‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 19 sur 104 · Seize grûns réunis ensemble · texte numérisé non relu

Seize grûns réunis ensemble

m. Pollen composé de grains groupés par masses ,

en nomhre indéfinim

Qd le chsse suiTaiSt la forme de ces masses*

S 5. — De la foyîlla^

La fovUla ressemble au premier coup d'œii à un liquide trouble et visqueux qui se mélange mal -avec le Uquide dans lequel on met le grain de pollen pour YobserveT. Avec plys d'attention, on reconnaît qu^elle est contenue dans la membrane ou boyau sans ouverture décrit cvdessus. Les granules qui lui donnent »une couleur trouble ne peuvent sortir que par Ifi rupture irr^fa'ère, assez facile, de cette enveloppe. On les voit se mouvoir dans le tube^ et , lorsqu'ik sont répandus dans Teau du porte-objet du microscope^ ce mouvement, à la fois de translation irréguUére et de trépida- ^n , devient assez manifeste.

Quelques molécules plus grosses , d^une forme moins constante , se trouve mélangées avec les granules et ont moins de mouvement. Les guanules Varient de forme et de grosseur d'unfe plante i Tautre , mais soni très* semblables entre eux dans la même espèce. D'après M. Ad. Brongniart (An. des se. nat., XII, p. 5i) ils sont spbériques , ellipsoïdes ou cylindriques. Le dia-

IKO OEGAXfOGRAPHIE.

mètre des premiers varie d'un sept centième de millimètre (dans le cèdre, le datura metel) à un deux centième (dans le pin maritime).

Les autres varient entre les e^^trémes comnie suit : dans le cobœa un quatre cent vingtième de longueur sur un sept centicime de largeur \ dans Xhxbiscus syriacus un cent seizième et un trois cent soixantième. Ce sont les agens essentiels de la fécondation^ en sorte que tout ce qui les concerne est très-important.

Les naturalistes et les physiciens sç sont partagés sur la nature du mouvement des globules. M. R^ Brown ayant découvert que les àiolécules de tous les* corps, même des minéraux, od( des mouvemens analogues, quand elles sont réduites à une extrême ténuité , on peut eu conclure que ce phénomène ne dépend plus de Vorganisatioff , et sort par. conséquent du domaine dq l'histoire nat^relle. Çest aux physiciens d'étudié^ les«pioui(eivtens moléculaire9« Je me borne seulement à rappeler ici que , vu les lois de F^ttractipn et Tinfluence, iiniverselle de la chaleur, de Télectricité et de la lumière sur tous les corps de la nature , Tétat de repoç ou d'équitibre absolu jest une conception de notre esprit, qui, çn ^t, a infiniment peu de chan<;;ps 4e se réaliser^

AHTICLE V.

DU PISTIL ou DES CAUPELLÉS (l).

La dernière série d'organçs , en marchant vers T intérieur de la Seur» se con^posç dç fei^Ues plus ou moins repliées.du cpté interne, et qui portent sur.le^rs bords les ovules destinés à devienir des graines. Ces feuilles se Bommen t. ca;peUe,s (cor/^eUa), pour indiquer q^e,pe

(i) Voyez jf\. S et 4.

ORGANES 0« LA A^VROPVCTIO!^. iU

sont de petits fruits ou élémens du fruit (i). On les désigne aussi sous Tancien nom de pistil (pùtillum) , qui «appliquait autrefois à Vensemble de Vorgane^ quelle que fût sa nature , f t aujourd'hui de préférence aux carpelles soudés.

Lorsque les carpelles sont peu nombreui , leur position au eentre de la fleur est aussi régulière que ceUf des autres oiy ânes. Ils paraissent alors sur un seul ver^ tiâUe dont les pièces sont , dans l'état normal , alternes avec le rang intérieur des élamines \ souvent néanmoins le nombre des carpelles est phis petit que celui des pièces du vertlcille intérieur des étamines , ou étant éffil^ les parties sont opposées. Quelquefois il y a un nombre très-considérable de carpelles ,• qui sont alors disposés en spirale ou accumulés' irrégulièrement sur Taxe de la fleur (magnoliacées, ranonculacées, etc.).

Vaxe de la fleur, c'est-à-dire Texlrémité du pédieetie qp\ dpnne naissance aux organes de la fleur , peut se prolonger pbs ou moins. Tantôt cet axe s'arrête brusquement aq point oi]i naissent les carpelles^ tantôt il se prdonge un peu de manière à élever leur base audessus de celle des étamines^ cfimme on le voit dans plusieurs renonculacées \ enfin , il arrive aussi que l'axe se prolonge beaucoup , et alors il porte en général un grand nombre de car{Melles. Dans les géraniacées, les carpelles sont pendans le long de cet axe y duquel ils se détachent à la maturité de^bas en haut. Dans les magnolia», le tulipier, quelques renoncules, il y à un grand nombre de carpelles disposés en épis sur l'as^ prolongé ; dans la fraise, l'axe est charnu, et les petits grains à la surface de la partie qui se mange sont les

(i) Du mot grec Kot^si y fruit.

f5f ORGANOGEAPHIE.

carpelles. Dans les rosiers au contraire , Tai^e est infiniment raccourci , de telle sorte que les carpelles naissent au-dessous du niveau des étamines et des pétales , et sont comme enfouis* dans le fond de la fleur. Ces modifications ne portent que sur MéTation des carpelles et non sur leur position relative , vers le centre de la fleur, autour de Taxe ou de son prolongement idéal.

Le support des carpelles , lorsqu'il existe , se nomme gynophore (gynophorum) ou tkécaphoi^ (thecapho* jiim). Il a plusieurs pouces de longueur dans quelques capparidées , mais il manque plus communément , en sorte que les carpelles sont presque toujours sessiles.

Les carpelles sont renflés à la base , ou au-dessus du thécapkore *, cette partie se nomme Vovmre (warium). C'est le limbe de la feuille c^rpellaire dans sa portion la plus large. C^est aussi la partie la plus importante , puisque c'est là que se développent les germes. Ceux-ci sont rangés à l'intérieur sur les deux bords, qui se replient vers le centre de la fleur et 'se soudent, au moins dans tous les carpelles isolési^ Les ovules sont ainsi contenus sur le bord interne de cette cavité, que Ton nomme vulg|jrement la gousse , dans les pois , les haricots, etc.

Le style (^stylos) est un prolongement supérieur de l'ovaire , beaucoup plus étroit que lui , souvent mince comme un fil.

Enfin le carpelle se termine par un ou deux stigmc" tes (stigniata), qui sont des points dépourvus d'épiderme, où le tissu cellulaire misa nu, enduit d'une humeur visqueuse qu'il sécrète , jouit un instant de la propriété d'absorber les liquides , surtout la fovilla. On a comparé avec raison cet organe aux spongioles.

L'extrémité du style se divise quelquefois en deux branches principales , ai même en plusieurs autres

ORGi^HCS D£ LA AEPllODUCTlON. ISS

moins caractérisëes : dans ces cas on ne regarde comme

stigmates distincts que les surfaces où le tissu cellulaire

éVant a nu ofire ces papilles, cette apparence veloutée

et gluante, qui caractérisent les stigmates. Cet organe a

\atv\6t Aa (orme d'un point arrondi (st. punctiformc) ,

tanl6t dVne petite tête (st. capitamfii}, ou d^une petite

"branche, d* une lame, etc.

Les carpelles naissent très-souvent soudés, soit par les ovaires , * comme on le voit dans les nigelles , les ancolies, etc.; soit par les styles, comme dans les ascle^ puis ; soit par les stigmates seulement , comme dans certaines anonacées ; soit par ces trois parties en même temps, ou plus communément encore par Tovaire et le style. Les anciens botanistes regardaient ces organes composés de pièces soudées comme des organes simples, et encore aujourd'hui on applique à plusieurs ovaires soudés le terme dWaire,*à plusieurs styles réunis intimement celui de style ^ etc. On dit, dans ce sens, quune fleur est monostyle, quand les styles sont soudés en un, tandis que le mot ^a/noj£^Z^, proposé par M. de Candolle, vaudrait mieux. Nous parlerons de nouveau de ces soudures à Toccasion duTruit.

L'analogie des carpelles avec les feuilles est plusclaire que celle des étamines et des pétales. Ce n'est pas seulement à cause de l'arrangement en spirales qu'ils oiFrent quelquefois comme les feuilles, mais de (acotisistànce fo« liacée de plusieurs de leurs nervures , de leurs stomates , du r6le qu'ils jouent à l'égard de la lumière et des gaz. On connaît des feuilles (celles du bryophy Hum) dont les bords ,'comme ceux des carpîelles , donnent naissance à des germeslorsqu' elles sont posées sur delà terre humide. Enfin, on voit des carpelles se développer en feuilles par quelque accident de végétation. Quiconque exa-

m OHGAlfOGBAFUIE.

mine les carpelles d'hellébore, d'aconit, de IfagU^nau-* dier, etc, , peut s'assurer de leur analogie avec les feuUlf^«

ARTICLE VI

PB L ESTIV/TIOM OU BRÉFLOliiaOU*

L* estimation {ceftivatio) est la position relative de^ parties d'un même verticille floral, avant Vépanoui|sement de la fleur. C'est , en d'autres terqies^ pour les organes floraux, la même chose que la vernation des feuilles;

L'irrégularité de quelques fleurs rend leur estivation compliquée et bizarre , mais dans les fleurs régulières on peut distinguer les cas s\iivans. •

D'abord, en considérant chaque verticill^ isolément :

i^ L'estivation *vahaire (vahaHs)^ dans laquelle les parties où les lobes d'un verticille se touchent par les bords sans se recouvrir mulueUeii\ent*, exemples :les sépales des clématites, des malvacées, les pétales de la vigne , ^tç. }

a" Jnduplicatwe (induplicati\fa\ où les bords sont un peu recourbés en dedans de la fleur \

Z^ RédupUcaUve (reduplîcaXiifa)^ où les borda ^ont recourbés en dehors, comme les pétales des ombellifères',

4^ Tordue ou tortillée (coiitorla), où chaque pièce d'un verticille recouvre d'un côté et est recouverte de l'autre, relativement aux deux pièces voisines; exem* pie : la corolle des malvacées , apocînées, œillets , etc. \

5"* Quinconciale (quincunciaUs).^ lorsque sur cinq parties, il y en a trois extérieures et deux intérieures, ou vice versdf commue dans le calice des cistes, des ro^ siecs, et€* Oa appelle souvent ces estivalions embriqv4cs

ORGAKES DE LA liEPBODVCTlON. ||(5

(imÂncata). On confond aussi sous ce nom le cas où il y a une pièce extérieure , une intérieure, et trois recouvertes sur un des bords et libres deTautre. Dans ces divers cas, on est porté à croire qu'il y a deux verticilles soudés ou que certaines parties se sont développées plus tôt que \es autres.

£n considérant plusieurs verticilles emboîtés dans le bouton de la Sieur, on reconnaît :

1*" Une estivation aUemaU've (aUernatwa)^ lorsqup les pièces du deuxième rang alternent exactement avec celles du premier et du troisième , comme dans les pétales de nympbéacées -,

a* JmbricaUve (^imbricaUva) , lorsque les pièces dfs divers verticilles se recouvrent comme les tuiles d'uu toit, mais moins ré^ièrement; exempte ; les iuvolucres de composées )

V Oppoiitaire , dans le cas biep rare où des pétales sont rigoureusement les uns devant le» autres^^sur deux ▼erticilles^ exemple : epime4iujn , kontice.

Les pétales, étamines ou carpelles, tus 4ans le bouton , sont tantôt droits , tantôt roulés en dedans (estivj. im^oludue)^ ou recQurbés en dedans {répliçatiue) ^ ou rouies en enMSc(e$tiv. drcinnale) , quelquefois lournifs sur eux-mêmes en spirale. Ces organes croissent principalement par la base , en sorte que les lobes de coDotr les polypélaks paraiissept uvant les tubes , les anthères avant les filets , etc.

Le grand nombre des estivatiqns quinoonciales de divers genres confirme dans Tidée que les parties^ de la fleur naissent comme les feuilles, et qu.e. les verticilks ne sont que des portions de spires trèsrpeu montantes.

1V6 ORGANOGAAPHIK.

ARTICLE Vn.

DB l'adhérence des OEGAHES FLOEiUX(l).

Nous avons tu que les sépales sont fréquemment soudés entre eux y que les pétales et surtout les étamines naissent dans bien des oas soudés intimement , quoique disposés sur plusieurs vertîcîlles concentriques. Il en est de même d'oi^nes voisins de nature diverse, comme les sépales et les pétales , les pétales et les étamines , les étamines et les carpelle», ou enfin plusieurs àfi ces verticilles à la fois. Ils peuvent être réunis par une soudure dont 'la cause remonte à la naissance des orga* nés.' C'est du moins par une supposition de ce genre que Ton concilie led formes diverses de plusieurs fleurs, avec la position régulière que la théorie assigne à chaque organe, d'après l'observation des plantes qui semblent ^organisées de la manière la plus claire.

Dans la classe appelée thalamiflores ^ tous les verlicilles d^ nature drverse , sépales, pétales, étamines et carpelles , sont distincts les uns des-autres dès leur base. Le torus sur lequel ib naissent offre cependant des formes assez diverses , qui font paraître telle ou telle parde de la fleur plus élevée que les autres. Ainsi , dans les renoncules, les magnolias, etc. , le torus est conique vers le centre, là où sont les carpelles, et ce cône s'épanouit plus ou moins sur les bords, la où naissent les autres organes. Dans les anonacées, où le torus a souvent cette forme conique, on voit aussi des genres (cos/ocUne) où il «st concave au centre et renflé au-dessous des étamines » en sorte que celles-ci naissent sur un plan plus élevé que les pétales, tandis que les carpelles sont

(i) Voyez pi. 3 et 4.

ORGANES DB LA BEPfiÔBVGTION. I8t

enfouis dans une cavité. Dans tous ces cas néanmoins , le toras est bien distinct des organes superposés , lesquels sont aussi distincts entre eux. Il en est de même dans les capparidées, où là base dc;^ carpelles est entourée d'un prolongement du torus', en forme d'anneau.

Dans d'autres cas , il est quelquefois difficile de dire où commencent les organes insérés sur le forus , et où finit celui-ci, car lorsque les étamines, par exemple, ne sont pas clairement articulées sur le torus , ce qui arrive surtout lorsqu'elles sont soudées entre elles , on est embarrassé de dire si le frui( est entouré' d*un prolongement du torus, ou de la base des élamines soudées. Ce doute se présente dans les nymphéacées et dans le pœonia mouton y par exemple. Néanmoins, oo classe toutes ces plantes parmi les thalamiflores. Lorsque leurs étamines sont manifestement au-dessous des carpelles , on dit q;u' elles sont hypogynes.

Dam la grande classe des plantes appelées caUciflo^ res , les pétales et les étamines semblent naître sur le cal^ , soit parce que la base de ces organes est soudée avec le calice,, soit parce que le torus, dans la partie où il donne naissance aux étamines et aux pétales, se trouve adbérent au caUce. Cette dernière explication, proposée par M. de Candolle , parait If^plus naturelle dans bien des cas, puisque Ton ne voit ordinairement. aucune trace de la base des organes en dedans du tube du calice , tandis que lorsque les étamines sont soudées avec la corolle , on peut presque toujours suivre de^l'œil le filet soudé, en dedans de la corolle. Les étamines et les pétales des caliciflores naissent plus ou moips haut sur le calice , selon que la soudure est plus ou moins prolongée. Dans ce cas, les étamines sont àiiespérigynes.

Il peut arriver que le tor\is se prolongeant entre les

1B8 Ouganograpuis.

carpelles et le calice , se soude également à ces deux organes. Tel est le moyen de concevoir Forganisation des plantes où Tovairc est soudé avec le calice et où les pétales et étamines semblent nsîltre au point où les deux autres organes se séparent. Cest ce que Ton désigne en botanique en disant que i'ovaire est adhérent au calice ou infère {oifarium adhœrens^ inferum), ou que le calice est adhérent à Fovaîre. Lorsque cette soudure n'a pas lieu , l'ovaire est dit tibre ou supère Qibc" rum^ superum\^ par opposition au premier cas. Dans les plantes à ovaire adhérent, on voit fréquemment à la surface supérieure de l'ovaire un disq\xe analogue au torus des thalamiflores , sur le bord duquel naissent les étamines et les pétales. L'analogie de consistance, de cQuleur et de nature , d!e ce disque supérieur avec les vrais torus , confirme l'idée que l'adhérence de Vovaîre et du calice tient à ce que le torus se prolonge entre deux, plutôt qu'à l'interposition de la simple base des étamines et des pétales.

Comme dans ce cas, au moins quand Vovaîre%st tout-à-fait adhérent, les étamines naissent au-dessus de Fovaire, on dit qu'elles sont epigynes; ce qui se voit bien dans lesombellifères, par exemple.

Les corollijlores sont une autre grande classe des dicotylédones, où les étamines sont simplement soudées par le filet avec la qorolle. La trace du filet se voit ordinairement sur le tube de la corolle entre les lobes. Les datural consfolvulas (liserons)', les labiées, en sont des

exemples.

En général, les soudures des organes floraux expliquent assez bien toutes ces difierences d'organisation, en apparence bizarres \ de telle sorte , que si l'on remonte par la pensée à la base véritable de chaque or-

OAGJkMES DK LA BEPRODT7CTIOIV. 189

gané, on retrouve toujours la succession régulière des organes, de la circonférence au centre. Le torus, qui dans les thalamiflores soulève ou supporte quelques organes au-dessus des autres, dans les caliciflores s*intercale entre lès carpelleà et le calice , et se soude Siveràement, soit avec le calice tout seul, soit avec le calice et led carpelles à la f<Hs.

AETICLE VIQ.

DB r^lSBlrCB ou iVOETEMEirr DE QUELQUÏS-UKS DBS

oncÀsns rtOÊLàvx et de LEim dégénêresceitce.

Tous les organes delà fleur sont sujets à se développer d*une manière incomplète, ou même à ne pas se développer du tout , à a»/ofter pour ainsi dire, ce qui cause des altérations notables dans la symétrie de la Beur. Ces dégénérescences ou avortemens peuvent arriver , soit par acddent , dans un état maladif d'une certaine fieur,soit constamment, par suite de la disposition primitive et de la nature de certains organes dans telle on telle espèce.

Des avortemens, déterminés d^avance et comme nécessaires, se passent quelquefois sous nos yeux pendant la floraison. Ainsi plusieurs plantes qui ont un nombre déterminé de carpelles au moment où la fleur t* ouvre, n^en conservent plus qu^une partie pendant la nMfhmitîon des fruits ; tel ovaire qui a trois loges an mmttéfkt où la fleur commence , n'en conserve que deux ou une , parce que les^ autres ne grossissent pas, et que leurs cloisons se détruisent et se soudent avec les membranes voirines. Ce qui se passe dans ce cas sous noA yeux arrive probablement aussi dans \é bouton, ou dans cette période du premier développe-

160 ORGANOGRAPHI£.

ment des^ organes , qui échajppe à nos moyens d^observation. Les indices de ces avortemens prématurés sont quelquefois bien évidens. Ainsi dans les corolliflores on trouve ordinairement cinq lobes au calice , cinq à la corolle alternes avec les premiers,et cinqétamines alternes

. avec les lobes delà corolle y mais quelquefois il n'y a que quatre étamines, situées à la place ordinaire entre quatre

' des lobes de la corolle, et à la place delà cinquième on ne voit qu un petit filet sans anthères , ou une anthère mai conformée, ou une petite glande , ou même rien du tout. N'est-on pas autorisé à dire dans ce cas que la cinquième étamine est plus ou moins avortée ; qu'elle existait dans le plan, primitif de la fleur, mais qu'une cause quelconquel'a empêchée de se développer? On le dira toutes les fois que la place d'un organe reste évidemment vacante, les autres étant dans leur état régulier (i).

Les organes de la fleur avortent d'autant plus souvent qu'ils sont plus éloignés du. bord, probablement parce que dans lé centre de la fleur, Tair et la lumière * nécessaires à la vie végétale iibordent plus difficilement et pendant un plus court espace de temps.

Ainsi le calice manque rarement , et les cas où l'on suppose qu'il avorfe sont presque toujours douteux.

(i) Cette théorie, îmaginée par M. de GaDdoUe et dcreloppée dans tes ouvrages depuis près de trenteanSyparatt quelquefois au premier . aperçu contraire a Tordre gëuf^ral qui règne dans la nature. On répugne à une explication qui suppose un désordre habituel dans le déYcloppement des êtres organisés. Mais en y réfléchissant on ^rrivo à une opinion tout opposée. C'est une théorie qui reposé sur Texistence d'un plan symctrique , prédisposé , des organes. La rariété dans le dcyeloppement de ce plan viendrait de conséquence» ou de lois secondaires de la végétation. C*est ainsi que les perturbations des corps célestes ne sont pas un désordre , mais une conséquence éloignée et une conUrmation des grandes lois qui régissent Tunivers.

OaGAnBS DE h A REPRODUCTION. 161

Le nemopanthes (i) en est cependant un exemple. Fréquemment le tube se trouve réduit à une membrane extrêmement mince, et le limbe à des poils, des dents, etc. , comme dans les composées. Dans les bmbelUrères les lo« bes du calice manquent souvent.

Les pétales avortent complètement dans quelques capparidées , dans certaines cariophyllées , comme les saginaei moUugo^ et dans bien d'autres cas plus ofu moins faciles à reconnaître.

L'absence des étamines ou des pistils est plus temar*quable à cause du rôle important de ces organes. On trouve quelquefois dans une même espèce, sur un même pied, des fleurs dans lesquelles un de ces organes se développe imparfaitement, où, par exemple, les étamines sont dépourvues de pollen , ou bien les ovaires d'oyules. Quelquefois Tun de ces organes manque coimplètemént. Lorsque ce phénomène est constant dans une espèce , elle est appelée unisexuelle , et par opposition les plantes où les deux classes d'organes sont complètement développées , se nomment hermaphrodites.

Dans les plantes unisexuelles il se peut : i "* que toutes les fleurs d'un même pied soient en même temps oq mâles ou femelles , c'est-àHlire qu'il reste seulement ou les étamines, ou les pistib, alors la plante est dioïque^ exemple : le chanvre , les saules -, d* que sur. le même individu on trouve à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles, alors c'est une plante monoïque i exemple : le mais , les peupliers ^ plusieurs composées \ 3* enfin , que sur le même pied il y ait à la fois des fleurs mâles , des fleurs femelles , et des fleurs hermaphrodites.

(i) DC. , Fiant, rar. du jard. de Genève , pi. 9.

IKTR. A f.A ROTANIQVE. TOMK I. II

|6i ORGANOGRA7HIE» ,

Dans ce cas la plante est polygame^ comme les cb'as* jyfvos , les gleditschia , plusieurs myrsinées , etc.

Lorsqu'on retrouve clairement des traces de Torgaue avorté, sous forme d'écaillé , de filets, de glande, etc., on dit souvent que la plante est dioique, monoïque, ou polygame par ai/orCeiiie/it(.a&ortu), parce que l'accident n'est pas douteux. Il y a peu de cas où l'on ne puisse apercevoir quelque rudiment des organes avor* tés , et s'ils manquent dans une espèce , on les retrouve dans d'autres analogues,

ABTICtE IX.

DR8 FLSUaS KOSOCULÀMYDÉEa , c'esT'-A-BIILE QUI k'oNT

qu'une euvbloppe.

Un grand nombre de plantes n'ont autour de leur» étamioes que des vertidlles analogues , soit aux pétales, soit aux sépales, mais tellement semblables entre eux qu'on ne peut les nommer avec sûreté ni calice, ni corolle. Cette enveloppe, de nature incertaine, est unique dans certaines dicotylédones, comme les daphnés , double dans la plupart des monoeotylédones, par exemple dans les liliacées* Les botanistes l'ont appelée tantdc calice , tantôt corolle , tantôt le rang intérieur calice et Taiitre icorolle , selon l'idée qu'ils se faisaient des caractères de ces deux organes. On a adopté aujourd'hui un nom neutre qui ne préjuge rien sur la nature douteuse de cette enveloppe , c'est celui de périgone {perigo-miim ) 4 proposé par Ehrbart, M. de CandoUe a nommé Xépales (^iepala) les pièces élémentaires libres ou soudées qui composera ce verticille , par analogie avec les mots pétales et sépales. Les mêmes considérations, les

OAGANSS Dl LA miPlOOVCTIOlf . 169

niëaies variations de fimnes, de soudures el de dégàiércseences , s^appliqucat en effet au périgone comme aux autres enveloppes des étamines et des carpelles.

Il faut savoir cependant, pour comprendre les ouvrages de botanique , que Tourne fort regardait comme calice les verticilles extérieurs qui sont persistans , et comme corolle ', ceux qui sont caducs ^ et que Linné appelait caKoe les v^ticilles de couleur verte , et corolle ceux qui ont les couleurs ordinaires des pétales. Ces dénominations étaient peu philosophiques. On sait que dans les plantes qui.oni manifestement calice et corolle, le calice est souvent caduc ou coloré , et la'oordle persistante ou de couleur verte. M. de Jussieu regarde la périgone comme Iç calice de plantes où les pétales manqueraient ; opinion qui a beaucoup d'argumens en sa faveur. En effet , les pétales manquent plus souvent que ka sépales dans certains genres où Tanalogie avec les genres vmsiiis démoiit>^ V^ Torgane qui reste est le calice ; c'est ce que Von voit dans les cariophyl|ées , rosacées, ou apétales (sans pétales). De plus, on a reqonnii TalBnité de familles monochlamydées avec certaines fâ« railles habituellement munîes.de piétale et calice. M. d4 Candolle observe que le périgone de la beUe-de^nuit et de plusieurs autres monochlamydées ressemble à Textérieur aux feuiUes par la eouleur verte, les poib, gltn-* des, stomates, etc.; et di^ c6té intérieur, aux pétales par les couleurs variées , Fabsence de stomates , etc* Il soupçonne que ces périgones scmt composés d'un car lice doublé intérieurement de hmes péulokles soudées avec lui. Mais si ces membranes pétabides sont mi prolongement du tonis, comme ce savant parait le croire , il serait bien singulier qu'elles fussent collées avec les lobes du calice jusqu'à leur extrémité, et exac-

164 ORGANOGRAPHUE.

tementde la même grandeur^ de là même forme qu'eux , car lorsque le torus se prolonge sur un organe dans les thalamiflores , il s'arrête ordinairement en un point , sous forme de renflement, d'anneau, de disque, etc. Si ce sont les pétales qui se soudent avec les sépales , il faut admettre qu'ils sont opposés les uns aux autres , ce qui est un cas très-rare , ou qu'il manque un verlicille intermédiaire , et alors comment supposer une soudure aussi intime entre deux verticilles qui ne seraient pas contigus dahs le plan originel de la fleur. Au reste , l'opinion la plus probable, qui a été aussi pipfessée par Fauteur de Thypothèse précédente, me semble être que parmi les plantes à périgone, il y a des cas où les pétales manquent, d'autres plus rates où peut-être le calice manque , d'autres en&n où les deux organes existent , mais "sont parfaitement semblables.

'Ce dernier cas est le plus fréquent dans les monocotylédones , telles que les liliacées , iridées , amaryllidées , etc., dans lesquelles il est difficile de ne pas re— cOTmaitre avec M. Desvaux qu il y a habituellement deux, verticilles alternans^ dont l'extérieur, souvent analogue aux calices, serait le calice, et l'intérieur, souvent pétalolde, serait la corolle.

Ces discussions prouvent néanmoins Favantage du terme neutre périgone , qui ne signifie que em^eloppe autour dés organes sexuels. On peut ensuite dans les descrip'ions dire périgone simple ou. double^ selon qu'il y a un ou deux verticilles alternes.

L'ovaire est tantôt libre, tantôt soudé, dans les plantes monochlamydées.

OHGAHSS DE Uk RlVRODUCTIOlT. I6B

ABrTICLE X.

QX LA FLEUR DES GRÀHIlféES.

Les graminées rentrent dans les monocotylédones , mab la forme spéciale de leurs organes floraux et leur inflorescence singulière méritent une mention séparée el exigent des termes spéciaux pour les décrire!

Les fleurs des graminées', par exemple du blé , de l'orge , de plusieurs herbes qui composent nos prés, çtc. , sont desfl eurs ramassées en épis , où les bractées jouent un grand rôle, tandis queles organes de là fleur même sont réduits à un petit nombre et à de petites dimensions. Ce que Ton considère généralement comme Tépi dans ces plantes, est une réunion de petits épis latéraux nommés épilJsts {spicuïœ^ locustœ ) , autour d'un axe central indéfini (rachis).

A la base de chaque épillet sont deux bractées écailleuses, concaves, opposées^ ce sont les glur^es (glumœ ). Au^IessuB «se trouvent une ou plusieurs fleurs sessiles , alternes. Chacune est enveloppée d'abord de deux bractées de nature écailleuse, dontrune, extérieure, se termine souvent par une arèle prolongée en pointe (arisicC)'^ Vautre, opposée et un peu intérieur^, située du coté du rachi^, est bifide, composée de deux pièces unies entre elles par une membrane transparente. Ces deux bractées se nomment vulgairement dans les céréales, la baie-, c'est \siglumelle {glumclla) de lapluparl des auteurs. Linné Tappelait corol/tf; M. de Jussieu, calice-^ M. Broynïy perianthium^ el l'on a donné encore d'autres noms. En dedans et opposées aux glumejles , deux très-petites écailles charnues , incolores , soiU

I IM OROAlfOGBAFBU.

la glumellule (jglunieUula^ DC)-)» 4^^ Linné nom- I mait nectaire , M. de Jussieu squamulœ , M. Palis-

I sot de Beauvois lodiculœ , etc. On regarde ce dernier

organe comme représentant le périgone des autres mo- I nocotylédones. Les trois étantines et Fovaire naissent

1 en dedans de ces écailles.

I Diverses familles, telles que les palmiers, joncées et

cypéracéj?s , ont servi par des comparaisons à expliquer cette singulière structure*, elles font comprendre ai; moyen de transitions comment lesspathesou bractées usurpent, en apparence^ la place des tégumens floraux ordinaires.

ARTICLE XI

DES KEGTAIEBS*

Linné el; ses disciples ont appelé de ce nom les divers glandes, tubercules, appendices ou roiflemen» charnus qui peuvent se trouver dans les fleurs , sans paraître constituer Tun des organes principaux. Les modernes réduisent le terme de nectaire auxglandet qui sécrètent dans la fleur un liquide sucré, Appelé nec^ tar, lequel attire en foule les insectes , dans Tintérieur des corolles.

La position habituelle des nectaires est sur le torus et sur le prolongement du torus, qui forme dans les ca-» Kciflores un disque au-dessus de Tovaire; on voit une grande abondance de nectar au fond de la fleur des co» hœa^ eampanuJaj sur le torus des craasulacées, araliacées, etc. Lorsque les fleurs sont régulières , les nectaires sont placés symétriquement relativement aux autres organes , par exemple cpmme le serait une rangée d'étamines ou de carpettes. Dans oe cas ils ont la fimne de

ORGANES DE LA llfPIlODVCTION* lOt

tabercules charnus , quelquefois calleux, plus petits que des filets d^ëtaraiiies.

Dans les fleurs irrëgulières y ils sont au fond des éperons, ou près de f endroit où manque An organe.

Il y en a sur Tovaire des jacinthes, sur les anthères de Vadenanihera , sur les corolles ou calices de diverses plantes.

Très-souTent les nectaires tiennent la place d'une ëtamine on de tout autre organe avorté, comme on le voit surtout dans les plantes unisexuetles. Ainsi leur présence est une- présomption de Tavortement de quel-* que organe.

ABTIGLE XII.

Page 1