‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 68 sur 130 · DRS EXCRÉTIONS · texte numérisé non relu

DRS EXCRÉTIONS

Les matières rejeti^es régulièremcfht et habttnèSè^ ment en dehors des végétaux sont de nature très^ rerse. On remarque les suivantes :

1* Les excrétions volatiles* Ainsi la fraxiiiellè offre sur les tiges, près de la surface , des réservoirs iTime huile essentielle dont une partie se volatilise dam ks jours chauds 9 et peut s'enflammera Tapproehè d*iiAé lumière. L'odeur des fleurs et de certaines (eoHkv tient en grande partie à des émanations de ee geMè.

%^ Les excrétions acides. Ainsi les baies de yhmi^ griers {rhus iyphinum^ glûbrum^ etc. ), sécfètenlde Tacide malique à leur surface. Certains lichei», comme \epatellaria immersa^ s'implantent dans les pierrcf calcaires au moyen d'une liqueur acide.

3* Les excrétions caustiqtes. Tels sont les su» produits sous les poils d'ortie, de malpighia , deloasa^ et du fatropha urens. Le poil est creux et conduit le suc dans les piqûres. J'ai reconnu que le suc d'ortie est alcalin.

4" Les excrétions des poils glanduleux , qui sont ordinairement glutineuses, et de nature chimique variée.

5** Les excrétions gluanteê dv surfaces corticales ou foliacées. Les unes sont solubles à l'eau , et sont nommées plus particnlièrement glutineuses; lesautrfs.

DB LJI VMMVIOV. M>

ëm tifiÊfÊmÊâm y\ ioirf ipMliddès dao^ tea^. Daas cette dMfIftMKâaiM 6p rèman|ue la viscosité de plusieurs ëéfMtttûk et âikme , ées noneapx de robinia viscose, êëê kmié^bêàè ità j>luskim frktites , notamment dû lllâM>diiiér d^lÉidf. Laft é^FC€fs de plusieurs cistes té« eMléijéht ludânanK Toutes ces matière» contienuent êfÉ férinèi ^ Éaëkfigëet de gomme j d'huile essentiellet^ M ê^Nûttes piDâulta. L'é{»derme de^ jeunes pousses de b^êdèMl iécrèté une mtitîère résineuse (bétuline de M; CHMtrml )4 £11^ «ImiÉaiiique au cuir de Russie P<Mk^<|¥'6n li|i eonnait, Técôrce de bouleau étant utiMë dtfni le notd pour te&ner.

€0 JtHÈê ëcjteréiiëné eimuses se manifestent sous feMii^. ée (My^sslAre glauque ou de Traie couche. La firtiaîàlci yti fecoùTre les prunes (la fleur du fruit) , eiik dmieiaàMeu dé ehôux , de nénuphars , des tiges de I do plilni^ grasses, etc. , sont des matières cii féerétée» sans ^andea apparentes. Il est re* iiMl>fiÉlito 4{u'eUes ue se produisent pas sur des surfines ri^pan^usement (Cabres. Leureffet est de préserver iiliMtt végétd de Fhumidlté. Les feuilles de peuplier ÈÊcOfxvnSsàt d*unè cire transparente ^ les troncs de ce- MMif |m, d'iriarteiê , et lès fruits de myrica ceriferUf rf^èiMi. eire Uaachâtre ou verdâtre, analogue chimi- IfWimtÉtà la eîre d'afeeille , et assez aix)ttdante poijr ^re récoltée. iw

j^ Les «terrifions glaireuses de certaines plantes aqua- Ûqitm{poitmnËOgei0n^ hatraehospermum ) nont pas été examinées.

S* lies excrétions salines recouvrent les feuilles de tamarix galUca. . Celles du reaumuria vermiculata sécrètent des carbonates de soude et de potasse.

9"* Le^ excrétions saccharines. M. Jaeger a constaté

S04 PRYIIOLOQIB.

que chaque corolle de rhododendron poÊUicum produit deux centigrammes de sucre pur. Le fucus sacdmiir nus sécrète un sucre hydraté j effloreacent , œ qui est singulier pour une plante marine. Le nectar des fleurs suinte de diverses glandes appelées nectaires, H Y|rie peu d'une plante à Tautre, et contient principalement du sucre hydraté. Les insectes le'recherehent, soitoot les papillons. Les abeilles se servent plutôt du polka pour faire le miel; cependant on attribue au nedar, sans preuves directes, une partie des qualités savoureuses et aromatiques du miel. On sait bien que le miel blanc de Karbone doit ses qualités aux fleurs de romarin, que les labiées en général donnent un miel aromatiqiie, et qu*il y a aussi des miels vénéneux i, par exemple : celui qui empoisonna les soldats de Xénopfaoo dans TAsie mineure ; certains miels du Brésil et du Panguay , dont parle M. de Saint-Hilaire (i) , TempoiflODnement de deux pâtres suisses décrit par M. Seringe(t)« Mais dans tous ces exemples on n^a pas de certitude : I* que le miel provienne de telle ou telle plante , pir exemple dupauUinia an Brésil, et de Taconit dans nos Alpes ; 2* que ce soit le nectar et non le pollen ^ ou tel autre produit , qui soit nuisible ; 3* enfin , que la qualité vénéneuse ne vienne pas de Tabeille (3). Les nectars de plusieurs rhodoracées (azalea pontica ^ andromeda mariana, etc. ) , sont amers, m^

10* Les excrétions des racines ont été vues d^abord par Brugmans sur une plante de pensée des champs,

(i) St.-Hii. , Plant remarq. du Bréfil , Itr vol., i8a5. (a) Sam., Mua. helv.» I , p. ia8, (3) DC. , Phys. Tég. , I , p. a4»*

ensuite par plusieurs observateurs à Textrëmité des raciôes desciUfiosa arvensis, d^inula helenium^ des copaifera^ des chicoracées, etc. Pienk les regardait comme la matière fécale des végétaux (i) ; et en eflFet, si Ton réfléchit à la marche descendante de la matière nutritive, on conçoit qae la nutrition peut se terminer par Texcrétion des matières inutiles ou nuisibles à la plante.

Cette idée avait frappé depuis long-temps M. de CandoUe et Tavait engagé à presser plusieurs chimistes de fiiire des recherches directes à ce sujet. Quelques-uns avaient essayé sans réussir, à cause de la difficulté de séparer ce qui peut venir des racines^ des matières diverses dans lesquelles doit se trouver la plante pour qa^elle puisse vivre, ou de celles qui proviennent de la décomposition même du tissu des racines. M. Macaire(a) y est parvenu , en plaçant de jeunes plantes dans de Veau très-pure et en ayant soin de les changer tous les jours sans renouveler Téau. Au bout d'une semaine ou deux, cette eau évaporée laissait un résidu que M. Macaire a analysé, et qui varie d'une plante à Tautre, selon la famille à laquelle chacune appartient. Les légumineuses sécrètent une matière gommeuse, avec du car- • bonate de chaux; les graminées, des muriates et carbonates, mais peu de fi|omme; les chicoracées , une matière amère, analo^^MNi Topium, contenant du tannin, une substance gommo-extractive et des sek \ les euphorbes, une matière gommo-résineuse, etc.

M. Macaire a constaté que ces excrétions ont lieu de

(i) Plkhk, Physiol., p. 64 de la trad. franc, (a) Mac. , Mém. de la sociëté de phys. et d'hist. nat. de Genève » vol. V.

INTR. A LA lOTANIOVE. TOME I. 'XO

nuit (ou B robficurité) plus que ^oyi Vififlaeiic^ d« k lumière , et qu'elles n ont lieu que pendant U vie 4m plantes et des organes. Des racineu coupées neu pco» duisent pas.

Enfin, il 9^ montré qu>Ue« nuisept aun plaotei qui les ont produites , quand on les leur fait absorbçTt ^ qu'en général elles nuisent aux plantes de li| ipéme famille. Cest la cause pour laquelle les mêmes espèce ne viennent pas bien plusieurs années de suite dans le même sol , et par conséquent la cause du système dtt assçlemenSj si précieux pour l'agriculture (i).

AHTICLE II.

PIES sucs PROPRES.

Ces sucs ne sont pas rejetés au-dehors du végétal, fi ce n'est par accident. Ils circulent plus ou moins i l'intérieur; leur production parait utile à la santé de chaque espèce. D'après cela, on peut les comparer avec raison aux sécrétions récrémenliiielles des animaux. Ils se rapportent à quatre classes, les sucs laiteux et résineux 9 les huiles volatiles et les huiles fixes.

§ I . — Suc3 laiteux.

Les sucs laiteux se trouvent principalement dansl'écorce, quelquefois aussi dans les autres organes. Les dicotylédones en contiennent plïfs souvent que les monocotylédones. Dans les cryptogames , on ne connaît que certains agarics et bolets qui en aient. Ordinairement,

(1) Un assolement est une disposition de cultures successives oa simultanées, dans un même terrain. Le but de tout agricultenrinS' truit doit être de faire succéder dans Tassolement successif , ou de rapprocher , dans un assob'ment simultané , les plantes qui se cod" Tiendront, en eritant celles qui se nuisent. {^F^ojrez liC, BiliL nni^'i dec. i83i ^ Pbys. Te'g. , p. i493.)

DE LA IfUTBITION. 307

ik existent OU ils manquent dans toutes les espèces d'une famille; cependant les mammillaria ^ galactites ^ àhesj etc., sont des genres à suc laiteux; dans des familles non laiteuses. Les plantes laiteuses sont décidément en minorité et forment à peine la dixième partie des plantes Tasculaires.

§ 2. — Sucs résineux j gommo^résineux.

"Les sucs de ce genre sont très-communs dans les ëcorces, on en trouve aussi dans le corps ligneux et même dans la moelle^ ils se forment par petites aggio mérations qui souvent se réunissent et descendent par leur propre poids. Dans le corps ligneux, ils persistent et sont enveloppés par les nouvelles couches, mais dans Técorce, ils sont rejetés au-dehors avec les anciennes couches. On les recueille à la surface ou par des incisions«

Les résines sont solubles à l'alcool seulement, les gommes-résines en partie à Teau, en partie à Talcool^ surtout à une température un peu élevée. On connaît Tapparence lustrée et la nature cassante de ces produits après la dessiccation. Le carbone et Thydrogène sont leurs principaux élémens.

M. Booastre (i) regarde les résines comme composées de quatre principes : i" une huile volatile qui se divise elle-même en une parlée odorante volatile (elaiodon) et une partie concrète {stéaropton) ,• a® une partie essentiellement résineuse qui comprend la résine proprement dite, entièrement soluble à Talcool, et la sous-résine ou résinule, soluble seulement à Talcool bouillant ^ 3* un acide ^ tel que Tacide beuzo'ique dans les baumes^

(i) Iwxm. de phann. , iSa6, i83o.

4* une partie accessoire^ de nature gommeuse,. sacrée, saline, etc., selon les cas, d'où Tiennent les principes extracto-résineux, gommo-résineux, mentionnés dans les analyses. Selon que Tun de ces quatre principes estplos abondant que dans Tétat moyen , les résines varient de propriétés. La vraie résine domine dans le produit résineux des pins^ Thuile essentielle , les objets accessoires, dans les gommes-résines; Tacide benzolque, dans les baumes de tolu , copahu , du Pérou , etc. La gayacine et la sarcocoUe se classent aussi près des résines.

§ 3. — • Huiles essentielles ou volatiles.

Le caractère des huiles est d'être liquides à la température ordinaire, peu ou point solubles dans Veau, so- Inbles dans Talcool et Télher, et très-inflammables. Les huiles essentielles se distinguent des huiles fixes en ce qu'elles ont une odeur et une saveur, qu'elles sont un peu solubles dans Teau , qu'elles passent avec elle dans la distillation et lui communiquent leur odeur; enfin, elles se volatilisent par la chaleur. Les huiles fixes sont inodores , insipides , ne se volatilisent pas jusqu'à loo ou 3oo** et se décomposent à une température plus élevée. Le carbone et l'hydrogène sont les élémens principaux de toutes les deux. ^

Les huiles volatiles se trouvent dans les parties foliacées ou corticales , et sont contenues dans les cellules. Elles forment souvent des points transparens , comme on le voit dans les feuilles et pétales de mille-pertuis,de myrtacées, etc. Elles remplissent les vésicules de la peau de 'orange et les vittœ dans les fruits d'ombelKfères. La chaleur et la lumière contribuent à leur formation, car elles abondent surtout dans les plantes des

pays chauds et dans celles des endroits découverls. Elles se volatilisent à travers le tissu. On tire parti de leurs odeurs si variées , pour faire les parfums.

Elles se composent de deux principes (i) : Fun fluide, odorant, susceptible de se colorer par Tacide nitrique : c'est reZaiWo/i de Herberger (/V^reitîi/ie de Bizio et Boulay); l'autre est concrèle, souvent inodore, cristalline : c'est le stéaropion (séreusine des deux autres). Lecampbrequi se tire des laurinées paraît être le stéaropton d'une huile essentielle volatilisée à moitié (2). Les labiées et quelques autres plantes donnent des produits analogues.

§ 4» — Huiles fixes ou grasses.

L'huile fixe se trouve dans l'intérieur des graines, ou rarement dans le péricarpe. La germination la transforme en une matière émulsive, nutritive, comme la fécule. Elle diffère cependant des matières gommeuses: 1® en ce qu'elle nuit aux végétaux qui l'absorbent; !a® par sa nature hydrogénée et pcrcarbonée ; 3* par sa division en deux principes, l'un plus liquide qui s^imbibe dans le papier gris ( élaïne ou oléine) , l'autre plus persistant {^stéarine). Ces dernières distinctions rapprochent les huiles fixes des graisses animales , et M. deCandollefait observer que leur rôle physiologique est analogue à celui de la graisse, dans la nutrition des jeunes plantes (3).

(i) Jonm. de pharm. , 1828 » 1829, i83o. («) DC. , Phys. vég. , I , p. 292.

{?>) Phys. vcg. , I , p. 296.

510 9HT810LOOnC.

Les matières appelées beurre végétal , comme le beurre de cacao , celui de galam , etc. , sont des huiles très-épaisses. Beaucoup d'embryons et d^albomens contiennent de l'huile ; Tolivier en contient beaucoup dans le péricarpe , mais c'est un cas exceptionnel , sjussi remarquable par sa rareté que par son importance agricole. Voici les quantités fournies par qudqaes graines d'après MM. Schûbler et Bentsch :

Sur loo parties en poids :

Aveline • . 60 d'huile.

Cresson des jardins 56 à 58.

Noix 5o,

Pavot ^'jkSo.

Amande 46*

Colza 39.

Moutarde blanche 36.

Tabac • . . . 3a à 36.

Olive, la graine . 46-

/rf. , le péricarpe 27.

Id,. le tout 32.

Prune 33.

Navette d'hiver 33.

Navette d'été 3o.

Cameline !28.

Sapin. 24.

Lin k 22.

Hélianthe i5.

Faîne ( graine du hêtre ). . . . 12 à 16.

Raisin (la graine) loàii.

DE LA irUTKtnON. Sll

flté yRôDt;iTs si^iciAirx qui ivE sokt m kb^êtés au bb-

HORS, WI TRANSPORTÉS EN NATURE d'uN ORGANE A l'autre , NI SÉPARÉS EN QUANTITÉ NOTABLE DANS LE COURS DE LA VÉGÉTATION.

§ 1 . — Nature et origine de ces produits.

Rieû n'est plus yarié que les matières acides, azotées, alcalineâ, résineuses, tannantes, ou colorantes , qtie la chimie apprend à distinguer dans les végétaux, mais dont la composition intime et surtout Torigine physiologique sont lien souvent d'une obscurité désespérante. Ce ne sont pas des produits isolés à l'extérieur ou à rintérieur des organes, ils sont plus ou moins mélangés avec d'autres substances et dispersés dans le tissu végétal. On peut les regarder, vu leur complication chimique, comme des produits dérivés d'autres produits plus simples *, et en eiFet le rapprochement des matériaux goihmcux, résineux, huileux, etc. , et leur con(act avec l'eau et les gaz qui pénèli'ent à l'intérieur du végétal , doivent amener des combinaisons successives très-compliquées. Il en résulte des acides à a ou 3 hases ^ et des degrés singulièrement variés de combinaisons de l'oxigène avec l'hydrogène, l'azote et le carbone.

§ 2. '^Matières acides.

Les acides végétaux ont une base double : l'hydrogène et le carbone. Quelques-uns contiennent aussi de l'azote. Le caractère des acides est de rougir les matières bleues végétales et de se combiner avec les alcalis. La

51 f PHYSIOLOGIE.

plupart doivent leurs qualités d'acides à Toxigénation, mais il y a des acides hydrocarbonés, surhydrogénés et azotés , comme il y eu a de suroxigénés. De là quatre divisions :

i" Acides hydrocarbonés^

Ces acides, où Voxigène et Thydrogène ne sont pas en plus forte dose que dans Teau , sont :

a. L'acide ulmîque (ou ulmine)^ observé d'aborddans les exsudations des troncs d'orme , puis dans les écorces de chêne, marronnier, etc. On le retrouve dans les débris de végétaux en décomposition , notamment dans la terre de bruyère , les engrais , les terreaux. Sans doute sa nature hydrocarbonée, analogue aux gommes, le rend avantageux aux végétaux qui en absorbent II est composé, selon M. P. Boullay (i), de 66,70 de carbone et 43^3o d'eau. Il ne rougit pas les teintures bleues , mais il se combine avec les bases salifiables.

Il ressemble au charbon.

b. L'acide gallique diffère à peine du précédent, sous le rapport de sa composition. Il contient, d'après M. Berzélius, 56,64 de carbone et 4^,36 d^eau. Il est toujours uni au tannin et se trouve principalement dans la galle du chêne.

s° Acides saroxigënés.

La quantité d'oxigène surabondant varie d^une manière extraordinaire, car dans l'acide acétique elle est de 2,86 pour cent, et dans Tacide oxalique de 6o.

a. L'acide acétique est de beaucoup le plus commun.

(1) Journ. d« pharm. , i83o.

On le trouve dans beaucoup de fruits et dans la sève de toutes les plantes, libre ou uni à une base. Il se développe surtout par la fermentation vineuse et la distillation du bois , et dans ce cas il provient de la fécule et de la lignine décomposées. Selon MM. Gay- Lussac et Thénard, il contient 5o,t2!24 de carbone , 46,916 d^eau et 2,860 d'oxigène surabondant.

b. Uacide malique se trouve dans les pommes , poires et autres fruits de rosacées, surtout avant la maturité ; et aussi danà les groseilles , cerises, etc. D'après M. Prout il contient 4^)68 de carbone *45576 d'eau, et i3,56 d'oxigène surabondant.

c. L'acide citrique , abondant dans les fruits d'auranliacées , est souvent mélangé dans d'autres fruits avec l'acide malique. Sa composition diffère peu du sucre> et probablement il passe à ce produit dans la maturation. D'après M. W. Prout il se compose de 34,^8 decarbone,42,85d'eauet 2^,8^ d'oxigène surabondant.

d.'TudiciàB oxalique ^ exsudé par les poils du cicev arietinum , se trouve assez fréquemment combiné avec des bases. Ainsi l'oxalate de chaux existe dans les racines de saponaire, tormentille, fenouil, valériane, iris , etc. ; dans les écorces de simarouba , de cannelle^ etc.^ l'oxalate de potasse dans le suc du bananier^ lebinoxalate de potasse (sel d'oseille), dans les feuilles de rumex acetosa et acelosella , dioxalis acetosella , etc ; le quadroxalàte mêlé souvent avec le précédent *, l'oxalate de soude dans les salsola.

Il a une analogie avec Tacide carbonique , étant intermédiaire entre ce corps et Tacide carboneux. Il contient deux atomes de carbone et trois d'oxigène.

On mentionne encore dans les traités, les acides pectique ^ rhéîque^ kramérique , ginkoïque^ glau^

M4 MtIfOLOGIE.

dgue, Uchénique, séléniquB, tattrique. ëquùéÛqÊB^ morique^ kiniquo, méconique^ igasurique (i)r

3» Acides furlijclrogéii^.

Selon quelques auteurs , toutes les réaine» sont de cette classe ^ cependant les propriétés acides ne sent bien développées que daus les acides abiéiique g /nnique, syhique, benzoïque, kakincique^phoGéniquê, stéarique , dont il est inutile de donnef ici tes eiti»tères à cause tie leur rareté (2).

4* Acides axotës.

L^acide hj'drocyanique ou prussique^ si remarquable par Tabsence d'oxigène^ se trouve, selon les uns lout formé, selon les autres presque formé , dans les feuilles de laurier-cerise, de pécher, dans les graines d'amande amère, de cerises noires, de pèches, dV bricols. Cet acide est un poison violent, quand il est concentré \ mais il absorbe très- fréquemment de Teau. Il passe dans la distillation des cerises, et donne à la liqueur le goût do noyau. Il se compose, selon MM. Gay* Lussac et Thénard , de 44,39 de carbone , 3,90 d'tjdrogène, et 51,71 d'azote.

L'acide aspattique (de l'asperge) et Tacide /u»gique (des champignons) contiennent aussi de l'azote.

§ 3. — • Des matières azotées neutres.

Ces produits contiennent de l'azote, du carbone^ et de

(i) DG. , Physîol. "vég. I , p. 3 14.

(i) DC. , Phyaàl fég. , î, ^. 346.

DE LA Ktrtftmoic. ytS

Thydrogène et de Voxîgène, précisément dans tes proportions convenables pour former de l'eau.

Les plus remarquables sont le gluten et la glutine on albumine végétale. On obtient leg/uten en malaxant de la farine dans de Teau. C'est une malière visqueuse, extensible, élastique, flexible, insipide, grisàlre, qui devient cassante quand on la dessèche. Elle ne se dissout pas dans l'alcool, imparfaitement dans l'eau, et mîeax dans l'acide acétique ; abandonnée à elle-même, elle fermente et donne une odeur animale fétide , à cause de l'ammoniaque dégagé. Le gluten ne se trouve que mélangé avec la fécule. Il parait compgsé de la partie membraneuse des cellules de l'albumen qui renferment la fécule (i). C est le gluten qui, dans la panification, détermine les cavités ou yeux de la pâte.

fécule. glatcD.

Le froment d'automne contient,

d'après Davy,

Le froment de printemps contient ,

d'après le même,

L' orge , d'après le même ,

Le riz de Caroline , selon Vogel ,

Les pois, selon Einhoff,

i4«5ii

Les haricots , iclem ,

Les lentilles , idem ,

36,oo*

Mais ces quantités varient beaucoup selon le terrain. M. Hermbstaedt (Bull, des se. agr., vu) a observé l'effet

(1) MiRB., Aim. du mus. , XIII» p. 147» i8o0. •^Risriit , dans plusieurs Mémoires.

des engrais sur la production du gluten , et il a tu par exemple que le froment engraissé :

gluten.

amidon.

Avec de l urine a fourni,

Du sang de bœuf ,

Du fumier de cheval ,

Idem de vache,

Du terreau de feuilles ,

* Du sol non fumé ,

Ainsi les engrais font d'autant plus de gluten qu'ils sont plus azotés.

Sa composition est, d'après M. F. Marcet, 55,^0 de carbone, 22,27 d'eau, 7, 53 d'hydrogène excédant, et i4>5o d'azote. La glutine en diffère peu : mais elle se trouve non-seulement dans d'autres organes, que les graines, mais aussi dans les racines (i).

On cite encore la berbériney Yasparagine , Fflmygdaline ^ Vémétine ^ la cafféine , ]ti narcotine, \di gentianinn y \aL plumbagine ^ Xamanitine et la/angine^ comme des produits neutres azotés; mais la plupart sont peu connus et peu répandus dans le règne végétal. Enfin , quelques chimistes disent avoir trouvé dans les plantes, et par des procédés compliqués, des produits qui sont communs dans l'autre règne , comme Yosmazome, Yadipocire , la gélatine et la fibrine j etc. (2).

§ 4' """ Matières alcalines.

Les alcalis sont susceptibles de former des com*

(i) DC. , Physiol. vég. , I » p. 33o.

(3) DG. , Phys. vég. » I y p. 332 et suiv.

DE LA mjTRITlON. 517

posés avec les acides, et teignent en vert les couleurs ' bleues végétales. Il y en a de trois sortes : i° des alcalis terreuse, comme la potasse^ la soude, formés d*une base métalloïde oxigénée ; 2*" Talcali volatil , composé d^azote ou de sa base inconnue , et d'hydrogène •, 3* les alcaloïdes à quatre élémens , azote , hydrogène, oxigène et carbone.

On obtient les terres par la combustion. L^alcali volatil se développe souvent dans les décompositions. Il est combiné dans la racine d'hellébore noir, de nvm-' phœa, etc. On connaît aujourd'hui vingt-quatre alcaloïdes , qui contribuent beaucoup aux qualités essentielles de certaines espèces ou de certaines familles. On les désigne sous des noms qui indiquent ou leur qualité: morphine (du pavot) \ ou plus communément leur source, comme : delphine (des delphinium)^ aconitine ( des aconits ) , solanine , nicotine , quinine , buxine^eic. Ces alcaloïdes cristallisent. Quoique composés d'élémens semblables , de très-légères ditférences de combinaison leur donnent des qualités énergiques frès-variées.

§ 5. — Matières surhydrogénées ou résinoïdes.

Elles ne contiennent pas d'azote et ressemblent aux résines, tout en servant de base aux acides; on les désigne comme les précédentes : polygaiine (des poly^ gala)^ quassine (du quassia), cathartine (du séné) (i).

§.6. — • Matières tannantes* Le tannin se trouve dans la plupart des écorces ,

(i) DG. , Physiol. vëg., I, p. 35o.

319 PBYSIOLOGIX.

dang les galles du chêne , les gousse» de pluûears légumineuses. Le cachou se tire de Técorçe du mimosa catechu.

Le lannin , d'après M. Berzélius , se compose de 5i,i6o decarbone, 44)^^4 d'eau, et 49I86 d'hydrogène. C'est un produit sijfroxigéné.

§ ^. «— Matières colorantes.

Les matières colorantes ont été examinées par les chh mistes, principalement sous le point de vue des couleurs qu'elles peuvent communiquer à des corps élningers(i). Les botanistes n'ont à les consid^rerque dans leurs rapports avec les végétaux, et sous le point de vue de leur origine physiologique.

I** Matières colorantes du corps ligneux.

L^aubier est presque blanc , mais le bois est coloré, en noir dans Tébène , en jaune dans le mûrier à teinture, en rou{i[e.dans les bois de cam pèche, du Brésil , etc. Il s'en faut de beaucoup que Ton ait andlysé tous les principes colorans de ce genre. Ceux qui se dissolvent aisément à l'eau chaude ou froide, et qui peuvent se fixer par des procédés économiques, sont extraits pour la* teinture et ont été examinés. Ainsi on a appelé hémaiine le principe colorant du bois de campêcbe {^hœnuitoxylon ) ^ brésiline celui du bois de Brésil {ccesalpînia cristafa)^ santaline du santal rouge (pterocarpus santalinus) , morin la, couleur dix mo-

(i) Cbbtricl y Leçons de chimie appliquée ( celles à la teinture)» pages 29 et 3o.

DE I<4 ffVTMTIIIir- 319

r^ UfwtQïia^ fùsw la fotileur jtune du rhus eotinm, !te# d^ux premières çoQtiennent de IVote^ les deux der>* n\ir^ pont acid^ « plusieurs ressemblent aux résines» h^ 99iig de dragQfi retire àe^ pterocarpus draco^ m4icus et sàntallnus, àadraoa^na draco, des fruits des qnlamw dmco, v^rus et rud^ntum, et de rex#udatIon' corUc^le d« ^antçrrhofa hastilis , pkntes certaia^*mwt bien différentes (i).

X^ (^rcitrin se tire de Técoree de quercm tinctoria^ ïfrG($n€Uiw de diverses boraginées, etc.

3° Des parties foliacées.

IJindîgotine se tire des parties vertes des indigofera^ et ausçi de celles de V isatis tinctoria ( le pastel) , et du nerium tinctorium. On l'obtient en faisant macérer les parties vertes, et fermenter à 27» environ. LMndigo en pâle, d'abord blanc, se colore à Toxigène de Taîr. 'On lé purifie pour obtenir Findigotine, dont il y a 4'/^^^ dans la pâte. Il se compose de carbone ,^ d'un peu d'axolé et 3*oxigènc, qui peut être uni sous trois doses diCfértntes.

La chromule est la matière ordinairement verte des feuilles et des organes analogiies. On la nommait chloronite , chlorophylle dans les ouvrages modernes de chimie (!%). M. deCaiidolle , qui la nommait eh 181 3 ma-

(i) ViGCET, dans DC, Organ. vëg , I, p. 224. — DC, Phjsiol., I, pS%. 366.

(f) ^{.j^sfiçm ^% Ç4TÇI1TOU, Joiirn. de pharm*, III , p. 4$^; Ana. de chimie , oct. 1818 , p. ig4*

5fO MYSIOLOQIB.

tiëre verte , reconnut que c'était la même matière qui se colore en jaune, rouge, etc., en automne; dès' lors il pfoposa de rappeler chromule (matière colorée quelconque), et ce nom convient d'autant mieux qu'elle existe dans les fleurs, fruits, etc., comme dans les feuilles. En général elle se trouve dans lea^ cellules arrondH» eu parenchyme, situées au-dessous de 1il cuticule. M. Macaire(i) Ta très-bien examinée sous le point de vue chimique et physiologique. On savait déjà qu'elle se compose essentiellement de carbone et d'hydrogène, avec un peu d'oxigène. M. Macaire a montré que des degrés crobsans d'oxigénation produisent la coloration automnale, jaune ou rouge, des feuilles. D^autresinodi* ficatîons de la chromule amènent les couleurs variées des fleurs.

4° Matières colorantes des fleurs.

La chromule existe dans toutes les fleurs.

La carthamine se tire de la corolle et des étaAiines du carthamus iinctorius^ la potychroïte du stigmate du crocus satwus (safran), là rhœadine des pétales de pavot. Toutes sont solubles à Talcool, et colorent eJi rouge ou en jaune.

5** Matières colorant^ des fruits*

On tire des fruits du rhamnus infectorius (vulg. graine d'Avignon) un principe colorant jaune, et un autre rouge.

(i) Macaihe , Mém. de la soc. de pbys. et d^hist. nat. de Genève i Tol. IV , 1828 , p. 49.

DB tÀ mjTAlTtOK. 8tl

6*> Matières colorantes des llcheosk

Uorcine et .k varioline se tirent de Torscille et paraissent des modifications de la chromule.

ssa

Page 1