MOLLUSQUES FLUVÎATÏLES ET TERRESTRES
sont les H. pygmxCy de 440 à 580 mètres, nitida^ de 377 à laO.plebeia, de 260 à 600, la limax iMfus, de 400 à 1000; celles de cette première région qui, traversant la seconde, arrivent à celle des gazons, sont Y H. sylvatica^ vivant de 400 à 2000 mètres, la Vitrina pellucida, de 578 à 2500, la Y. major y de 200 à 1200, la Limax lineatiis^ de 440 à 2000, la L. ater, de 380 à 1500, Y Hélix hyalina, de 475 à 2000 mètres. L'H. pomatia vit depuis nos plainas les plus basses jusqu'à 1500 mètres. C'est donc une des espèces les plus robustes.
Les espèces de la région des forêts qui ne la dépassent pas sont les Hélix cellaria et montana^ et celles qui atteigncntla rcjrion des gazons sont les ff.fMd^rafo, vj//05fl, alpestris^ alpina^zonata et la Vitrina diaphana.
Les espèces de la région des gazons sont les Hélix petronelldj dilata^ gladalisei la Vitrina nivalis, qui s'élève jusqu'à 2500 mètres, à l'extrême limite des graminées et des neiges (l).
Dans le nord de TAfriquc, les montagnes de la haute Kabylie KabyMe. ont aussi été divisées en quatre régions : 1" celle des Frênes, desOlifiers, des Figuiers et des Grenadiers, quis^élend de 200 à TOOmèlres; 2" celle des Chênes et des Pins, de 700 à 1200 mètres; la vigne ne dép'asse pas 700 mètres et les Cèdres rèinicot entre 1200 et 1800 mètres; 3^ la région des gazons qui atteint 2200 mètres et davantage, et la quatrième, qui est dépour- ^e de végétation. Suivant M. H. Aucapiiainc (2), les Hélix de b région des Frênes sont les H. lactea^ sîriata^ cespitum et pyrnmâata. Dans la région des Chênes on trouve VArion rufus jusqu'à 965 mètres, puislff. hieroglyphiculaei hLimaxagreslu qui atteignent la région des gazons jusqu'à 2000 mètres ; dans cette dernière et à partir des derniers Cèdres, les Hélix
Oaugeli^ kabyliana et cedretorum atteignent 2200 mètres.
(1) On saitqne dans cette partie des Alpes certains mammifères habitent <les régions particulières ; ainsi la Marmotte habite la région des vignes, l'Otirs (^le des forêts, le Chamois, le Bouquetin celle des gazons.
(^) Mollu$qtie$ terrestres et d'eau douce de la haute Kabylie, 1862.
232 ÉPOQUE MODERiNE.
Pyrénées. Dans les Pyrénées, YArion rufm s'élève, comme en Savoie et en Kabylie, de la région inférieure à celle des Toréis, mais ici la limite des forêts étant plus haute, elle atteint 1800 métros. V Hélix aspersa et la Succinea arenaria s* élèvent depuis le niveau de la plaine jusqu'à 1000 mètres, VH. hispida jusqu'à 1500, les H. carascalensis eimtbigena de 2500 à 5000 mètres (i).
Ainsi dans ces trois massifs de montagnes leurs régions les plus élevées ont leurs espèces particulières. En Savoie^ audessus de 1200 mètres, ce sont les Hélix petronellaj âliata^ (jlacialis et la Vitrina nivalis ; dans la Kabylie, au-dessus de 1800 mètres, les H, Gaugeli^ kabyliana et cedreiorum; dans les Pyrénées, au-dessus de 2500 mètres, lesfl. carascalensis et nubigena,
Guadeloupe. Si nousprcuons pour exemple uneile comme la Guadeloupe, nous y trouverons de même une distribution des espèces en rapport avec Télévation des lieux. Ainsi VOmalonyx Wigms et la Succinea Sagra habitent les lieux les plus bas de cet île; les Achatina octona, lamellata et carracasensis ne dépassent pas des hauteurs de 80 à 100 mètres; le Bulimus guadalupensis^ 200 mètres. Les Hélix lychnuchus, dentiens^ Josephinx^ pachygastea habitent les forêts qui couvrent le pays de 300 à 400 mètres ; la Pellicula depressa vit au milieu des Balisiers et des Palmiers, entre. 600 et 700 mètres; les Bidimus limnoides et chrysalis de 650 k 800 mètres, parmi les fougères, et le B. Lherminieri s*élève encore plus haut (s).
Les coquilles d*eau douce s'observent également à diverses hauteurs dans les ruisseaux et les lacs des montagnes, et l'espèce qui jusqu'à présent a été trouvée vivante à la plus grande altitude est une Limnée dédiée au savant botaniste et voyageur anglais M. llooker, et qui a été recueillie dans les eaux douces du Thibet, à 5500 mètres.
(1) Liste des mollusques terrestres et fiuviatHes de la vallée de Barêges, par Y. deSaulas, 1855.
(2) Beau et Fischer, Catalogue des coquilles de la Guadeloupe; en publication.
MOLLI^QIES FLCMATILES ET TERRESTRES. 253
Ainsi nous voyons les coquilles terrestres nous présenter, Résumé. daDs le sens de la hauteur, au-dessus du niveau de la mer, une distribution par zones comparable à celle que les coquilles marines nous ont offerte dans le sens de la profondeur, au-dessous de ce même niveau, et d'un autre côté leur extension géographique parait être soumise au principe que nous avons déjà rappelé. On peut ajouter que | le rapport de la richesse des faunes y est disposé, comme on pouvait s'y attendre, en sens inverse ou diminuant de bas en haut. C'est d'ailleurs une loi générale que le plus grand développement des forces vitales, la plus grande richesse des productions dans toutes les classes (les deux règnes se manifeste un peu au-dessus et un peu audessous de la courbe normale du sphéroïde terrestre ou du niveau des mers.
On conçoit que, dans l'étude des dépôts fluviatiles modernes et même des dépôts quaternaires, il est utile de connaître l'hahitat des coquilles terrestres que l'on y rencontre et qui y ont été entraînées. Ainsi on trouve souvent réunies, dans une même alluvion de la plaine dont les éléments proviennent des montagnes, des espèces qu'on pourrait croire, au premier abord, avoir vécu ensemble, tandis qu* elles proviennent de niveaux pouvant différer de 2000 mètres. 11 en est de même pour la distribution géographique ou par bassins hydrographiques des lleuves sur les versants opposés d'une même chaîne. Ces bas- ^ins sont habités par des populations en rapport avec les altitudes, les expositions, la végétation et la nature du sol sec ou humide, argileux, sablonneux, calcaire, etc. Si dans les dépôts quaternaires du bassin de la Seine, par exemple, on rencontre une espèce qui vive constamment dans la zone la plus élevée do pays qui l'entoure ou dans certaine région particulière, telle que le Bulimus montanuSy elle servira à apprécier la direction et la hauteur des eaux ainsi que la provenance des sédiments.
§ 4> CSoquîUet dWa douoe de rAmèricpe du Hord.
Un fait digne de toute l'attention du naturaliste, et sur lequel il ne semble pas que Ton ait encore insisté, est la propriclê que paraissent avoir les rivières et les lacs de certains pays pour favoriser un développement de mollusques tout à fait exceptionnel; sous ce rapport les États-Unis de l'Amérique du Nord nous offrent un exemple trcs-frappant.
Ga»iéropode». Ainsi la liste des gastéropodes fluviatiles de TAraçrique du Nord, dressée par M. Binney, comprend 610 espèces, répartio dans 15 genres comme il suit : Melania 298, Litharia 5, Gyrotoma 51, Leplaxis 61, lo 6, Vivipara 44, Bithynia 2, Valvaia 3, Ampti/Zaria 7, Amnicola 18, Limnefa 45, PompholyiA, Physa 29, Planorbis 34, Ançt/lus 13. Dans un mémoire plus récent, M. I. Lea (l) a ajouté à cette liste 138 espèces de Melanidées, dont 45 appartenant à son nouveau genre Tryponostoma, 82 à un autre genre nouveau, Gomobasis, et il à divers genres déjà connus, ce qui porterait à 748 le nombre des espèces de gastéropodes vivant aujourd'hui dans les eau\ douces de ce pays.
Acéphales. Los mollusqucs acéphalcs n'offrent pas un développement moins curieux que les gastéropodes. Ainsi les recherches persévérantes de M. I. Lea ont porté à 467 le nombre des espèces d'Unio du même pays; si dn y ajoute 25 espèces regardées encorr comme douteuses et 22 qu'il a décrites plus récemment, on a ainsi 514 formes appartenant à ce seul type. En outre, on compte 27 espèces de Magaritana et 62 Anodontcs qui sont encore des formes voisines, et«le geore Cyclas a présenté 69 espi'ce» tant dans l'Amérique du Itord que dans l'Amérique centrale (Mexique, Panama^ Yucatan) et dans les lies de Cuba et de la
(I) Proceed, Acad. of natur. se. of Pkiladeiphia, i^ùî.Observatnh^ on the Uhio. . . and description ofnew gênera and species of IheMrlanidx, in-4' avec 10 pi.; Philadelphie, 1805»
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