‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 71 sur 104 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

HOnVBMBNT DBS PLillfTCg.

Quelques plantes oflBrent , dans certains organes , des mouvemens qui contrastent avec l'immolnlité ordinaire

des végëtatix. Ces mouvemens, plus rapides que les changemens de direction dont nAs avons parlé , sont réguliers ou accidentels.

ARTICLE PREMIER

JfOUVEXEirs R^TJLIBRS.

Le sommeil des feuilles est le principal de ces phénomènes. II y a en outre Touverture et la clôture de certaines fleurs , et le mouTement des organes sexuels , dont il a été question ci-dessus.

Quelques feuilles ou folioles prennent, pendant la nuit , une position différente de celle du jour. La ressemblance avec le sommeil des animaux n^est qu'apparente, puisque la position que prennent les feuilles est bien déterminée , et que la rigidité de leurs pétioles n'a aucun rapport ave« la prostration de force et la flexibilité de nos membres pendant le sommeil. Tantôt les feuilles opposées se relèvent et s'appliquent facç à face {folia conniventia) comme dans les arroches ^ tantôt , étant alternes , elles se recourbent sur les côtés et enveloppent la tige et les fleurs ( folia includentia ) comme dans les sida. Dans Ximpaiiens noli-tangere^ elles se déjeltent et recouvrent les fleurs situées au ;- dessous d'elles {folia munientia). Les folioles des feuilles composées sont surtout sujettes à des changemens de position remarquables pendant la nuit. Celles des oxalis se rapprochent par leur surface inférieure (fotia depcn^ deniia)^ celles des mimosées se penchent vers l'extrémité du pétiole (imbricanlia) , d'autres se penchent en sens contraire (relrorsa)^ etc. On voit toutes ces positious et d'autres dans les léguniineuses.

414 VVYttOtOQIB.

Ces mouvemens* ont lieu sous Teau comme dans Tair* La lumière en est T^ent principal, car c est à la tom« bée de la nuit que le changement s'opère , et au lever du soleil que la position diurne se rétablit. La lumière artificielle des lampes peut changer les époques de ces mouvemens pour lasensitive, et non pour lesoxalii(i). Mais comment la lumière pi^pduit-elle cet effet? Cest ce que Ton ignore.

Un des résultats de la position nocturne des feuilles, est d'abriter de Thumidité les fleurs , quand elles exis^ tent ; mais les mouvemens ont aussi lieu avant et après la fleurabon.

\|ITICLE II.

XOUVBMBNS ACdOENTCLS OV l^aiGULlSU*

Pluneurs mtiMaées, notamment lMeniitiv€(iniMOia pudicm ), abattent leurs folioleB vers rextrémtlé des pé^ tîoles , dès qu'un choc ou une impression nuisible eilérieure les atteint. Si la cause accidentelle est plus intense , les pétioles s'inclinent eua-mémes sur la tige. Les mouvemens ont lieu quelle que soit la nature da corps qui détermine le choc , a la lumière et à Tobscurite, à Tair libre ou dans leau, et à toute heure. Une température élevée les rend plus vife, comme toat ce qui favorise la santé de la plante. Les poisons absorbés par les racines altèrent cette fiu:ulié , avant de tuer la plante.

(t)I>C.»lite.aaiBat«uétraiic.diriMt»^.l| Hij:^.,

n » p. aso.

Mm De$&>Dtaiaes ayani bus daofi une vMliire éon sensiliv€sei»vaae, 4 TU d'abord les folioles se déjeter par Teffet des secousses , mais ensuite elles se redressaient , coMiie m les pfantca auvent pris Thàfaîtade de ee non- Tel ëlat de choses. Si la Toiture recommençait à rouler après s'être arrêtée quelque temps, les folioles tom* baient de nouTeau ^ de même , en touchant plusieurs fois de suite une sensitÎTe, elledeTicnt moins impressionnable.

La cause de ce phénomène git dans les pétioles , car ce sont eux qui s'inclinent *, mais jusqu'à présent aucun naturaliste n'en a donné une explication suffisante. On est donc obligé de rapporter le fait à la force Titale.

Il en est de même de la clôture des feuilles de dionœa quand on touche les poils qui sont Tevs le centre du limbe. Les drosera ont aussi un mouTcment de ce genre.

D^autres se produisent sans cause extérieure apparente. Tel est le mouTement des <2ejmodam, notamment du Z). gyrans {hedysarum gyrans). Les feuilles ont trois folioles , dont les deux latérales , très-petites, linéaires, sont dans un mouvement continuel, par petites saccades. L'une monte et l'autre descend alternatÏTement, et l'arc parcouru par chacune est de 5o degrés enTiron. La foliole centrale, qui est beaucoup plus grande , s'incline tantôt à droite tantôt à gauche, d'une manière moinsapparente, maisaTec un mouTcment plus continu. On dit que, dans l'Inde, les folioles latérales exécutent jusqu'à soixante saccades par minute \ mais dans nos serres, le mouTement est moins rapide, surtout quand la plante ne se porte pas irès-bien , et qu'il ne fait pas très-chaud. Le labellum de quelques orchidées (i

4iS PRYMOLOGIE.

gaclinium faleaium, pterostylis) offre des mouvemens analogues (0* La cause en est tout^à-fût inconnue.

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