U£ LA NUTRITION
le renflement se forme du côté des feailles , c esl-à^dire du càté inférieur. 0 faut dans ce cas que )a substance niitritive remonte contre les lois de la pesanteur.
La marche de cette matière est facilitée par des causes mécaniques , telles que le vent qui agite les branches. En effet, M. Knight a constaté sur des arbres qui avaient subi la section annulaire, que le bourrelet grossit plus s'ils sont agités par le vent, que s'ils sont fixés par un tutSur ou contre un espalier. Lorsque le mouvement ne peut avoir lieu que dans un sens, pendant quelques années, la tige offre une coupe elliptique, dont le grand axe se trouve dans la directioo du mouvement. Dans une expérience directe sur ce point, M. Knight a
trouvé la différence des deux axes comme li est à 1 1 •
§ 3. — De Vaciion de la matière nutritive descendante pour nourrir et former técorte^ le corps l^ gneux elles racines,,
L'incertitude ^ui règne sur k marche et la nature de la matière. nutritive descendante s'étend à bien plus forte raison sur la manièije dont elle agit pour former les divers organes. Â cet égavd, les naturalistes ont émis une infinité d'hypothèses fondées sur d^s observations ou expériences malheureusement, dans bien des cas , peu probantes.
L'une des opinions soutenues et attaquées dans ces dernières années avec le plus de chaleur, est celle émise par d^ la liire en 1709,. pms par du Petil-Thouars au commencement du siècle actuel. M. Poiteau l'a défendue avec autant d'ardeur que du Petit-ïhouars hû-mémc contre les conclusions d'un rapport fait à
Facadémie des* sciences par MM. Desfentaines et Mirbel. Ces deux savais ^ ainsi que MM. Kiij^t, de Can«doUe, Pollini, Féburier et autres botanistes, ont accumulé contre la théorie en question une multitude d'argumens^ dont plusieurs sont de toute force. Il faut cependant connaître cette théorie , ne fut-ce qu^à cause des disMcussions qu'elle a souleyées.
Elle consiste à regarder les fibres-ligneuses commeles » racines des bourgeons qui se trouvent vers Textré* mité des branches , ou à TaisseHe des feuilles. De plus , lés racines adventives, qui sorten| si focilement des tiges, ne seraient que le prolongement extérieur des fibres' ligneuses ou racines de bourgeons.
Cette théorie aurait bien moins poète le flanc aux attaques si ses ^rtisans s^étaient bornés k dire que la matière élaborée <lans le haut de la plante deseeud aoua laponne* de -fibi^ , lesqueUes seraient modifiées^ quant à leur grosseur et à leur nature chimique, par les tissus qu'elles traversent. Mais ils y ont ajouté d^autres dr* constances dont rhiexactitude pahilt aiaée à démontrer j ce sont : i"* que les bourgeons ferment ces fibres li'» gueuses; a* que ces ûhn^ sont des racines ou des organes analogues aux racines ; i* qu'ailes sortent sous forme de racines dans les boutures , marcottes, etc.
L'expérience de M. Féburier, rapportée ci-dessus p. 278 , montre que les boui^eons ne sont pour rien dans la formation du suc nourricier. On ne voit pas de coiitinuité entre le bourgeon et les fibres ligneuses. M. PolKni observe que reulèvemeutiles feuilles de mûriers oblige ces arbres à pousser de nouvelles feuilles qui ont anssi leurs bourgeons* axillaires , et que cette production de bourgeons, double dans Tannée , ne rend
pas les couches Kgneuses plas épaisses ; au contraire elles sont appauvries ( i ).
Les fibres ne ressemblent aux racines que pour la forme. Elles contiennent des trachées , qui sont trèsrares dans les racines. Elles ne se divisent pas en corps central et cortical.
Les racines adrentivesde dicotylédones tiennent^ il 4 est vrai, au corps ligneux, mais il n^en est pas de même dans leâ monocotylédones , où cependant M. du Petit- Thouars avait puisé la première-idée d^'sa théorie. Les belles plancbes anatomiques de M. MohI §ur lès «palmiers (a} montrent que les racines ad ven tires de ces arbres sortent de Tenveloppe de leurs tiges, sans aucune continuité avec les fibres. Voilà donc les accessoires principauit de cette théorie qui se trouvent contraires aux faits.
Ses défenseurs soutiennent aussi que les fibres sont continues'd'un bout à Vautre de la plante. Cependant M. Pollini (3) a vu se former , pendant Tété', au-dessous de la section annulaire , une couche de fibres , qui ne difi<^re des antres que par son épaisseur moindre de Tétat ordinaire. Les fibres de cette couche ne peuvent pas être continues avec celles situées au-dessus de la section. H faut qu'elles se. soient formées sur place ^ et non par prolongement des fibres supérieures.
Les partisans dç la théorie de la Hire allèguent la facilité avec laquelle les racines sortent du corps ligneux , dans les boutures , et du bourrelet supérieur, dans la
(i) PoLxini, ^ggfOf p. 98.
(3) HoBb , De palm. stracC.
(3) PoLuv], Saggio, p. 146.
^4 )>aYS10L0Gt£.
section annulaire. Mais cela prouye seulement que les racines se développent là où se trouve une accumulation de matière nutritive descendante , de quelque nature qu'elle soit.
On a cherché des argumens dans les circonstances qui suivent la grefTe ^ mais il ne prouvent pas aussi directement qu'on pouvait Tespérer. Le principal fait est celui des. greffes hétérogènes^ c'est-à-dire où le sujet et Tent^ sont de deux espèces diverses et ofîrént surtout une diilérence de'consistance bien tranchée. Or, quand on greffe, par exemple, un érable à bois rouge sur un érable à bois blanc, on voit , en coupant le tronc au bout de quelques années , que les nouvelles couches de bois sont rouges au-dessus de Tente , et blanches au-dessous, comme dans Toriglne. Or, disent les adversaires de du Petit-Thouars,. si les fibres descendaient tout organisées, elles seraient rouges dans les nouvelles couches, même au-dessous de lente. Ce serait une objection, dit M. Poiteau (i), si les fibres sortaient des \yourr geojis toutes formées*, mais en descejitdant elles sont modifiées , ^iQurries , par les sucs qui se trouvent sur leur passage. On répond encore à ccii , que si les cellules deviennent rouges au-dessus de Tente et blanches au-dessous, il faut qu'elles soient assez différentes* ellesmêmes pour sécréter ou absorber des matières rouges ou blanches (a).
M. Poiteau s'appuie sur ce que , dans les greffes homogènes {d'une espèce sur elle-même), on ne voit point de disparate dans le bois , après la durée dequcl-
(t) PoiT., Mêm. snr Torigme et la dir. des fibr^ lî^-, Parif, i83i . (s) DG., Physîol. vëg., I , p. i58.
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ques années. On répond qnc cela prouve seulement la soudure complète des deux bois.
De toute cette polémique, dont je ne donne ici que certains points principaux , il résulte , ce me semble ^ cpie la matière nutritive descendante se compose de sucs plutôt que de Gbres.
Duhamel et plusieurs physiqlogistes désignent ces sucs sous le nom de cambium, D'autreè réservent ce nom , plus particulièrement , au suc Visqueux qui existe en été entre le bois et Técorce, et d'où résulte directement la formation des nouvelles couchesi Le terme de sucs descendans est flus commode par sa généralité. ,
Ces sucs doivent descendre lentement et en petite quantité , car on ne peut pas les recueillir comme on le fait pour la sève , et quand on croit les avoir recueillis, on n'est jamais sûr qu ils ne soient pas mélangés avec d'autres substances.
Les auteurs qui n'admettent pas la théorie des fibres descendantes , mais qui croient à^ l'existence d^un suc nutritif descendant ( cambium) ^ ne s'accordent pas entre eux sur la lAanière de concevoir la formation annuelle des couches ligneuses «t corticales. Trois opinions peuvent être émises et Vont été effectivement : que l'aubier produit l ecorce , que l'écofce produit l'aubier , ou enfin que chacun des deux produit des couches qui lui sont semblables.
La première opinion n'a été soutenue que par Ilales. Elle est manifestement contraire au fait que l'aubier ne produit pas d'écorce quand on le meta nu, soit par la section annulaire, soit par l'enlèvement total de Técorce.
La seconde théorie , que l'aubier vient de Fécorce , a
été soutenue par Malpighi et par Grew y avec des ma* nières de voir bien difTérentes. Malpighi pensait que la couche intérieure du liber se transformait en aubier^ et Grew , que le liber produisait Taubier sans se transformer lui-même. Duhamel a voulu éclaircir ce point en plaçant une lame d'argent entre le corps ligneux et Técorce, endroit où abondç ce liquide visqueux qu'il nommait camhium. Il a vu des couches ligneuses se former du côté extérieur de la lame métallique» Beaucoup de physiologistes ont répété Texpérience^ mais en y. réfléchissant, on a trouvé qu'elle n'est pas très-concIuanté, à cause de 1^ fluidité du cainbium et de la difficulté de s'assurer que la lame a été placée exactement entre les deux organes. La manière dont les couches corticales a^ugmentcnt, vieillissent, et, sont rejetées à l'extérieur, ainsi que la différence de tissu entre l'écorce et le bois , sont . contraires à cette théorie.'
Reste la troisième opinion , que les corps ligneux et cortical grandissent chactia de leur côté. Mustel(i) et plus récemment MM. Mii'bel (ti) , Dutrochet (5) et de CandoUc (4)» ont soutenu cette opîpion, en se'fondant soit sur des observations directes, soit sur la différence cohsidcrable des tissus ligneux et cortical , soit sur la nullité reconnue et rinsuETisance des autres théories. Ces auteurs diffèrent seulement sur la manière de considérer le cambium ou matière visqueuse interposée entre les deux organes. Selon M. Mirbel, ce cambium
' (i) MusTEL , Traita vég. , I ^ p. 49. (i)'MrjtB. , BtiU. de la toc. phîlom. , 1816 , p. 107. (3) DuTfiOCH., M«m. du mus., vol. Vil, 1821^ (i) I>C. , Ofgap. , I , p. «09.
DB MéA inrTmiTioif, Ml
cal «n tiiio «xlréaMMeat mou , pi^esqpe Kffuide , parce qu'il est jeune. « Le cambium , dit-il , forme entre f liioroe et le bois la eouche régénératrice qui fournit en même temps un nouveau feuillet de liber et un nouveau feiiiUet de bois. » Suivant M. Dutrocbet, «Ja ooucbe nouvelle du liber est une extension du liber an- Gie0 î la nouvelle couche d'aubier est une extension de raacîen aubier (p^ 4^6)* ^ Les sucs Bourriciers descendent dans œs jeunes tissus juxta-posés, que Ton appoUe cambium et qu'il nomme lie^ cambium (^i6). EvidoBuneot oeci toucbe à la question du mode, de formation des «iganes âémentaires , question qui n'est plus «elle de raccrmssement du bois pu de l'éoorce, mais de tous les organes.
âETlCU BL »S hk HATULB CBIMIQUS DES SUCS fiOURRiasas*
$ I* — « Ohsmyatiifn générale.
La dnmie doit 4|ider dans k recherche' de ces sucs fiourriders que Ton sail exister , que Ton sait même prQvenir des /euilles ^ mais qui ne se manifestent p^s aussi clairement que les observateurs pourraient le désirer*
Si Ton réfléchit à la nature aqueuse de la sève , et à Taddîtîonnotabla de carbone dans les organes foliacés, «m arrive dired^ipent à la conclusion que les suc% desceodans doivent être composés essentiellement d'eau (oudeses é)ëmens)etdecarbone. Si donc pu trouve des malériatt de cette nature qui soient répandus âlKMidamaient dans tous les végétaux^ qui no puissent
jamais éti^ regardéscommenuisibies à leur constUittion, et qui se Reposent sous une forme quelconque dans les tubercules, albumens, cotylédons charnus, et ailk*es organes que la pratique fait regarder comme des magasins de nourriture , on sera fondé à considérer de tels matériaux comme constituant les sucs nourriciers , ou comme en provenant avec de très'-légères modifications. Or , il y a^ne grande classe de matériaux, qui réunit ces cai|ictères chimiques -et physiologiques. Ce sont les diverses gommes , fécules , sucres et Ugnines , ainsi que les acides acétique , ubnique et gattique. Toutes ces substances se composent de carbone et d'eau (.soit oxigène et hydrogène) avec peu ou point de mélange d'autres corps. Plusieurs chimistes les désignent sous le nom de neutres , parce qu^elles ne sont pas suroxigénées ou surhydrogénées , comme toutes les autres substances qui figurent dans la chimie végétale. M. W. Prout les nomme d'une manière plus. significative, hydrocarbonées. Il réunit aussi dans la catégorie des matériaux saccharins ceux qui, comme les gommes, fécules et ligneux , peuvent toujours être convertis en sucre par Faction de Tacide s.ulfurî|[ue étendu d'eau. Voici les caractères spéciaux de ces matières , si communes dans les végétaux.
§ a. — Gomme,
La gomme e^ soluble dans Teau, avec laquelle elle prodiiiit du mucilage. Sa pesanteur ^cifique est de i,3i6 à 1,4^2, Veau étant i,ôoo. EUese boursoufBeet ne se fond pas à la chaleur. Traitée par Tacide nitrique , elle donne de Pacidé mucique et de Tacide oxalique. Elle cetlnsoluble dans l'alcool , les éthers et les
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bniles. Les chimislesla disent formée de 4i à 49 parties de carbone, 58 à 4^ parties d'eau (ou d'oxi{;èneet diybydrogëne dans les proportions qui constituent Feau), et quelquefois un peu d'^Kigène surabondant etd*azote. Les différences que Ton remarque dans le résultat des analyses tiennent sans doute à ce que les divers chi~ mistes n'ont pas travaillé sur de la gomme provenant de la même espèce, des mêmes parties de la plante , ou de la même époque. M. Berzclius a trouvé uniquement du carbone (57, 3i) et de Feau (4^,68), tandis que M. de Saussure donner 45, 84 de carbone^ 46, 67 d'eau, 7, o5 d'oxigèiu* et o, 44 d'azote.
La gomme suinte des fissures ou blessures du tronc des arbres , principalement lorsqu'ils sont âgés. Les légumineuses en arbre donnent la gomme arabique , ou des produits presque semblables. Les arbres fruitiers de nos climats (rosacéei) donnent aussi en abondance une gomme qui varie d'une espèce à l'autre. Les plantes d'autres familles en donnent aussi. U parait que rhumidité, en faisant gonfler le bois, détermine l'expulsion de cette matière. Elle sort de l'écorce et du oorfp ligneux , sans qu'il existe d'organes spéciaux pour la sécréter.
M« de CandoUe (1) présume que la gomme est le suc nourricier dans son élat le plus pur. 11 la compare au sang des animsttix. Il fait remarquer qu elle existe dans tous les végétaux vasculaires; qu'elle découle principalement de l'écorce , qui joue le plus grand rôle dans la nutrition *, enfin que les plantes vivent sans danger dans une dissolation aqueuse de gomme. La sortie des
(1) DG. » Phjrnol. Tég. , 1, p. 168 » 174.
INTH. A I4Â BOTANIQUE. TOlIt I. I9
VU
ttO- pav«ou>oiE.
mics réftineiix n'altère pA%la §aaûé des réfjêLvàx , piice que c'est une excrétion lutunelle. Au contraire , la sortie de la gomne est une came on un signe de mêf ladie, comme pour les aniâiauK une faémorrhagie. Elle suinte dans un grand état de purelé ; nais à Tii»^ teneur du tissu die est aiiélângée arec d'autres suba* tances, ou tout au moins rapprochée d'autres matières, d'où vient q^'on ne peut pas lexamioer sur place.
Les chimistes distinguent beaucoup de Tariétës de gomme. Ils regardent aussi comme des matériaux très- ' analogues : le muqueux, qui s'obtient de la graine de lin y jdes racines d'althfta et des bulbes de scilla nonscripta, et la gelée, qui se troure dans les fruits acides, comme les groseilles.
§ 3. — Fécule^
La fécule est une matière commune dans les végétaux. Elle a presque la même composition cbiuiîque que la gomme , mais avec moins de variations. La plu^ part des chimistes ont trouvé 43 à 44 partiel^ de carbone, et 56 à 57 dVauou hydrogène» et oxigène dans les proportions de leau. M. W. Prout , par exempte , a trouvé précisément 44 de carbone , et 56 d'ea^ ( ou 49, 6 oxigène et 6, 4 hydrogène )•
Cette substance offre Tapparence de petits gndas blancs , pulvérulens , secs , durs , insipides , inodores , inaltérables à l'air , insolubles dans l'alcod, l'étber et l'eau froide. Elle se modifie par Teau cbaudé et devient r empois. Sa pesanteur spécifique est i53, l'eau étant 100. Les acides la changent en sucre de raisin»
La teinture d'iode la colore en bleu ou en carmin^ et en violet ^le, quand elle est faible, en noir, quand
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elle esl forte. Cesi le moyen ' dont os se tert pour re^ connaitre la vraie fécule, que plusieurs nomiBeiil fécule amylacée ou ankloi». Quelques chiaaiates séparent Yinuline^ q^ftâesi une fiécule oonooloraUe par Tiode, et ifueron tpeuve , par exemple, dans le iiehea d'blwide.
Chaque graîa d'amidon se compose d'un tégument lîsae, insoUible, ef d'un noymi'dematiènegoDimease solttUe. Ausai quand la fécule esl concassée ou p<^ , en Tok la gomme întérîettre s'écouler et m fondre dans Teau, taudis ^ue les légmsiens lacérés forment un n^ sîdu que leseUmistes J3iOÊKnM^tJk>niéine,am£din&0m mmidin. La matière sc4uhlc de Tamidon «si un peu colorée par riode \ mais exposée à^ lair, oHé perd celle qualité y oe qui montre qu elle diffère uu peu de la rrase gomme.
La £écule se trouve îadée dans les oeUulea , où elle forme certaines poucluatiMs* £lle est en amas eonssdé-» mbles dans les albumens cbaruos ou farineux , comme ceux des graminées , des poiygonées , etc. ; daas les cotylédons épais, eomme ceux dés pommes de terre, des balaies « eic; dans les raeines ou rbinmaes des plantes ri vaecs ; dans les tiges ligneuses de monooolylédones et dans pknseurs liges d'eiogènes^ enfin dans les réoep* lacJes et ies fratAs chanuia.
C'est la pai lie qui sert k la iiourniure da Thomme dans toutes les plantes alimentaires. Aîbsî , la farine se lire de Talbumen dea graminées, ou du blé noir (poly-' g<mtun faf^Qpyrum)f TanroW'^oof des rliizomesde m^^ r^nta mnmJinacea , le sagou des tiges de sagus ( palmier) ; el si ies fèves ^ pois , lestilles , si les réceptacles de rartichauty le mésocarpe des daU$9 et de heauronp de fraila, sont des substances putrilives, on 1^ doitjt la présence de beaucoup de fécule dans ces plantas «ou or«
ganes. Dans le nord , on extrait /quelquefois la fécule de Técorce du pin et du bouleau^ ailleurs on la tire de certaines racines , etc. La cuisson dilate les vésicules et fait sortir la matière gommeuse alimentaire.
Dans tous ces exemples^ nous détournons à notre profit la nourriture que la plante élabore pour son compte , à peu près comme nous aous emparons du miel des abeilles, ondulait destiné aux jeunes animaux. En effet , les amas de fécule si communs dans les végétaux sont des magasins de matière nutntive que la végétation de Tété aacumule dans certains organes. Des tubercules de pommes de terre donnent sur loo livres, en hiver., 17 livres de fécule,' au mois d'avril 1 3 liv. 3/4, de mai jusqu'en août 10 livres, en septembre i4 liv. i/a, en octobre i4 liv. 3/4 ( i)» On trouve des différences analogues dans les rhizomes , racities ou tiges. Evidemment, la sève, si abondante au printemps, se charge dans son passage d'une partie de cette matière alimentaire , et la porte dans les organes supérieurs , sans quoi il serait difficile de comprendre comment la plante peut vivre à cette époque et se développer beaucoup^ sans feuijles pour élaborer de la nourriture. Les dépôts de fécule dans les réceptacles , fruits et graines , servent de même à nourrir les fleurs , graines ou embryons , par le mélange de cette fécule avec de la sève ascendante^
Les preuves de cette action nutritive ne manquent pas. Les cotylédons charnus se vident pendant la germination , et sans eux, la jeune plante vit mal ou périt. Au contraire^ les cotylédons foliacés sont munis de sto-
(i) DC, Phys. Teg. y I, p. 181 , diaprés la BibL phjn. ëconoin. »