‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 62 sur 104 · DE LA HATU1UTI0N DU PÉ&XCARPE · texte numérisé non relu

DE LA HATU1UTI0N DU PÉ&XCARPE

Les^péricarpes de nature foliacée, c'est-à-dire de ooa* leur verte, d'une consistance n^embraneuse, et munis de stopates , se comportent comme des feuilles. Ils finissent par prendre les mêmes feintes jaunes ou rouges, et d'autres. plus rares, telles que le bleu.

Quand ils n^ont pas de stomates , ils sont charnus , par suite de la surabondance d'eau. M. Th. de Sans* sure a montré (t) que, pendant l'époque où ils sont verts, ils se comportent à l'égard de Tair, au soleil et à l'obscurité, comme des feuilles, nuds avec moins d'intensité dans les actions chimiques. En particulier ils combinent dans leur propre tissu une partie notable de l'eau de végétation , car il ne s'en exhale qu'une .faible dose.

La nature des fruits charnus ne tient pas à la sève

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(i) I1i:deSiiii».,IIé«i.dak8osUlâ4s|4vs*MAîit.Mt^

Genève , vol. I, p. »84 , i8ai.

BZPBOmrCTION Aïs YBAnBOG^MES. 563

aiisûrbée, car les spoDgîoles absorLenl tous les Uquides, et nom voyons bien que des arbres fruitiers dilTérens peuvent se nourrir de la même eau. Il se passe dans le tbw quelque chose d^analogue aux sécrétions , et par des causes entièrement Inconnues. Ainsi les cellules du citron se remplissent d'un suc acide , cdies de Torange d'un liquide sucré , etc. Dans les poires, pèches, etc. , il est impossible de distinguer ce qui est dans Tintérieur ou entre les cellules.

La pratique montre que la lumière colore les fruits; que la chaleur accélère leur maturation , de même que la piqûre des insectes. La eaprification des figues (i) fait obtenir deux récoltes dans l'année. Dans cet exemple , il ne parait pas que la qualité en sooflre, tandis que les poqimes véreuses sont hâtives et mauTaises.

La culture est dirigée principalement dans le but d^obtenir de la chaleur , et d'éviter le froid , pendant la maturation. On se trouve bien -de mettre les fruits sous des cloches , dans des sacs de crin , ou contre un espalier noirci, qui s'échauffe au soleil.

On a aussi remarqué que le repos convient aux f cuits ; et c'est en partie ce qui fait qu'ils grossissent plus en espalier qu'en plein vent'.

Trop d'eau à la fin de la maturation les rend insipides.

Les fruits d'automne mûrissent mieux détachés de l'arbre , parce qu'ils ne reçoivent phis de sève aqueuse, laquelle dérange l'élaboration intérieure des>suc9, Touà ces détails indiquent une absorption locale faitç par les cellules du parenchyme , et un travail chimique indépendant du reste de la plante.

(j) f^ajrez p. 341.

Il convient qae les sucs nourriciers ne redescendent pas du iruit , car cela le ferait couler , selon Texpression des jardiniers. L'incision annulaire , ou baguagCy des branches à fruits , faite au moment de la fieuraison, prévient cet accident. M. Bouchette (i) Ta essayée en grand sur la vigne , et a vu qu'elle avance la maturité de douze à quinze jours. On a d'autres preuves que cette opération, devenue facile par l'emploi de l'instrument appelé hagueur^ augmente le produit des arbres fruitiers ; et si quelques personnes craignent qu'elle n'épuise les plantes, on peut dire que tout au moins il n'y a rien de prouvé à cet égard.

L'analyse des fruits charnus a fait l'objet d'un travail important de M. Bérard {'À). Il montre que la par^ tie solide est de la lignine , et que les liquides sont composés d'eau, de gomme, d'acide malique, de malate de chaux , de matières colorantes , de matières végéto*animales, et d'une substance aromatique spéciale à chaque fruit.

Dans chaque fruit la proportion d'eau diminue à mesure que la maturation avance. Ainsi les abricots en ont :

sur loo parties.

A maturité,

Avant maturité ,

Les pèches, à maturité.

Avant maturité ,

(1) BuU. des se. agric. de Férnss» , XII, p. 379. — DG., Phjaibt. ▼^'t. p II ,p. 58i.

(a) Essai sur la maturadou des fruits. Vpyez les Anu. de pbys. e( de chimie.

REPRODUCTION pES PHANEROGAMES. S6S

Au contraire le sucre augmente ^ ainsi , sur loo par fies , ily en a dans les

verU. mûrs.

Abricots, . 6^64 16,48

Grosdlles rouges , o^Ss 6,^4

Cerises royales , 1,12 x8,ia

Prunes reine-claud&, * 7 5? ^ *4>8 1

L'acide malique va en diminuant dans les abricots et les poires ^ et en augmentant dans les groseilles^ cerises , prunes et pêches. La gomme diminue dans les groseilles, cerises, prunes et poires, et va en augmentant dans l'abricot et la pèche. Les autres substances sont toujours peu abondantes et varient semblablement.

Vers la fin de la maturation les fruits charnus se pourrissent ou posent à Fétat de fruit blet , ce qui a lieu p8ir le moyen de Toxigène de Fair. En * effet , tous les fruits, à cette époque, forment du gaz acide carbonique avec leur carbone et Foxigène de Fair, et dégagent en outre une certaine quantité d'acide carbonique. On empêche ces effets, et on conserve par conséquent les fruits , en les mettant dans des bocaux privés d'air , ou du moins d'oxigène. Le blêssissement est un état spécial des pomacées ( poires , pommes , nèBes , elc.) et des ébénacées, dont les fruits ont de commun ensemble Fadhérence d'un calice charnu avec les péricarpes, et un goût acerbe avant la maturité. Le ligneux devient dans ce cas analogue au bois pourri.

S69 MTSIOLOG».

ARTICLE II

MATURATION DES GEAINES.

Ce qui constitue la maturité des graines , c'est que Teau qu'elles contenaient a changé d'état, 'et s^est transformée, par Tadjonction d'autres substances , en fécule, huile, etc.

Le carbone et les matières' terreuses dominent dans les enveloppes, comme la fécule et Thuile dans Talbumen et Tembryon.

La plupart des graines mûres sont plus pesantes que Teau. Cependant il y en a de plus légères, comme celles de la capucine , de certaines ombellîfères , etc. ^ mais cela tient presque toujours à des enveloppes dans lesquelles Tair se cache (ij.

Le remplacemeut de Teau par d^^matières solides , terreuses ou cfaat;bonneuses , donne aux graines la faculté de se conserver, de résistct à la chaleur et au froid, comme elles Je font d'une manière si remarquable.

Ce sont les placentas , les réceptacles charnus^ ou les péricarpe^ qui fournissent à la graine les sucs nutritifs dont elle a besoin. Aussi la matt^ration épuise les plantes au point de tuer celles que l'on nomme mono^ carpiefines (qui ne portent graincs.qu'une fois).

(i) Fbjres Scnvauui et Reux, Mém. allem., e&trait dam Ferrius., BnUelin des se. Dat. , i83i^, p. 4^.

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