‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 66 sur 130 · DE LA ^LTH1TIU · texte numérisé non relu

DE LA ^LTH1TIU

cristallise en petites aiguilles, et se compose, d'après M. Th. de Saussure, de 36,71 de carbone, 60,08 d'eau, et 3,4 1 d'oxigènesurabondant*,d'aprèsM. Prout, de 36,71 de carbone et 63,29 d'eau (i). Le sucre de canne se tire de la tige du saccharum officinanim. On en obtient 17 centièmes dans Tlndoustan et i4 en Amérique. L'enveloppe corticale de la racine de betterave en contient jusqu'à 7/10. On en tire aussi de la sève des érables (^acer sacharinum et montanum). La canne à sucre cultivée dans les serres n'en contient j^resque pas, et Ton sait que les figues et les raisins sont bien plus sucrés dans le midi que dans le nord. La déraison de la canne à sucre enlève le principe sucré, et lu betterave ne contient aussi du sucre dans sa racine qu'à une certaine époque ^ avant qu'il soit porté dans les organes supérieurs de la plante.

Le sucre de raisin existe dans plusieurs autres fruits, t^ls que les groseilles , cerises , abricots , figues , etc.

Le sucre liquide accompagne les autres et se dis*jdogiie après qu'ils ont cristallisé. Il se trouve seul dans le mais , dans les pommes et les coings. La matière sucrée^ se transforme naturellement en amidon, dans les albumens et cotylédons charnus, à l'époque de la maturité. Puis, dans la germination, Tamidon redevient un liquide sucré. Les chimistes peuvent transformer l'amidon en sucre , mais non le sucre en amidon -, ce qui con^rme l'idée de quelques savans , que l'enveloppe des graiitf d'amidon est une membrane organique, dont la formation ne dépend pas de la chimie..

(1) V^oyez pRoin » Sur les matières sucrées, Joum. de pharmacie, 98S9 , p. S39.

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Les sucres de miel, d'amidon et de manne ont à peu près la composition de celui de raisin. .

§ 5. — Lignine.

La lignine, que beaucoup de chimistes nomment le ligneux y est la matière déposée dans les cellules allongées du corps ligneux et qui lui donne ses principales propriétés. Elle est insoluble à IVau et à l'alcool \ mais les lessives alcalines en enlèvent une partie. On la tire de la sciure de bois , en enlevant les parties solubles par de Teau chaude , les parties résineuses par ràlcool , et les sels insolubles par de Tacide hydrochloriijiie faible. Après toutes ces opérations, on obtient en lignine 0,96 du bois. Elle est solide, d'un blanc sale, insipide , inodore et plus pesante que Veau. L^acide sulfurique la convertit en gomme et en sucre de raisin, Tacide nitrique en acide oxalique, les alcalis concentrés en ulmine.

Elle, se compose en moyenne, selon MM. Gay-Lussac et Thénard, de Sa parties de carbone et 48 d*eau^ selon M. Prout , de 5o de carbone et 5o d'eau. Il paraît que les différences , si considérables d'un bois à Tautre, tiennent bien moins à la lignine qu'aux matières diverses que l'on enlève pour obtenir ce produit. Au surplus la chimie ne permet pas de savoir si la lignine vient des parois mêmes des cellules et vaisseaux , on de quelque produit déposé sur elles. La subérine qui se tire du liège et la médulline de la moelle ont beaucoup d'analogie avec la lignine.

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arugle IV.

COirsiDéRATlOllS GÉNÉRALES SUR LES SUCS NOURRICIERS DBSCENDAHS ET SUR LEUR COliBUIAISON AVEC LA SÈVE ASCEITDAIITE.

U résuite de ce qui précède : i*^ que la matière nutritive provient des feuilles ^ 2» qu'elle descend principalement par Técorce et aussi ( en moindre quantité ou dans des cas plus rares) par le corps ligneux; 3"* que cette matière n'est pas organisée en fibres , mais qu'elle contribue à la formation locale des fibres *, 4"* qu'elle doit être d'une composition chimique analogue à celle de la gomme ^ 5* qu'il y a effectivement dans l'écorce et Faubier de tous les végétaux vasculaires une grande facilité à produire de la gomme; G® qu'il se dépose en divers points à l'intérieur et à l'extérieur des matériaux , tels que la fécule , le sucre et la lignine , qui ont avec la gomme les plus grands rapports de composition chimique , et qui , par des procédés simples , peuvent kre transformés en gomme.

^ D'après cette série de faits concluons , avec M. de Candolle (i) : que la gomme est le suc nourricier descendant; mais que pour agir convenablement dans la nutrition , ce suc doit se transformer le plus souvent en fécule, en sucre, en Ugnine, ou en produits tout-àfait analogues; qu'il doit dans cet état séjourner quelque temps dans certains organes , puis être transformé et dissous de nouveau pour servir directejnent à Talimentation.

(a) DC. t PhjnioL yé%», I , p. 167 à au.

Celle seconde opéralion doit avoir lieu souTenl, par le passage de la sève ascendanlc dans les dépôls de malière nul!l*ili¥e soluble. On explique ainsi la yégélalion aclive du premier printemps, le déreloppenent même des bourgeons , la nutrilion des fletlrs et des fruils qui lerminenl les pédoncules , TallMgieilieDt rapide des hampes florales, et la première vie des jeunes plantes. Dans tous ces cas la sève ascendante se charge de malière gommeuse , acbumutée ant&îenrément dans les organes situes au dessous ou à citë de ceux qui grandissent. L'humeur visqueuse d'où ptt)viennent les nouvelles couches de bois et d'ëcoroe eit un mélange des deux sèves. M. Knight a prouvé ce mélange en examinant la pesanteur spéci6que de la sève ascendante à diverses hauteurs; dans un aeerpïth ianoides il a trouvé à fleur de terre ioo4, à 6 pieds de distance du sol, ioo8, à la pieds, lOii (r). Ainsi la sève ascendante se charge de molécules en montant dans le tronc des arbres. M. Knight pefise qu'une partie de celte sève se dirige horizontalement par les rayons médulaires , et va fortnèr les nattVeBes couches.

Par la même raison les plantes peûveiit tivre quelque temps sans élaborer de nourriture. Elles ti^ vent alors à lears dépens et finissent par s'épuiselr. Si les plantes bulbeuses ou charnues vivent lon^*tettips dans cet état , c'est qu'elles ont un magasin de tioarfiture plus considérable que les autres.

Les fleurs ne se produisent ]pas sans cette nouttitare accumulée. Il Faut toujours que des feuilles les aient

(i) Philos, trans. , iSogf , p. io ; Tfciuis. aae. Iitftic. > I # p« sst*

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précédées dans leur déyeloppement, soil la mémeaunée, soit Tatinée précédente. Les espèces vivaces produisent, chaque été, ce qui sert à la floraison de Tannée suivante^ les espèces bisannuelles meurent épuisées par cette floraison ^ mais, dans ces deux catéf^ories de plantes, les fleurs peuvent au printemps se développer ayant les feuilles , parce qu'il y a des sucs déposés antérieurement. Au contraire , les plantes annuelles n'ayant pas de magasin rempli de nourriture, ne peuvent pas fleurir avant les feuilles. M. de CandoUe observe quen fait aucune plante annuelle n^ fleurit avant les feuilles , ce qui Qûiifirme les principes énoncés ci-dessus* (i).

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