‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 2)Chapitre 31 sur 57 · RESTES D*INDUSTRIE HUMAINE · texte numérisé non relu

RESTES D*INDUSTRIE HUMAINE

qui se trouve à 6 et 7",50 au-dessiis des hautes marées. Une autre plaine partant de Stirlîng, et désignée sous le nom de Carse de Stirling, suit les bords de la rivière l'espace de 16 à 18 milles. Â diverses reprises, on a prouvé près de Stirling, à Dunmore, à Blair-Drummond, à 7 mètres au-dessus des plus hautes marées et dans l'intérieur des terres, des squelettes entiers de baleines. Sur ce dernier point, et à Airthrey, également dans la vase ou Pargile endurcie, on a rencontré «des bois de Cerf perforés, deux harpons, dont Tun avait encore un maocbe en bois qui servait à le manier.

Les circonstances dans lesquelles tous ces restes ont été observés .ne laissent point douter que le sol de cette région n'ait été soulevé, depuis l'arrivée de l'homme, comme celui des environs de Glasgow, et, en effet, les alluvions du Forth renfermaient des canots dont quelques-uns étaient semblables aux précédents. Ainsi on en a déterré, non loin de Falkirk, à 9 mètres de profondeur. Plus anciennement, dans la berge de la rivière Carron, à 4"^,57 au-dessous du sol superficiel et recouvert de lits parfaitement réguliers d'argile, de tourbe, de coquilles et de gravier, gisait un canot de 11 mètres de long ' sur 1^,21 de large, bien travaillé dans toutes ses parties, formé d'un seul tronc de chêne avec l'éperon pointu ordinaire A la poupe carrée.

Le firth ou embouchure de la Tay, situé au nord du précédent, est aussi bordé de plaines unies, désignées sous le nom de Carse de Govirrie, et dont l'élévation au-dessus de la mer est la même que celle des plages soulevées de la Clyde et du Forth ; elle est aussi composée d'argile, de sable, de gravier et de lits de coquilles, témoignant d'un soulèvement récent de 6 à 9 mè* très. On y a trouvé de même des preuves que ce phénomène est postérieur à l'établissement de l'homme. Un crochet de bateau en fer a été retiré de 2'",50 de profondeur dans un gravier parfaitement stratifié. Il provenait d'un bâtiment marchand ou peut-être d'un petit bâtiment de guerre de 3 ou 4 tonnes. Les traditions du pays, les noms des parties élevées du sol rappelant toujours par leur étymôlogicune position insulaire, les

DANS LES ANCIENS DÉPOTS MARINS. 4i7

caractères des objets trouvés dans le sol, comme la composition e( la situation de celui-ci, tout concourt à démontrer que ces plaines de niveau ont été gagnées sur le domaine de la mer dans la période moderne et peut-être en partie depuis les temps historiques.

Suivant M. Smith de Jordan Hill, aucun changement relatif de niveau no se serait produit depuis la construction de la muraille d'Antonin ; mais M. Geikis s'attache à faire voir que de la position qu^occupent aujourd'hui les extrémités de cette muraille on pourrait en déduire une élévation du sol, et il conclut à la fois des données archéologiques et des observations directes, que le soulèvement de ces côtes doit avoir eu lieu longtemps après rétablissement des hommes dans Vile, après Tintroduction des instruments de métal et même de fer ; enfin il ne voit aucun motif pour qu'il ne soit pas regardé comme postérieur à l'occupation romaine qui marquerait la limite de son ancienneté.

Quoi qu*il en soit, ce qui nous intéressait ici était l'existence de traces de l'homme paraissant être antérieures à l'usage des métaux et particulièrement du bronze, qui nous servira de chronomètre marquant un âge intermédiaire entre celui où les pierres seules étaient en usage et celui où le fer fut connu.

D'antres lignes indiquées par des plages soulevées s'obserîent encore sur la plus grande partie des cotes de l'Ecosse, mais on n'a cité de produits d'industrie cpie dans les trois districts décrits par H. Geikis. Cette élévation se serait d'ailleurs également produite dans les parties centrales de l'île qui joignait celles dont nous avons parlé.

Dans son mémoire Sur les preuves d'une élévation graduelle Scandinavie . du sol de certaines parties de la Suède (i), M. Lydl a d'abord rappelé que l'abaissement des eaux de la Baltique et même de* tout l'Océan du Nord avait été signalé par Celsius, il y a plus décent ans, et estimé alors à 40 pouces suédois (0'',989) par

(1) Transaet. phil. Soc. of London, 1855. — Traduction française, par I. Coukm (Mém. de la Soc, d'hist. nal, de NewMtel, vol. I. Bull. Hbliographique, p. i ; 1836.) — Rep. -4*^ Meet. Mt. Ame,, p. 652. Voyee aussi «leMeyendorf, Bvll. Soc. géol. de France, !'• série, vol. X, p. 79; 1837.

418 RESTES DMNDUSTRIE HUMAINE

siècle. En 1802, Playfdir pensa que ces changements dément être attribués plutôt au sol qu'aux eaux, et L. de Buch émit la même opinion en 1807. Des observations faites ensuite régulièrement mirent le fait hors de doute, et M« Lyell en a trouve de nouvelles preuves au pied du château de Calmar, et surtout autour de Stockholm.

Ainsi il a recueilli, dans des monticules de sable et de gravier stratifiés, des coquilles identiques avec celles qui vivent dans les mers actuelles, telles que le Cardium edtde^ la Tdlina baltka et le Mytilus edtUis, Cette dernière espèce forme à elle seule des bancs que sa décomposition colore en une teinte violette trèsprononcée Plusieurs de ces amas de coquilles se trouvent à 21 et même 27 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. Dans la vallée de Scederlelje, dont les pentes sont de gneiss, le dépôt coquin ier récent constitue une plate-forme horizontale de 21 mètres au-dessus du canal et qui offre la même disposition que celle des marnes sub-apennines.

En ouvrant les canaux qui font communiquer le lac Nœler avec la mer, on trouva plusieurs vaisseaux qui y étaient enterrés et qui paraissaient être d'une haute antiquité. Une colline, coupée pour creuser le canal inférieur, renfermait une habitation construite en bois, et qui fut découverte à 15 mètres de profondeur, cnisevelie sous des sables, des argiles et du gravier stratifiés. D'après l'examen des lieux, le célèbre géologue anglais pense que cette cabane a été submergée par les eaux de la Baltique, à une profondeur de 19°^,50, et que, avant d'être soulevée à sa hauteur actuelle qui se trouve à peu près au niveau de la mer, elle avait été recouverte de couches de plus de 18 mètres d'épaisseur totale.

' Des strates argileux, avec Tellina balîieay ont été reconnus jusqu'à une distance de 80 milles des côtes, et les environs d'Upsal, qui, comme ceux de Stockholm, sont formés de granité et de gneiss, sonten partie recouverts par des dépôts plus récents et des blocs erratiques. On y voit également des ôsars dirigés N. S., s'élevant à plus de 30 mètres au-dessus de la rivière et composés de couches minces de sable, d^argile et de gravier,

Page 1