‹ Introduction à l'étude de la chimie par le système unitaireChapitre 47 sur 69 · NO · texte numérisé non relu

NO

protoxyde d’azote

deutoxyde d’azote

anhydride nitroso-nitrique ou hyponitrique.

non-binômes.

114. Azolures ; sels ammoniques , platammiques , chloplatammiques, etc. —L’espèce hydrique ou normale du genre azoture , l’ammoniaque , se produit dans une foule de circonstances , surtout par la putréfaction des matières azotées, végétales ou animales. Les autres espèces se produisent par l’action directe de l’ammoniaque sur les chlorures ou les oxydes secs.

Les azotures métalliques se dissolvent dans les acides concentrés, et notamment dans l’acide sulfurique , en donnant des sels ammoniacaux, ainsi que du sulfate. A l’aide de la potasse ou de la chaux» on peut ensuite dégager l’ammoniaque du produit et la reconnaître par les moyens connus (62).

Tous les azotures sont décomposés parla chaleur; l’espèce normale, la plus stable de toutes, exige pour cela la température du rouge , tandis que les autres se décomposent bien au-dessous; plusieurs azotures (argent fulminant, or fulminant) sont même si instables, que le moindre frottement les détruit en déterminant de violentes explosions. A part l’ammoniaque , ils sont tous insolubles dans l’eau.

Il existe aussi des sous-azotures (sels doubles formés par un azoture et un oxyde ) .

Nous avons déjà dit (72) que l’ammoniaque est le type des alcaloïdes ; elle se combine directement avec les acides en produisant des alcalisels. La plupart des autres azotures se comportent d’une manière semblable , et de même que l’ammoniaque donne, par exemple, le chlorure ammonique, le sulfate ammonique, on peut obtenir avec l’azoture

île mercure N(Hg5) le chlorure mercurammonique, le nitrate mercurammonique . le sulfate mercurammonique, etc. (73) »

115. On peutaussi, dans Fammoniaque , remplacer Fhydrogène par un corps halogène, en la soumettant à Faction du chlore, du brome, ou de Fiode :

NH3 ammoniaque.

NCI3 ammoniaque trichlorée (chlorure d’azote).

NHl2 ammoniaque bîiodée (iodure d’azote).

Ces composés sont remarquables par leur faible stabilité; ils se décomposent, sous les moindres influences , avec une explosion épouvantable ; ils détonnent déjà par la pression ou le choc. Traités par la potasse, ils régénèrent de Fammoniaque, et donnent les mêmes sels (iodure et iodate, chlorure et chlorate) que cet alcali produirait avec le chlore ou Fiode libres.

Les acides produisent un effet semblable, et les convertissent en sels ammoniacaux. La réaction est moins prompte avec Fammoniaque biiodée : celleci se dissout, par exemple, dans l’acide hydrochlorique dilué , et quand on y ajoute ensuite de la potasse , elle se précipite en grande partie sans altéra-

lion. L’iodure d’azote se comporte donc comme un alcaloïde faible, comme l’ammoniaque elle-même.

116. îl faut aussi rattacher aux sels ammoniques, les sels formés par des alcaloïdes qui résultent de l’ammoniaque par la substitution du platine (platinosum) et du chlore à l’hydrogène. Voici comment ils se forment: le chlorure platammonique jaune

Cl(Pt,NH3) semblable àCl(H,NH8) chlorure ammonique ,

peut éprouver une transposition moléculaire ; il devient alors vert et renferme:

Cl(H,NH2Pt),

c’est-à-dire les éléments de l’acide hydrochlorique , plus ceux d’un alcaloïde, dans lequel le platine rem» place l’hydrogène. Ce sel est connu sous le nom de sel vert de Magnus. Il donne, par double décomposition, un sulfate, un nitrate, etc., dontla composition est tout-à fait analogue à celle du sulfate, du nitrate ammoniques, etc., seulement NIC y est remplacé par NH'Pt (platamine).

MM. Gros et Reiset ont aussi décrit d’autres séries de sels , dans lesquels on voit figurer de semblables alcaloïdes. Je vais donner les formules des chlorures correspondants :

C1(H,NH3) chlorure ammonique.

Cl(H,NH~Pt) — • platamique, sel de Magnus.

Cl(H,N2IIsPt) — semiplatamique, sel de Reiset.

Cl(H,N2H4ClPt) — chloplatamique, sel de Gros (a).

N2H5Pt ( semiplatamine ) et N2H4ClPt (chloplatamine) correspondent à 4 volumes d’ammoniaque N2H6, dans lesquels [ hydrogène aurait été en partie remplacé par du platine, ou par du platine et du chlore. Le platine, bien entendu, ne joue plus, dans ces combinaisons , le rôle de métal ; les réactifs des sels platineux ne l’indiquent plus. Elles se comportent comme tous les chlorures ou hydrochlorates des alcaloïdes.

117. Nitrates; anhydride oxychloro-nitrique ; protoxyde d’azote. — Les plâtras ou débris des vieux bâtiments, le sol des écuries, des caves, des bergeries, etc., renferment des quantités plus ou moins fortes de nitrates (K, Ca, Mg) , provenant de la combustion lente qu’éprouvent l’ammoniaque et les matières organiques azotées en putréfaction , au contact de l’air et de certaines substances poreuses.

(a) Cette formule diffère par H de celle de M. Gros ; mais ses analyses vont aussi bien avec ma formule , qui me semble plus vraisemblable.

La formation des nitrates (Na) est surtout abondante dans les pays chauds, notamment au Pérou et dans l’Inde. Il s’en produit (acide nitrique) pendant les orages, quand les éclairs sillonnent l’atmosphère.

Réciproquement, l’acide nitrique et les nitrates régénèrent l’ammoniaque, quand on les soumet, en présence de Peau , à l’action de certains corps réducteurs. Ainsi, quand on jette des fragments de salpêtre dans un mélange de fer ou de zinc et d’acide hydrochlorique , le dégagement de l’hydrogène est arrêté ou ralenti, jusqu’à ce que tout le nitrate soit transformé en ammoniaque (Kuhîmann).

Tous les nitrates se décomposent à une forte chaleur rouge , en développant des vapeurs rutilantes (NO2). Cette décomposition est surtout prompte en présence de matières combustibles, par exemple, de charbon ou de métaux fort oxydables.

Les nitrates, en général, sont des oxydants trèsénergiques. Quand on projette un nitrate sur des charbons incandescents, ou qu’on introduit un morceau de papier ou toute autre substance carbonée dans un nitrate maintenu en fusion, il s’effectue une vive déflagration , due à la combustion de ces substances, aux dépens de l’oxygène du nitrate. Un effet semblable

se manifeste avec les métaux qui s’oxydent directement par le contact de l’oxygène à une température élevée: ainsi, par exemple, avec de la limaille de cuivre , de fer ou d’étain.

Les nitrates se reconnaissent aussi par voie humide , à l’aide des substances qui sont influencées parles agents oxygénants. Quand on verse de l’acide sulfurique concentré dans la solution d’un nitrate, et qu’on jette, dans le mélange, après qu il s’est refroidi , un cristal de sulfate ferreux , on le voit s’entourer d’une auréole brune ou noire. La réaction consiste en ceci : Au contact de l’acide sulfurique concentré, le nitrate métallique donne de l’acide nitrique ; celui-ci, en rencontrant le sulfate ferreux , se désoxyde et en fait passer une certaine quantité à l'état de sulfate ferrique; enfin, la désoxydation de l’acide nitrique a pour conséquence la formation d’une certaine quantité de deutoxyde d’azote, et ce gaz forme un composé brun ou noir avec une autre portion de sulfate ferreux , non décomposé.

L’indigo bleu est aussi très-sensible à l’action de l’acide nitrique ; celui-ci le détruit immédiatement. On peut donc reconnaître un nitrate en solution , en y ajoutant une toute petite quantité d’une disso-

îution d’indigo , de manière à bleuir à peine la liqueur j versant quelques gouttes d’acide sulfurique dans le mélange, et faisant bouillir. La coloration bleue disparait alors immédiatement , si la solution, renferme un nitrate.

Enfin , quand on mélange un nitrate avec de la limaille de cuivre , et qu’on y verse de l’acide sulfurique concentré, l’acide nitrique , ainsi mis en liberté , se désoxyde au contact du métal , et l’on voit apparaître des vapeurs rutilantes.

Sauf un petit nombre de sous-sels , la plupart des nitrates se distinguent par leur solubilité dans l’eau ; les sous-sels insolubles se dissolvent aisément dans l’acide nitrique.

Tous les nitrates sont décomposés par l’acide su!» fu ri que , et dégagent de l’acide nitrique à l’état de vapeur. Chauffés avec de l’acide hydrochlorique, ils dégagent des vapeurs jaune-rougeâtre à’ anhydride oxychloro-nitrique ( acide cblorazotique de M. Baudrimont) :

N03(M)-|-4Cl(H)=N0Cl8-hCl(MÎ-h20(H*) [a).

(a) Voir mes Observations, dans les Comptes-rendus des travaux de Chimie. 1846 ,p. 226.

Ces vapeurs, dissoutes dans l'eau , constituent ce qu’on appelle Y eau régale.

Elles régénèrent alors de l’acide hydroehlorique et de l’acide nitrique. Au contact des métaux , elles se décomposent en chlore et en deutoxyde d’azote :

NOCl3=Cl3-f-NO.

Aussi , l’eau régale convertit les métaux en chlorures.

Par la distillation sèche , le nitrate ammonique élimine les éléments de Peau , et se convertit en protoxyde d’azote N20 , substance non-binôme :

N03^H,NH3)=.20H2-f-N20.

118. Nitrites ; anhydride nitroso-nitrique ou hyponitrique ; deutoxyde d’azote. — Les nitrites se produisent par une décomposition incomplète de quelques nitrates (K, Na, Ba), sous l’influence delà chaleur. Ceux-ci dégagent alors du gaz oxygène , et il reste du nitrite :

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