‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 42 sur 104 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

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^ASGOLAlASe.

* ARTICLE PRtMKR.

nu'HOfm n'ABÀoippriov.

Les végétaux n'étant pas doués de la faculté locomotive , ne peuvent exister que par une orgatrfsatîàn au

moyen de laquelle ils s'empareut, facilement et en tout lieu , des matières propres à les nourrir.

L'eau j substance assurément très-commune dans la nature , leur sert de nourriture , soit en elle-même , soit par les corps étrangers qu'elle tient en suspension ou en dissolution. Elle est absorbée facilement par les extrémités cellulaires des racines , que Ton nomme spongioîes. -

Sans doute le tissu de tous les organes peut absorber une certaine quantité d'eau. On sait qu'il y a des végétaux parasites , dépourvus de racines , qui absorbent la sève d'autres végétaux par une adhérence complète ' de la tige des deux espèces. On sait aussi que des branches coupées et mises dans l'eau absorbent assez de lîqoide pour que leur vie se prolonge quelques jours. On a n^me prouvé (i) que les feuilles placées sur l'eau, principalement du coté où il y a le plus de stomates , se conservent fraîches pendant assez lodg-temps, grâce à une absorjltion locale. Après une longue sécheresse , les feuilles, absorbent en quantité notable les premières gouttes^ de pluie , et les tillandsia , les epidendnun et autr^ orchidées , vivent facilement dans une atmosphèrç humide , même sans avoir de racines dans le sol, grâce à une absorption lente et habituelle de Thumidifc par les feuiUes. Tous ces faits sont vrais et in* téressans , mais ce «sont des exceptions dans les lois générales de la nutrition.

Les s,pongioles, au contraire ^ sont l^ organes qui , dans le cours réguUer -dés choses et dans la très-grande majorité dçs végétaux , absorbent les liquides nécessaires

CO BoHiif , Kkk. «or VtUʧ/b «lès feoill., ua vol. io-4*., Uyàe.

DJB LA NYITaiTION. 34ft

â la vie. Elles remplissent même cette fonction avec une énergie dont les autres parties de la plante ne peuvent guère donner Fidée. On ne peut leur comparer sous ce rapport que les suçoirs de quelques plantes parasites, et le stigmate , dans un certain moment de son exis* tence. La faculté absorbante des spongioles tient évidemment à la capillarité et à Thygroscopicité de leur tissu, qui se renouvelle toujours^ vu le mode d'accroissement des racines par l'extrémité. La contractilité vitale est peut-être nécessaire pour expliquer le redoublement d'activité des spongioles au premier printemps.

ARTICLE H

nv LIQUIDE ABSOUBÉ PAR LES SFOHGIOLE9.

Les spongioles absorbent tous les liquides , en p(oportion seulement de leur degré de limpidité. M, Th. de Saussure (i) a remarqué , par exemple , que lorsque des racines plongent dans de Teau gommée , sucrée , saline , etc. , le liquide s'épaissit plus que par Teffet de la simple évaporation , ce qui prouve que la partie la plus liquide était absorbée. Il a vu aussi que des liquides nuisibles à U plante, comme le sulfate de cuivre, sont absorbés en plus forte proportion que des liquides plus visqueux qui contiennent des matières nutritives avantageuses à laplante, comme la gomme, le sucre, etc. Il en est de même des eaux chargées de substances pulvérulentes en suspension. Les plus chargées sont absoii>ées moins aisément. L'eau de fumier, par exem«

(i) Th. de 9kVêê» , R«cIk cLim. , ch, 8.

i46 PBTSIOLOGIE.

pie ) ue s'absorbe pas comme de Teau pure. Il parait mèa\p que les particules cbarbonneuses qu'elle contient obstruent quelquefois les méats intercellulaires , car on voit souTent les arbres périr quand on laisse séjourner près d'eux une gratide abondance d'eau grasse.

Les spongioles agissent donc d'une manière purement mécanique, absorbant ,^ non ce qui convient à la plante , mais ce qui se prête le mieux à passer en* tre leurs cellules. Il en est demême de l'absorption par les branches coupées , les feuilles , et par tout autre organe mis accidentellement en contact avec un liquide.

Il ne faut cependant pas croire que. les spongioles n'absorbent que de l'eau et séparent de ce liquide tout ce qui lui est étranger. C'est une erreur que des expériences anciennes et inexactes de Van-Helmont avaient accréditée , et que Dubamel et Bonnet ont combattue par des faits incontestables. Us' ont montré que des plantes arrosées avec de l'eau distillée ne prospèrent pas , et que des graines ou tubercules placés en vase clos , avec de l'eau distillée uniquement , ne peuvent pas végéter au-delà d'un premier développement imparfait.

L'analyse chimique des végétaux montre qu'ils contiennent une inGnité de substances que l'eau distillée et l'air ne peuvent pas leur fournir. Tels sont le carbone et les terres dont la plus grande partie du tissu est composée, et les métaux dont on trouve une faible proportion.

Leur présence dans les végétaux s'explique par le fait que les li({uides absorbés ne sont jamais de. l'eau pure. Les spongioles absorbent plus ou moins les matières dissoutes et suspendues dans Teau , et dans la nature il n'existe pas d'eau exactement pure. L'eau

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de pluie , qui approche le plus de Feau distillée , contient quelque mélange , notamment de Tacide carbonique. Cette substance y répandue dans Tair , trèsabondante dans les débris de matières animales et Tégétales , a une afBnité remarquable pour Teau -, elle constitue la partie la plus Utile des engrais. L'eau, telle qu^elle est dans le sol , contient aussi de Tair atmosphérique ( azote et oxigène) , des carbonates de soude , de potasse , de chaux, etc., en plus ou moins grande proportion. Les oxides métalliques et la silice sont aussi soittbies dans Teau , en laibles doses sans doute , mais assez pour comprendre comment ces ^ma^ères entrent dans les yégétaux. Il faiitTemarqucr que dans le opurs de sa vie une plante absorbe et exhale une immense quantité de liquide. Or , si un arbre absorbe , dans un certain temps , mille livres dtine e^u dan^ laquelle entre un millième de substance étrangère, ce qui est bien peu , Varbre aura acquis une livre de cette substance, à moins que des sécrétions ou exhalaisons ne lui en aient fait perdre une partie , ce qui n arrive pas.

On comprend ainsi comment un sol où la milice domioe peut nourrir des plantes qui contienuent de la chaux et autres substances, et comment des matières rares d4Q9 tous les terrains (le ier , la cuivre y etc. ) ae trouvent , même en assez forte proportion , dans Fanalyse chimique des végétaux. Il suffit que le sol -d^ ^^^ pas uniquement composé d'une setde substance, comme cela arrive habitueHement dans la nature. Il vaut mieux oependantquele tert'ain soit composé de beaucoup d'élémens divers, et que par le m^ange de matières animales et végétales , il devienne un sol propre à la culture. Il faut surtout que Veau ne manque pas , car elle est le véhicule de toutes les matières nutritives.

TSSSP

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