‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 2)Chapitre 18 sur 57 · COQUILLES D^EÂU DOUCE DE L^AMÉRIQUE DO NORD · texte numérisé non relu

COQUILLES D^EÂU DOUCE DE L^AMÉRIQUE DO NORD

Jamaïque (i). 36 espèces d'autres acéphales ont été recueillies dans les eaux douces de rAmérique centrale.

On pourrait peut-être objecter que ces chiffres ne représentent pas réellement des espèces, que les zoologistes qui se vouent à une spécialité bornée sont très*inclins à les multipliet* en exagérant la valeur de certains caractères ; mais ici peu importe; ce n*est pas le nombre des espèces qui étonne, mais b prodigieuse multiplicité des individus et souvent leurs dimensions considérables, qui donne lieu à des effets qu'on n'observe f{ue dans ces pays et qui intéressent à la fois le paléontologiste elle géologue.

Ainsi dans les* comtés de Columbia et de Dutchess, dans Dépôu l'état de New-York, M. W. Mather (2) a décrit des marnes co- coquuici quillières d'eau douce constituant le fond des lacs et des étangs. Les générations qui se succèdent augmentent incessamment l'épaisseur de la couche de marne blanche dont l'étendue superiiciellc est aussi très-considérable. Lorsque, par suite de cette accumulation de coquilles décomposées, le fond du lac se trouve exhaussé de manière à n'être plus recouvert que de quelques pieds d'eau, une végétation aquatique s'y développe à son tour et ses détritus produisent une couche de tourbe qui recouvre la niariie. Celle-ci est blanche et friable lorsqu'elle est ^che, onctueuse et plastique lorsqu'elle est humide.

Le lac de Peat-marl, à 4 milles au nord de Kinderhook, mérite surtout d'être signalé. Son fond se relève graduellement par la décomposition de myriades de coquilles, et il avait autrefois une étendue double de celle que les eaux occupent aujourd'hui. Les I/mo, les Anodontes, les Limnées, les Physes et les PUnorbes sont les coquilles qui contribuent le plus à la formation de la marne exploitée et regardée comme un amendement précieux en agriculture, où elle remplace le plâtre. Le comté

ti) Quant aux gastéropodes terrestres du nord de rAmérique, M. Binncy en agnale 58 espèces sur les côtes de Tocéan Pacifique, 237 datis les Ëtats <iaiioni-est, dont 20i Hélix, et 167 au Mexique.

it) Sîale ofSevj'York, Rapport de M. Mather sur la géologie du 1*' disirid, p.i47.

236 ÉPOUUE MODKRNË.

d^Onondago renferine aussi des dépôts coquillicrs lacustres en voie de formation et dans lesquels on pourrait recueillir des milliers de tonnes de coquilles décolorées. Observations Si à CCS faits, qui se présentent d*ailleurs sur bien d'autres

gcocraie». p^jj^jg j^g États-Unis, OU ajoute la prodigieuse variété de fonnesj, les dimensions remarquables et l'incroyable multiplicité des individus que renferme entre autres le genre Unio dans les rivières de cette partie du globe, surtout dans TOIiio et ses affluents, on sera porté à rechercher la cause de cette fécondité exceptionnelle de la nature ou bien quelles sont les circonstances qui peuvent y contribuer. Est-ce dans la composition des eaux, dans leur plus ou moins de profondeur, dans la nature de leur lit ou de leurs alluvions, dans leur rapidité ou dans telle ou telle autre particularité de leur régime que Ton peut espérer trouver l'explication de ce fait, ou bien encore dans la température ambiante et dans les caractères de la végétation aquatique? C'est ce que nous ignorons complètement. Néanmoins c'est une question de zoologie géographique qui nous parait très-remarquable et dont nous ne sachions pas qu'on se soit encore occupé.

/ Ainsi Texamen des coquilles lacustres qui, dans les autres

parties du globe, n'avait pas dû nous arrêter à cause de leur peu d'intérêt géologique, dans celle-ci, au contraire, méritait de ne pas être passé sous silence.

Moihiuiues Si maintenant, au lieu de considérer le résultat dû au concours d'un certain nombre de genres et d'espèces de coquilles d*eau douce, nous ne considérons que celui qui résulte de Faction ou mieux de la multiplication d'une seule espèce d'eau saumâtre, notre étonnement sera plus grand encore. Ainsi le Gnatodon, dont à l'inverse des l/nta, on ne connaît qu'un très-petit nombre d'espèces, multiplie prodigieusemait dans les lagunes de la Louisiane et de l'Alabama. Des bancs de coquilles mortes du Gnatodon cuneatas se voient jusqu'à la distance de 20 milles dans les terres. La ville de Mobile est bâtie sur un banc de cette sorte. La route de la Nouvelle-Orléans au lac de Pontchartrain, sur une longueur de 6 milles,

d'eaux •aaniÂtrcâ.

Gnatodon.

LIGNES ISOGRYMES. 237

a été construite avec des Gnatodon exploités à rextrémité orientale du lac où se voit une accumulation de ces coquilles qui n'a pas moins de 1 mille de long ou 1600 mètres sur 5 do haut et 60 de large à la base.

Le genre ^theria, dont on ne connaît encore qu'une espèce, ^uieria. IJE. semilimala^ Lam. ou Caillatidliy Fér,^ que Bruce, qui Tobsenra le premier au-dessus des cataractes du Nil, prenait pour une Huître d'eau douce, acquiert aussi un développement très-rapide dans les deux seuls fleuves où il a été observé : le Nil et le Sénégal (i). Lorsqu'on remonte ce dernier jusqu à une certaine distance de son embouchure, les Étéeries forment, (lilron, sur les bords et sur son lit des bancs exploités pour la fabrication de la chaux.

Ainsi nous trouvons de nos jours des coquilles d'eau douce et (l*eau saumâtre qui se multiplient avec une telle rapidité qu'elles peuvent donner lieu à des couches d'une véritable importance, et, par conséquent, ce résultat n*cst point exclusif aux temps géologiques. Nous verrons que les coquilles marines, entre autres les Huîtres et les Peignes, n'ont rien perdu non plus de leur ancienne fécondité.

§ 6. Des Ug:iiet itoorymef.

Ce que nous avons dit jusqu'ici de la distribution des êtres organisés, et plus particulièrement des mollusques, dans les diverses mers du globe, était le résultat d'observations partielles, dues à une multitude de voyageurs, puis réunies et

(l) On ne comprend pas que les auteurs de la 2* éd. àeVHisl. natur, des ^maux sans vertèbres (toI. YI» p. 594) niaient point dit formelleroent <|tte les iudicatioDS à' habitat des espèces de Laiiiarck étaient erronées, ce Hui lasse croire au lecteur que ces espèces sont marines. Celle d'Egypte Kule serait fluviatilc ; quant à celle du Sénégal, elle n'est pas mentionnée <pêcl6([iiement. De Lamarck et ses continuateurs écrivent Etheria, Éthcrie.

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tinents. Tout tend à y égaliser les conditions de la vie, au lieu que sur ceux-ci le climat sec ou humide, le sol sableux et stérile^marécageux ou fertile, couvert d'une végétation d*arbres serrés ou de végétaux herbacés, à une faible hauteur au-dessus de la mer, ou à de plus ou moins grandes altitudes, sont des circonstances qui influent directement sur la distribution des espèces terrestres et qui obligent à y tracer des subdivisions plus nombreuses sur lesquelles nous reviendrons tout à l'heure.

Les lignes isocrtjmes adoptées par M. Dana sont celles qui passent par les points où l'extrême froid moyen est successivement Se^'ô?, 23^ 33, 20^00, 16^67, 13^23, lO'^OO, 6*67 et 1*67 (l). La température entre chaque ligne diminue d^environ 3*^33, excepté entre les deux derniers chiffres, où elle est de 6" (voy. la pi. 2 ci-après).

Le motif qui a fait choisir ces lignes de préférence, c'est que la ligne de 20"* est la limite que Tauteur adopte pour Texteiision des coraux qui élèvent des récifs. Au delà, de chaque côté de Téquateur, il n'y a plus de vrais madrépores tels que les Âstrées, les Héandrines, les Porites, etc. C'est aussi la limite d'un grand nombre de mollusques et de radiaires, au delà de laquelle on observe un changement brusque dans la zoologie géographique.

Sous la ligne de 23* 33, située à l'intérieur de la précédente, les coraux des lies d'Hawaï, au nord, et les mollusques jusqu'à une grande distance, diffèrent d'une manière assez frappante de ceux des îles Fidji, au sud. Les Astrées et les Méandrines y sont peu nombreuses ou moins importantes dans la composition des récifs que les Porites et les Pocillopores, qui sont les plus robustes, car là où ces derniers se montrent dans les ré* gions équatoriales, ils sont soumis aux plus grandes diflérences dans la pureté de l'eau et restent plus longtemps exposés audessus de son niveau.

( 1 ) Les températures sont exprimées par M . Dana en aombres ronds ; 01^15, comme il fait usage du thermodiètre de Fahrenheit, leur réduction en degrés centigrade donne des chiffres fractionnaires peu commodes que nous n'avons pu éviter.

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Les mers des iles Fidji ou Viti, au sud, où passe cette même ligne de 23*^33, sont extrêmcmenl riches en espèces des tropiques. Les polypiers s'y développent avec la plus grande variété de formes, «c dépassant, dit M. Dana, tout ce que j*ai observé ailleurs. » De sorte que la zone équatoriale comprise entre ces deux lignes de 23'' 33 est la région torride par excellence pour le développement des animaux marins.

Relativement à la ligne de Sô"" 67, plus rapprochée encore de Téquateur, elle ne semble pas avoir une grande importance sous ce point de vue. Elle ne constitue d'ailleurs qu'une courbe fermée embrassant un espace elliptique, situé au milieu de l'océan Pacifique, traversé dans le sens de sa longueur par 1 equateur de chaleur, et qui ne parait pas être représenté dans les autres mers.

M. Dana propose de diviser les trois zones torride, tempérée Dj^t^jon ei froide en neuf régions de la manière suivante (voy. pi. 2) : '^^

UMITIS ISOCATHKS MlSIOMS. OU

D'EXTUtMB raOlD MOTKN.

1 lOM TORRioB 00 ( i supeMorrlde 26' 27 à 26*27

DBS POLTPiBBS. , | 2 tofride 26 27 à 23 35

3 sub-torride 23 33 à 20 00

1 Icmpérée chaude 20 00 à 10 67

2 tempérée 16 67 h 13 25

2 tons TBHPBRiES. l 5 sub-lerapérée 13 23 à 10 00

4 tempérée froide 10 00 k 6 67

5 sub-froide 6 67 k 1 67

5 KMiEs FMiDES. . . 1 froidc 1 67 h 3 35

On pourrait ajouter une dixième région que Ion appellerait polaire ou glaciale, si la distribution des espèces vivant sous la zone froide Texigeait. Les organismes qui se développent ou vivent sur la glace et la neige de ces hautes latitudes peuvent être rangés avec ceux des continents, et leur distribution dépend alors des isothermes et des isocrymes continentales.

V equateur de chaleur est la ligne qui passe par les points Équaienr des plus hautes températures observées à la surface des mers, chieur Cette ligne est assez peu fixe, variant avec les saisons, d'où . ^^J^^^. résulte une certaine difficulté pour la tracer exactement, mago^iique.

M. Dana, en se servant de la carte de Berghaus, a remonté cette ligne beaucoup au N. dans l'océan Pacifique occidental, et une flexion dans TAtlantique occidental est due aux courants venant du sud et qui longent les continents méridionaux. Dans rétat actuel de ce tracé on n* observe aucun rapport entre Téquateur de chaleur et Tcquateur magnétique; ils coupent tous deux Tcquateur terrestre en des points très-différents et suivent au N. et au S. des courbes sans aucune analogie entre elles (voyez pL 2 ci-après).

Description Un examcu rapide de la forme, de la largeur variable sur rï^gimiH. divers points des régions précédentes, puis des relations entre les températures des côtes sous diverses latitudes et d'autres circonstances encore font connaître, pour chacune d'elles, les résultats suivants, en commençant par V Atlantique :

La région torride de cet océan, qui s étend entre les températures d'extrême froid moyen de 23** 35 au N. et de 23*53 au S«, affecte une forme triangulaire très-particulière. Sa largeur varie de 4 à 46 degrés. Sur la côte d'Afrique, elle comprend une partie de la côte de Guinée, à Touest toutes les Antilles, les récifs qui les bordent et la côte d'Amérique, depuis le Yucatan jusqu'à Bahia. Cette disposition est parfaitement d'accord avec la grande extension des espèces marines sur la côte d'Amérique ; car cette région embrasse, en effet, la province zoologiqne que nous avons appelée caraïbéenne, Tune des plus riches du globe, et à Test la partie nord de la côte africaine occidentale.

Les régions sub-ton^ides s'étendent enire les lignes isocnmes de 23*33 et de 20". Celle du nord a une largeur moyenne de 6 degrés. Elle s'étend de la côte de la Floride à la côte d'Afrique, sous des latitudes qui diffèrent de 10 degré$» Les Bermudes et les îles du Cap-Vert y sont comprises. Celle du sud a la même largeur moyenne. Si Ton considère comme un tout la zone torride de l'Atlantique, on trouve que sa largeur est de 21 degrés à l'est et de 64 à Touest; aussi de ce dernier côté rencontre-t-on beaucoup d'espèces qui vivent depuis la Floride et les Bermudes jusqu'à Rio-Janeiro.

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Les régions tempérées chaudes s'étendent entre les lignes de 20* et i&61. Celle du nord a 14 degrés d/2 de largeur sur la côte d^Afrique et 7 seulement sur celles des États-Unis, au sud du cap Hatteras, dans les Carolines, la Géorgie et la Floride; puis elle comprend les iles Canaries. Celle du sud a 5 degrés de largeur en moyenne, et sa limite orientale sur la cote d'Afrique est située à i6 ou 18 degrés plus au nord quesa limite occidentale sur la côte de l'Amérique du Sud.

Les régions tempérées proprement dites sont situées entre les lignes de 16* 67 et 15" 23. Celle du nord n'est à Touest qu'un étroit ruban aboutissant au cap Hatteras, s'élargissant à l'est, où elle comprend les Açorcs, la côte du Maroc, le détroit de Gibraltar et une grande partie de la Méditerranée. Madère est sur sa limite méridionale. L^analogie des faunes de Madère, desAçoreset de la côte d'Afrique se trouve expliquée par là ainsi que leur exclusion des côtes de TEurope. Les côtes du Portugal et des Açores, bien que placées sous la même latitude, appartiennent ainsi à des régions zoologiques diCTérentes. U région tempérée du sud s*étend jusqu'à Maldonado, à Tembonchure de la Plata. Sur la côte d'Afrique sa largeur est double et elle remonte jusqu'à 5 degrés au nord de la ville du Cap.

Les régions sub4empérées sont comprises entre les lignes de 15*^25 et 10®. A l'ouest, la septentrionale ne peut être distinguée des précédentes, qui convergent ensemble au cap llatteras; à Test elle comprend la côte du Portugal, sur 5 degrés de largeur, et correspond à la région lusitanienne d*Ed. Forbes. La méridionale comprend d'un côté Tembouchure de la Plata et de Tautre s étend de la ville du Cap au delà du cap de Bonne-Espérance.

Les régions tempérées froides s'.étendent de la ligne de 10* à celle de 6'' 67. La côte du cap Cod au cap Hatteras appartient à la région seplentrionale qui, à l'est, suit une bande d'abord très-étroitè, s'élargissant ensuite pour atteindre la côte dTun>pe où elle s'étend de Touest de Tlrlande à la côte d'Espagne par 42 degrés de latitude, embrassant ainsi la province celtique en grande partie et la baie de Vigo. La région ihéridio

nale comprend la côte sud de rAmérique, sur une étendue de 5 degrés de latitude, et passe tout entière à Test de la pointe sud de rAfrique.

Les régions sub- froides sont situées entre les lignes de 6* 67 et 1"67. Celle du nord, depuis la baie du Massachusetts, au nord du cap Cod et la Nouvelle-Ecosse, remonte dans la direction du N.-E., au delà du TO"" degré de latitude. Celle du sud, au contraire, se dirige de TE. à TO. en suivant les parallèles ou à peu près, et comprend la Patagonie méridionale, la Terre-de-Feu et les îles Falkland.

Enfin la région froide^ au delà de la ligne de l"" 67, s*étend jusqu'aux pôles, résumé. Si maintenant nous prenons pour ligne de comparaison Disposition moyenne dans l'Atlantique Téquateur de chaleur qui part de dans la baie de Campéche, dans le golfe du Mexique, et, après plu- 1 Atiantiipie. gj^^^g ginuosités, aboutît à la côte d'Afrique, vers l'île de Fernando-Po, à 18 degrés plus au sud que son point de départ, nous verrons que les régions nord-torride, sub-torride, tempérée-chaude s'abaissent également de TO.-N.-O. à TE.-S.-E., en décrivant des courbes sinueuses dont la convexité est tournée vers le N. La région tempérée tend à suivre le parallèle *^ en se redressant ; la région sub-tempérée remonte, au contraire, vers le N., et la région froide-tempérée encore davantage, bien que leur extrémité orientale sur les côtes d'Europe s'infléchisse toujours au S. Enfin, les régions sub-froide et froide se dirigent des côtes d'Amérique au N.-E., en faisant un angle droit avec Téquateur de chaleur. De la Nouvelle-Ecosse à la pointe de la Floride, où toutes les régions de TAllantique Nord viennent converger, elles semblent rayonner comme les branches d'un immense éventail vers les côtes opposées de rAfrique et de l'Europe en s*étendant de l'équateur au cap Nord.

Les mêmes régions^ considérées au sud, se coordonnent aussi les unesjaux autres, mais d'une manière tout à fait différente. La forme triangulaire de la région torride fait que sa limite sud ou le côté méridional du triangle est dirigé du S.-O. au N.-E*, de la côte d'Amérique à celle d'Afrique, en sens inverse.

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du côté nord du triangle qui était dirigé du M.-O. au*S.-E. Les régions suivantes, après avoir fait un coude assez prononcé le long de la côte d'Amérique, se dirigent vers TE.-N.-E. en s'abaissant de plus eu plus vers le S., de manière que la zone sub-froide se trouve presque dans le sens des parallèles..

Les rapports des directions de ces lignes d'égal froid extrême aTec celles des divers -courants qui sillonnent l'Atlantique montrent souvent une concordance remarquable, mais il y a de nombreuses exceptions pour l'explication desquelles il nous faudrait une connaissance plus complète que nous ne Tavons de la température de ces mêmes courants, afin d'apprécier leur influence sur les inflexions diverses de ces lignes.

Si nous passons à Texamen comparatif des régions de Tocéan Disposition PaciBque, nous trouverons encore qu'elles présentent, avec /^^"î^lJ^ celles de l'Atlantique, les différences les plus prononcées dans àan% le^deux leur largeur, leur direction et leurs contours.

Ainsi, près de la côte occidentale d'Amérique, la région torride n'a que 17 à 18 degrés de largeur, et elle est presque entièrement au nord de l'équateur, tandis que celle de TAt- lanlique, qui longe une si grande étendue de côtes descend jusqu'à 15 degrés au sud. La région sub-toiride a 5 degrés de large sur la côte du Pérou, où elle atteint le V degré de latitude S. au cap Blanco, et celle de TAtlantique s'étend jusqu'à Rio-Janeiro par 24 degrés. La région tempérée chaude n*a pas un degré de largeur sur la côte vers le 5' degré de latitude S., tandis que celle de l'Atlantique s'étend à Rio- Grande par 33 degrés de latitude S. La région tempérée a une extension plus considérable que les précédentes, et la région temférée froide couvre presque les mêmes latitudes dans les deux océans.

On a vu que sur la côte orientale de l'Amérique du Nord, au capHatteras, les lignes isocrymes de i&'Qlj lo"" 23 et 10* quittent ensemble le littoral; sur la côte occidentale de rAmérique du Sud, aux environs du cap Blanco, on obsene un nœud semblable par le concours en un point des •igne8de25"33,20"et 16«67.

Si, au' lieu de considérer les lignes tsocrymes des deux océans dans leur disposition le long des côtes, nousJes envisageons dans toute leur étendue, nous remarquerons d^abord que la largeur de la zone méridionale torride, dans le Pacifique, a plus de deux fois celle qu'elle atteint dans 1* Atlantique, et ensuite que les régions suivantes offrent également des différences notables. La région torrtde de Tocéan PaciGqiie qui n'a que 6 degrés de largeur à l'est, vers sa limite eitrciiie à l'ouest en a 49 ; la zone des récifs de coraux a, dans le voisinage de TAmérique, 18 degrés de largeur; elle en a 66 le long des côtes de l'Asie et de l'Australie.

La région torrtde occupe la plus grande partie de roccan Indien, comprenant tout le nord de l'équateur et la portion la plus considérable de Madagascar. La réyioji sub-tonide s'étend au delà de Port-Natal, sur la côte d'Afrique, à 4 degrés au nord de la ville du Cap, où il y a des récifs de coraux, il dans le sud de la mer Rouge.

Si l'on oppose, dans leur ensemble, les %one$ ionides de l'Atlantique et de l'océan Indo-Pacifique, on est frappé de l'énorme différence de leur largeur, en rapport sans doulc avec la position des continents, beaucoup plus rapprochés dans un cas que dans l'autre.

Cette immense zone torride indo-pacifique ne diffère pas seulement de celle de TAtlantique par sa largeur et sa longueur incomparablement plus grandes, mais aussi, et sans doute à cause même de cela, par sa température plus élevée, puisque c'est vers son milieu, entre 1 45* et 195* de lonjîitiidc occidentale, qu'existe, dans un espace comparativement a<sei restreint, la zone super-torride. Ainsi c'est dans l'espace conipris entre les îles Marquises et les iles Carolines, les ilcs Fijdi et les !les d'Havaï, espace que traverse dans sa plus «grande longueur Féquateur de chaleur, que se trouve concentrée la plus haute température moyenne qu'atteigne les eaux de la surface du globe.

Les étendues occupées par les zones torride, tempérée et froide sont d'ailleurs très-diverses, et l'échelle des tempéra-

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tares, ou la différence entre les plus hautes et les plus basses, est beaucoup plus grande dans les zones tempérées que dans la zone torride. Elle est, en effet, de \ViO dans cette dernière et de 18"60 dans les premières, ce qui peut contribuer à une plus grande Tariélé de genres dans celles-ci pour- un même nombre d'espèces.

Quant aux causes des directions, des inflexions en divers sens des lignes dont nous nous occupons, de l'élargissement ou du rétrécissement, des régions qu'elles limitent, il faut les chercher comme pour les lignes d'égale température moyenne, de Tannée, de Fhiver et de Tété dans la direction des vents, dans celles des courants marins, dans le mouvement de rotalion de la terre, dans la distribution des saisons ou la position du soleil, etc., toutes causes qui appartiennent soit à la météorologie, soit à riiydrographic, soit à la physique du globe et dont nous ne pourrions nous occuper ici sans nous écarter par trop de notre sujet.

Nous avons dû nous borner à constater leurs effets sur l'état thermométrique des mers, dont l'influence sur les produits organiques est si prépondérante, et nous avons fait remarquer, parmi les résultats les plus frappants, qu*il existait une différence très-prononcée entre la température de l'eau des parties opposées d'un océan sous des latitudes correspondantes.

Ainsi les régions que nous avons appelées tempérée et 9ub-tempérée occupent, du côté de l'Europe, la plus grande partie de la Méditerranée, les côtes d'Espagne et d'une portion de TAfrique, tandis qu'elles manquent du côté de l'Amérique à cause du rapprochement, au cap Hatteras, des eaux froides du nord avec les eaux chaudes du sud. Cette circonstance explique les différences des productions marines sur les côtes ou dans les mers aux mêmes latitudes. Un autre résultat plus remarquable encore, c'est que les récifs de polypiers se développent aux Bermudes par Si"* latitude N.,sous l'influence de la lerapérature élevée du Gulfstream et manquent aux îles Gallapagos, situées sous l'équateur.

Grandes La subdivision des mers en régions de température, comme zootogfq^. nous venons de la pt'ésenter, nous donne le moyen de partager les côtes continentales en provinces zoologiques, ainsi que nous Tavons déjà essayé, mais actuellement d*une manière plus méthodiqne et plus complète, en ce que les causes de leurs limites résultent de ces considérations mêmes. La distribution des crustacés, dont M. Dana s'est particulièrement occupé, montre, que ces régions sont, sous ce rapport, également naturelles et bien caractérisées.

On a dit que chaque province zoologique avait été regardée comme un centre de création et de diffusion pour les groupes d'espèces, mais on conçoit également que chaque espèce peut avoir eu son point de départ et son centre particulier de diffusion. Quoi qu'il en soit, rien ne prouve que des régions particulières aient été^ dans l'origine, privées de développement vital et qu'elles n'aient été peuplées que par les migrations décentres de création prédéterminés. Nous n'aurions d'ailleurs aucun moyen pour reconnaître aujourd'hui ces centres. La région particulière de température où une espèce a été créée est indiquée, à ce qu'il semble, par cela même qu elle s'est montrée plus favorable à son développement. Par suite, on peut voir que chaque localité a quelques espèces qui lui sont particulièrement adaptées, et en général on peut penser que toutes les régions ont leur création spéciale. inOuence Outro los causcs qui concourent, comme on la dit tout i rlp't l'beure, à limiter les régions de température et à influencer par suite les produits de la vie, les caps, ou pointes avancées le long des côtes des continents et des grandes îles, sont aussi des limites naturelles de provinces zoologiques. Ce sont les points où les courants froids ou chauds s'éloignent du Uttonil et où, par conséquent, il y a au delà un changement brusque dans la température.

On en a un exemple frappant sur la côte orientale du nord de l'Amérique, au cap Hatteras, point de concours des lignes isocrymes de 16* 67 , I5"23, 10*, et un autre sur la côte occidentale de rAmérique du Sud, au cap Blanco, où convergent

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les ligoes de 20% 16* 67 et presque celle de 23^ 33. Le cap ÏAï de TAuslralie orientale est le point de réunion des lignes de 23* 33 et de 20*; à rextréraité sud de l'Afrique et sur la côte orientale d'Asie on observe la même circonstance. Le cap Cod, qui est un point bien connu de zoologie géographique, est la terminaison de l'isocryme de 6^67, et le cap .Nord de la Plata, en dedans de Maldonado, en est un autre.

Un petit nombre de provinces zoologiques ont 500 milles de long, tandis que quelques-unes atteignent 4000 milles.

M. Dana range dans trois grandes divisions les côtes du globe, lcs trois considérées sous le rapport de la zoologie géographique ma- j^JU!Jq°^ rine. La première, américaine ou occidentale^ comprend les principales, cèles est et ouest du continent américain ; la seconde, appelée afrioheuropéenne^ embrasse les côtes d'Europe et de l'Afrique occidentale; la troisième, ou Y orientale^ est composée des côtes est de TAfrique, de celles de llnde, de l'Asie orientale et méridionale et de celles que baigne l'océan Pacifique central et méridional. En outre, il y a les régions arctiques et antarctiques comprenant les côtes des régions froides et accidentellement, comme la Terre-de-Feu, celles de la zone tempérée froide exlrème.

Sur les côtes est et ouest du continent américain, l'auteur admet qu'il y a beaucoup de genres qui se ressemblent et qu'en outre il y a un certain nombre d'espèces identiques. Les crustacés des côtes de TEurope et de l'Afrique diffèrent essentiellement de ceux de la division américaine comme de ceux de la division orientale. Les espèces de cette dernière ont une grande analogie par les genres auxquels elles appartiennent, et beaucoup d'espèces de l'est de l'Afrique sont identiques avec ceDes du Pacifique. Ceci confirme ce que nous avons déduit précédemment de l'étude des mollusques, et ce que nous dirons des polypiers appuiera encore la réalité du caractère propre qui distingue tous les organismes marins de la région indo pacifique de ceux des autres mers du globe.

Ces trois divisions principales ou royaumes^ comme les appelle M. Dana, sont ensuite partagées en un plus ou moins

grand nombre de provinces dont les limites respectives sont déterminées par rapport à la latitude, et leur étendue en longueur évaluée approximativement. 13 provinces sont distinguées de cette manière sur la côte occidentale de l'Amérique, 11 sur sa côte orientale, 15 dans la division africo- européenne, 4 dans la division orientale sur la côle Est de l'Afrique et des iles voisines, 12 dans la section asiatique et 6 dans la section du Paci- Gque, en tout 59 provinces zoologiques, non compris les zones ou régions froides arctiques et antarctiques, au lieu de 18 que nous avons indiquées d'après la seule considération des mollusques recueillis sur divers points, mais sans les données systématiques déduites des lignes de température dont nous venons d'exposer la distribution et l'influence à In surface des mers.

§ 6. DwtribaUon balhymèlriqne dct êtres organMte.

Dans les sections précédentes nous nous sommes particulièrement occupé du développement relatif et de la répartition^ par régions géographiques, des organismes marins. Ce que nous avons dit de leur distribution en profondeur ou bathymé* trique était le résultat de recherches fort intéressantes, san> doute, mais limitées encore à des mers peu profondes et à des surfaces peu étendues, de sorte qu'on pouvait regarder comme prématurées quelques-unes des conclusions émises à cet égani et les lois que l'on avait cru reconnaître. D'un autre côté, Fensemble des observations publiées par MM. Ed. Forbes, Austen, Lôven,Woodward, Mac-Andrev7, Dana, etc., formaitpour chacun d'eux un tout ou système qu'il eût été fâcheux d'mlerrompre par des discussions et l'intcrcalation de matériaux étrangers.

Les plus récentes acquisitions de la science dont il nous reste a parler ne sont pas elles-mêmes hors de contestation; elles n'ont encore reçu ni In sanction du temps ni la vérification de l'expérience, et il nous a paru préférable de les réunir à la suite des précédentes, dans une section particulière où il sera

DISTRIBUTION BÀTHYMËTRIQUE. i51

facile au lecteur de les rapprocher des divers sujets auxquels elles se rattachent et qui ont déjà été traités dans ce même chapitre. Disons, enfin, que le temps ne semble pas venu d'une synthèse générale et systématique des faits de cette nature, enrore trop peu nombreux, et qu'il est préférable de les exposer dans Tordre de leur découverte ou de leur publication.

On a vu que dans ses recherches bathymétriques Ed. Forbes obscrvaiion» aiait constaté l'existence d'animaux marins vivant dans la mer *"^®'^' Kgée jusqu'à la profondeur de 420 mètres, et il avait cru pouvoir conclure de l'appauvrissement graduel des faunes à mesure qu'on descendait, que la limite de la vie ne s'étendait pas beaucoup plus loin. Cependant aucune donnée précise n'était venue justifier cette présomption, et, d'un autre côté, la difficulté (l'opérer des dragages à de telles profondeurs, et à plus forte raison au delà, avec les moyens connus alors, ne permettaient |)as d'obtenir facilement la preuve que des animaux pussent îivresous des pressions de plusieurs centaines d'atmosphères, dans un milieu probablement immobile, privé de lumière et à une température comprise entre le maximum de densité de Icau et zéro.

On sait aujourd'hui que les sondages poussés à de très- ;rrandes profondeurs sont sujets à des causes d'erreur dont il est diflicilede se garantir sans des précautions particulières et même sans des appareils construits spécialement pour cette destinatioD. Le choc du plomb sur le fond et la tension de la ligne sont des données insuffisantes; ainsi, à cesugrandcs profondeurs le choc ne se transmet plus et les courants marins, entraînant la ligne, la tiennent tendue, quoique le plomb ait touché, de sorte qu*au delà de 2500 à 3000 mètres on ne doit plus compter sur ce mode d'expérimentation. Diverses tentatives exécutées à bord de navires américains, [)ar ordre du gouvernement, |>our atteindre ce que Ton appelle le fond des eaux bleues^ avaient d'abord donné les résultats suivants (l).

(I) F. Maury, lieut. de la marina des États-Unis, Géographie physique deUinier, trad. franc, par P. A. Terquena, p. 563» iii-8*, 1858.

252 ÉPOQUE MODEHNË.

Le lieutenant Walsh, du navire le Tmiey^ n'a point rencontré le fond avec une sonde de 10,363 mètres, non plus que le lieutenant Berryman, sur le Dolphin^ avec une sonde de 11,888 mètres. Le capitaine Denbam, allant de Rio-Janeiro au Cap, sur le navire anglais le Herald^ se trouvait, le 50 août 1852, par 36" 49' lat. S. et 37** 6' longit. occid.; il a descendu la sonde jusqu'à 14,020 mètres, et dans les mêmes parages le lieutenant J. P. Parker, de la frégate des États-Unis le Congress^ est parvenu à descendre le plomb jusqu'à 15,239 mètres. On sait que c'est aussi à 900 milles à l'ouest de Sainte Hélène que sir J. Ross a descendu une sonde de 450 livres à 9143 mètres.

Le golfe de Mexico a une profondeur de 1 200 à 1500 mètra<. L'océan Pacitique du Nord, entre le Japon et les côtes de la Californie, a une profondeur moyenne de 4000 mètres, qnf est à peu près la même que celle de l'Atlantique Nord. Plus au sud, les profondeurs augmentent de part et d'autre. La moyenne des dépressions des bassins des mers serait, suivant M. Dana, de 4500 à 6000 mètres.

En ayant soin de noter le temps écoulé pour filer la sonde de 100 brasses en 100 brasses et prenant d'ailleurs en considération toutes les données et les circonstances qui permettaient de rendre les résultats comparables, on parvient à obtenir, en secondes de temps, la loi de la vitesse pour la descente du plomb, et, en appliquant cette loi aux résultats ci-dessus, on s'est convaincu qu'ils n'étaient point exacts et devaient être beaucoup trop forts. En outre, aucun de ces sondages, quand même il eût atteint le fond, n'aurait pu en faire connaître la nature, le boulet qui servait de poids étant abandonné; aussi dut-on y obvier par l'appareil du lieutenant Rrook, qui consiste en un boulet traversé perpendiculairement par un cylindre attaché à la ligne. Ce cylindre, quand il a touché le fond, abandonne le boulet au moyen d'un déclic et est ramené à la surface avec les corps du fond qu'un enduit de suif y a fixés.

Les plus grandes profondeurs obtenues avec certitude dans l'océan Atlantique du Nord, suivant M. Maury, ne dépassent pas 7630 mètres. La planche XI de 1 atlas joint au livre du sa-

DISTRIBUTION B\THYMÉTR1QUE. 253

Tant américain, et que nous avons reproduite ^n partie (pi. 1, ci-après), représente cette portion considérable des mers cora-. prises entre les côtes de l'ancien et du nouveau continent, depuis le 10* latitudes, jusqu'au 54° latitude N. Elle est orabrée de quatre teintes dont l'intensité décroit avec la profondeur à partir des côtes. Nous leur avons substitué des chiffres romains de I à rV indiquant les quatre zones en profondeur. La première borde les rivages jusqu'à des profondeurs moindres que 1828 mètres, la seconde les fonds qui n'atteignent pas 3656 mètres, la troisième ceux qui n'atteignent pas 5484mètres, la quatrième ceux qui descendent à 7712 mètres. L'espace qui se trouve au sud de la Nouvelle- Ecosse et du banc de Terre- Neuve, dirigé de l'E. à PO. comme un profond fossé, s'élargissant à son extrémité orientale et marqué du chifTre V, présente des points plus profonds qui atteindraient 8000, 9000 et jusqu'à 12,000 mètres, mais restés'encore douteux. La partie la plus basse de cette région se trouverait entre les Bermudes et le grand banc de Terre-Neuve. Un peu à l'est du méridien de ce banc un sondage indique, mais avec doute, 6600 brasses ou 13,880 mètres. Nous n'avons reproduit sur notre carte que les cotes de sondages nécessaires pour indiquer les principaux points par où passent les lignes limites des zones de profondeurs.

Entre le cap Race, à Terre-Neuve, et le cap Clear, sur la côte d*Irtande, existe une surface sous-marinc appelée \e plateau télégraphique. La distance entre ces deux points est de 1640 milles, et la profondeur de la mer, suivant cette ligne, ne dépasse nulle part 5600 mètres. Les échantillons que les sondages ont ramenés de profondeurs qui n'étaient pas moindres de 5000 mètres n'ont présenté à M. Bailey, de West-Point, que des coquilles microscopiques sans sable ni gravier; c'étaient des rhizopodes calcaires et des diatomacées siliceuses.

Le savant micrographe américain croit que ces petits organismes vivent plus près de la surface et que leurs coquilles tombent au fond après la mort de l'animal. A ces profondeurs, dit M. Maury (p. 579), les eaux sont dans un repos absolu,

25i ÉPOQUE MODERNE.

aucun mélange ne s'y fait des substances qui y tombent, et ces petits corps organisés, quelque délicats et Tragiles qu'ils soient, y restent intacts. A 5600 mètres, s'ils étaient vivants, ils auraient à supporter une pression de 400 atmosphères, prives de chaleur et de lumière.

Dans l'océan Indien, la ligne descendue par M. Maury à 7040 brasses (12,812 mètres) n'a rien ramené du fond; mais dans la mer de Corail, par 15° latitudeS. et 162'' longitude E., elle a rapporté de 5951 mètres des spicules siliceuses d*épongcs nombreuses et de formes variées, quelques diatomacées siliceuses (Coscinodiscus)j de très-rares rhizopodes calcaires, des p olycistinées, Haliomma^ etc. Nous avons vu que dans les sondages de l'Atlantique les rhizopodes calcaires ou foraminifcres dominaient ; ici ce seraient les infusoires silice ux. Ainsi le fond des mers, sur des points très-différents, présente des organismes microscopiques très-différents aussi.

(P. 592.) Trois sondages ont été exécutés par le lieutenant Brookedans le nord de l'océan Pacifique ; le premier, par 56** 46' laliludeN. et 1 68"1 8' longitude E., a atteint 4957 mètres; Icsecond, par 60M5, latitude N. et 1 70'55, longitude E., 5000 mètres; le troisième, par 60** 50' latitude N. et 175* longitude E., 1558 mètres.

Les échantillons de ces sondages étudiés par M. Bailey lui ont fait reconnaître que la quantité des substances minérales (quartz, amphibole, feldspath et mica) diminuait à mesure que la profondeur augmentait. Ainsi, dans les sondages 1 et 2, les corps organisés sont plus abondants que les fragments inorganiques, et c'est le contraire dans les produits du n"* 5. Partout c'était des diatomacées (Coscinodiscus)^ souvent avec leun» deux valves et dans un parfait état de conservation, des spicules siliceuses d'épongés, mais pas un seul écliantillon de rhizopodes calcaires. Ces dépôts ainsi composés presque exclusivement d'organismes microscopiques, dit M. Bailey, s'étendent vers les hautes latitudes et ressemblent à ceux des régions antarctiques, étudiés par M. Ehrenberg. L'état de conservation des enveloppes solides et la plupart de leurs valves réunies

DISTRIBUTION BATHYMÉTRIQUE. 2b5

prouvent que ces organismes n'étaient pas morts depuis longtemps, sans cependant qu'on puisse être certain qu'ils aient vécu à ces profondeurs. Les mêmes infusoircs s'observent dans le {^olfe du Mexique, au fond .du Gulf-strcam, sur les côtes de la Caroline et sur les fonds des côtes de l'Islande. Tout porte à croire que ces profondeurs sont des régions tranquilles que n'atteignent pas les agitations causées par les tempêtes de la surface.

Une des applications les plus remarquables de la physique aas relations sociales est aussi venue fournir, d'une manière inattendue, des renseignements sur la profondeur à laquelle peuvent vivre certains animaux marins. Une partie du câble électrique, descendu dans la Méditerranée entre Cagliari et la côte d'Afrique, vint à se rompre après avoir séjourné deux ans à une profondeur de 2000 à 2800 mètres. Des fragments ayant élc retirés furent trouvés recouverts de corps étrangers et d'animaux qui avaient vécu à sa surface et y étaient encore attachés à sa sortie de l'eau.

M. Alph. Milne Edi?ards(i), qui les examina avec soin, y reconnut VOslrea cochlear^ que l'on savait déjà vivre à 100 et 150 mètres de profondeur, puis un petit Peigne, variété du P. opercularis^ commun dans la Méditerranée, et qui était orné de vives couleurs, le P. Testx^ trèsrrarc, un Monodonta limbata et nn Fusus lamellohus renfermant encore les parties molles de l'animal. Les Polypiers trouvés sur le même fragment de câble étaient un Canjophyllia avcuatOy qui est fossile dans les marnes subapennines, une aulre espèce, le CaryophylUa elec. irica^ plus commune, à ce qu'il parait, à ces profondeurs, avec un troisième turbinolien, le Thalassiolrochus telegraphieus. Il y avait encore des fragments de bryozoaires, do Gorgone et des tubes calcaires de Serpules. La plupart de ces espèces, ramenées vivantes de 2000 à 2800 mètres et à habitudes sédentaires, appartiennent les unes à des espèces regardées conune trèsrares, les autres à des formes nouvelles ; enfin plusieurs sont Tossiles dans les dépôts tertiaires supérieurs.

(1) Ann. des $c. natur,, 4* sér., vol. XV, a*3, 1861.

M. Torell, qui a dirigé une expédition scientifique suédoise au Spitzberg, signale des mollusques et deszoophytos ramenés de 2500 mètres de profondeur dans les mers polaires (l). Rechercheâ Nous exposorons actuellement les principaux résultats des M.G.a wai- ï*echerches exécutées par M. G. G. Wallich, médecin attaché lich- en qualité de naturaliste au bâtiment le Bulldog^ chargé, en 1860, par le gouvernement anglais des travaux préparatoires pour la pose du télégraphe entre la Grande-Bretagne et TAmérique (2). La première partie de ces observations, qui seule a paru au moment où nous écrivons, renferme' de nombreux et très-intéressants documents sur les diverses questions qui viennent de nous occuper, mais ce sont plutôt des notes de voyages que lauleur a réunies qu'un livre régulièrement composé, de sorte que l'analyse que nous en donnerons devra paraître assez décousue. Bien que le titre porte Partie f*, en réalité le fascicule publié en renferme deux et le commencement de la troisième. La seconde, intitulée : Limite bathymétrique de la vie animale dans rOcéan^ est la seule dont nous ayons à nous occuper ici.

obsemtioDâ Contrairement à l'opinion généralement admise par les naancieaoes luralistcs sur Textensiou limilée des animaux dans les profon- John deurs de la mer, M. Wallich rappelle d'abord les résultats ob- James Rom. tcuus à deux reprises et dans deux régions très-différentes par deux célèbres navigateurs anglais, résultats dont il ne semble pas que l'on ait tenu compte. En 1818, pendant son voyage de découvertes dans la baie de Baffin, sir John Ross (5) se trouvant, k 1" septembre, par 73*^37' latitude N. et 75'» 25' longitude 0 . , ramena avec la sonde, d'une profondeur de 1 829 mètres,

(1) Joum. de conchyliologie, 2' sér., voL II, n* i, 1862.

(2) The Norlh'AUantic sea-bed, etc., in4% part. I, avec 1 carte et 6 pi. de rbizopodes. Londres, 1862. — M. Wallich, immédiatement au retour de l'expédition, avait publié une première note ; On llie présence of animal life ofvast depths in the sea, (Quart, Joum. of microscop. se,, p. 56 ; 1861.)

(5) Voyage of discovery, etc., vol. I, p. 247, 251, et vol. Il, p. 5-49. Londres, 1819.

DISTRIBUTION BATBYMÉTRIQUE. 257

une boue molle renfermant des vers, et d'un autre sondage, de 1463 mètres, une belle Euryale. Le 6 septembre, par 72^23' latitude N. et TS'^O?' longitude 0., la sonde atteignit le fond à 1920 mètres; elle remonta chargée de 6 livres de boue avec quelques petites pierres et du sable. Les organismes ramenés de ces profondeurs étaient un crustacé du genre Hippolyte^ un autre du genre Gamma$:us (G. Sabini)^ deux annélides, une îfereis phyllophora^ un Lepidonotus Rossii et le Gorgonocephtdus (Euryale) arcticus^ dont les bras avaient 2 pieds de long.

Dans la relation de son voyage aux terres antarctiques (i), sir James Ross s'exprime ainsi : Le 19 janvier 1841 , la drague rapporta, de 475 mètres, des fragments de roches qui paraissent avoir été abandonnés par des glaces flottantes, puis d'autres de diverses sortes granitiques et volcaniques, des polypiers vivants, des corallines, des Flustres et une grande quantité ^rinvertébrés, dont 2 espèces de Pycdogonum^ 1 Idotxa Baffini^ que Ion croyait propres aux mers arctiques, 1 Chiton, 7 ou 8 espèces d'acéphales et de gastéropodes, une espèce nouvelle de Gammanis et deux espèces de Serpules adhérentes à des cailloux. Il est intéressant, ajoute le savant navigateur, de retrouver ici plusieurs espèces qui habitent également les hautes latitudes Mord (2). L'extrême pression aux plus grandes profondeurs ne parait pas les affecter. Nous n*avons pas été au delà de 1829 mètres, mais de cette profondeur plusieurs mollusques ont été rapportés avec la boue. D'après M. Ch. Stokes, qui a examiné les spécimens provenant de ces sondages, le Retepora celMosa et une Homère ressemblant à TA. frondiculata^ Lamour., étaient certainement vivants lorsqu'ils ont été ramenés du fond. Ces résultats, qui échappèrent aux naturalistes, avaient été cependant mentionnés par madame Somervilie qui en avait

(i) Voyage ofdiscovery in ihe Southern and Antarctic régions, vol. I, p. 204 et «liv. Londres, 1847.

(2) Nous ne savons pas si cette identité d'espèce des régions polaires a été confirmée depuis.

géaéraîes.

tiré la conséquence nalurellc que toutes les parties des mers deviiient être peuplées (l).

M. Wallich rappelle ensuite que, eu 1844(2), et plus tard en 1857 (5), M. Ehrenberg croyait à l'existence des organismes microscopiques (rhizopodes, diatomacées et polycistinées) à de grandes profondeurs où régnent des formes particulières qui manquent dans les autres parties. Si, dit le savant micrographe de Berlin, ces sédiments des mers profondes étaient seulement des vases apportées par les courants, il n*y aurait certainement pas autant de formes particulières qu'on y en observe. Mais si les conclusions de M. Ehrenberg ont été méconnues, on doit dire que, à son tour, il n a pas non plus tenu compte des faits signalés par John et James Ross vingt ans au* paravant.

Tandis que la distribution des animaux et des plantes terrestres, dit plus loin Tauteur, est assez bien connue, celle des habitants de TOcéan est encore presque entièrement restreinte aux lignes des côtes, et même relativement à celles-ci nous ne possédons aucune vue systématique au delà des mers d'Europe. Les grandes provinces zoologiques de la pleine mer peuvent être, par conséquent, regardées counne encore inexplorées, sauf le cas d'un petit nombre d'être organisés flottants. M. Wallich^ que des circonstances particulières ont conduit à ces recherches, nous semble d'ailleurs faire bon marché des travaux de ses prédécesseurs, entre autres d'Ed . Forbes, dont nous croyons cependant qu'il aurait bien fait d'imiter la clarté, Télégance et l'excellente méthode d'exposition, qualités qui manquent complètement à son mémoire.

Plus un organisme est placé bas dans Téchelle des êtres, plus il semble se multiplier, plus sa distribution géographique est étendue, pluà longue est sa durée dans le temps; l'une quelconque de ces circonstances dépend non de l'accroissement de

(i) Physicalgeagraphy, \o\.ll p. 246; 1851.

(2) Ann. and Maga%, nal. hisL, toI. XIV, p. 1G9; i8U.

(3) LettreàM.Mauryin Sailing Directions, 8* éd.» p. 175; 1857.

DISTRIBUTION BATIIYMÉTRIQUE. 259

paissance et de la plus grande facilité à échapper aux actions destructrices, mais de la diminution de la sensibilité dont ces organismes sont doués. .

IP. 96.) Bien que la température de TOcéan soit plus égale que celle de l'atmosphère, ses eaux sont susceptibles de changements climatologiques, importants par leurs effets sur la répartition des êtres organisés. Ces changements, plus fréquents et plus prononcés près de sa surface, y agissent aussi davantage ; mais, dès que l'on reconnaît que la vie animale, au lieu d'être bornée à quelques centaines de mètres, peut atteindre les plus profonds abîmes, l'extension des limites soit au-dessus, soit au-dessous du niveau des mers, devient presque égale dans les deux sens. On doit supposer qu*il y a, dans ces grandes profondeurs, des espaces inhabités comme sur la terre ; mais on peut également admettre qu'ils ne sont pas plus grands dans un cas que dans l'autre.

Nous ne savons sur quelles données expérimentales ni sur quelles séries d'observations Tauteur a établi l'espèce de tableau (p. 95) dans lequel il met en regard les causes qui agissent sur la distribution de la vie terrestre et de la vie marine. Huit causes sont énumérées de part et d'autre, et leur in- Duence relative évaluée en fractions du nombre 1000. Nous ferons remarquer que, en évaluant, par rapport aux animaux terrestres, l'influence de la température à 400 et celle de la configuration et de la composition de la surface à 150, l'auteur est complètement en désaccord avec ce que nous avons dit plus haut (p. 159, 167). Les autres chiffres nous paraissent trop empiriques aussi pour être, quant à présent, de quelque utilité dans la pratique.

II compare ensuite la différence des températures sur les Temi>cra. terres émergées et dans les eaux, et remarquant que celles de rOcéan et de l'atmosphère sont dues en grande partie aux mêmes causes, leur chaleur provenant de la même source, on doit trouver dans la mer une ligne de température constante plus ou moins analogue à celle de l'atmosphère, bien que Tcspace situé au-dessus et au-dessous de ces lignes limites soit

soumis à des lois Irès-difTérentcs. C'est ce que nous avons tu ci-dessus en parlant de la ligne de température ou courbe isotherme de 3*" 89 qui atteint sa plus grande profondeur au-dessous de la surface à Téquateur et le niveau de la mer par 56"" 62' latitude N., pour s'abaisser de nouveau au delà, en s*avançant vers le pôle (i) . Cette ligne est ainsi représentée, le long d'un méridien donné, par deux arcs plus grands et deux plus petits; mai», tandis que la température de Tatmosph^e au delà de la ligne des neiges perpétuelles continue à s'abaisser, . celle de la mer, au-dessous de la ligne de 3^ 59 ou de 4"*, l'auteur donnant 39'' 5 Fahr., reste constante jusqu'au fond.

M. Waliicb a cherché à rendre cette disposition par une figure (p. 99), qui nous semble n'exprimer qu imparMtcment sa i)ensée; ainsi la ligne de 3"" 39 n'atteint pas exactement le niveau de la mer à la latitude de 56° 62' ; elfe reste constamment plus bas, et au pôle elle se trouverait à la même profondeur audessous de la surface qu*à l'équateur; nous ne savons sur quelle donnée ou sur quel principe ce dernier fait peut reposer. La ligne (les neiges perpétuelles n'atteint le niveau de la mer qu*au SO"" latitude N., au lieu de TS"*, que Ton admet ordinairement, sans douté à cause de ce que dit M. J. Richardson, que l'on n'a point observé dans les régions arctiques une surface basse de quelque étendue où la neige soit permanente (2). neiatiooA Tandis que la température semble régler la distribution des ^^ êtres organisés entre des limites regardées jusqu'à ce jour avec \ei comme des extrêmes, il est très-probable que dans les profou-^ pro on cure jçyj.g j^g mcrs, à partir de 400 mètres de la surface jusqu'aux rélos laiiiude». gions quc la soude n'a pas encore atteintes, Tuniformité devient le caractère dominant des conditions de la vie, et que les nombreux organismes destinés à vivre dans ces circonstances se trouvent également distribués dans les vastes profondeurs des mers.

(i) Ce point est marqué comme on Ta tu suivant d'autres obserTations par 66% et non par 56%62.

(2) Arclic searching Expédition, vol. Il, p. 215; 185i.

DISTRIBUTION BATHYMÉTRIQUE. 36i

On a pensé longtemps 'que le nombre des types, comme celui des genres et des espèces d'animaux et de végétaux, diminue lorsqu'on s'avance de Téquateurvers les pôles, décroissèment qui doit être en rapport avec rabaissement de la température; mais, jusqu'à ce que l'on connaisse mieux les faunes profondes, il serait prématuré de vouloir juger des proportions numériques de leurs éléments sous diverses latitudes. On peut néanmoins présumer, d'après l'uniformité de température de toutes les eaux profondes, qu'il n'y existe pas de variations 00 de différences tranchées comparables à celles qu'on observe dans les faunes terrestres et les faunes marines superficielles.

Ed. Forbes et M. Lôven avaient observé que, dans les provinces zoologiques marines boréale et arctique, le plus grand nombre des types d'invertébrés se trouvaient, non pas dans les zones supérieures, mais dans les plus profondes connues alors sous ces latitudes, et de plus que l'extension en profondear des quatre zones bathymétriques est beaucoup plus considérable que dans les provinces celtique et lusitanienne. Or, quoique M. Wallich n'ait pas eu occasion d'exécuter, sur les côtes du Groenland, des sondages au delà de 400 mètres, il a pu y faire l'application de la remarque précédente. Le développement moindre de la vie végétale et animale dans les couches d'eau supérieures qui correspondent aux zones littorales et des laminariées des provinces du sud y est sensible, et même, dans les baies et les fiords du Labrador et du Groenland, la croissance des algues ne commence guère qu'à la profondeur où elle cesse ordinairement sous les autres latitudes.

Les zones supérieures des régions où la côte est couverte de glace pendant huit mois de l'année sont, on le conçoit, dépourvues de formes animales et végétales, mais on voit les Méduses et les Béroés, pendant les temps calmes, nageant dans le voisinage des masses de glaces qui bordent les fiords. des

(P. 105.) L'auteur étudie ensuite les conditions dans les- **^Sans°*** quelles doivent se trouver les animaux à de grandes profon- *<»»""«**«

• ^ ^ . . profondeurs

deurs, et fait voir que la pression, la lumière et les faits cités «t pour prouver que ces basses régions sont mnabitables, ne peu- hauieu».

26â ÉPOQUE MODERNE.

vent être réellement admis. A la aurijce de la terre, des animaux et riiomme même peuvent éprouver une diminution de la moitié de la pression atmosphérique sans en être sensiblement incommodés. Le Condor est, parmi les oiseaux, un exemple frappant du pouvoir qu'ont les vautours de se soumettre à des changements brusques de pression en s*élovant jusqu'à 5500 mètres. On sait qu'il vit et couve entre 3000 et 4500 mètres. Des poissons vivent dans des lacs à 4000 mètres d'altitude, et il n'y a point d'élévation jusqu*à la limite des neiges perpétuelles où Ton n'observe des formes animales et végétales. Or, dans ce dernier cas, il est très-probable que c*est la basse température et non la raréfaction de l'air qui détermine la limite de la vie.

Les plantes, on le sait, fleurissent à de très-grandes hauteurs ; au Chili, au Pérou, le blé croit abondamment k 4000 mètres; au Mexique, la limite des bois et des arbrisseaux e$\ aussi à 4000 mètres ; dans TUimalaya, le Genista se trouve entre 5100 et 5500 mètres. Si Ton suppose que l'extrême limite de la végétation au-dessus du niveau de la mer soit cette dernière élévation et son extrême limite au-dessous à 750 mètres, que la limite de la vie animale dans l'Océan s'étende jusqu'à 4560 mètres de profondeur, et qu'elle s'élève à 6080 mètres au-dessus de son niveau, la hauteur totale de la verticale le long de laquelle s'étendront les végétaux sera de 6250 mètres, et celle que parcourront les animaux de 10,640 mètres.

Au diagramme de M. Wallich nous substituerons le suivant, qui nous semble mieux représenter les faits, tout en laissant d'ailleurs à l'auteur la responsabilité des chiffres, qui ne peuvent être que très- grossièrement approximatifs.

Les rapports de ces divers éléments entre eux seront les suivants :

L'étendue totale de la verticale occupée comparativement par les vég(*taux et par les animaux au-dessus et au-dessous du niveau de la mer est presque : : 5 : 't

Celle occupée comparativement par les aninqaux terrestres

et marins - : : 4 : 5

Celle occupée par les végétaux terrestres et marins. ... :: t5 : 3

DISTRIBUTION BATHYHÉTRÏQUE.

Celle occupée par les phnies et les animaux terrestres. . . Ule occupée par les plantes mannes et les animaux marins.

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