‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 3)Chapitre 7 sur 78 · ORIGINE DES ËTÎIES ET LEUR DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

ORIGINE DES ËTÎIES ET LEUR DÉVELOPPEMENT

174 espèces que Ton comptait en 1859 dans ce que Ton a appelé la faune primordiale ^ tant en Europe que dans l'Amérique du Nord, il y avait 122 espèces de crustacés appartenant à 1 8 genres dont 2 seulement remontaient plus haut, et 1 espèce aussi s'était contiouée au delà deâ limites de cette même faune, dans laquelle se montraient en outre 18 espèces de brachiopodes. Nous ne trouvons donc encore dans la nature aucune preuvedirecle de l'hypothèse. La force qui a produit ces premiers organismes semble, à la vérilc, s'être accrue et développée de plus en plus dans certaines directions; mais il ne s'ensuit nullement qu'il y ait eu transformation des anciennes espèces dans les nouvelles, et celles-ci ont dû naître, comme celles-là, sans une intervention directe et nécessaire de leurs prédécesseurs.

Maintenant la succession des diverses formes animales et Succes»îon végétales indique une marche constante et un plan uniforme organilé^. qui ne peuvent être Teffet du hasard. Chaque espèce n'a qu'une durée temporaire; elle disparait après avoir vécu plus ou moins longtemps dans un espace plus 6u moins étendu, cédant ainsi la place à une ou à plusieurs autres dont l'organisation est souvent plus compliquée.

Les êtres contemporains, qui constituaient la faune et la flore à un moment donné de la vie de la terré, offraient un ensemble dont toutes les parties étaient solidaires les unes des autres comme de nos jours. Ceci est évident lorsqu'on considère, ces faunes, non pas en un point, mais en masse, sous le rapport de leurs fonctions, de leur manière de vivre, de se nourrir, de leurs influences réciproques et de leurs relations sociales, s'il est permis de s'exprimer ainsi.

L*apparition et la disparition des êtres ont dû par conséquent suivre une loi constante pour que ces rapports ne fussent pas rompue, pour que l'équilibre ne fût pas troublé. Les animaux herbivores, en relation nécessaire avec les caractères de la flore et les animaux carnassiers auxquels ils servaient de pâture, ont dû suivre dans les diverses classes une marche parallèle de remplacement. Les grands animaux, comme les petits, ceux dont les conditions de la vie sont si précaires et dont lemode de re-

s ORIGINE DES ÊTRES ET LEUR DÉVELOPPEMENT.

production expose à tant de chanoe^ de mort, aussi bien que -tmx qui ont au contraire le plus de chances de conservation, :ont toujours dû présenter deâ résultats analogues à ce que nous ■ayons sous les yeux, et par conséquent se trouver dans des situations comparables pour accomplir a chaque moment l'œuvre 4e la création. Néanmoins il y a eu, comme nous venons de le dire, pour chaque espèce, pour la plupart des genres et pour J)eaucoup de familles, un moment où ces conditions oiit cessé. C'est lorsque leur cycle s'est trouvé accompli, cycles inégaux fùur chacun, tantôt très-longs, embrassant même tous les Ages de la terre, tantôt très-limités à ce qu'il sembla, ne s'étenidant pas au delà die (quelques milliers d'années et peut-être moins encore.

Ainsi nous n'apercevons pas de loi commune absolue quant à la durée du temps pendant lequel les types organiques ont subsisté; mais peut-être pourrait-on reconnaître la suivante quant aux divers degrés d'organisation, savoir : que la persistance des formes en général se trouverait être en raison inverse de leur élévation dans la série. Les êtres les moins c>orapliqués paraissent être à la fois ceux dont la durée a été la plus longue et qui se sont le plus propagés en surface. Les organismes les plus simples auraient alors mieux résisté aux changements ou aux différences de conditions extérieures que les . plus complicpiés.

De l'homme. ' Ce plan gradué et néanmoins toujours complet que la nature a suivi jusqu'à l'apparition de l'homme n'a pas eu nécessairement pour but l'existence ni l'agrément de ce dernier. Cette idée d*une cause finale bornée^ à laquelle nous voyons, même encore aujourd'hui bon nombre d'esprits se rattacher, en se fondant sur l'apparence déceptive de certaines données générales que ne justifie nullement une étude plus sérieuse des faits, flattait trop notre amour^propre pour n'être pas souvent reproduite. Mais rien jusqu à présent ne prouve que l'homme soit la fin ou le dernier mot de la création, qu'il en soit, comme on Ta ■dit, le couronnement; et en effet l'idée de créatures plus par*faîtes, douées d'attributs différents, se retrouve en germe^

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