CHAPITRE m
DE LA MATUBATION 0KS FRUITS BT DBS OBAINBS (I).
Celte période répond à la gestation des animaux.
Dès que les ovules ont été fécondés , ils grossissent d'une manière bien plus évidente que dans la période qui a précédé. Les cultivateurs disent alors que le fruit a noué.
La sève se détourne des autres parties de la fleiv, attirée probablement vers les ovules par suite de leur nouvelle vie. Ceux-ci, quand ils sont nombreux , ne se développent pas tous. Dans le marronnier par exemple, il y a pendant la fleuraison six ovules , et Ton sait] qu'à la maturité il ne reste qu'une graine. Ces avortemens ne sont pas rares. Ils viennent tantôt d'une fécondation imparfaite des ovules , tantôt de ce que certains ovules, fécondés avant les autres , ou qui par une cause quelconque prennent un développement plus rapide, attirent à eux tous les sucs nourriciers.
L'accroissement du péricarpe n'est pas lié à celui des ovules , ni celui des ovules au développement de l'embryon. On voit en effet des graines stériles parvenir à une maturité apparente , et des fruits, tels que le rai-
(i) BC., Pliys. Tég. . II , p. S6s.
REpRODUcnorr des phanérogames. S6i
sin de Gorinthe , la poire bon-chrëtien d'Auch , ou le péricarpe sec dnranunculus laceras ^ se développer sans contenir de graines. Il semble que dans plusieurs cas analogues les fniits charnus en deviennent plus nourris , ce dont Fananas et Tarbre à pain cultivé sont des exemples frappans. D'un autre côté Tavortement du péricarpe coïncide souvent avec celui des ovules.
Les branches qui portent des fruits attirent à elles une plus grande quantité de sève que celles qui n'ont que des feuilles. Les orangers auxquels on laisse des fruits en hiver gèlent plus facilement que les autres , parce qu'ils ont plus dé sève , et que le tissu, chargé d'eau, souffre aisément du froid.
La durée de ta maturation des fi;raines varie beaucoup , mais la plupart des auteurs négligent d'en parler (i). Cette période est en général plus courte dans les plantes annuelles ou. herbacées que dans les espèces vivaces ou ligneuses. Ainsi il s'écoule entre la fieuraison et^la maturité :
Treize jours pour le panicum viride ,
Quatorze jours pour Xagrostis lobata , Vai^enapru'
tensis ;
Seize à trente jours pour la plupart des autres graminées ;
Deux mois pour le framboisier , le cerbiér , le fraisier, Vormeau, les pavots, les euphorbia cyparissiaSy platyphjllos , etc.;
Trois mois pour le reseda luieola , le prunus padus , la chélidoine , le tilleul , etc. \
(i) La Flore da Pal&tinat {mp Pdlich • ccUe du grand-4uché de Bade par Gmelio , et le grand ouvrage de SÎDclair sur les graminées cakivcea i 9?obam chez le due de Bedford , sont des exceptions remarquables.
562 FUYSIOLÛGli.
Quatre mois pour le marronnier, Vaubépine;
Cinq à six mois pour la vigne , les poires , pommet , h^trc, noyer;
Sept mois pour loUvier y le chêne rouvre, etc. \
Huit à neuf mois pour le colchique d'automne ) le gui-,
Dix à onze mois pour la plupart des pins \
Un an pour quelques conifèrea)
XJn à deux ans pour le genévrier , plusieurs cbénei d'Amérique, le quercus Ue^, les nmtrosidêroê, lo ûèdre»
ARTICLE nEViER.