‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 40 sur 104 · CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES. 35S · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS PRELIMINAIRES. 35S

exemples curieux ne sont que des exceptions dans le règne végétal. Les espèces qui les présentent n'ont d'ailleurs pas plus d'analogie avec le règne animal que les autres plantes. Elles ressemblent à beaucoup de pbanérogames qui n^offrent point les mêmes singularités , et non à ces cryptogames qui semblent intermédiaires entre les deux règnes. Enfin elles n'bnt point d'organes élémentaires spéciaux que Ton puisse comparer à un système de muscles. Il est donc probable que ces faits rentrent dans la même catégorie que d'autres, moins remarquables sans doute, mais plus généraux , que l'on attribue à fexcitabilité du tissu végétal.

La sève monte dans les arbres bien au-delà de ce que produit la simple capillarité , et contrairement à la loi de la pesanteur. Cet effet cesse quand la plante meurt, et cependant le tissu parait toujours dans le même état.

' Une graine conservée dans un lieu sec, pendant nombre

d^années, ne s^altère pas et ne germe pas. Mise en terre, Ja jeune plante cachée dans Tintérieur se développe ; elle sort d'une longue léthargie; elle devient un nouvel

^ être, compliqué- à Tinâni, semblable à celui qui Va

) produite. Voilà les phénomènes qui caractérisent la* vie.

Les sécrétions , les effets de la lumière , des gaz , d^ la chaleur , de l'électricité , sur les végétaux vivans , sont aussi des phénomènes vitaux. Us sont analpgues à ceux que présentent les organes des . animaux ^ indépen-* damment des muscles et des nerfs. On peut donc les attribuer, comme le font les zoologistes, à l'excitabilité

j vitale du tissu organisé.

ARTICLE n.

DES OK6ÀNES OU EÉSIDB PniNaPÀLEMEVT

l'excitàbiuté.

Plusieurs physiologistes, en admettant la vie des végétaux , ont cru qu'elle réside principalement dans les organes élémentaires les plus compliqués, tels que les vaisseaux et les trachées. II parait plus probable que le tissu cellulaire est le siège principal de Texcitabilité (i). En effet, il y à un nombre immense de plantes (toutes les aiàphigames , les œthéogames dans leur jeunesse , les potamogetons et autres phanérogames aquatiques) qui vivent sans vaisseaux ni trachées , uniquement par le tissu cellulaire dont elles sont composées en Bntier. Personne ne prétend que ces'plantes ne soient pas sujettes à vivre et à mourir-, H faut donc que le tissu cellulaire soit doué Je facultés vitales. C'est entre les cellules que monte la sève, c'est à leur surface interne ou externe que se forment les sucs les plus compliqués, c'est aussi là que se déposent communément les produits solides de la Végétation. Il est donc probable que les cellules et les vaisseaux tubulés qui ^paraissent en provenir sont le siège principal de la vie. La grande élasticité dos trachées ., qui peut faire penser à quelque propriétt' vitale, est uniquement une propriété du tissu, car elle dure bien long-temps après la mort des végétaux. I.es cellules, au contraire, semblent douées pendant la vie, d'un état de fraîcheur et de flexibilité, qui disparait à la mort.

(i) DC, Pbysiol., I, p. 35.

CO?rSID£RATIOXS VRBLIMXNAIAES. 237

MM. Knight et de Candolle attribuent aux ceUules vivantes la faculté de se contracter et de se dilater d'une manière trop peu apparente pour être aperçue par nous, mais qui suffirait néanmoins pour faciliter la circulation des fluides pendant la vie, soit en dedans, soit en dehors de ces cellules. M. Knight croit que la température suffit pour causer ce phénomène ; inais aloi's on demande pourquoi la sève ne monterait pas dans un arbre mort, soumis à toutes les variations de température. M. de Caddolle , admettant de même la nécessité d'un mouvement intestin des cellules vivantes, pense que c'est un phénomène vital, facilité par la chaleur, la lumière, Télectricité. Il regarde comme preuves de Tesislence de ce mouvement, les faits qui suivent : 1* Thuile volatile des folioles dû schinus molle s'échappe (sous Teau) par saccades intermittentes , comme si les cellules se contractaient pour chasser le liquide \ 2** si Von irrite la cuticule des parties supérieures de la tige ou des bractées de la laitue et d'autres chicoracées , on voit le suc laiteux sortir par petits jets du tissu cellulaire (i) ^ 3"* la membrane interne des grains de pollen sort brusquement -, %"" quand on coupe une- tige d'euphorbe ou de tout autre végétal laiteux, même un champignon laiteux, on voit le suc blanc sortir à la fois parles deux plaies, quelle que soit la position, verticale ou horizontale, de la plante \ le lait ^ort de bas en haut comme de haut en bas^ ce qui montre qu'il ^est cliassé par une force intérieure ; 5° d'après les expériences de MM. Van Marum et Humboldt (2), le suc laiteux des

(1) Cakaad., SuW irriiabiL dtW laUuga , giom^diPisa,

(3) Vab Vas. et Humb. , Apbar. ad cale» flor. , Heideik, ni-4*.

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L lie o}iL;>e pluis et;rtaineet mdios aisée à comprendre, c îr4 ^m; It> cbxs répétés sur un point, les piqûres d'inrs.H.iL'^ n 'L'$ aabres lésions purement mécaniques , augmtntiiruui: U ritalité dans Torgane qui en est atteint. On siii: quie les fruits véreux , c'est-à-dire piqués par des u;â«:cies, mûrissent les premiers. La piqûre desétamines de ie^bn5,le fait de touc)ier l%sensiliYe ou les feuilles de dia^&a , produisent les effets remarquables qui paraissent plus^que de la simple excitabilité et que beau- ' coup d'auteurs comparent à l'irritabilité des muscles.

Ainsi, en résumé, les facultés vitales dès végétaux dépendent de la constitution propre des cellules ou vaisse^iux , notamment de leur degré de jeunesse et de fraîcheur, et des agens extérieures 6ui activent plus ou moins la vitalité des organes. Cette vitalité , combinée ^ avec les propriétés purement physiques ou chimiques

des tissu^ et de tous les corps » sert à expliquer les phénomènes de la végétation.

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