CHAPITRE V
DB LA TBHPBRATUEB DBS VBGBTAI7X.
Le dégagement de chaleur des spadix d^amm et de quelques fleurs est un cas tout spécial , qui tient à la formation abondante de gaz acide carbonique pendant la fécondation. Par la même cause chimique, il se produit de la chaleur dans la germination. On peut dire que dans le cours naturel dès choses , la formation du gaz acide carbonique par les organes colorés est aussi une source de chaleur; mais elle est bien faible , et Tévaporation par les parties vertes doit la compenser amplement , la surpasser même pendant l'été.
Dans un mémoire récent , M. Gœppert a voulu prouver que les plante3 ont, en général , une température plus élevée que Tair ambiant; mais il a expérimenté sur des plantes voisines de la germination, abondantes en fécules et accumulées en grandes masses : tel n'est pas Tétat ordinaire de la végétation. Rien ne prouve que dans de pareilles circonstances il n y ait pas un commencément de fermentation , ou une suite de la germination (2)*
Cest par des végétaux âgés , et en pleine végétation , qu il faut juger de la température qu'ils peuvent avoir.
(i) LivDL. , Introd. to hotanjr , p. S90.
(9} Goipp., Uherdie fKarme £ntwiekelung inden PJItai»en,UÈrSt
PBÉMbiiiifES oiniMÂVX ds riaiTATiow. 4l7 Buflfon avait déjà observé que lorsqu'on coupe des ar-^ bres en hiver, Tintérieur du tronc parait chaud; et H.-B. de Saussure, que la neige fond plus vite autour du tronc ()es arbres vivans que des arbres morts. J. Hunter ayant placé un thermomètre au fond d*un trou de 1 1 pouces , pratiqué dans un noyer de ^ pieds de diamètre, avait trouvé, en automne , a ou 3 degrés de plus que la moyenne de l'air extérieur. Shoepff (i), à New-Yorck , et Birkander, en Suède , ont trouvé , de l'automne au printemps , une température plus éle* vée que Tair, et du printemps à Tautomile , une température plus basse. M.-Â. Pictet et F.-G« Maurice ont répété ces observations à Genève pendant plusieurs années, et ont obtçnu le même résultat (a). Ils ont eu de plusl'idée de comparer des thermomètres enfoncés dans un arbre, avec d'autres placés à diverses profondeurs danâ la terre. IjCS thermomètres avaient de lon^s tubes qui dispensaient de les sortir pour les observer. La température du centre d'un gros marronnier était la même que celle d'un thermomètre situé à 4 pieds en terre.
Cette dernière expérience donne la cause du phénomène. L'oau pompée par les racines , et dont il monte une certaine quantité , même en hiver, communique au troue des arbres la température du sol , qui , à quelques pieds de profondeur, est sensiblement la température moyenne du pays. De là, chaleur en hiver et frai(5heur en été, relativement à l'air extérieur.
Le peu de conductibilité du bois pour le calorique contribue à maintenir la température uniforme de la
(i) Philos, trans. , 1776 et 1778. ^
(9) Bibl. brîtann. , première année. '
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sève, rai démoniré à ee ^ij«t ^ par des eipérieioea faites avec M. Aug. de la Rive (i) , que tout les bois sont moins conducteurs dans le sens contraire aux fibres, que dans leur direction longitudinale. La diflé* renoe est d'autant plus forte que le bois est plus dense. Ainsi la température du sol, portée par la sève , se communique aisément de bas en haut, et difficilement dans le sens borismital. Les couches d'ëcoroe , . dans les dicotylédones , sont un grand obstacle à la commu- BÎcation do calorique^
La faculté de résister au froid et à la chaleur Tarie selon le tissu des espèces que Ton considère. On peut présumer, à priori, que les arbres à bois très^serrë, et eeux qui, comme les nonoootylëdones, ont une écorce très«*mince, non divisée en couches^ doivent résister avec peine aux climats rigoureux. En efifet, les seules menOGOtylédone» qui croissent dans le nord ont la partie vivace de leur tige cachée sous terre, ou, tout au moins, abritée parla neige pendant les grands froids. Les espèces ligneuses de cette classe supportent à peine nos climats tempérés.
B ne faut pas oublier, d'un autre câté^ que chaque espèce a besoin d'un certain elimat, et supporte tel ÙÊgré de froid ou de chaud , selon Tensemble de son organisation. Les herbes sont pénétrées jusqu'au centre par la températuro de Tair. Telle espèce demande des variations considérables de température , telle autre les redoute.
11 y a des plantes qui supportent un degré remar* quable de chaleur. Ainsi le vitex mgnus^astus croit
(i) Mém. de la aoc. de phys. eC d'hist nat. de Genèfe » tV • P« 7I< — Aon, de phjr«. «t de chimie i XL > pé 91*
PBElfOMElfSS orflfÉlUinC DE VlÊGéTATIOIf. 4f9
dans llnde , diaprés Sonnerat , auprès de sources cbaudes à Sv^^y et dans File de Tanna , d'après Forster, dans un sol volcanique à Se*. Cependant la même espèce 3uppbrte jusqu'à i5 ou ao degrés au-dessous de zéro ^ dans nos jardins d'Europe. M. de Candolle à trouvé à Balamc des aster tripolium , les racines plongeant dans une eau à 30** R. ^ M. Ramond a vu la verveine officinale à Bugnères dans une eau à 3i*. Adanson remarquait que le sable du Sénégal atteint jusqu'à &i^ au soleil, et porte néanmoins des végétaux. M. DesPontainesavu dés plantes vivantes autour de» eaux chaudes de*Bone, qui ont jusqu'à 77?. Dans l'incendie d'une serre du Jardin-des-Plantes de Pitris, toutes les plantes périrent, sauf le lin de la Nouvelle-Zélande (phormium tenax)'.
D'un autre câté^ les perce-neige (leucoium ver^ num) fleuTisseilt même sous la neige. Les fleurs de noisetier supportent de grands froide , jusqu'à 6* audessous de o , d'après Lhécitier, sans en paraitre alté^ rées. Cependant les fleurs sont un organe délicat.
Le chêne supporte jusqu'à aS*, le bouleau jusqu'à 32«, et peut-être au-dtlà dans le nord de F Europe.
Les cryptogames sont encore moins affectées par le froid, car plusieurs vivent, en hiver, dans les régions les plus boréales , et tandis que eertaines espèces habitent les sources d'eau chaudes , le proîococcus nivalis végète sur la neige même (i)«
^1) CVsC la neige rouge obsenrëe par les Toyageura.
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