CHAPITRE m
DBS nOFUÎTiS VITALES DBS ViciTAVS.
ARTICLE PBEHIBB.
DIS^MCTIOB DE CES PKOPBIÉTÉB VITALES.
Il y a beaucoup de pbénomèDes que, dans l'état actuel des sciences physiques et chimiques, on ne peut pas expliquer par les propriéli-s de la maltère setdement , ce sont les phénomènes qui constituent la vie; et en disant que les vtigétaux vivent , nous eniçndons qu'une force inconnue dans son essence ( lii force vilale) produit en eux, pendant un certain temps , des effets dont les lois de l'ulfraetiou et de llaIBnitè ne peuvent point nous rendre compte. -f
L'exemple du rc{rnc niiim»1 a disposé de tout temps à croire que les plantes sont douéf» de vie. Il est aisé en effet de saisir entre les deux règnes oi^anisés de grandes ressemblances ; par exemple : le développement réi;ulicr et symétrique d'organes , l'existence d'individus qui se nouifissent et d'espèces qui se perpétuent , dt-s mouvemens divers , des sécrétions. Or, toutes ces choses, d'après notre sentimcDt intime, dépendent , chez les animaux , de l'existence d'une force vilale. I/un:tIogie conduit à admettre le même agent dans l'autre règne organisé. Les zoologistes (i) ont admis que la vie se
[i) CciiiK, Rigne aninal , inrrodartiaii,
manifeste de trois manières dans les animaux : par f excitabilité générale du tissu cellulaire, qui le fait se dé- Tclopper, résister aux élémens ou les modifier, etc. 9 TirrilahiUté des fibres musculaires, qui les fait se contracter TiTement lorsqu'un agent mécanique ou chimique les atteint^ et la sensibilité^ ou faculté de la pulpe nerveuse de percevoir les sensations et de transmettre les ordres de la Tolosté. .
Dans le règne végétal, il manque de pulpe nerveuse et de muscles; par conséquent il ne saurait exister de sensibilité ou d^irritabilité , au moins dans le sens précis que les zoologistes ont attribué à ces mots.
Quelques philosophes, dirigés principalement par des idées religieuses, ont, il est vrai, cherché à prouver que les végétaux sont doués de sensibilité, qu'ils ont, par exemple, la conscience de leur existence , peut-être des sensations. D'autres, partant des mêmes idées et du fait que les végétaux n'ont pas d'organes de mouvcmens, ont cru que cq serait ccyitrairc à Tordre universel cl à la bonté d'un des altrîbuls de la divinîlé., que dos êlrcs fussent doués de la faculté de sentir le mal sans pouvoir l'éviter, et* de désirer le bien sans avoir les moyens de l'atteindre. Si de ces considérations élevées on veut descendre à des arguniens plus directs , foodés sur l'analogie , on nç peut nier que la faculté locomotive ne soit de fait le cortège de la sensibilité dans le règne animal. H semble même que plus les animaux sont doués de fortes impressions , plus ils ont de moyens de rechercher ce qui leur plait , drt fuir' le mal ou de se défendre. Les végétaux étant lies au sol, plus encore que les polypes et les mollusques, seraient encore moins doués de la faculté de sentir; ils ^ïi seraient probablement privés. D'ailleurs la sensibilité
iS4 PHYSIOLOGIE.
des animaux s'annonce par des actes, des cris, etc., ce dont il n'y a pas la moindre irace dans Tautre règne. Le fait le plus important à Tappui de Vidée que les plantes sont douces de la faculté de sentir, c'est que les substances , telles que Topium , Falcool , et divers poisons, qui agissent principalement sur le système nerveux des animaux, influent aussi sur les végétaux et peuvent même les tuer. Mais nous ne savons pas s'ils agissent semblablement dans les deux règnes. Le même résultat , la mort , peut être amené par deux voies différentes. Et dans le règne animal, que savons-nous si CCS poisons n'agissent pas accessoirement sur le tissu cellulaire , quoique leur effet principal se porte sur le système nerveux ? Lorsqu'un poison agit violemment sur les «nerfs , on néglige de rechercher les effets plus lents et plus faibles qu'il pourrait produire sur-d'autres organes.
Nous ne pouvons donc admettre que les^végétaux soient doués de- sensibilité.
On leur a aussi attribué Tirritabilité. Ici du moins il y a des phénopoènes bien clairs , qui ressemblent à ceux que , dans le règne animal , pn rapporte^ à cette propriété des muscles. Ainsi en piquant avec une aiguille la base interne d'une étamine de berberis (épine-vinette)| on la voit se jeter vivement contre le pistil. Enir^tfiint les anthères de quelques composées (carduacéss, cei\Iaurëes), on observe un mouvement analogue. Lesi feuilles de dionœa ont au centre du limbe des poils raides , que l'on ne peut pas toucher sans que la feuille se replie sur sa nervure centrale* On connaît aussi les mouvemens de la sensitiye (mirhosapudica)^ et Ton a reconhu que les acides ou vapeurs vénéneuses, de même que les chocs, font plier sei folioles* Mais ces