‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 32 sur 130 · ORGANES DE LA BEPRODUGTION · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA BEPRODUGTION

gane, on retrouve toujours la succession régulière des organes, delà circonférence au centre. Le torus, qui dins les âialamiflores soulève ou supporte quelques orgmes au-dessus des autres, dans les caliciflores s*intercak entre les carpelles et le calice , et se soude diversement, soit avec le calice tout seul, soit avec le calice et les carpelles à la fois.

Bt i.*ABS]nrcc ou avortement de quÈlques-uzts nas oaoAirxs floraux et de leur dégéhérescence.

Tous les organes delà fleur sont sujets à se développer d^nne manière incomplète, ou même à ne pas se dé- Tcbpper du tout , à avorter pour ainsi dire , ce qui cause des altérations notables dans la symétrie de la ieor. Ces dégénérescences ou avortemens peuvent arriver , soit par accident , dans un état maladif d'une certaine fleur, soit constamment, par suite de la disposition primitive' et de la nature de certains organes dans telle OQ telle espèce.

Des avortemens, déterminés d'avance et comme nécessaires, se passent quelquefcns sous nos yeux pendant la floraison. Ainsi plusieurs plantes qui ont un nombre déterminé de carpelles au moment où la fleur s^onvre, n*en conservent plus qu'une partie pendant la mati;ration des fruits \ tel ovaire qui a trois loges au mom«[it où la fleur commence , n^en conserve <{tte deux ou une , parce que les autres ne grossissent pas , et que leurs cloisons se détruisent et se soudent avec les membranes voisines. Ce qui se passe dans ce cas sous nos yeux arrive probablement aussi dans le l)outon,ou dans cette période du premier développe-

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ment des organes , qui échappe à nos moyens d'obsep vation. Les indices de ces avortemens prématurés sont quelquefois bien évidens. Ainsi dans les corolliBoreson trouTe ordinairement cinq lobes au calice , cinq à la corolle alternes avec les premiers,etcinqétamines alternes avec les lobes delà corolle ; mais quelquefois il n'y a que quatre étamincs, situées à la place ordinaire entre quatre des lobes de la corolle , et à la place de la cinquième on ne voit qu un petit filet sans anthères , ou une anthère mal conformée^ ou une petite glande, ou même rien du tout K' est-on pas autorisé à dire dans ce cas que la cinquième étamin%est plus ou moins avortée ; qu'elle existait dans le plan primitif de la fleur, mais qu'une cause quelconque Fa empêchée de se développer? On le dira toutes les fois que la place d'un organe reste évidemment vacante, les autres étant dans leur état régulier (i).

Les organes de la fleur avortent d'autant plus sou* vent qu'ils sont plus éloignés du bord , probablement parce que dans le centre de la fleur, l'air et la lumière nécessaires à la vie végétale abordent plus difficilement et pendant un plus court espace de temps«

Ainsi le calice manque rarement , et les cas où Von suppose qu'il avorte sont presque toujours douteux.

(i) Cette théorie, imaginée par M. de CandoUe et développée dans ses ouvrages depuis près de trente ans, paraît quelquefois au premier aperçu contraire ù Tordre général qui règne dans la nature. On répugne a une explication qui suppose un désordre habituel dans le développement des êtres organisés. Mais en y réfléchissant on arrive à une opinion tout opposée. C'est une théorie qui repose sur Feiistencc d^un plan symétrique , prédisposé , des organes. La variété dnufl le développement de ce plan viendrait de conséquences ou de lois secondaires de la ve'getation. C^cst ainsi que les perturbations de$ corps célestes ne sont pas un désordre , mais une conséquence éhûgnée rt uni» confirmation des grandes lois qui régissent Tunivers.

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Le nemopanthes (i) en est cependant un exemple. Fréquemment le tube se trouve réduit à une membrane extrêmement mince, et le limbe à des poils, des dents, etc. , comme dans les composées. Dans les ombellifères les lobes du calice manquent souvent.

Les pétales avortent complètement dans quelques capparidées , dans certaines cariophyllées , comme les sagina et moUugo , et dans bien d'autres cas plus ou moins faciles à reconnaître.

L^absence des étamines ou des pistils est plus remar«qnable à cause du rôle important de ces organes. On trouve quelquefois dans une même espèce, sur un même {Hed, des fleurs dans lesquelles un de ces organes se développe imparfaitement, où, par exemple, les étamines sont dépourvues de pollen , ou bien les ovaires d'ovules. Quelquefois Tun de ces organes manque complètement. Lorsque ce phénomène est constant dans une espèce , eUe est appelée unisexuelle , et par opposition les plantes où les deux classes d'organes sont complètement développées , se nomment heimaphrodites.

Dans les plantes unisexuelles il se peut : i ^ que toutes les fleurs d'un même pied soient en même temps ou mâles ou femelles , c'est-à-dire qu'il reste seulement ou les étamines, ou les pistils, alors la plante est dioïtjue^ exemple : le chanvre , les saules ] 2* que sur le même individu on trouve à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles, alors c^est une plante monoïque^ exemple : le mais , les peupliers , plusieurs composées ] 3* enfin , fae sur le même pied il y ait à la fois des fleurs mâles , des fleurs femelles , et des fleurs hermaphrodites.

(i) DC. , Fiant, rar. du jard. de GenèYe , pi. 9«

INTR. A LA BOTANIQUE. TOMR I. tl

4flt OaOANOGflAFHlE.

Dans ce cas la plante 43st polygame , comme lea di^* pyros , les gleditschia , plusieurs myrsinées , etc.

Lorsqu'on retrouve clairement des traces de Torgane avorté , sous forme d écaille , de filets , de glande, etc., on dit souvent que la plante est dioique» monoïque , ou polygame par as^orîenient ( abortu ) , parce que Taccidtnt n'est pas douteux. Il y a peu de cas où Ton ne puisse apercevoir quelque rudiment des organes avortés , et sUls manquent dans une espèce , on lea retrouve dans d'autres analogues.

PKS FLBLUS MOIÎOCHLAMYDÉES , c'eST-A-DIBE QUI liiOft

qu'liîe ekvbloppb.

Un grand nombre de plantes n'ont aatour de lewi élafl^ines que des verticilles analogues, soit aux pétales, soit aux sépales, mais tellement semblables entn eux qu'on ne peut les nommer avec sûreté ni caUce, ni corolle. Cette enveloppe, de nature incertaine, est unique dans certaines dicotylédones, comme les dandinés, double dans la plupart des monocotylédones , par exemple dans les liliacées. Les botanistes Tout appelée tantôt calice , tantôt corolle . tantôt le rang intérieur caiîce et Fautre corolle , selon Tidée quMls se faisaient des caractères de ces deux organes. On a adopté aujourd^bui un nom neutre qui ne préjuge rien sur la nature douteuK de cette enveloppe , c^est celui de périgone Çpcrigfh niuni ) , proposé par Ehrbart. M. de Candotte a nommé tépales (^tepala^- les pièix^s élémentaires libres oa soudées qui composent ce verticîlle . par analogie avec les mots létales et sépales. Les mêmes considérations Jes

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mêmes variationt de formes, de soudures et de déffioé* rescenees , s'appliquent en effet au pérlgone comme aux autres aiyeloppes des étamines et des carpelles.

U faut savoir cependant , pour comprendre les ouvrages de botanique , que Tournerort i^ardait comme calice les verticilles extérieurs qui sont persistans, et comme corolle , ceux qui sont caducs \ et que Linné appelait calice les verticilles de couleur verte , et coroUe eeux qui ont les couleurs ordinaires des pétales. Ces dé* nominations étaient peu philosophiques. On sait que dans les plantes qui ont manii'estement calice et corolle, le calice est souvent caduc ou coloré , et la corolle per-* sistante ou de couleur verte. M. de Jussieu regarde le périgone comme le calice de plantes où les pétales manqueraient ; opinion qui a beaucoup d'argumens eu sa faveur. En effet , les pétales manquent plus souvent que les sépales dans ceitains genres où l'analogie avec les genres voisins démontre que Torgane qui reste est le calice ; c'est ce que Ton voit dans les cariophyllées , rosacées, ou apétales (sans pétales). De plus, on a reconnu Taffinité de familles monochlamydées avec certaines familles habituellement munies de pétale et calice. M. de Candolle observe que le périgone de la belle-de-nuit et de plusieurs autres monochlamydées ressemble à Icxtérieur aux feuilles par la couleur verte, les poils, glan-des, stomates, etc.^ et du côté intérieur, aux pétales par les couleurs variées , Tabsence de stomates , etc. 11 soupçonne que ces périgones sont composés d'un calice doublé intérieurement de lames pétaloîdes soudées avec lui. Mais si ces membranes pétaloîdes sont un prolongement du torus , comme ce savant parait le croire , il serait bien singulier qu'elles fussent collées avec les lobes du calice jusqu'à leur extrémité, et exac-

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tement de la même grandeur, de la même forme qu'eux, car lorsque le torus se prolonge sur un organe dans les thalamiflores , il s'arrête ordinairement en un point, sous forme de renflement, d'anneau, de disque, etc. Si ce sont les pétales qui se soudent avec les sépales , il faut admettre qu'ils sont opposés les uns aux autres , ce qui est un cas très-rare , ou qu il manque un verticille intermédiaii^e , et alors comment supposer une soudare aussi intime entre deux verticilles qui ne seraient pas contigus dans le plan originel de la fleur. Au reste, Topinion la plus probable, qui a été aussi professée par Tauteur de Thypothèse précédente, me semble être que parmi les plantes à périgone, il y a des cas où les pétales manquent, d'autres plus rares où peut-être le eaHce manque , d'autres enfin où les deux organes existent , mais sont parfaitement semblables.

Ce dernier cas est le plus fréquent dans les mcmooH tylédones , telles que les liliacées , iridées , amaryllidées , etc., dans lesquelles il est difficile de ne pas reconnaître avec M. Desvaux qu'il y a habitueliemeot deux verticilles alternans, dont Textérieur, souvent analogue aux calices, serait le calice, et l'intérieur, souvent pétalolde, serait la corolle.

Ces discussions prouvent néanmoins l'avantage du terme neutre périgone , qui ne signifie que enveloppe autour des organes sexueh. On peut ensuite dans ks descripiions dire péiîgone simple ou double^ sekm qu'il y a un ou deux verticilles alternes.

L'ovaire est tantôt libre, tantôt soudé, dans les plantes monochiamydées.

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