DES SOUDURES NATURELLES
Lorsque dans une même plante le tissu cellulaire de 1 deux parties se trouve en contact , il peut se produire une adhérence ou soudure plus ou moins intime, tellement que les sucs pourront passer par ce point d'un organe à l'autre. La chance que ce phénomène se produise est d'autant plus grande, que le contact est plus prolongé , plus intime , et que le tissu des deux organes est plus jeune.
C'est d'après ces principes que M. de CandoUe a imaginé une théorie , admise aujourd'hui par tout le monde , sur la soudure habituelle des parties de la feuille, de la fleur et du fruit, dans la première jeunesse de ces organes. Ils seraient alors formés de pièces primitivement distinctes; de même que les os des animaux se forment de points d'ossification , qui , en s' étendant, finissent par se toucher et se souder.
PHÉtrOMÈlfES GÉffERÀUX DE VEGETATION, 5d3
On trouve de temps en temps des soudures accidentelles eiitre les branches d'un même arbre , les pédoncules d'une même liante, etc. Toutes les classes de végétaux ofiîrent ce phénomène. La soudure a lieu presque, aussi facilement' entre deux pieds de. la même espèce, mais il est rare que dans la nature ils se trouvent assez rapprochés pour que cela puisse arriver. On le voit quelquefois dans les champignons.
Entre deux espèces différentes , le cas ne se présente pas naturellement. Il faut toutes les précautions de Fart pour l'opérer , comme nous le verrons en parlant de list greffe. A peine peut-on citer ce fait, que certains champignons, qui croissent très-vite et qui sont gluans dans leur jeunesse , englobent des brins d'herbe dans leur propre tissu. C'est une adhérence superficielle, peu intime , car rien ne fait présumer que les sucs passent de l'herbe au champignon , ' et Celui-ci s'empare tout aussi bien de fragmens de bois mort.
• On peut conclure de ces exemples , que la véritable soudure s'établit d'autant mieux que les plantes sont plus semblables entre elles.
H y a cependant une exception , c'est celle des plantes parasites, comme le gui. Elles s'implantent sur les branches , et se soudent très-intimement avec le bois. Dans ce cas, l'écorce ne joue aucun rôle (i)^ elle est comme morte au-dessous du parasite. Les sucs colorés, et, dans la nature , la sève , montent librement de l'arbre dans le gui; mais il ne redescend aucun suc, puisque les feuilles de gui n'élaborent pas comme les autres feuilles , et que la communication par l'écorce est inter-^
(i) ne. , Phys. yé%,, U , p. 7j>0.
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rompue. Cela explique pourquoi le gui épuise les arbres ; il absorbe la sève et ne rend rieu* Le gui se soude sur tous lés arbres dicotylédones, excepté ceux qui ont un suc laiteux ; mais beaucoup de parasites analogoa ( loranthacées ) ne Tirent que sur une seule espèce, oa sur un seul genre de plantes.