DES ODEURS VÉGÉTALES
Tous les corps dont les particules se volatilisent et atteignent l'organe de l'odorat peuvent produire en nous la sensation appelée odeur.
La dispersion des particules a lieu de deux manières, dont Tune concerne uniquement la physique et l'autre la physiologie.
(i) Voyez BoNifBT, Journ. de phys., juin 177$^. — Macaire, Mëm. â« la soc. de pbys. et d'^hist. nat. de Genève , Il , part, a, p. ii5.
4U PUY8IOLOGl£. .
Le premier cas est celui de particules qui émanent de corps solides ou liquides tout formés , comme le musc , le camphre, les huiles, etc. C'est ce qui arrive à toutes les matières organiques ou inorganiques^ une fois formées, elles sont odorantes aussi 'long-temps qu'dles existent. Le fait principal est la formation de telle résine ou autre substance par le végétal , et Todeur n'est plus qu'un accessoire de cette substance^ qui peut durer long-temps après la mort de la plante. C'est ainsi qae les bois de sassafras, de sandal, de rose^ conservent leur odeur après bien des années , tant que la matière qui les exhale existe dans le tissu.
Le second cas est celui d'odeurs produites par des plantes vivantes uniquement, et même par telle ou telle partie, dans un moment donné. Ceci est iréritablemeDt un fait physiologique. C'est le cas de l'odeur des Qeurs, au moins du plus grand nombre. Elle parait déterminée par une matière qui s'exhale au moment même où elle Se forme , et qui tient essentiellement à la vie de l'organe.
Le dégagement des odeurs de la première classe dépend uniquement de conditions physiques. La chaleur le rend plus abondaht, comme on le sait fort bien pour les huiles volatiles d'oranger, de myrte , de labiées, etc. Au contraire , les odeurs de seconde classe peuvent être intermittentes , car leur formation est une fonction tîtale, comme l'exhalaison aqueuse, par exemple. Beaucoup de fleurs ne sentent que le soir, ou du moins sentent plus fort à cette époque *, c'est le cas de plusieurs œnothères, du datura arborea , et surtout des fleurs à couleur sombre, d'un brun jaunâtre , comme les pelargonium triste^ hesperis trisds , gladiolus trislis ^ etc.
hecestrum diumum sçnt de jour et le C nçctumum
nivonivEs gj^neraux de v^g^tation. 4W principalement à Tentrée de la nuit. En général, Tobs** curité parait favorable au dégagement des odeurs , ou peut-être elles résultent de la végétation antérieure de la journée. L'odeur des fleurs parait d'autant plus forte le soir, qu^l existe souvent à la tombée de la nuit uu état de l'atmosphère favorable au transport de toutes les odeurs. En outre, la chaleur du soleil produit pendant le jour des courans ascendans qui enlèvent les odeurs , tandis, que le soir, iii moment de la rosée , elles restent davantage à notre portée.
Lés odeurs un peu fortes de quelques fleurs sont spasmodiques^ et en général les odeurs les plus agréar bies, concentrées dans la fabrication des parfums, deviennent pénibles et dangereuses. Les odeurs habituellement fortes de l'oranger, de la violette, de la jonquille, etc., afîectent souvent les personnes sujettes aux migraines et aux maux appelés nerveux. Je ne sais s'il est certain que l'odeur des fleurs de nérium (i) et des feuilles de mancenillier (a) ait fait mourir des persannes qui donnaient sous leur influence , mais il est sur que certaines odeurs végétales ont une influence fâcheuse.
Les chimistes ont classé les odeurs d'après certains caractères physiques et chimiques , par exemple, d'être splubles dans l'eau, l'huile ou l'alcool, etc. (3). Les bo- ^nistes les ont divisées d'après leur impression sur nos sens , et les ont nommées d'après certaines odeurs connues. Ainsi, Linné distinguait les odeurs : i® ambroisiennes, telles que le musc, le malvamoschata^ etc.. \
(i) LiRN. , Àmœn. acad. , III , p. 300.
(3) BoTL. > Natur. det. afflur. , p. 38.
(3) FoviGKOY , Ann. de chimie , XXVI , p. sSs.
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1k^ pénétnmtes (fragrantes), du tilleul , de k txAà^ reuse, etc.*, 3* aromatiques, du laurier, de Y(xSiiA\ 4* alliacées, de Tail; 5^ puantes, analogues à Todeur dû bouc , comme Vorchis hircina , Yhypericum himnum; 6" vénéneuses (letri)^ comme le tagetes, k chanvre , Tydile ; 7® nauséabondes (nauseosi) , comoe le tabac , le stapelia ; 8® piquantes (aères) ., comme U moutarde; g*" muriatiques, comme les fucus fnis; 10* balsamiques, comme le benjdin ; 1 1* hjrdrosà^ reuses j comme les choux en décomposition ^ la® àuiphrées, comme Xartemisia camphorata, le hum eamphora (i).