‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 22 sur 104 · ORGANES DE LA REPRODUCTION · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA REPRODUCTION

qu die adhère au mésocarpe dans l'abricot. LVpicarpe est rarement épaissi ou endurci.

L'endocarpe au contraire , qui représente la surface supérieure de la feuille , varie beaucoup de nature , de consistance , de couleur, etc. Dans le légume des pois, fèves ou haricots , il est mince , transparent ou verdâtre comme Vépicarpe. Dans Tamande, il forme ce que Ton nomme vulgairement la coque« Dans la pèche, Fabricot et la cerise , c'est la partie osseuse du noyau. On trouve aussi des épicarpes cartilagineux. Ils portent rarement des poils ou des stomates -, ce qui est dû sans doute à leur situation dans Tititérieur du fruit.

Le mésocarpe, de même que le mésophylle des feuilles , est quelquefois tellement mince , qu'on a de la peine à le distinguer , tandis que dans d'autres cas , il est épais , charnu , 6breux , etc. C'est dan& l'amande la partie sèche et fibreuse nommée hrou , qui entoure la coque -, dans la pèche , l'abricot et la cerise , la partie charnue , qui se mange , et que l'on nomme quelquefois la chair (caro) à cause de cette même consis* tance (i). Le nom de sarcocarps , donné par quelques auteurs au mésocarpe , vient aussi de cet état particulier , mais celui de mésocarpe est plus convenable , parce qu'il peut s'appliquer à tous les cas. Dans plusieurs fumariacées {cysttcapnos) , le* mésocarpe est boursoufflé, plein* de lacunes, et traversé irrégulièrement par des fibres qui unissent les deux surfaces. Souvent le mésocarpe est une membrane élastique , endurcie ou comme desséchée.

(t) Il ne faut pas cpn fondre k chair avec la pulpe [pulpa). Celle-ci est une substance k moitié liquide contenue dans les carpelles , probaUement sécrétée par Tendocarpc ou les enveloppes des ^aioes. La cane , par exemple, a une pulpe*

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II faut observer que ces trois parties peuvent adhérer plus ou moins entre elles à l'époque de la maturité. Ainsi , dans une pèche ordinaire très-mûre , les trois parties se séparent abément , tandis.que dans la pèche pavie , Tabricot et Tamande, Tépicarpe adhère toujours au mésocarpe , et ce dernier se sépare de lui-même de Tendocarpe*

En se repliant sur les bords, la feuille carpellaire présente sa concavité jdu côté de Taxe de la fleur. Les deux bords sont ordinairement soudés dans toute leur longueur, mab dans les hellébores, par exemple , la soudure u*a lieu que dans le bas , et le carpelle reste béant vers la partie supérieure. Les bords se replient quelquefois dans Tintérieur , de manière à diviser le carpelle par une cloison longitudinale , comme on le voit dans, les astragales. Il arrive aussi dans certaines légumineuses que les deux côtés du carpelle repliés Tun contre Tautre, étant d'une consistance charnue, se soudent , non-seulement par les bords , mab aussi par une bonne partie de leur surface.

La soudure des bords de la feuille forme une iiitur^ dite ventrale , parce qu'elle est opposée au dos du car* pelle , ou seminifère^ parce que les graines naissent à Tintérieur «des deux côtés de celte ligne. La nervure primaire ou -dorsale du carpelle est opposée à la suture séminifère , et lui ressemble fréquemment.

Les carpelles sont déhiscens ou indéhiscens , c'est-»» dire qu'à leur maturité ils s'ouvrent ou ne s'ouvrent pas d'eux-mêmes. La déhiscence a lieu, ou longitudinalement , ou transversalement. Dans le premier cas , de beaucoup le plus commun , l'ouverture a lieu ou par séparation des bords du' carpelle, ou à la fois par sépara-* tion de ta suture ventrale et rupturede la nervure dorsale.

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Lorsque ces deux lignes naturelles de délûsceiice sont formées d'oi^nes eKtrcmement soudés , plus tenaces que. le reste du carpelle , la rupture a lieu quel* quefoîslelong des deux cotés du carpelle , comme on le voit dans Yhœmaiaxjrlon (légumineuse).

Les pièces qui se détachent les unes des autres dans la déhisceoce sont des values (valv^œ)*

Il se peut que le péricarpe soit intimement soudé avec une graine , el dans ce cas y il est nécessairement indéhiscent ^ parce que les graines ne s ouvrent que par la germination qui a lieu plus tard.

Les graines naissent le long de la suture ventrale , mais lorsqu'il ne s'en développe que une ou deux, elles peuvent se trouver à la base ou an sommet, ou à la fois à la base et au sommet du carpelle : alors eljes sont en apparence droites ou pendantes , parce que la forme de la cavité et leur situation les forcent à prendre celte direction.

Chaque graine est supportée par un^u/ijcu/e, cordon ombîUcaly ou podosperme , qui est ordinairement un petit filet très-court. Le point où ce filet sort du carpelle est le placenta (placenta). Dans les légumes (pois, haricots, etc.) et dans beaucoup d'autres fruits, les funicules sont plus remarquables que le placenta , mais souvent aussi le placenta est très-gros, charnu , et rçmplitune portion notable du carpelle. On peut le regarder alors ou comme un renflement particulier des bords de la feuille carpellaire , ou comme un efiet de la soudure d'un très-grand nombre de funicules.

Les carpelles, dont je viens d'indiquer les modifications principales, peuvent être uniques dans chaque fleur , ou nombreux. Le premier cas est celui des légumineuses, par exemple; tandis que dans les renoncu-

1T6 ORGAltOGftAPBIE.

lacées, rosacées, elc. , on trouve un grand nonibre de carpelles k Tépoque de la maturité. L'ensemble de ces carpelles forme alors des fruits d'un aspect varié. Dans les géraniées ils sont autour d'un axe solide ; dans les renoncules et les fraises, ik sont sur un torus plus ou moins charnu ; dans les roses , au fond d'un torus concave soudé au calice, etc. On peut concevoir que chaque espèce de carpelle , sec ou charnu, déhiscent ou in* déhiscent, déhiscent de diverses manières, etc. , se trouve ainsi placée sur des lorus ou axes de natut^ diverse.

ARTICLE ill.

DBS ClftPELLES SOUDÉS, OU FRUITS COMPOSÉS

(sYnCARPES) (l).

Jusqu'ici je n'ai parlé que des carpelles isolés , distincts à lu fols les uns des autres et de tous les organes de la plante. Mais par des combinaisons qui entraînent une infinité de variétés, les carpelles sont fréquemment soudés entre^ eux , ce qui constitue des fruits composés ou syncarpes. Dans ce cas, il arrive souvent qu ib sont aussi adhérens avec le calice, par l'intermédiaire du torus.

Les carpelles soudés entre eux forment des hges (loculi.y loculamenta) , lorsque les bords des carpelles rentrent en dedans du fruit jusqu'au centre. Les cloisons ainsi formées sont en réalité composées chacune de deux membranes latérales des carpelles soudées ensemble. Les placeptas sont à l'angle intérieur de chaque carpelle-, exemples : les mauves, nigelles, etc.

Mais les bords des carpelles ne rentrent pas toujours jusqu'au centre. Alors il existe une cavité unique avecdes

(i)Fo/. pi. 3, fllg. i4',pl. 4,rig. 35) pi. 6, fig. là 8.

OHGAMXS DE LA AEPRODUCTIOK. |11

placentas sur la circonférence, comme on le voit dans les violettes et le réséda par exemple.

Enfin, il arrive quelquefois que -les cloisons de loges

étant fort minces, se détruisent pendant la maturation

du fruit , tandis qu'il reste au centre un gros placenta ,

provenant de Tagglomération de tous les placentas de

loges. Dans ce cas, le placenta est dit central, et pour

retrouver sa communication avec le reste du fruit , il

faut examiner de très-jeunes ovaires. Les cariophy liées,

portulacées, etc. , présentent des placentas centraux.

Les fruits composés ne s'ouvrent pas , ou s'ouvrent de deux manières principales , par déhiscence sepikide , ou locuUde, La première a lieu quand les carpelles se désunissent à une certaine époque , et tomlient séparément. Ils s'ouvrent ensuite ou ne s'ouvrent pas, comme des carpelles isolés \ exemples : les rutacées, colchicacées* La déhiscence loculicidcj qui est de beaucoup la plus commune , est une rupture Jongitudinale du dos de chaque loge. Dans ce cas , les cloisons ne se, désur Dissent pas en deux membranes, mais la rupture du fruit les déchire de haut en bas, en sorte que les valves portent au miliea des traces des cloisons. C'est ce que Ton exprime en disant que les valves sont septifères (medio septiferœ, ou sepliferœ).

Il y a beaucoup de modifications de déhiscences , qui ont plus ou moins d'analogie avec ces deux. Ainsi les fruits s'ouvrent quelquefois vers l'extrémité supérieure seulement, par des pores (dans les linaires), ou des valves (les bruyères). Lçs valves se détachent quelquefois de bas en haut (esclioltzia, crucifères}. Lorsque le placenta est central , la déhiscence a lieu quelquefois par des valves supérieures (cariophyllées), ou p^r une rupture de la circonférence , co que l'on nomme déhis-

I5TR. A LA BOTANIQVF.. TQSIE I. 19

IT8 eEGikNOGRlPHlK.

ceace transversale oa en botte à sa^onneite (circum'» cissè dehiscens)^ comme dans le mouron , le pourpier.

Lorsque les fruits composés sont soudés avec le calice, la dessication des membranes parvient ëgalemeot à faire rompre le fruit dans bien des cas. Ordinairementy il est vrai, la débisc^nce a lieu au-dessus du tube du calice , là où Tovaire est libre \ mais souvent aussi le tube du calice est rompu de diverses manières. Dans les oml>eUifëres il se brise en deux , et chaque carpelle emporte une des parties du calice collée avec lui. Dans les campanulées et antirrhinées il se forme fréquemment des valves ou des trous de déhiscence.sur le càté du tube du calice.

Le» carpelles qui forment un fruit composé peuvent, eomme les carpelles libres^ être charnus ou de consistance sèche, même osseuse. L'épicarpe, le més^ocarpeet Tendocarpe peuvent aussi avoir une consistance diverse.

Le nombre des carpelles soudés varie également. Quelquefois plusieurs avortent , souvent même le fruit se trouve réduit à un seul carpelle, comme on le voit dana les légumineuses. Dans ce cas la position exceu'» trique de ce carpelle fait reconnaître Tavortement des autres. Quand il y a une seule loge et deux styles ou stigmates , comme dans les composées et graminées , on doit "présumer que Tun des ovaires soudés a avorté par la partie inférieure.

ARTICLE IV

nSS FBVtTS PROVENAlfT OB PLUSIEURS FLEURS

( POLYANTHOClRFES ).

n y a des fruits qui proviennent du rapprochement ou dis U soudure de plusieurs fleurs différentes. Ce sont des fruits agrégés. •

ORG^lfSS OJK hA UftPilOPVCTI01<r. 119

i l'on nomme fruit le cône des pins, mais c^est évidemment la réunion de plusieurs fruits^ car chaque écaille appartenait à une fleur. Dans le don^ t0niéi j plusieurs petites fleurs sont placées sur un réceptacle concave, et les fruits qui en proviennent mûrissent ainsi isolés. Dans )ies figuiers ce même réceptacle entoure complètement les fleurs et plus tard les fruits. Dans ces divers cas il est à regretter que- Ton ait, donné le nom de fruit à des réunions de fruits nullement soudés entre eux, et qui à aucune époque n^ont été entourés d'enveloppes florales communes. C'est une erreur du même genre que si Ton nommait fruit tonle une grappe de raisins, tandis que c'est chaque grain qui doit être considéré comme un fruit.

Cette nomenclature , où Ton prend le fout pour la partie , est plus excusable quand les fruits de fleurs différentes se soudent entre eux, soit directement, soit par rintennédiaire de leurs enveloppes florales et du réceptacle. C'est ce qui arrive au fruit de l'ananns et de l'arbre à pain. Ils sont véritablement agrégés , car quoique chaque carpelle vienne d'une fleur différente , j'ensemble des carpelles , périgones , bractées et axes floraux , est réuni en une seule masse charnue , qui constitue à nos yeux un seul fruit. Dans plusieurs chèvre-feuilies, ou les fleurs rapprochées deux à deux sont bien distinctes , les fruits charnus qui en proviennent se soudent toujours dans une partie de leurs .faces , comme cela arrive quelquefois par accident à deux grains de raisin.

ARTICLE V

GJJtSSlFlCATlON OES FRUITS.

Il résulte des articles précédens qu'il y a trois gran* des classes de fruits :

r. \.r^ fniîlK sintpîes, proTenant de carpeUes HIhps ()»»<. nnr m^mt> Bcur. On peut les oommer apocarpct

'>\ X.csiniws composés, qai^fonnent de bsou- Avrec <)o phisiolirs carpelles d'une même Benr. Ce sont df^i M tK-arpr^s ( sjrncarpi\

\*, \ .l'N fruits agrégés , qui se ruinent de la soodote lie )4ti>ii-un Truits, de Beun diflerentes. Oi peut In iiommi>r poljamhoearpes (i).

L.t'N bolanbtes ont imaginé une multitude de noms )tuiir caractériser los principales modifications des fruits. Un grand nombre de ces termes sont à peine connus, toul.au moïos inu$ili-s, et encombrent les tnili^ de botanique. Prétendre nommer tontes les modificalioas sérail folie, car il fandrait passer en nvue toutes les combinaisons possibles des canclères . et leur nombre est trè-coaûdénble. Ea se bornant même aux caracli-res impoituB de^carjK'lies. «M»e d'être Ubres ou souiks «lire eus, liÏTis ou soodê» avec d'aubes organes. d<'biiO(-n>ou iatirbisoens , duraos oamembn-

(ij ri I ■ 1^1 liiii lin ■! lÉi' laflii ■iiMÉii |i«i W I'mJ

VtJ ( Inlrod. lo Aotenr, f. I-] 2- J'ai i iibbi ii' cela 4l tjmsvft ; cctiu A'apacarpt c*t roIraBl pv M. Lûdle; aoi onôo l^ns , Uiii'fiin (Uni use flesr , je rctnJii tava l^ejificllc* libn*, «t le

vlatM r>l nimmce par M. Liiulley anAotarpa ; Bail cobbc to» Iri IriiiU iiruriciiiioil de flcon, J'ujojte k not po/f- Le coBpoac [Hil)iiiilliiHi>r|w, piiur lo pcrtoauctqui cunmiitiit le grec , eiprine |ri">-i'iiiiii>1/'lrmriilU rruiiîuadet ftailt &t pUiticurt Oeun. Lctcar- |iell» liliri'i rflunii. *u notnlire de ileni mi de pluNcon , du» nne (uiilii llrui', Hiitt apiiHci, par H. Litutlej, Irait* ■(régétj iniii ilimpiii'lD |>iiii iju'll y nil un ou pliuieun carpelle*, ponrTu qn'ib toient lllircB, Bl d'uilli'iinrf-lerine a rliiemploj'édini un autre leiu pir plu< «t«Hr« milriii''. iiulaminont par N. de Candolle , depnii plus de vingt

ORGIXIES DE LA RiPRODt7GnO!r« |81

neux , au nombre d'un ou de plusieurs, etc., il y aurait déjà beaucoup de combinaisons à désigner par des noms, n faut donc se borner aux termes usuels , qui indiquent des modifications à la fois importantes et commune» dans la nature. Voici quelques-unes de ces formes (i).

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