‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 38 sur 104 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DES VROPRlÊTis DtJ TISSU VÉGÉTAL.

Le tissu dont les végétaux sont formés jouit nonseulement des propriétés générales de la matière , comme d'être impénétrable^ mais aussi de certaines qualités importatîtes, savoir ,: F extensibilité , T élasticité et Vhygroscopîcité.

Quoique les liquides contenus dans les cellules et les vaisseaux , ainsi que les matières solides qui s'y déposent par l'effet de la vie, puissent modifier ces qualités, on doit reconnailre qu'elles appartiennent en général aux organes des végétaux , et qu elles les distinguent des corps inorganisés. Le verre ou le talc sont bien élastiques , mais ils sont beaucoup moins hygroscopiques et extensibles qu'un morceau de bois , par exemple. Sans entrer dans des questions qui dépendent uniquement de la physique, on comprend que la composi-

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tion du Tissu végétal, par juxta^position de vésicules distioetes , le rend poreux , spongieux pour ainsi dire , bien plus qu'un minéral. Les propriétés qui en résultent tiennent uniquement'à la nature et à Tarrangement des cellules et des vaisseaux. Elles ne dépendent pas de la vie , car un végétal mort depub nombre d'années les possède à un degré plus ou moins remarquable. Cela est surtout vrai de Thygroscopicité et de Télasticité. On sait, par exemple , que le bois le plus vieux et le plus sec , mis dans une atmosphère humide, absorbe une portion notable de i'bumidité, et que les poutres d'une construction fort ancienne demeurent toujours élastiques.

Reprenons en détail ces trois propriétés.

L'extensibilité est au plus haut degré dans la jeunesse des organe^. On voit les branches s'accroître dans toute leur longueur , le tronc des arbres grossir facile-ment jusqu'à une certaine époque , où probablement le tissu devient plus tenace, plus dur, par le dépôt graduel de matières sofides. Quelques organes continuent à s'allonger et à grossir, mais ce n'est plus par rextension du tissu , c'est par T'&ddilîon de nouvelles cellules , de nouveaux vaisseaux, à coté des anciens.

L'élasticité est cette propriété par laquelle un organe tend à reprendre sa place , lorsqu'une force étrangère l'en a dérangé. Ainsi une feuille retournée par nos mains ou par le vent se remet promptément dans sa première position. Les pédoncules et presque tous les organes offrent plus ou moins celte faculté •, cependant le dracocephalum moldavicum a des pédicclles ([ui ne reprennent pas leur position quand on les dérange. On a comparé ce phénomène à ceux de la catalepsie, mais il tient seulement à un défaut d'élasticité.

11 arrive souvent que des anthères , des portions de

corolle ou les valves d*une capsule, se déjettent instap* taaément par suite de leur élasticité et de la position forcée dans laquelle ces organes se trouvaient. Les étamines de la pariétaire sont d^bord soudées vers le haut et courbées vers le centre, mais ensuite rallongement de leurs filets rend cette position difficile. Il arrive un instant où la sépiaration s'opère et où les élamines se jettent en dehors comme un ressort comprimé qui se débande. C'est ainsi que Ton voit éclater les capsules de balsamines, d'euphorbes, et d'autres plantes dont les fragmens (appelés coques) sont éminemment élastiques. Dans beaucoup de cas , l'élasticité facilite les phénomènes de la vie végétale. ' t L'hjgroscopicitéj ou faculté de perdre et d'absorber l'humidité, joue un rôle fort important dans la végétation. C'est une propriété tellement inhérente à quelques organes , que l'on a fait des hygromètres avec des membranes ou produits végétaux.

Les organes les plus remarquables sous ce rappoi:t sont les aigrettes des composées , les poils raides appelés cils, les dents du péristomç dQS mousses, les valves de plusieurs capsules , et en général les parties sèches , coriaces ou scarieuses.

Ou voit ces organes se tordre ou se crisper par la sécheresse, et se détordre ou s'étendre par l'humidité. Les corps ligneux, surtout l'aubier, sont très-hygroscopiques. Il en résulte même que ce dernier se pourrit aisément, lorsqu'il est mis à nu^ tandis que l'écorce étant peu hygroscopique , le protège habituellement. C'est aussi une des causes qui font sortir par les fissures de l'écorce, les gommes et les résines sécrétées intérieurement dans le cqrps ligneux.

L'effet de l'bygroscopicité est d'étendre le tissu ou la

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portion de tissu qui est afieclée par rhumidité. Ainsi , dans un corps quelconque , la partie qui absorbe le plus d'eau se courbe sur la partie contiguê qui en absorbe moins , parce que cette dernière devient compara* ûirement plus courte. Il faut nécessairement, ou que les deux parties adhérentes et inégalement humides se séparent, ou que celle qui grandit suive le sort de la partie la plus sèche, qu'elle se déjette de son côté, qu'elle soit soulevée par elle, etc. Dans les capsules , le côté extérieur, frappé par le soleil, se dessèche presque toujours avant le coté intérieur, et alors les valves s'étalent.' J'ai ▼u cependant des capsules de campanuhcées du cap de Bonne-Espérance , qui se ferment par Thutnidité. II y a encore une exception célèbre , celle de Xanastatica hierochuniina j plante de la famille des crijcifères, appelée vulgairement et improprement rose de Jéricho, Celte plante, qui tout entière n'est guère plus grosse que le poing, a des rameaux ramassés en Ëoule quand il fait sec. Elle est facilement déracinée et le vent la fait rouler comme une boule dans le sable des déserts d^ Afrique. Si elle tombe dans un endroit humide, ses rameaux s'étalent, contrairemriil ci ce qu'on pourrait supposer. Probablement le coté intérieur est plus hygroscopique que Textérieur.

s M PHYSIOLOGIE.

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