‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 77 sur 104 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

M L^MBIVIDIIALlTi BT DE LA DIJe£b DES \KCitAVT.

ARTICLE PREMIER

DU SEMS DU TERME IIIOIVIDU EH BOTAJfIQUB.

Avant de parler de la durée dés végétaux , il faut s'entendre sur ce que Ton doit regarder comme un végétal individuel.

Dans le langage ordinaire , on regarde chaque plante séparée des autres comme un individu.

Quelques physiologistes partant de ce fait , que la mukiplicatioii* paf division ne crée pas de nouveaux êtres, mais sépare seulement ceux qui existent , ont voulu oonsidérer comme individlis les végétaùk nés d'une graine, réunis idéalement a tous ceux qui en ont été divisés. Dans ce sens, proposé par M. Gallesio (i), rindividu est une abstc^ction ^ car il est impossible de reconnaître à la vue d'une plante si elle vient de graine ou de bouture.

Darvirin considérait chaque bourgeoD comme un in-

(i) Aalenr dW tr«?ail remarquable tar les variétés dn genre eiirus.

dividu. Alors le v^^éul loat entier est conune un être composé, analo^giie aux polypes. Otte manière de voir est fondée sar les faits , car un bourgeon peut toujours se développer en branche « on peut le tiransporter par la greffe , c'est lui qui se déreioppe dans les boutures* et un arbre est bien un «gcêgat de bourgeons qui rivent en commun.

£n6n , M. Turpin regarde les cellules et chacun des grains qu^elles contiennent, comme de sindividus emboîtés les uns dans les autres et qui« pour se développer, ne demandent que des circonslances favorables. Ses motifs sont: qu'il y a des végétaux inférieurs formés de cellules isolées; que dans le tissu cellulaire les ciHules ne sont que juxta-posëes; que dans la formation du pollen et des spores de cryptogames, on voit des grains contenus dans des cellules s^dévetoppcr , rompre leur enveloppe, et que ces grains eux-mêmes en contiennent d^autres. Il conclut de ces faits bien certains, et d'autrès moins évidens (i), que les grains deglobuline contenus dans les cellules peuvent se* développer indivi-' duellement^ et en contiennent d'autres qui sont des individus d'un ordre subséquent.

(i) M. Turpin i^appaie aosâ de la formation des bnlbilles ou ger* mes, acGÎdcnteUcmnit ou constamment* à la surlace drs feuilles d*or^ nhhagalwn , de malaxis , de brjophjrtbtm , dans les tubercules de ponsmes de terre , à Taisselle des ieutlles , etc. Sans contester les faits , ety au contraire , en attestant que j'ai tu plusieurs d'entre eux , j'aToue que la transformation des globules intcrieurs des cellulea en bulbiUes on gemmes ne s'est jamais opérée sous mes yeux. Kien ne pronTO que ces corps ne soient pas nés enOe les cellules plutM que dans les cellules , ni que des grains de globuUne leur aient donne naissance* Il n'en est pas de même dans la formation dos spores , du pollen , et des globules de chara.

mra. a la botahiquz. tome i. ?.8

4S( VHTSIOIéOCIB*

Je rfgar4^ ces trois manières de Toîr coaiiae fondées sur des faits, mais sur des fails considérés aous trois points de vue différens. Les végétaux sont évidemment des êtres composés, mais jusqu'où veutH>n les décomposer pour que les élémenss^appelleot des individus? Ceat une diûse arbitraire qui dépend de lldée par laquelle on se laisse dominer. Rien n^est plus codkmun^daos k laagagCsque d'attribuer la qualité d'individu i des cboses contenues les unes dans les autres. On dit, par example, une ville, une armée ^ on les compare à d'autres villes, à d'autres jRrmées, que Ton regarde comme des individualités. Cependant on sait qu'une ville se compose de rues , les rues de maisons , etc., ou une armée de régimens, de bataillons, etc. \ on peut de méme^ suivant le but que l'on se propose, regarder comme un individu, soit un arbre, soit chacun de ses.bouigeons, soit diaque cellule , chaque grain de globuline, etc. (i).

Tavoue que je préfère employer le terme d'individu dans le sens vulgaire d'un étte w%faKt,à paHy être composé sans doute, mais peu importe : le but principal de l'histoire naturelle est précisément d'étudier les lois de l'agrégation des particules \ c'est de cette agrégation que résultent les formes distinctives des êtres \ c'est elle qui constitue le mystère immense de Vorganisadon.

Je passe a^» qui concerne la.durée de l'individu-végétal , dans le sens ordinaire du mot.

(i) H. dt Caoaolk 1m H>pelk iiiaiYÎda-v<<sê4al , iadâvidaboar* iw , iadÎTÎdtt-Q^Ui Pbj*. vtg. , Il , p. s^.

PBilfOlfilfES G^flfÉBlUX DE véGÉTATION. 45$

ÂBTICLE II.

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