CHAPITRE XU
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L'influence des plantes parasites sur les plantes qu'elles attaquent se lie trop intimement à la manière de vivre de ces végétaux^ pour qu'il soit possible de parler séparément des deux objets.
Les botanistes distinguent les /ausses parasites des parasites proprement dites.
Les premières , telles que le lierre , plusieurs orchidées des pays chauds, certaines mousses , plusieurs lichens et champignons, vivent habituellement à la surface d'antres végétaux , sans en tirer directement aucune
4M VHVftlOLOGlE.
nourriture. Cest comme appui, elfrâoeàuDe petite qiiaii« tilë d'humidité superfitsieliei que cette station leur con» Tient, mais aucun organe ne pénètre dans Tintérieur delà plante attaquée, et les fausses parasites vivait égakâsi^nt bien sur un mur légèrement humide, pourvu que Pétat de la Surface leur permette de s'y accrocher. D'autres espècessont semées fréquemment par les oiseaux dans les cavités des arbres et se développent bien dans le terreau Kgneux .qui s'y trouve. D'autres, sousHbrme de lianes, se jettent sur les plantes et les entoUl^nt. Ces végétaux faussement parasites p'ont d'autre inconvénient pour leur^ supports que d'entretenir i la surface une humi^ dite peu favorable, de receler des insectes nuisibles, d'étreîndre trop fortement des tiges ou rameaux qui demandept à grossir, et de géoer les feuilles par un développement trop^vigou^ux.
Les vraies parasites vivent aux dépens d'une plante étrangère, elles en tirent un suc plus ou moins Hbndant. N'étant pas douées d'organes complets , propres à élaborer les sucs , elles ne rendent rien de nutritif à leur support, et ne peuvent que lui nuire. Quant à leur manière de végéter, M. de CandoUe les classe à peu près comme suit (i) :
(i)Phjra. Tcg., p.44o3.
PHENOMENES ^iffifUtVX D£ V£G£TAT10N. 459
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460 VHYSMLOOU*
Tou tes les parasites phanérogames attaquent les plantes par Textérieur, aucune ne se développe à Tîntérieur. Au contraire, parmi les parasites cryptogames, les unes naissent à la surface, comme les erysiphe , rAûocconia ; etc. ; les autres, et c'est le plus grand ^nombre, à Tintérieur, près de la surface, comme les uredo, pucci^ nia, etc. Les parasites phanérogames n'ont que de trèspetites Feuilles sous forme d'écaillés. Lesloranthacées, dont le gui f^it partie, sont une exception.
Les parasites superficielles des racines (radidcoies) s'implantent diversement dans le corps de la racine. léCS unes (monobases) par un seul poiût qui semble être la base de la tige ou l'extrémité d'une racine unique; c'est le cas de quelques orohanches, de ce genre rafflesia et d'autres cytinées dont la Qeur sort de terre comme une énorme tête de chou , avec la couleur et la consistance d'un champignon (i).
D autres (poljrrhizes) émettent^ outre la racine implantée dans le support , d'autres racines non parasites qui prol>ablement absorbent de l'eau dans le sol , comme une racine ordinaire. CTest le cas de la plupart des orohanches. Probablement elles finissent assez fréquemment par n'être plus parasites.
Enfin ^ Je lathrœa squamaria (polystomé)^ décrit avec soin par M. Bowroan ('i) , tient par le bas de sa tige à la racine qui lui sert de support , et émet latéraletnent des racines terminées par des suçoirs renfl<^^ >
(i) 11.Br., Account ofraffUsia , in-4o, avec pi. — Blum. , Fior. (i) J>wi#. Hnné «oc. Lon4.f XV, p. 999, pi. si.
qui s'iapluiettt éms h radmr feimp*;<eL Les rUceio lones , qoi font IkdI 4e clf^ éan» k« dhanpf éf 1bzerne (t) et de silna s ■ . ««: n— yci!g^4 d'im petit corps arrondi . le^ad cnet aiii:«iir ds raeiiict vse moititode de filets «■ rêsniu Ces £kt& akcAcBt 1rs sucs et taent bi plante.
Les parasilcs caaiieolo oai fmefçvtfys des saçoiis, comme oo le Toit daizs ks c&«c-=l^. cxs fik dS^ et Mancbitres qui s'eatcrtii«^i.t a^^ciur da trèfle, de la Tigne (dans le midi de la FraBct ) et d'autres £colTlrdones. Le çui a une ladic^ qm perce frâiroe des arbres, puiss'impbnte «bof le eofp^ lijaeux. arecleqnein se greffe intimement 3^.. D'autre» loraalhar^es, ooferela racine principale soudée au bots, émettent des rnimi qui serpentent entre le corps lijneqx et F^V-orce (4% Le gui a été trouTé sur presque tous les arbres dicotylédones y excepté sur ceux qui ont un soc biteox. Les autres loranthacécs paraissent plus bornées a une oo plusieurs espèces.
Les auteurs se sont partagés quant à f origine des parasites intestinales, c'est-â-dire qui sortent du tissu même des végétaux. QuelqUes-uns, notamment M. Turpin , les regardent comme des altérations maladiTcs du tissu, mais cette opinion est admise par peu île personnes, à- cause de Fanalogie extréifle des puccinia, œcidium , etc., arec certaines crypiogames qui ne sont pas parasites.
(f) DG. , Mem. du mus. d^hist. nat., II , 1809 , p. 10^ , aTecpl. (9)'Bdll. , Cbamp. ,^8t, p.-456.
(3) ne, Mi^m. sur la vëg. du guî| prem. yoI. des Mêm. det siTaiu ëCrangen ; l'hysiol. Teg. , p. 1409. ~~ DoTftOCMT, Becfaerch. ànat., un Toluoie în-8".
(4) tic., Physîol. Tijg , p. 141 1
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En admeltanl que ces corps et f^cdmki qui sorteut des végétaux en roin|)aiit lepiderme swent bien des parasites , on s'est demandé comment ils naissent à Vintérieur. Quelque^ savans ont cm qu'iU pénè^ trent par les stomates^ mais ils viennent dans des espices et 4^3 organes dépourvus de ces ouvertures. M. deCsndoUe (i) a émis Tid^^que la poussière reproductrice de ces végétaux , absorbée par les- racines avec Feau du terrain , se trouve charriée dans la sève jusqo^aux organes supérieurs et sur divers points de la surfice; que là Ils se développent et percent Tépiderme , quand la nature de ia*plante et les circonstances le leur per* mettent. Cette hypothèse repose sur les faits et les raisonnemens qui suivent : «** les organes où la sève se porte avefc le plus d'abtodance'sont ceux où se développent )eM parasites intestinaux , car il y en a sur tous les organe» aériens et ji^ûs sur les racines ^ 1%'' ib se dévëbppent surtout 'dans les années humides où Fabsorption est abondante *, 3* ils sont très-fnéquens dans les eudroitsoùl^innée précédente il y a eu des parasites de ce genre, et se dévdpppent quand on a semé leur poossière dan» le terrain^ plus que quand les feuilles mêmes en oAt été saiupoodrées (a). M. Bénédict Prévost (3) ayant semé du blé.^saupoudré de poussière' de carie , a obtenu une recolle où, sur trois plantes, une avait la carie , tandis que les {^ines^non saupoudrée» ont donné une plante cariée sur i5o ; 4* 1^ procédé du chamlage^
{i) DC^ Ann. dumvs. dliist nat. , IX » iSof , p. 66.
(s) XKiGit , Trant, hori. 90c. Lond, , H , p. iSi , 1817. ^ (3) Sur la cause dé la carie , in-So, MontaubaB, i^ ) et Rseoitil afronom. de Tern-et-Garenne , I , n* 9 , 1809.
PHiiioxEina Giiiïam dx viSgétation. 405 qui oonsiste à mélanger les graines que Von sème avec de Farsenic , du sulfate de cuivre ou toute autre substance vénéneuse, diminue certainement le nombre des pieds atteints par la rouille ou la carie (i). Or, il ne se comprend que si Fon soppose une action 3élétère sur les graines de parasites, qui, sans cela, auraient pénétré dans la jeune pladtcf, pendant ou après la germination.
(i) Diaprés Bënëdîct PrcTost, da blé chaulé avec du sulfate de coirre n*a donné qu'un épi carié sur 4>o<x>» ^ns cette -opération 1 sur i5o, et en mélangeant a^ec 4^ la poussière de carie, i sur 3.
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