CHAPITRE VII
DES SÉG&ÉTIONS.
^TICLE PAEBUER.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
(y €9% un des mystères les plus curieux de Torganisa- ^p. que le nombre de produits diflerens qui peuvent é\re sécrétés , c'est-à-dire extraits, séparés des sucs ppiicipaux , da^s les divers êtres organisés et dans ctiacun de leurs organes. Dans le règne animal, on ▼oit chaque individu produire , par le moyen de cert^nes glandes , de la salive , des larmes, de la bile, etc. , ou, sans qu'il y ait de glandes spéciales apparentes, des Hijatières alcalines et acides dans Testomac , une ma-
(i) DC. , Phys. vég. , ï . p. aoj.
tière grasse à. la surface de la peau> des poîb, des ongles, etc. Tous ces produits varient seloa Tétat de santé du même individu, et bien plus encore selon Vespèce ] cependant ils proviennent tous du sang , qui Iniméme varie peu de composition chimique. U en est de même dans le règne végétal. Rien n'est plus varié qiie ces produits sécrétés, quant à la composition chimique; rien n'est plus obscur que la manière dont ils sont produits.
Probablement la capillarité et Tétat électrique des membranes , circonstances qui varient selon le rapprochement , la nrature et la petitesse des organes élémentaires, influent sur les sécrétions ou les déterminent C'est du moins ce que Ton peut supposer par analogie avec certains phénomènes connus des chimistes. Les recherches de M. Dutrochet sur l'endosmose, et odks de M. Becquerel sur TefTet de Télectricité à faiUe tension , avancent directement vers la solution de ce problème, Tun des plus importans de l'histoire natu« relie o];ganique.
On distingue , surtout dans le règne animal , deux genres de sécrétions :
i* Les sécrétions excrémentitielles , ou excrétions dans lesquelles la substance produite est rejetée à l'extérieur. Dans le règne animal, l'uj^ine , la croûte calcaire des œufs, la coquille des moUiisques, en sont des exemples. Dans le règne végétal on peut citer les sucs, appelés nectars^ qui suintent dans les fleurs.
2* Les sécrétions récrémentiticlles , dont les produits ne sont pas rejetés au-dehors , et sont au contraires utilisés à l'intérieur pour beaucoup de fonctions. C'est le cas de la salive , de la bile et d'autres matières , qui, versées dans le canal alimentaire , facilitent la di-
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gestion. Dans Je règne végétal, les huiles, les résines et gpmmes-rrésines , restent ordinairement à Tintérieur ^ mais leor utilité est peu connue. On a de la peine à suivre cette distinction dans les végétaux.
Ain peut aussi distinguer les sécrétions suivant qu'elles sont ou ne sont pas produites par des glandes^ mais ces organes sont souvent difficiles à reconnaître , parce qu'ils sont composés tout simplement de cellules qui produisent une action chimique et physique sur ce- qui. les entoure.
Enfin y dans les traités de chimie, on classe les produits sécrétés, uniquement d'après leur composition chimique. .
' Sous ce point de vue , ce qui les caractérise , c'est d'offrir une forte proportion d'hydrogène, quelquefois ajUBsi d'oxigène. Quelques-uns contiennent beaucoup 'd'azote. Cette nature chimique les éloigne des matériaux hydrocarbonés , que Ton peut regarder comme immédiats parmi les produits de la végétation.
Un autre caractère qui distingue les sucs sécrétés des sucs nutritifs , c'est d'être nuisibles aux végétaux, à c^ux même qui les produisent , quand on les leur fait ab^rber. C'est comme le venin de la vipère qui la tue cpiand elle se mord elle-même.
Je jsuivrai dans TêHamération abrégée des produits sécrétés la division aamise par M. de CandoUe dans sa Physiologie végétale. Il distingue trois classes :
i« Les produits surhydrogénés excrétés ^ c'est-àdire rigetés régulièrement à l'extérieur.
2® Les sucs propres , ou produits sécrétés à l'intérieur et surhydrog^és ,■ qui sont déposés en quantité notable , ou qui circulent dans des cavités intérieures.
3° Les produits suroxigénés , azotés , ou de com-
Mf vmior.oGiE.
position c^oinpliquée peu connue , qui sont plus spi* cîaux 9 plus combines avec le tissu , et que Tandlpfc chimique peut seule isoler des autrt^ substances.