‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 3)Chapitre 6 sur 78 · ORIGINE DES ÊTUES ET LEUR DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

ORIGINE DES ÊTUES ET LEUR DÉVELOPPEMENT

jncnt des fhils, pluâ de clarté dans le développement et l'enchainement des idées et de s'exprimer dans une langue dont les iliificultés ne soient pas venues s'ajouter à celles du sujet lui/ même. Avec ces qualités, indépendantes de la valeur des idées^i son nom 'eût acquis une popularité que d'autres ont obtenue de leur vivant à bien moins de titres, mais que peut-être la justice tardive de l'avenir ne lui refusera pas*

Par un examen attentif des faunes et des flores qui ont suc- Expo.uion. .cessivement peuplé la surface du globe.nous pourrons arriver, dit Rronn (l), a déterminer le moment où telle ou telle espèce ani- . jnale ou végétale a commencé à paraître dans les eaux ou sur le sol émergé, en un point donné ; nous pourrons également assigner le terme de son existence, sans pour cela que la raison de son apparition ni celle de sa disparition nous soit connue. Il nous sera donc possible d'exposer d'une manière plus ou moins complète, suivant Tétat de la science en chaque lieu, la série des êtres organisés qui s'y sont développés dans le temps, mais la cause même ou la loi fondamentale de cette succession nous échappera probablement toujours, parce qu'elle doit tenir au principe même de la création dont«nous ne connaissons que les effets. Nous ne devons à cet égard rechercher que les probabilités^ en écartant de nos spéculations les hypothèses qui nous paraissent les moins fondées.

On a supposé longtemps que Tidée des générations équivo- Hypothèses quesou spontanées, qui aujourdMiui encore trouve des défen- roripinc seurs, bien qu'appliquée aux animaux les plus inférieurs, ceux o^î-ganllé!. qui se placent à la limite des deux règnes, pouvait servir à expliquer l'origine première des êtres plus élevée. On pensait que devenues successivement plus parfaites et plus compliquées par Taction d'une force inhérente à leur nature et favorisées par les conditions du milieu ambiant, ces ébauches avaient pu atteindre

(I) Essai, d'une réponse à la question de prix proposée par V Académie des sciences (Su}tpîément aux Comptes rendus de V Académie des sciences, vol. Il, p. 511; i86i). — C'est h ce travail couronné par TAcadémic en 1856, et Jont l'ouvrage précédent est une Iraduclion allemande, que 80 rapportent nos citations.

4 ORJGINE DES ÊTRES ET LEUR DÉVEiOPPEMENT. graduellement aux facultés plus élevées dés organismes supérieurs.

Des noms, justement célèbres à d'autres titres dans les sciences, ont, dans ce siècle même, appuyé de leur autorité ces vues d'un autre âge. DeLamarck et Et. Geoffroy Saint-Hilaire ont eu pour antagoniste dans celte voie G. Cuvier qui n'a jamais admis que les influences exercées par les diflërentes manières de vivre ou par d'autres causes extérieures aient pu changer une espèce en une autre, et à bien plus forte raison les caractères gêné- . viquesou ceux des familles. MM. Oken et d'Alton en Allemagne, Unger à Vienne, Grant en Angleterre, n'en ont pas moins persisté à soutenir que, puisque nous ne connaissons aucun! force naturelle qui ait pu produire les espèces, il faut qu'elles soient provenues de la transformation d'une espèce antérieure voisine et ordinairement plus simple. Mais de ce que nous né connaissons pas une chose il ne s'ensuit pas nécessairement qu'une autre soit vraie ou démontrée ; or, ici nous ne voyons qu'une simple affirmation opposée à une négation basée sur l'observation des faits actuels.

Les expériences directes exécutées dans ces derniers temps et avec les précautions les plus déhcates semblent avoir démontré le peu de fondement de l'hypothèse des générations spon^ tanécs et par conséquent avoir renversé la base même de la théorie biologique des transformations ; mais nous reviendrons sur ce sujet dans le chapitre suivant, consacré à VEspèce^ et nous n'avons à rappeler ici que les données les plus générales dé<* duites de l'observation directe.

Les organismes les plus anciens que nous connaissions, ceux que l'on trouve dans les premiers sédiments de la surface de notre planète, qui en ont conservé quelques traces, détruisent, comme ceux de la nature actuelle, l'hypothèse que les êtres les plus parfaits proviennent de modifications séculaires d'espèces antérieures moins élevées. Les mollusques et les crustacés ont assisté aux premières manifestations de la vie. Ceux-ci même sont les plus constants et les plus variés dans les couches les ^lus basses de la série géologique. Ainsi, sur

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