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I. Pollen composé de grains isolés

A. Sans ouvertures préexistantes : ,

1° Enveloppe extërieure uniforme. Cinq variétés , suivant que la forme est -irrëgulière , ovale , triangulaire , arrondie à surface Hsse, ou arrondie à surface hérissée.

%^ Enveloppe extérieure divisée en plusieurs parties par des raies ou des bandes incolores. Deux variétés selon ces raies.

B. Avec des ouvertures préexistantes :

i*^ Une ouverture.

î4" Ûes ouvertures nombreuses disjiosées en cercle. Vingt variétés selon la forme des grains , la prësence ou Tabsence et le nombre des sillons qui distinguent souvent ce genre de pollen , et Fétat delà surface.

3<» Des ouvertures non\breuses dispersées uniformifment. Trois variétés.

ORGAlfES DE LA RKMIODVCTIOK. 149

II, Pollen, composé de grains (iggloniérés régulièrement en nombre définie

A. Quatre grains réunis ensemble.

i" Sans ouTerture prëeiistante.

a* Arec des oaTertoTM.

B. Seixe grains réunb ensemble,

in. Pollen composé de grains groupés par masses ,

en nombre ùtdéftnL

On le classe suivant la forme de ces masses.

§ 5. — De lafoinlla.

La foviUa ressemble au premier coup d'œil à un liquide trouUe et visqueux qui se mélange mal avec le liquide dans lequel on met le grain de pollen pour ^observer. Avec plus d'attention, on reconnait qu'elle est contenue dans la membrane ou bovau sans ouverture décrit ci-dessus. Les granules qui lui donnent une couleur trouble ne peuvent sortir que par la rupture irrégulière, assez facile, de celte enveloppe. On les voit se mouvoir dans le tube^ et , lorsqu'ils sont répandus dans l'eau du porte-objet du microscope, ce mouvement , à la fois de translation irrégulière et de trépidation , devient a^sez manifeste.

Quelques molécules plus grosses , d'une forme moins constante , se trouve mélangées avec les granules et ont moins de mouvement. Les granules varient de forme et de grosseur d'une plante à l'autre ^ mais sont trèssemblables entre eux dans la même espèce. D'après M. Ad. Brongniart (An. des se. nat., XII, p. 5i) ils sont sphérimies , ellipsoïdes ou cylindriques. Le dia-

IBO OUGÀBrOGRAPfllE.

mètre des premiers varie d'un sept centième de millimètre (dans le cèdre, le datura meteï) à un deux centième (dans le pin maritime).

Les autres varient entre les extrêmes «omme sliit : dans le cobœa un quatre cent vingtième de longueur sur

un sept centième de largeur •, dans ï hibiscus syriacus un cent seizième et un trois cent soixantième. Ce sont les agens essentiels de la fécondation^ en sorte que tout ce qui les concerne est très-important.

Les naturalistes et les physiciens se sont partagés sur la nature du mouvement des globules. M. R. Brown ayant découvert que les molécules de tous les corps, même des minéraux, odi^ des mouvemens analogues, quand elles sont réduites à une extrême ténuité, on peut en conclure que ce phénomène ne dépend plus de l'organisation , et sort par conséquent du domaine de l'histoire naturelle. Cest aux physicien» d^étudier les mouvemens moléculaires. Je Ihe borne seuletnenti rappeler ici que , vu les lois de'rattractibn et TinAuence universelle de la chaleur, de Félectricité et de la lumière sur tous les corps de la nature , Tétat de repos oti d'équilibre absolu est une conception de notre esprit, qui)' en fait, a infiniment peu de chances de se réaliser.

AKTÏCLE V, DU PISTIL OU DES CAEPELLES (l).

La dernière série d'organes , en marchant vers Tihtérieur de la fleur, se composé de feuilles plus ou moins repliées du côté interne , et qui portent sur leurs bords les ovules destinés à devenir des graines. Ces «feuilles se nomment carpelles (carpella), pour indiquer que ce

(i) Payez pi. 3 et 4.

ORGANES DE LA ltEI»llODUCTION« 151

sont de petits fruits ou élémens du fruit (i). On les désigne aussi sous Tancien nom de pistil ( pisiillum ) , qui s'appliquait autrefois à l'ensemble de Torgane^ quelle que fiit sa nature , et aujourd'hui de préft^rencc aux carpelles soudes.

Lorsque les carpelles sont peu nombreux , leur position au centre de la fleur est aussi régulière que celle ijes autres organes. Ils paraissent alors sur un seul verticille dont les pièces sont , dans rétât normal , aller- Bes avec le rang intérieur des ëtamines -, souvent néanmoins le nombre des* carpelles est plus petit que celui des pièces du Terticille intérieur des élamines , ou étant égal , les parties sont opposées. Quelquefois il y a un nombre très-considérable de carpelles , qui sont alors disposés en spirale ou accumulés irrégulièrement sur Taxe de la fleur (magnoliacécs, renonculacées, etc.).

L^axe de la fleur, c'esl-à-dire Texlrémité du.pédicelle qui donne naissance aux organes de la fleur , peut se prolonger plus ou moins. Tantôt cet axe s'arrête brtiscpiement au point où naissent les carpelles-, tantôt il se prolonge un peu de manière à élever leur base audessus de celle des étamines , comme on le voit dans plusieurs renonculacées \ enfin , il arrive aussi que l'axe se prolonge beaucoup , et alors il porte en général un grand nombre de carpelles. Dans les géraniacées, les carpelles -sont pendans le long de cet axe , duquel ils se détachent à la maturité de bas en haut. Dans les magnolias , le tulipier , quelques renoncules , il y a un grand nombre de carpelles disposés en épis sur l'axe prolongé ; dans la frabe, l'axe est^ charnu, et les petits grains à la surface de la partie qui se mange sont les

(i) Du mot grec K'-<^x9i , fruit.

iW OftGAMOGRAPHlE.

carpelles. Dans les rosiers au contraire » Taxe est infiniment raccourci , de telle sorte que les carpelles naissent au*dessous du niveau des étamines et des pétales , et sont comme enfouis dans le fond de la fleur* Ces modifications ne portent que sur Télévation des carpelles et non sur leur position relative , vers le centre de la fleur, autour de Taxe ou de sou prolongement idéal.

Le support des carpelles , lorsqu'il existe , se nonmie gynophoj'e (gynophonim) ou thécaphoi^ (^ihecaphth rum). Il a plusieurs pouces de longueur dans quelques capparidées, mais il manque plus communément, en sorte que les carpelles sont presque toujours sessiles.

Les carpelles sont renflés à la base , ou au-dessus du thécaphorc \ cette partie se nomme Xov4dre (pt^arium). C'est le limbe de la feuille carpellaire dans sa portion la plus. large. C'est aussi la partie la plus importante, puisque c'est là que se développent les germes. Ceux-ci sont rangés à l'intérieur sur les deux bords, qui se replient vers le centre de la fleur et se soudent, au moins dans tous les carpelles isolés. Les ovules sont ainsi contenus sur le bord interne de cette cavité , que Ton nomme vulgairement la gousse , dans les pois , les haricots, etc.

Le style (stylus) est un prolongement supéiîeur de l'ovaire , beaucoup plus étroit que lui , souvent mince comme un fil.

£nfiu le carpelle se termine par un ou deux stigmcr tes (stigmata), qui sont des points dépourvus d'épiderme. où le tissu cellulaire misa nu, enduit d'une humeur visqueuse qu'il sécrète , jouit un instant de la propriété d'absorber les liquides , surtoitt la fovilla. On a comparé avec raison cet organe aux spongiolcs.

L'extrémité du style se divise quelquefois en deux branches principales , et même en plusieurs autres

OEailfES DB LA ftEPlIODUCTlOir. 155

moins caractërisées : dans ces cas on ne regarde comme sti^ates distiocts que les surfaces où le tissu cellulaire étant à nu offire ces papilles, cette apparence veloutée et gluante, qui caractérisent les stigmates. Cet organe a tantôt la forme d'un point arrondi (sL punctiformo) ^ tantôt d^une petite tête (st. capitatum), ou d'une petite branche, d'une lame, etc.

Les carpelles naissent très-souvent soudés , soit par les ovaires, oomme on le voit dans les nigelles, les ancolies, etc.; soit par les styles, comme dans les ascle^ pins ; soit par les stigmates seulement , comme dans certaines anonacées; soit par ces trois parties en même temps , ou plus communément encore par Tovaire et le style. Les anciens botanistes regardaient ces organes composés de pièces soudées comme des organes simples, et encore- aujourd'hui on applique à plusieurs ovaires soudés le terme dWaire, à plusieurs styles réunis intimement celui de style ^ etc. On dit, dans ce sens, qu'une fleur est monostyle, quand les styles sont soudés en un, tandis que le mot gfamo5t>^fe, proposé par M. de Candolle, vaudrait mieux. Nous parlerons de nouveau de ces soudures à l'occasion du fruit.

L*anal6giedes carpelles avec les feuilles est plus claire que celle des étamines et des pétales. Ce n'est pas seulement à cause de l'arrangement en spirales qu'ils offrent quelquefois comme les feuilles, mais de la consistance foliacée de plusieurs de leurs nervures , de leurs stomates , du rôle qu'ils jouent à l'égard de la lumière et des gaz. On connaît des feuilles (celles dubryophyllum) dont les bords , comme ceux des carpelles , donnent naissance a des -germes lorsqu'elles sont posées sur delà terre humide. Enfin , on voit des carpelles se développer en feuilles par quelque accident de végétation. Quiconque exu-

IM ORGAIfOORlraiE. «

mine les carpelles d'hellébore, d'aconit, de bftgiienni- Hier, etc. , peut s'assnrer de leur analogie avec les feuilles.

DE l'eSTIVATION OU PKÉFL0»Al8Olf .

L' estimation {œstivatio) est la position relative des parties d'un même verticille floral, avant Vépanouissement de la fleur. C'est, en d'autres termes^ pour les organes floraux, la même chose que la vemation des feuilles.

L'irrégularité de quelques fleurs rend leur estivatkm compliquée et bizarre , mais dans les fleurs réguliërcs on peut distinguer les cas suivans.

D'abord^ en considérant chaque verticille isolément:

i"" L'estivation volvaire (yaharis)^ dans laquelle les parties où les lobes d'un verticiUe se louchent par les bords sans se recouvrir mutuellement^ exemples: les sépales des clématites, des malvacées, 1^ pétales delà vigne, etc.;

a** Induplicatwe (JndupUcaùva), où les bords sont un peu. recourbés en dedans de la fleur;

3° Réduplicative {reduplicativa)^ où les bords sont recourbés en dehors, comme les pétales des onbellifères ;

4"* Tordue ou tortillée (coraforfa), où chaque pièce d'un verticille recouvre d'un côté et est recourerle de l'autre, relativement aux deux pièces voisines; exemple : la corolle des malvacées , apocinées, œillets , etc. ;

5* Quinconciale (quincuncialis) ^ lorsque sur cinq parties , il y en a trois extérieures et deux intérieures, ou vice Dersd^ comme dans le calice des cistes, des rosiers, etc. On appelle souvent ces estivations etnhriquées

OBGANES DE LA mEFEODUCTIOIV. 185

(imbricifta). On confond aussi sous ce nom le cas où il y a une pièce extérieure , une intérieure, et trois recouvertes sur un des bords et libres deTautre. Dans ces divers cas, on est porté à croire qa il y a deux verticilles soudés ou que certaines parties se sont développées plus tôt que les autres.

En considérant plusieurs verticilles emboîtés dans le bouton de la fleur, on reconnaît :

1* Une estivation aïîematwe {ahematis^à)^ lorsque les fHèces du deuxième rang alternent exactement avec celles' du premier et du troisième , comme dans les pétales de nymphéacées ;

»• Jmbricatii/e (imbricaiwa) , lorsque les pièces des divers verticilles se recouvrent comme les tuiles d'un toit, mais moins régulièrement; exemple : les involucres de composées;

3* Oppositairc , dans le cas bien rare où des pétales sont tigoureu9ement les uns devant les autres^ sur deux verticilles; exemple : epimedîum , leontîce.

Les pétales , étamines ou carpelles, vus dans le bouton , sont tantôt droits , tantôt roulés en dedans (estiv. involutwe)^ ou recourbés en dedans (réplicatwe) ^ ou roulés en crosse (estiv. circinnale) , quelquefois tournés sur eux-mêmes en spirale. Ces organes croissent principalement par la base , en sorte que les lobes de corolles polypétales paraissent avant les tubes , les anthères avant les filets, etc.

Le grand nombre des eslivations quinconciales de divers genres confirme dans l'idée que les parties de la fleur naissent comme les feuilles, et que les verticilles ne sont que de? portions de spires très-peu montantes-

156 ORGANOGBAPHIE.

ARTICLE Vn.

DE L^ ADHÉRENCE DES ORGAITES FLO&lUx(l)«

Nous avons vu que les sépales sont fréquemment soadé^ entre eux , que les pétales et surtout les étamines naissent dans bien des cas soudés intimement , quoique disposés sur plusieurs verticilles concentriques. Il en est de même d^ organes voisins de nature diverse, comme les sépales et les pétales , les pétales et les étamines ^ les étamines et les carpelles , ou enfin plusieurs de ces verticilles à la fois. Ils peuvent être réunis par une soi^ dure dont la cause remonte à la naissance des org»* nés. C'est du moins par une supposition de ce genre que Ton concilie les formes diverses de plusieurs fleurs, avec la position régulière que la théorie assigne à chaque organe, d'après Tobservation des plantes qui semblent organisées de la manière la plus claire.

Dans la classe appelée ihalamiflores , tous les verticilles de nature diverse , sépales, pétales, étamines et carpelles , sont distincts les uns des autres dès leur base. Le torus sur lequel ik naissent offre cependant des formes assez diverses , qui font paraître telle ou telle partie de la fleur plus élevée que les autres. Ainsi , dans les renoncules , les magnolias , etc. , le torus est conique vers le centre, là où sont les carpelles, et ce cône s'épanouit plus ou moins sur les.:bords, là où naissent les autres organes. Dans les anonacées, où le torus a souvent cette forme conique , on voit aussi des genre&-(câp2(H cline) où il est concave au centre et renflé au-dessous des étamines , en sorte que celles-ci naissent sur un plan plus élevé que les pétales, tandis que les carpelles sont

(i) f^ojrez pi. 3 et 4-

OaCllfis DB LA REPRODVCTfOir. I5T

enfouis dans une cavité. Dans tous ces cas néanmoins , le torus est bien distinct des organes superposés , lesquels sont aussi distincts entre eux. Il en est de même dans les capparidées, où la base des carpelles est entourée d'un prolongement du torus , en forme d'anneau.

Dans d'autres cas , il est quelquefois difficile de dire où commencent les organes insérés sur le torus , et où finit celui-ci, car lorsque les étamines, par exemple, ne sont pas clairement articulées sur le torus , ce qui arrive surtout lorsqu'elles sont soudées entre elles , on est embarrassé de dire si le fruit est entouré d'un prolongement du torus, ou de la base des étamincs soudées. Ce doute se présente dans les nymphéacées et dans le pœoma mouton j par exemple. ^Néanmoins, on classe toutes ces plantes parmi les thalamiQores. Lorsque leurs étamines sont manifestement au-dessous des carpelles , on dit qu'elles sont Itjrpogynes.

Dans la grande classe des plantes appelées caUciflo» res , les pétales et les étamines semblent naître sur le calice , soit parce que la base de ces organes est soudée avec le calice, soit parce que le torus, dans la partie où il donne naissance aUx étamines et aux pétales, se trouve adhérent au calice. Cette dernière explication, proposée par M. de CandoUe , parait la plus naturelle dans bien des cas, puisque l'on ne voit ordinairement aucune trace de la base des organes en dedans du tube du calice , tandis que lorsque les étamines sont soudées avec la corolle , on peut presque toujours suivre de l'œil le iilct soudé, en dedans de la corolle. Les étamines et les pétales des caliciQores naissent plus ou moins haut sur le calice , selon que la soudure est plus ou moins prolongée. Dans ce cas , les étamines sont àiiespérigjrnes. Il peut arriver que le torus se prolongeant entre lea

458 OAGANOGBAPHIE.

carpelles et le calice , se soude également à ces deux organes. Tel est le moyen de concevoir rorganîsatimn dés plantes où Tovaire est soudé avec le calice et oà les pétales et étamines semblent naître au point où kl deux autres organes se séparent. C'est ce que Ton désigne en botanique en disant que Tovaire est adhérait au calice ou infère {ovarium adhœrens^ inferiim)^ ou que le calice est adhérent à Tovaire. Lorsque cette soudure n'a pas lieu , Tovaire est dit libre ou supère (libû' rum^ superum)^ par opposition au premier cas. Dans In plantes à ovaire adhérent , on voit fréquemment à la surface supérieure de Tovaire un disque analogue an torus des thalamiflores, sur le bord duquel naissent les étamines et les pétales. L'analogie de consistance, de couleur et de nature , de ce disque supérieur svee la yrais torus , confirme Tidée que Tadhérence de ronôre et du calice tient à ce que le torus se prolonge entre deux , plutôt qu!à Tinlerposition de la simple base des étamines et des pétales.

Comme dans ce cas , au moins quand Tovaire est tout-à-fait adhérent, les étamines naissent au*-dessu8de l'ovaire, on dit qu'elles sont épigynes^ ce qui se voit bien dans lesombellifères, par exemple.

Les corolliflores sont une autre grande classe des dicotylédones, où les étamines sont simplement soudées par le filet avec la corolle. La trace du filet se voit ordinairement sur le tube de la corolle entre les lobes; Lei datura^ conifolvulus (liserons), les labiées, en sont des exemples.

En général, les soudures des organes floraux expliquent assez bien toutes ces différences d'organisation, en apparence bizarres •, de telle sorte , que si l'on pe* monte par la pensée à la base véritable de chaque or-

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