‹ Introduction à l'étude de la chimie moléculaireChapitre 96 sur 108 · A ISA LYSE · texte numérisé non relu

A ISA LYSE

d’oxygène absorbé. On voit en effet qu’en brûlant une substance organique, elle passe a 1 état cl eau et d acide carbonique avec accompagnement de l’oxygène qui n a point été employé; l’absorption de l’acide carbonique par la potasse, fait connaître le volume de ce gaz, en même temps que celui de l’oxygène excédant; le volume de ce dernier retranché du volume total d’oxygène fourni par le chlorate potassique, donne pour différence l’oxygène employé; celui-ci ajouté au poids de la substance analysée, on a toutes les données nécessaires pour connaître le rapport des éléments qui doivent la représenter. Pour cela il suffit de retrancher du poids de la substance, celui de l’acide carbonique, et la différence représente la quantité d’eau au moyen de laquelle on calcule l’hydrogène. Le volume d’acide carbonique fait connaître celui du carbone; enfin à la somme qui représente la quantité de carbone et d hydrogène, l’on ajoute la quantité d’oxygène nécessaire pour représenter le poids de la substance employée. Quand celle-ci ne renferme point d’oxvgène, les poids réunis du carbone, de l’acide carbonique et de l’hydrogène de l’eau, représentent le poids de la substance. Lorsqu’il en est autrement, il y a une différence qui représente exactement la quantité d oxygéné existant dans la substance. Si cette dernière ne renferme que de l’oxygène et du carbone, le poids de 1 acide caibonique, moins le poids du volume d oxygène employé, représente le poids de la matière analysée.

Par cette méthode, MM. Gay-Lussac et Thénard obtinrent des résultats si exacts, que jusqu’à ce jour leurs analyses n’ont subi aucune modification. Ces succès témoignent aussi hautement en faveur du talent distingué de ces chimistes qu’en faveur de la méthode qu ils ont suivie, lis disent eux-mêmes que l’exactitude d une

analyse consiste surtout dans la précision des instruments et des méthodes que Ton emploie. A l’heure qu’il est ? cette méthode n’est plus en usage; car généralement l’on substitue l’oxyde cuivrique ou le chrômate plombique au chlorate potassique. M, Gay-Lussac s’est servi de ce premier corps pour analyser les cyanures , Ses composes azotés étant d’une combustion difficile par le chlorate potassique. Il nous semble que M. Chevreul, en employant l’oxyde cuivrique, est resté fidèle au principe que doit suivre un véritable analyste; puisqu’il s’est attaché à évaluer par des pesées la quantité d oxygène fourni à la substance par l’oxyde cuivrique. Prout et Serrulas ont également employé la même marche, mais en se servant d’appareils un peu différents. Depuis quelques années cette méthode a été simplifiée; car on se contente à présent de brûler la substance ^ apres avoir pris toutes les précautions nécessaires pour la purifier et la dessécher, ainsi que \ oxyde cuivrique employé. On dose l’eau et l’acide carbonique, en les absorbant; le premier par du chlorure calcique, et le second par une dissolution d’hydrate potassique. La quantité d’eau représente la quantité d’hydrogène, et la quantité d’acide carbonique represente celle du charbon. Quant à l’oxygène, il est dosé par différence. Or, une marche semblable est en opposition avec les principes les mieux fondés de l’analyse. Un dosage par différence ne peut guère inspirer de confiance, et encore moins dans le cas particulier qui nous occupe, puisque de l’eau adhérente à la substance soumise a 1 analyse, peut s’ajouter et être pesée avec 1 eau fournie par la combustion, et qui doit servir à évaluer la quantité d’hydrogène. Cette méthode pèche contre le principe du dosage en volume énoncé et mis en pratique par MM. Gay-Lussac et Thénard, et, en

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outre, chaque jour elle conduit à des contradictions, je ne dirai pas seulement entre des observateurs différents, mais encore dans les résultats obtenus par le même chimiste. Les tentatives que font un si grand nombre de chimistes, en vue d’apporter quelques modifications à cette méthode , ou de lui en substituer une autre, ne sont-elles pas une preuve convaincante qu’elle laisse quelque chose à désirer? Au reste, si on en pouvait encore douter, les aveux de M. Liebig, qui s’en est servi avec tant de succès dans quelques circonstances, seraient de nature à entraîner la conviction. Ce chimiste distingué, dans son ouvrage intitulé Instructions sur r analyse clés corps organiques „ reconnaît que les résultats d’une analyse doivent être corrigés: pour le carbone , d’une certaine quantité d’acide carbonique ajouté à celui que l’on dose , et pour l’hydrogène d’une certaine quantité d’eau que l’on retranche de celle qui est pesée (p. 19 et 21).

Il reste à savoir comment dans un dosage par différence M. Liebig a pu évaluer les pertes d’une analyse, et partant le résultat normal. Malgré tous les services que cette méthode de dosage par différence a rendus à la science, nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver pour elle une espèce d’éloignement, car il nous semble, qu elle peut être un obstacle aux progrès futurs de la chimie auxquels nous croyons avec confiance. Rien ne nous prouve qu’il soit absolument vrai que les substances organiques sont formées d’hydrogène, d’oxygène, de carbone et d’azote; c’est un fait que nous acceptons, parce qu’il est la mesure de la puissance des agents dont nous faisons usage. On pourrait citer une foule d’exemples qui démontreraient dans combien de circonstances importantes l’analyse quantitative directe est venue redresser les erreurs commises dans

l’analyse qualitative. Or la marche que l’on suit dans l’analyse organique, en dosant l’oxygène par différence, exclut toute rectification de ce genre: aussi tout corps étranger aux éléments connus, qui ne pourra être décelé, ou qui ne le sera que difficilement par les essais préliminaires que l’on fait subir à une substance organique, avant de la soumettre à l’analyse, viendra se confondre avec l’oxvgène et sera dosé comme tel.

D’après ces réflexions on comprendra que nous ayons cherché à notre usage, une autre méthode d’analyse élémentaire des substances organiques. Après quelques vaines tentatives, nous nous sommes arrêté à l’emploi du sulfate mercurique comme agent oxydant. La réduction de ce sel par le carbone et l’hydrogène se faisant simultanément sur sa base et sur son acide, tout le carbone passe à l’état d’acide carbonique en produisant un volume égal d’acide sulfureux, et l’hydrogène de la substance passe à l’état d’eau en dégageant un volume d’acide sulfureux égal à la moitié de celui de l’hydrogène. Quand la substance renferme de l’azote, celui-ci reste pour résidu et accompagne les acides sulfureux et carbonique, à moins que la substance azotée, au .lieu de s’oxyder et de se détruire ensuite, ne fasse qu’absorber de l’oxygène, comme cela a lieu avec le tartrate et le citrate ammonique. Voici les différents cas qui peuvent se présenter en faisant l’analyse d’une substance par cette méthode : 1° quand la substance renlerme du carbone de l’oxygène et de l’hydrogène dans la proportion pour former de l’eau , on obtient des volumes égaux d’acides carbonique et sulfureux; 2° quand la substance renferme du carbone, de l’oxygène et de l’hydrogène dans les proportions pour former l’eau, plus une certaine quantité d’hydrogène, on obtient des volumes égaux d’acides carbonique et sulfureux, ainsi

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que de l’acide sulfureux en excès, dont le volume multiplié par deux représente le volume d’hydrogène renfermé dans la substance; 3° quand la substance renferme du carbone, de l’oxygène et de l’hydrogène dans les proportions pour former de l’eau , plus un excès d’oxygène, on obtient des volumes égaux d’acides carbonique et sulfureux, ainsi qu’un excès d’acide carbonique dont le volume représente celui de l’oxygène en excès; 4° enfin, quand l’azote fait partie de la substance, il reste pour résidu, mais ne change rien aux résultats ci-dessus. Dans tous les cas, les gaz sulfureux et carbonique s’analysent par une solution concentrée

et acide de chromate potassique.

Par ce mode d’analyse qui a fait le sujet dun mémoire que nous avons adressé à l’Académie des sciences 4, nous avons été à même de rectifier un grand nombre d’analyses et d’en confirmer d autres. Avant de tei miner ce sujet, disons que nous avons pu tirer partie de l’action oxydante de l’eau pour vérifier la composition de plusieurs substances organiques, et cela en calcinant ces dernières en présence d’un grand exces dhydiate potassique. L’eau se trouve décomposée, tout le carbone se transforme en acide carbonique, lequel est accompagné de l’bydrogene de la substance, et de 1 hydrogène de l’eau décomposée, excepté les cas où il se produit un carbure hydrique huileux, qui accompagne l’hydrogène, et qui résiste à faction oxydante de l’eau. Ce moyen de vérification présente ce grand avantage de fournir un volume considérable de gaz avec un petit volume de matière employée.

i Depuis la publication de ce mémoire, nous avons apporté une grande amélioration dans la partie de l’appareil qui sert à mesurer les gaz ; amélioration qui fera prochainement le sujet d’un mémoire.

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