DANS LES ANCIENS DÉPÔTS MARINS
taotAt horizontales, tanUt irès-inclinées et traversées par des Gssures verticales. Près du château d'Upsal et vers le haut de la colline, se trouvent. des coquilles modernes placées entre des lits de gravier, et des blocs erratiques couronnent le sommet. (Test d'ailleurs la seule localité eu Suède où M. Lyell ait observé des coquilles dans les ôsars. Les caractères sti*alifiés de ces dépôts et la présence de ces coquilles intactes les lui font regarder comme résultant, non d'une débâcle venue du nord, mais d'une accumulation de sédiments formés au fond du golfe de Bothnie, parallèlement à Fancienne câte, et pendant le soulèvement successif du pays. La pente rapide des deux côtés des ôsars résul' t»aft aussi du mode de formation et non d'une d,énudation postérieure ; enfin les blocs erratiques y auraient été déposés par les glaces flottantes.
Le sol de la Finlande parait s'élever comme celui de la Suède, et Ton a. trouvé près d'Abp, à 18 mètres au-dessus de la mer, une marne composée, comme celles de Stockholm et d'Upsal, de détritus des mêmes coquilles récentes.
Passant ensuite à l'examen des dépôts également peu anciens des côtes occidentales de la Scandinavie, M. Lyell y signale des coquilles très-différentes de celles dont on vient de parier sur les côtes de la Baltique, et, de la position des lieux où se trouvent les coquilles d'espèces récentes, tant de ce même côté de la Baltique, entre Gofle et Sc^ertelje, que sur les côtes de l'Océan, entre Uddevalla et Gothenbourg, il conclut que l'espace existant entre les deux mers dans cette partie de la Suède était, à une époque comparativement moderne, beaucoup plus étroit qu*il ne Test actuellement Des coquilles semblables à celles d'Uddevalla ont été reconnues jusqu'à près de M milles dans l'intérieur des terres, à Tussenddalersbacken, près du lac Rograrpen, sur le bord occidental du lac Wener,etc., comme nous le dirons en traitant des dépôts quaternaires de ces pays (i ) . En résumé, H . Lyell admet un soulèvement
(i) Yoyex Hisinger, vol. I\, p. 42, et sa carte géologique de la Suède oMionale.
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graduel, mais inégal, sur les divers points delà côte, et nul dans le midi de la Scanie. L'élévation de 1 mètre par siècle a été constatée à Lœfgrundet, à Marstrand, etc.
En 1857, M. Nilsson(i) fit connaître que la Scanie, partie méridionale de la Suède, paraissait avoir éprouvé, comme le Groenland, un mouvement d'abaissement pendant plusieurs siècles. Il n'y a point d'ailleurs, dans cette province, de dépôts coquilliers récents analogues à ceux du Danemark. Linné, vers 1749, avait mesuré, près de Talleborg, la distance d'une grande pierre à la mer ; aujourd'hui cette pierre se trouve de 30"*,50 plus rapprochée de l'eau qu'elle ne Tétait alors. Une tourbière, formée de plantes terrestres et d'eau douce, est actuellement sous la mer, dans un endroit où Ton ne peut pas supposer que ces végétaux aient été transportés parles rivières. Enfîn, dans les villes maritimes de la Scanie, il y a des rues au-dessous du niveau de la mer, et, dans quelques cas, au-dessous des plus basses marées.-
M. Eugène Robert (2) ne croit pas qu'il y ait un véritable abaissement du sol dans cette province, au moins suivant le sens qu'on attribue à ce mot^ et les faits observés résulteraient, suivant lui, du tassement ou du déplacement du dépôt de transport. Mais, d'un autre côté, M. Domeyko (3) a signalé des documents historiques qui établissent d'une manière positive qu'une province, appelée Witlandu, est aujourd'hui recouverte par les eaux du golfe de Kœnigsberg. A Tépoque de Tordre Teutonique, elle se trouvait placée entre Pillau, Brandebourg et Bolga. M. Zeune (4) a réuni aussi quelques observations relatives à des points du pays et à des monuments élevés
(1) Lyell, Address delivered, etc. (Proceed, geoL Soc, of Umdan, ▼ol. II, p. 506.) — Voyez aussi Nilsson, Sur des soulèvements et des affaissements alternatifs de la surface du sol dans le midi de ta Suéde [Forhandling vid, del af Skandinav. naturforsk. Travaux de la ràmion des naturalistes et médecins Scandinaves à Gothenbourg en 1839. Golheabourg, 1840. p. 129).
(2) Voyage en Laponie et en Scandinavie, etc.
(3) CompL rend,, vol. IV, p. 965; 1838.
(4) Ann, d. Erd. volk. de Berghaus, vol. XV, p. S21; 1836.
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que Ton n'aperçoit plus de certaines positions, et vice versây et il en a conclu des soulèvements et des affaissements du sol dans les provinces littorales du sud de la Baltique. Cependant ces résultats sont encore douteux à cause du manque de préci- 900 dans les moyens employés pour les constater.
M. Éliede Beaumont, dans son Instruction pour T expédition du Xord (i), travail qui peut être regardé comme un résumé de tout ce que Ton sait sur les parties boréales de l'Europe, a fait remarquer que le changement de niveau actuel et le change^ ment ancien étaient sans doute très-différents Tun de l'autre. L. de Buch, qui a toujours regardé les deux phénomènes comme distincts, a démontré que l'élévation de la Suède était étrangère aux parties de la Norwége que recouvrent les couches coquillières dont nous venons de parler. Ainsi, il y a près de Luuroé des pierres runiques placées sur ces couches, si peu audessus de la mer, qu'il n'y aurait pas encore eu de fond pour poser ces pierres, qui sont d'une très-haute antiquité, si la règle de l'",30 d'élévation par siècle, reconnue pour la Suède, était appliquée à la Norwége.
M. Keilhau (2) a décrit les dépôts d'argile et .de sable coquilliers que Ton observe dans les fiords de ce dernier pays, et qui, ^'étendant jusqu'à une certaine distance dans les terres, atteignent aujourd'hui une altitude de 182 et même de 243 mètres. Maiii l'indépendance des phénomènes sur les côtes orientales et occidentales de la Scandinavie, et l'absence de preuves que, sur ce dernier côté, le soulèvement appartienne réellement à l'époque moderne ou historique, nous ont engagé à renvoyer l'étude de ces dépôts au temps où nous traiterons spécialement des fiages soulevées (raised beachs)^ si nombreuses sur les côtes de l'ancien comme du nouveau monde et qui appartient à Té-
(1) Cmpt. rend., yol Yl, p. 560; 1838.
(^ BuU. Soc. géot. de France, i- série, vol. VII, p. 2i; i836.-Voyez aoBi : Preuves des soulèvements delà Scandinavie dans les temps modernes {MagoA. for Naturvidenskabeme, Christiania, 2* sér., 1855, p. 82 ; 1836 H Ont Lonjardens, sliffning i Norge. Mémoire sur les exhaussements de la côte de Norwége, ibid.; 1857).
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.poque quaternaire. Nous ne nous occuperons donc ici que des soulèyements contemporains, prouvés par des obsenralions directes ou par documents incontestables de l'industrie humaine.
A Tappui des mouvements inverses qui se manifestent dans le nord et le sud de la Suède, M. Forchhammer (i) a fait connaître que l'ile dç Saltholm n a pas sensiblement changé depuis 600 ans, tandis que celle de Bornholm parait s*étre élevée de 1 pied par siècle, et que son soulèvement doit remonter à 1 600 ans. L'auteur signale ensuite, dans le Danemark , le Schleswig et le Holstein, des bancs de coquilles, sur lesquels nous reviendrons, leur contemporanéité ne paraissant pas bien établie ; mais des restes de l'industrie des habitants, recueillis dans les détritus charriés par les eaux sur les iles de la côte occidentale du Schleswig, et à 20 mètres au-dessus de la mer, ne permettent pas de douter qu'elles n'aient été soulevées depuis que ces iles ont commencé à être habitées.
La différence de la proportion du soulèvement, suivant les temps et les lieux, a été constatée aussi par M. Âlmioef (S), qui a recherché les anciennes marques du niveau de la mer sur la côte, entre Haparanda et Sœderkoeping. Quoique la Baltique
(1) Lettre k H. Gh. Lycll, Sur quelques changemenU de niveau qui ont eu lieu en Danemark dans la période actuelle (TransacL geol. Soc. o[ Lonrfow, vol. VI, p. 157; 1841).
Voyex aussi : Forhanàling, vid det afSkandinav. naUtrf.t etc. Tnnoi de la réunion des naturalistes et médecins Scandinaves à Gotbenbourg en 1859. Golhenbourg, 1840, p. 46 et 57.— i«s, 1843, p. 207, 212. -Sitr les changements de niveau et les traces dHnondalion sur la côte occidentale du Sdilesung {Tidssk. f, naturvid. de Kroeger, vol. Il, p. 201). — Nm. Jahrb., 1858, p. 94. — Gh. Kapp, Sur les bancs de sabU de GoedwiUf dans la mer du Nord, formés par le soulèvement^ comme certaina côtes de la Scandinaûie (Almanach de Kaupp, 1856, p. 154. — Heu. Jahrb., 1856, p. 222). — Berzelius, Sur le soulèvement des côtes Scandinaves et les roches polies et sillonnées des numtagnes du Hord (Forhand, vid det afSkandinav. natùrf,, etc. Travaux de la Soc. deti&t- Scandinaves en 1842. Stockholm, 1845, p. 45-^7) i — FordihauuMer, Suites inégalités des oscillations de laScandina»ie {Bull.Soc. géot. de France, l'user., vol. L\, p. 100; 1858).
(2) KongL Vatensk. Àcad. Handt., etc. — IMnsUtutf 19 nui 1842.
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n'ait pas de marées, elle parait être soumise à des variations périodiques dans la hauteur de ses eaux. Dans Tété de 1843, suivant M. Beamish (l), un abaissement se serait manifesté dune manière plus prononcée, et depuis lors elle n'aurait pas repris son ancien niveau. Ce phénomène pourrait être en rapport avec le soulèvement de la côte de la Suède, qui est peu régulier, comme nous l'avons dit, mais qui, d'après le même oh- *servateur, serait plus considérable qu'on ne l'avait admis d'abord, malgré l'immobilité, de la Norwége depuis les temps histmqnes. M. Haagen (i) pense que l'abaissement continu des eaux s'étend à tout le périmètre de la Baltique.
Dans son discours à hi Sociélé géographique de Londres (5), sir R.Murchison a signalé l'existence certaine d'une ligne E. 0., traversant la Suède sous le parallèle de Solvitsborg et le long de laquelle le sol immobile n a éprouvé aucune oscillation depuis plusieurs siècles. Au nord de cette ligne, le sol s'est élevé sensiblement dans ces derniers temps et s'élève encore, tandis qu'au sud, dans la Scanie, il s'abaisse, comme T'ont prouvé MM. Niisson et Lund. Ainsi l'on ne peut se refuser à admettre que le mouvement de la Scandinavie ne ressemble à celui d'une planche ayant au milieu un point d'appui immobile et élevé, et dont l'une des extrémités monte tandis que l'autre descend.
Diaprés des traditions locales et rçxamen attentif des lieux,
(1) Repart 15*^ Meet. bnt. A$$oc., 1845. — Amer. Joum., vol. XLTU, p. 184.
(% Acad, de Berlin, 1844. — LlnslUut, 14 août 1844.
(3) Address to the roy. geogr. Soc, ofLotidon, 1845. — Cet abaissemoit a été confirmé depuis par M. Nilsson. U est indiqué par des marais twibcu ï 14 et 20 pieds an^-desaons de la Baltique, et où se trouvent des sqneleUes humains, des armes, des os d^Âurochs et d'autres animaux tïwdU. {Rep. 1?" Meet. bnt. Ame. ai Oxford, 1847. — Llmtitul, 23 février !848). — Voyez aussi : ffeu, Jahrb., 1850, p. 471. Bibl. univ. de Genève, Se. Phys., 1851, p. 149. Quart. Joum. geoL Soc. of London, Toi. Vil, p. 112. Dans un outrage sur Tapparition de Thonimc en Scandinavie annl Tère historique, par Nilsson, Tauteur cite une roche qui, en 1532, était ^2 piads au-dessou» du niveau de la mer, et qui, en 1844, était à 4 (ieda an-deasos. .Total : 6 pieds en 300 ans on 1 pied en 50 ans. Le nmiTement a été successif.