits et les raisonnemens qui suivent : i® les organes où la sève se porte avec le plus d'abondance sont ceux où se développent les parasites intestinaux , car il y en a sur tous les organes aériens et jamais sur les racines ^ 2<> ils se développent surtout dans les années humides où Tabsorption est abondante -, 3^ ils sont très-fréquens dans les endroits où Tannée précédente il y a eu des parasites de ce genre , et se développent quand on a semé leur poussière dans le terrain , plus que quand les feuilles mêmes en ont été saupoudrées (a). M. Bénédict Prévost (3) ayant semé du blé saupoudré de poussière de carie , a obtenu une récolte où, sur trois plantes, une avait la carie , tandis que les graines non saupoudrées ont donné une plante cariée sur 1 5o ; 4^ 1^ procédé du chaulage,
(i) DC, Ann. du mus. d^hist. nat. , IX , 1807 p p. 56.
(2) RjriGHT, Tmns. hort. soc. Lond. ^ II , p. 18a , 1817.
(3) Sur la cause de la carie , îa-8^, Montauban, 1807 ; et Rtcucil BfronoiD. de Tarn-et-Garonne y 1 9 n° 9 , 1809.
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qui consiste à mélanger les graines que Ton sème avec de l'arsenic , du sulfate de cuivre ou toute autre substance vénéneuse, diminue certainement le nombre des pieds atteints par la rouille ou la carie (i). Or, il ne se comprend que si Ton suppose une action délétère sur les graines de parasites, qui, sans cela, auraient pénétré dans la jeune plante, pendant ou après la germination.
(i) D'après Benëdict Prcvost, du blé chaulé avec du siilFate de cuivre n^a donné qu^un épi carié sur 4,ooo , sans cette opération I sur i5o, et en mélangeant avec de la poussière de carie, i sur 3.