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PHENOMENES GENERAUX DE VEGETATION

de Bëqné. Cet arbre, conna des habitansda pays sous le nom d'écurie des chamois , parce qa'il sert d'abri à ces animaux pendant Thiver, avait, en i8àa, 7 mè^ très 6îi centimètres de circonférence au-dessus du collet , soit 2 m. 54 de diamètre. Voulant estimer Tège de ce vétéran des Alpes , M. Bertbetot Ta comparé à la coupe d'un sapin d'une forêt voisine , âgé de 260 ans. Il a vu que ce dernier avait grossi en diamètre de

3oi millimètres de x à 5o ans 322 -— 5o à loa

Ce sapin avait en définitive 960 millimètres de diamètre à 260 ans , et dans les dix dernières années n'avait grossi que de 20 millimètres. M. Qerthelot appliquant au sapin de Béqué les mêmes chiffres, supposant en outre que Taccroissement de 20 millimètres en dix ans a pu se soutenir jusqu'au 5*" siècle, et que plus tard il a été de 16 millimètres seulement, arrive à la conclusion que le sapin monuùiental de Béqué a environ 1,200 ans. L'erreur^ s'il en existe, ne peut guère dépasser i/ro.

On cite des ifs (taxus baccata) d'une antiquité très-grande. Selon trois mesures recueillies par M. de CandoUe , cet arbre grossit d'environ une ligne par an jusqu'à i5o ans et un peu moins dans le siècle qui suit. Or^ Evelyn (en 1660) el Tédileur de la seconde édition

(i) La progression est donn^Q de dix en dix ans et décroît trèsrégulièrement.

444 PHT810L0G1E.

de son ouvrage, Pennanl (en 1770), ont mesuré, en Angleterre et en Ecosse , des ifs de i,ai4) de 1,187 , de 2,588 et de a,88o lignes de diamètre, ce qui suppose au moins autant d'années d'existence. Le dernier de ces ifs, nommé par Evelyn suranné ^ et situé dans le cimetière de Braburn {comté de Kent), avait, en 16601, 58 pieds 9 pouces de circonférence. S'il existe encore, il doit avoir près de 3, 000 ans.

Dans les pays où la culture et une population nombreuse n'ont pas fait disparaître les forêts primitives et les arbres les plus dignes de respect, on doit trouver des vétérans du règne végétal bien plus extraordinaires encore. Malheureusement les voyageurs y ont peu pensé, et les botanistes manquent de documens sur la végétation des arbres exotiques.

Adanson en a fourni un qui repose sur des faits curieux. Il a observé «ux iles du Cap -Vert un baobab (adansonia digitaia) sur lequel des voyageurs anglais , trois cents ans auparavant , avaient dit avoir gravé des lettres. £n entaillant le tronc , il a retrouvé , audessous de trois cents couches ligneuses, ces mêmes inscriptions , et. il a mesuré Tépaisseur des couches qui les recouvraient. Partant de cette donnée et de la manière dont grossissent de jeunes pieds de la même espèce , il a dressé un tableau de la végétation de cet arbre, dont M. Duchénç a exti*ait les nombres suivans : A I an le baobab a de i pouce à i p. i/a de diam.

2oatos —

I pied

io —

a pieds

loo —

a4oo —

PBEfrOMElfES GSNUUVX D£ V^GETATION^ 44 8t

Adanson dit en avoir vu de plus gros qui devaient approcher de 6,000 ans, et M. Perotlet (i) assure qu il s'en trouve fréquemment en Sënégambie, dont le tronc atteint de 60 à 90 pieds de circonférence. Leur grande durée tient à leur peu d'élévation ; car ils forment une touffe et comme un tertre de verdure. Un baobab dont le tronc a 3o pieds de diamètre n'a que 70 à 80 pieds de hauteur , et ses branches relombent/le tous côtés.

En général , c'est la dureté du bois qui permet une longue vie, comma Toranger, Tolivier et Vif en sont des exemples frappans.

Le cyprès chauve ou distique (cupressus disticha, Linn. ; taxodium , Rich.) , si commun aux Etats-Unis et au Mexique, parait, grâce à la consistance ^e son tissu ligneux , atteindre une vieillesse égale aux baobabs. Il en existe un près de Qixaca, dont le tronc a 5^ pieds i/a de diamètre et 100 pieds de hauteur. Il est connu pour avoir abrité jadis Ferdinand Cortez, avec toute sa petite armée de conquérans , et les indigènes lui rendent un culte superstitieux. J'ai essayé d'estimer son âge d'après le peu de faits connus sur celte espèce (^). Il ne doit guère s'éloigner de 6,000 ans. C'est aux voyageurs d'examiner avec soin ce monument , plus antique, sans doute , que les pyramides d'Egypte.

{i^ Flore de Sënégambie , I ,. p. 77.

(aj Bibl. ttWY. de Génère, avril i83i

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