ARTICLE U. PREUVES DE LA FÉCONDATION VÉGÉTALE
Yoid les preuves les plus directes de rorganisation sexuelle des végétaux :
I* U y a des plantes dites dioïques dans lesquelles les étamines et les pistils sont sur des pieds difTérens de la même espèce. Or , il a été reconnu de tout temps que les pistils des pieds femelles ne fructifient pas , ou du moins ne donnent pas de bonnes graines , s'ils n'ont pas reçu le pollen de pieds mâles , comme cela arrive souvent quand ils sont éloignés, séparés, ou altérés par un accident quelconque. Ainsi y un agriculteur français , M. de M ontbron , possédait un pied femelle d'hippophaè du Canada , lequel n'avait jamais porté de fruits mais ayant reçu un pied mâle , le premier se couvrit, dès la première année , d'une telle quantité de fruits qu'il fallut l'étayer (i).
En 1800, la guerre d'Egypte empêcha leshabitans de ce pays de se procurer dans les déserts des régimes mâles de dattier, pour saupoudrer de pollen les rameaux de pieds femelles qu'ils cultivent, et ceux-ci ne donnèrent pas de fruits {7).
2* Dans les plantes où les étamines et pistils sont séparés sur le même pied (monoïques), comme le mais, on sait très-bien , en pratique , qu'il ne faut pas retrancher trop tôt les panicules qui ont des étamines, sans quoi les épis ne donneraient pas de graines.
(i) Ann. de Fromont , III , p. 69.
(2) DiLiii,| fl. d'Egypte, p. 17a.
S46 PHTSIOLOGII.
3o Dans les plantes hermaphrodites, où les étamines et les pistils sont réunis dans la même fleur, on ne peut nier l'identité d'organisation de ce que Ton nomme ëtamines et pistils, avec les mêmes parties dans les flenrs monoïques ou dioîques. On doit donc être porté à regarder leur rôle comme semblable.
4'' On fait tous les jours dans la culture des fécondations artificielles, en jetant du pollen d*une plante sur le stigmate d'une autre. Quand les deux pieds sont de h même espèce, la graine donne une plante semUaUe; quand ils sont d'espèces analogues , mais différente!, le résultat est intermédiaire. Dans le siècle dernier, Gleditsch fit une expérience qui obtint quelque câébrité parce qu'elle était nouvelle. Il y avait au jardin de Berlin un palmier femelle (chamœrops hunaUs) qui fleurissait sans porter fruit, et à Leipsick un pied mâle qui fleurissait aussi de temps en temps. Sa pollen de ce dernier fut envoyé dans une lettre ; on en saupoudra les pistils, et il existe aujourd'hui dans le jardin de Berlin un chamaerops qui provient de cette fécondation (i).
De nos jours , on obtient une foule de variétés de géranium , d'amaryllis , d'œnolhères , etc. , par des fécondations croisées d'espèces différentes. On a soin seulement d'enlever les étamines de la fleur qu'on opère, avant l'ouverture de leurs loges , parce que Texpérience a prouvé que le pollen de la plante même remporte toujours en action sur les pollens étrangers, quand on le laisse parvenir aux stigmates.
5° Les fleurs complètement doubles ont toutes les
(i) Otto , Bull, des se. nat. de iVénufte » Y , p« s54.
BEPRODUGTIOir DEi PHàKÉROGAVES. S4t
étamines et tons les pistils transformes en pétales* Elles ne donnent pas de graines. Les semi-doubles, qui ont encore quelques étamines et pistils non transformés , donnent quelques graines.
6* £n mutilant une fleur on peut la rendre stérile; il suffit de couper les étamines ou les pistils avant une certaine époque , et d'éloigner simultanément les fleura dé même espèce , dont le pollen pourrait parvenir à celle que Ton mutile. En coupant un des styles, le carpdile où la loge qui lui correspond est frappé de stérilité.
7** La pluie et les brouillards qui ont lieu pendant la floraison font souvent manquer les fruits , ce qui s^explique très-bien si Ton observe que Teau fait éclater les grains de pollen, et si Ton admet que le pollen doit tomber sur le stigmate à une certaine époque , pour que la fructification s'ensuive.
On peut ajouter des considérations tirées de l'analogie générale entre les deux règnes ^ des rapports de position qui existent entre les étamines et les pistils^ des mouvemens remarquables des étamines , dont le résut tat est de faire tomber le pollen sur le stigmate ^ de la durée assez courte des étamines , qui montre que leur rôle est temporaire; de la forme toute spéciale et de Texistence très-constante de ces organes, qui indiquent une fonction de quelque importance, etc.
ARTICLE ni.
OBJEcnoirs coimiE la théorie de là fécoiïdàtion