‹ Introduction à l'étude de la botanique, or traité élémentaire de cette scienceChapitre 80 sur 130 · DE LA DISSÉMINATION · texte numérisé non relu

DE LA DISSÉMINATION

§ I. "^X^êer^aHons générales.

'À Tépoqué de ia maturité, ou un peu plus tar4, les gfafaiatsedépftfeiitde la plante. Cette fonction est analoguaà PMaoBehement des animaux, ou plus exactement ib ponte dëBOBofis.Eifïefifet^aucune plante phanérogame ■epêttCACnp Qonparée aux animaux vivipares, mais bien |l«iaipc ovipares , vu que Pembryon ne se détache jaimâH de la pUmte-mère sans être enveloppé de ihembMAes (speme^erme), et souvent même entouré d*un magasin de nourriture (albumen), qui constituent la graine. Celle-ci est donc analogue aux œufs. Il y a même des végétaux où les précautions conservatrices à regard des graines vont lÀen au-delà , car les graines se trouvant contenues dans des enveloppes indéhiscentes ou adhérentes aux organes de la pla|)te-mère , se détaxent avec ces organes^ c^est ce qui arrive qu^nd la graine est soudée au péricarpe , et que celui-ci est indénlscent ;bien plus encore quand le calice et le péricarpe sont soudés en même temps entre eux et avec la graine, comme dans les drupes. S^il y a quelque chose d'apa-v logue dans le règiie animal , c'est du moins un cas rare.

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§ 3. — "- Mode de dissémination,

La dissémination des graines dépend : i* de lenr propre forme , grosseur, position , pesanteur , etc.*, a* de la forme , grandeur, position , déhiscence ou indéhiscence^ et consistance du péricarpe; 3° de Vadhérence ou non adhérence des graines avec le péricarpe; 4* de la forme, position , ofdbérence , et qualités diverses des organes extérieurs au fruit , tels que le calice et les bractées , les seuls qui persistent jusqu'à la maturité des graines. Il uq faut donc pas s'étonner si chaque genre, chaque espèce , offre quelque modiBcation dans la manière dont les graines ou Cruits se disséminent. Les con^binaisons de circonstances qui influent sûr le |diénomène sont si nombreuses qu il faudrait passer en revue tout le règne végétal pour les énumérer. Je me bornerai à dire quelques mois de cas remarquables oi très-communs de dissémination, et dans ce but je partirai de la distinction des fruits déhiscens ou capsulaires, et indéhiscens, lesquels sont charnus ou- ne le sont pas.

1° Capsules^

Le propre des capsules cst.de s'ouvrir par des vakes ou des pores qui donnent une issue naturelle aux graines.

Il ne faut pas croire que la grandeur des ouvertures et la position de la capsule soient toujours ce qw permettrait aux graines de sortir promptement. Au contraire, les ouvertures sont quelquefois très-petites, comme on le voit dans les linaires , pavots, etc; et ordinairement elles sont situées vers la partie supérieure

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de la capsule relativement au terrain. Tai montré que dans les campanulëes , par exemple , toules les fois que les yaWes se foriïient au sommet de la capsule , le pédicelle se dresse pendant la maturation , et que dans les genres où les valves se forment près de la base , le pédicelle se recourbe presque toujours (i). Il arrive de même dans plusieurs saxifragées , papavéracées , primulacées , cariophyllées , etc« , que la déhiscence a lieu au sommet , le pédoncule étant dressé , et dans les légatties c'est aussi le côté supérieur qui s'ouvre. De Cette manière la chute des graines est retardée , ce qui contribue probablement à leur complète maturation. lien ré-* suite aussi qu'elles se dispersent davantage, car elles sortent peu à peu , à mesure que les valves se brisent et à chaque secousse déterminée parle vent, au lieu de tomber en un seul jour au pied de la plante. Les capsules qui s'ouvrent latéralement ont presque toujours des coques élastiques ( les euphorbes, balsamines , etc. ) qui jettent d'une seule fois les graines un peu loin de la plante. . .

La dbpersion est aussi facilitée par les houppes de poils (co/Tïûp) qui terminent les graines d'apocinées, d'épilbbes, de saules, etc. , do même que par les ailes membraneuses qui bordent les graines de bignones^ etc.

2" Fruits indchiscens.

Bans tous ces fruits, le péricarpe , ou une partie au moins,. se sème avec la graine. Quand ils ne sont pas charnus, ni adhérens à un organe charnu (calice ou

(1) Alph. DC. , Monogr. des campaniilécs , în-40, Paris, i83o.

ÏNTR. A tA BOTANIQUE, t. 1. i4

SfO VHTSTOLOOIE.

bractée») , la dispersion s'opère par ta rupture en da fruit même ou de son pédicelle.

Ainsi les gousses de certaines iéganrineuses se coupent transycrsalement en articles , de telle façon que chaque graine tombe entourée d'une partie du péricarpe.

Les carpelles membraneux et indéhiscens se séparent de la plante par dessiccation et rupture de fenn supports. Daiis les géraniacées, ils adhèrent loiig-temps par le style et s'écartent de Tate par la base. Lc»mi de borraginées, les utricules de chénopodées, de., tombent tout simplement détachées de leur base.

Lorsque les fleurs sont en tête, le pédoncule se coarbe, se rompt, ou le réceptacle en se desséchant se contracte, deyient plus convexe , et facilite ainsi Texpulsioa des carpelles , comme on le voit souvent dans les composées.

Dans cette famille, les carpelles (akènes) étant adiiérens au calice , se sèment avec lui , et là dispersîoD est facilitée singulièrement par les aigrettes qui terminent ordinairement le tube du calice. La sécheresse fait diverger les poils dont elles se composent , en sorte qœ l'aigrelte s'appuyant sur les organes voisins , détache et soulève le fruit , puis elle aide le vent à remporter an loin (i).

Les fruits charnus offrent presque tous cette circonstance , que les graines sont contenues dans des noyaux osseux (la cerise, pèche, etc.), ou des membranes cartilagineuses (pommes, poires), ou qu'elles sont die** mêmes plus ou moins dures ( raisins, groseilles). Den

(i) GissîHi, Bull, philom. , i8ai, — DC.jPhys. v%., II, p. 5i9*

RXFRODVCTION DXS HUMEROGAMES. STI

résulte qufa la partie charnue pourrit assez vite , et que la graine peut germer sans en être affectée , grâce à sa consistance ou à celle de ses enveloppes. La chair sert quelquefois d'appât aux oiseaux, qui, en Tavalant, transportent au loin certaines graines. Le gui est semé de cette manière. Cest probablement aussi par ce moyen que le phytolacca decandra s'est répandu dans le midi de TEurope (i). On voit que si les fruits charnus n'ont pas d'aigrettes, d'ailes^ etc. , qui facilitent leur dispersion, la dureté de leurs graines est une sorte d'équivalent : elle retarde la germination, empêche la pourriture, et permet à l'eau et aux animaux de les transporter à de grandes distances.

5 3. «-r Milieux dans lesquels tombent les graines.

La plupart des graines tombent à la surface du sol \ celles des plantes aquatiques au fond de l'eau , par un ^et de leur pesanteur ou de raccourcissement du pédoncule après la fleuraison. Enfin, il y n des [Jantes . dites hfpocarpogées (2), parce que leurs carpelles inûrissent sous terre.

Elles appartiennent à diverses familles et vivent dans des terrain» sablonneux ou sur de vieux murs pleins de fentes. Leurs pédoncules étant rapprochés de la base de la plante , ont de plus la propriété de se recourber pendant la maturation , et de s'enfoncer dans la terre ou dans les fissures* Cest ce que Ton peut voir dans le eyclamen, le morisia^ le trijolium subterraneuni, leiinaria cjmbalaria, etc. D'autres,- comme Yarachis hy^ pogea et le lathjrus amphycarpos ^ portent des fleurs

(i) MiBB. y Phys. v^., I| p. 354.

(a) BoDARD f Sur let plantes bypocarp. > iQ-8°, Pise , i79^'

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en divers points , mais celles dont les carpelles peweût gagner la terre, ou qui sont enterrées par accident, sont les seules qui donnent dés graines.

ntJRÉE DES GRATIfES.

La faculté de germer se conserve d'autant mieux que les graines sont plus mûres, qu'elles sont moins exposées aux accidens qui les altèrent et aux caiises qui détermineraient leur germination, savoir : Ffaumidité, Toxigène et la chaleur réunis.

Certaines graines, exposées aux élémens, perdent assez vite leur vitalité. On sait , par exemple, qu'il fiot semer le café et la plupart des rubiacées , comme les laurinées et myrtacées , très-peu de temps après que k graine a mûri. Les glands des chênes d'Amérique pe^ dent ordinairement dans la traversée la faculté de germer -, il convient de les semer en caisse à . bord du vaisseau*

Il y a au contraire beaucoup de graines qui se conservent pendant nombre d'années, et qui dureraient peut-être indéfiniment, si elles étaient complètement à l'abri de Toxigène, ainsi que des variations de température et d'humidilé (i).

Quand on abat les forets les plus anciennes , on voit naître à la place une foule de nouvelles plantes , rares quelquefois dans le pays, et dont les graines ont dû être accumulées, sans germer, depuis bien long-temps. On

(i) Les procédés pour la coûserTation des grains ne sont dignes d'altention qu^autant qu'ils sont diriges dans ce but.

EEPRODUCTION DES PHANEROGAMES. 515

observe la même chose dans certains travaux de terrassèment, qui exposent à Tair de nouvelles couches de terrain. Duhamel a vu le datura stramonium reparaître après a5 ans dans un fossé qu'il avait comblé , puis déblayé (i). M. Thouinasemé une gcBineà'entada scandens trouvée sous les racines du plus vieux marronnier de Paris. Elle a germé et vécu au Jardin*des-Plantes. Gérardin (2) assure qu^un sac de graines de sensitives apporté au jardin de Paris , il y a plus de 60 ans , donne toujours de bonnes graines quand on est obligé d'y avoir reooars. Le même a fait germer des graines de haricot tirées de l'herbier de Toumefort, et qui devaient avoir jflus de 100 ans. Home a trouvé des grains de blé encore féconds après i4o ans. Quant aux grains trouiFës dans les catacombes d'Egypte ou dans les greniers des Romains , leur apparence n'est guère altérée , mais ib ne germent pas.

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