‹ Introduction à l'étude de la botanique, ou, traité élémentaire de cette scienceChapitre 9 sur 104 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

0B LA «ACIH.

La racine est cetle partie intérieure des végétaux par laquelle ils tiennept au sol , et par où pénètrent les liquides qui servent à leur nutrition.

Le véritable caractère des raoinea «'est pas d'être situées sous terre, 'car il y a beaucpup de tiges qui sont plus ou moins dans la même position , et beaucoup de raélnes qui naissent en Tair. Mais il y- a des différences bien plus importantes entre ces deux organes* ^

La rabane hsvlt Moposée à la tige et s'iélonge en sens inverse j r.une fenoa descendi^e et l'autre à s'élever ^ les

nifications de Tuné et de l'autre sont opposées de la ;me manière , les angles qu'elles forment étant tournés sens inverse: En outre^ les racines n^>nt point de )elle à V intérieur, ni de stomates à la* surface ; elles nt blanches, ou lorsqu'elles verdissent, ce nVst guère i'aux extrémités ^ dks ne portent latéralement aucune . péce ^'appendices analogues aux feuilles ni aux di^ nrses modifications des feuilles. Enfin, dles s'allongent ir les extrémités, ce dont il est aisé de s'assurer en marnant des points a distances' égales , et en observant que is points ne s'éeart^ent paar entre eux , mais que l'extré* ité de la racine s'allonge au-delà d^s points» Au moment où la plante ndt, on peut toujours oh* rver uoe racine principale, opposée à la tige. Elle est L>me ordinairement visible dans la graine , où. elle se mme^radicule* Souvent cette jeune racine porte latélement des poils lymphatiques qui aident à fixer la anle au sol el qui peut-être absorbent aussi de l'eau , ais qui se détruisent promptement. La raeine princi-> lie elle-même , après s être allongée et avoir poussé des mifications de tout côté , finit souvent par se détruire, ndis que ses rameaux s'étendent au loin et qu'il se rme dans le bas de la tige d'autres racines , dites ad-nlwes,

La destruction totale de la première racine est d'aunt plus complète, que si, par une morsure de larve insecte ou par toute autre cause, l'extféitiité vient à rir, le reste de la racine ne pouvant plus «'allonger et trouvant en terre, pourrit promptement. Il faut 3rs , ou que la plante meure , ou qu'elle végèt^ au oTen de racines adventives et de ramifications laté- :rales de la première racine , si leur» extrémités sont [1 bon état»

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T8 OROAirOGlUPHtK.

Cest en effet par les extrémités que s'opère la principale fonction des racines, celle d'absorber Tëau néces^ saire àla végétation. Senebicr et ensuite Caradon Pont démontré par une expérience bien simple, qui consiste à placer dans un verre d^eau une racine un peu longue et non divisée, comme celle d'une carotte; si elle trempe dans Teau par l'extrémité toute seule , la plante végète, mais si la racine est recourbée de telfe façon que l'extrémité sorte de Teau , tandis que tout le reste s'y trouve plongé) la.planle ^rit par défaut d'absorption' • '

Celte extrémité Iles racines , qui joue un r6le si important, par où Taccrolss^^ment sd produit , et t{ui absorbe l'eau comme une éponge > a été désignée par M. de Candolle sous le nom de spongiole. Son orga-* nisaiionta'est pasaussi -compliquée qu'on pourrait lesupposer d'après ses fonctions. L'intérieur se compose de tissu cellulaire très-serré *, mais œ ti^àu s'allonge j par conséquent il est toujours frais. et nouveau -/il n'e&t pas recouvert par celte couche de cellules vieilles et endurcies qui forment l'épiderme dans tout le reste de la plante. C'est ce qui fait comprendre comment il jouit au plus haut degré de celte propriété innée de tout tissu végétal, d'absorber l'humidité (î).

Les racines qui croissent dans l'air, domme celles des pandanus, ou dans l'eau, comme cela arrive souvent, présentent autour des extrémités une espèce de coiffe qui. semble les débris d'un épîderme rompu probablement .paf l'allongement delà racine (a). ■■ I' I 11.

(t) DQ.i Organ., I, p. 89 et s4i<

(s) DG.yOrgan.y I, p. 91, pi. io.--«Mëm. sur les lenticelles , dans les Annales des scien. nat , 18261 p. 1 « pi. i.

I composition infétieure des racines est plus simple L*cUe des tiges et rarie beaucoup moins daif s ks dif* Ucs classes de rêg^ux Tasculaires. On distingue ?ment trois parties : le corps cortical^ un corps li* fijcaii centre , et des rajrons médullaires. Les deux niières parties ne sont pas composées de couches, corcc «t stm^etiltrès-^épaisse , relativement au corps leux , ce qui Vient sans doute de sa position dans la c humide et de ce qu'elle ne se détruit pas à la sufî extérieure y comme cela arrive souvent pour l'é- :e des tiges exogènes. Elle est toute composée de ules.

c corps ligneux ne se con^pose pas d'ordinaire de ?s distinctes , Cependant cela arrivé quelquefois. La lion respective de ces fibres et leur direction (qui ble en gé/iéral parallèle) n^ont pas encore été suffiment étudiées dans divers . végétaux. M. Mohl it ivé sur ce point des exceptions J^armi les espèces dç micrs dont il a examine les radincâ (i). On trouve général dans les fibres des racines des vaisseaux ctuéset rayés y entourés de tissu cellulaire diverse*** it allongé, mais il est très-doutoux qu'il y ait des tra- ?s , et tout au moins la plupart des végétaux en man* raient.

^e corps ligneux , dans les racines advcntives des gènes, se joint à celui de la tige et se prolonge de la me manière dans les diverses ramifications des rais , jusqtte près des spongîoles. Le corps cortical est irolongatioft de celui de la tige , au moins dans les ries plantes. Les racines adi^entives sortent des

I ) Uc palmonim ttructaWi y f 4^ à 64 , pi. 7.

itO nBCiMooaituic.

branches ou des tiges, quand on les plante dans de la terre ^OUF Taire upe bouture, ou qu'on les enveloppe de mousse humide pour fairà une marcotte. Elles sc.développeot mcme dans l'air, lorsqu'il y a assez dé chaleur et d'humidité, et que le végétal jouit de 'cette disposilÎQn âun très-haut degré.

Ces racines - sortent par les lenticeUes , ou plus rarement ptr les cicatrices d'anciennes feuilles (i). Cest alors dans la ptirlie interne entre l'écorce et te bois qu'elles paraissent se développer.

Dans les eudogènes au cçtitraire , oi^ il n'y a pas de couches oorlieales et de lenticeUes, les racines adveutives se forment dans celte espèce de couche. Creuse ùtuëe entre- ta partie la plus dure de la tige et l'enveloppe cellulaire qui représente l'écorce (%). Le corps ligneux de la racine se forme de plusieurs' filets réunû qui ne sont point U continuation immédiate de ceux de ta tige , mais qui tes traversent en tous sens , comme les rucinuj d'un nïhva sotlt im|^l^e$ dans la terre. L'écorce de la racine , très-mince dans l'intérieur de la li{;c,,Utoft naitlii rjtiite adventive , devient plus grosse à l'exténtiur. De nK^iiie que dans les exogènes, cette portion cellulaire uiiveloppe complètement l'extrémité (II' lu mcine, comiiH' dans un sac, en sorte que les s{K)rj{;iolcs foiii |>;iiiii: de l'écorce des racines.

Les raùnes ont une disposition à fo^er des tiges, comme les tiges des racines. Dans tes plantes ^ui ont de longues racines rampantes , on voit souvent des bourgeons se former sur lA points où la racine se trouvé à découvert, ot U pli^lte se multiplier à distance

(i^ DCo yêin. lur lei leDlicilIo, AnQ. te. uat., \ttG, (i) HoiL , bc paliD. ilnict. , pL v , f. t.

CMCAME» ffOTOAMElfTJkVX. 81

sa tige principale. On ne le sait que trop, là où se trount des acacias et des arbres appelés yernis (rtuu , lanthus glandulosaj, car ils infestent tout un jardin ir la facilité arec laquelle les vieilles racines poussent à nouveUes tiges dans toutes les directions.

On a essayé de retourner des saules, la tête dans la [^rre et les racines en Fair ; dans ce cas Tarbre est soueut asscE TÎgoureux pour reprendre. Les anciennes >raQches donnent naissance à des racines ^ les jeunes amifications des racines exposées à Pair périssent^ nais il se forme , sur le tronçon des vieilles racines , les bourgeons qui se développent en rameaux. Ainsi , i^ i^cines ou les tiges ne se transforment pas muuellement , mais chacun de ces organes peut produire autre.

Sous le rapport de Tapparence générale et de la forme, >n distingue diverses espèces de racines.

D'abord les racines simples y qui ont une base unique, en continuation de la tige^^tles racines mu/tiplesy qui partent qp eraod nombre ^u collet de la plante. Ce dernier cas est frécy^nt dans les nionocotylédones, mais il est probable «|ue ce sont ou des rami* kations latérales d^une ancienne racine qui s'est détruite, ou des racines adventives df la partie inférieiu^ de la lige , comme on le voit dans les oigngns de lilia* cées, les palmiers, etc. Les racines simples qui descendent perpendiculairement s'appellent pilotantes ; lorsqu'elles sont renflées , comme les carottes , on les nommes racines yu^j^nnei; si elles sont encore plus renflées vers leur origine , comme certaines raves ou radis , on les appelle rapif ormes \ si le renflement est arrondi ou que Ton ne tienne pas à indiquer précisément sa forme , qui est peut-être variable > on dit que

IHTB. A Ui aOTANIQVE, TOME I. 0

M ORGANOGRAPaiE.

la racine est tubéreuse. Lorsque la racine iprincipate est en partie détruite , on la désigne quelquefois en latin sous le nom de radix prœmorsa. Les ramifications latéraies s'appellent petites fibres (fibriïlœ). Lorsqu'elles sont nombreuses et que la racine principale s'est détruite ou ne se distingue pas, on dit que la racine est fibreuse ou rameuse (fhrosa^ ramosa).

Les fibres toutes blanches ou rougeâtres , disposées en paquet, qui se forment , par exemple , sur les racines de saule immergées dans Teau , se nomment le chevelu.

Quelquefois il y a des renfiemens le long des fibres et alors la racine est noueuse (nodulosa)* Enfin , lorsque les ramifications se répandent près de la surface du sol , les racines sont rampantes , traçantes.

Les racines multiples peuvent offrir des modifications analogues. Ainsi les dahlia ont des racines multiples fusiformes , dont l'ensemble forme une espèce de paquet ou botte de cosses racines. On les appelle quelquefois racines fas'ciculéeê. Les orchis ont deux de leurs racines renflées en tubercule , dont la forme yarie selon les espèces, tandis que les autres racines sont cylindriques. Elles peu vent être rameuses, noueuses,etc., comme les racines à base unique.

Les divers renflemens ûu tubercules de racines sont toujours des réservoirs de matières amylacées, qui, dans certains momens , servent à la nutrition de la plante.

On en trouve aussi fréquemment sur les tiges souterraines , qui ressemblent souvent aux racines.

Ainsi, les tubercules de pommes de terre, ceux du cyclamen europœum, les renflemens des chléndens (triticum repens^ panicum dactylon)^ naissent sur la partie des tiges qui est enterrée. Ce qui le prouve , c'est

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l'ils verdissent à la lumière , et que dans bien des cas donnent naissance à des feuilles. Lorsqu'on butte > pommes de terre , on aug;mente leur produit en enrranl une partie de leur lige qui n aurait pas donné 3 lubcrctAcs à Vair libre.

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