‹ Introduction à l'etude de la paleontologie stratigraphique (volume 4)Chapitre 10 sur 60 · ORIGINE ET DISTRIBUTION DES EAUX DOUCES · texte numérisé non relu

ORIGINE ET DISTRIBUTION DES EAUX DOUCES

mît qu'elles s'y maintinssent à Tétat liquide, détermina la formation d*un Océan sans bornes, peu profond, mais parsemé, comme on Ta dit, d'innombrables ilôts, représentant les aspérités de la première croûte oxydée de la terre et enveloppés d'une atmosphère épaisse, dense, laissant pénétrer à peine une partie de la lumière solaire. Aussi peut-on dire que cette expression du deuxième paragraphe de la Genèse : La terre était informe et tonte nue, les ténèbres couvraient la surface de rabtme, Vesprit de Dieu était porté sur tes eaux, est une belle image de Fétat du globe tel que nous pouvons nous le représenter à ce moment.

Tant que dura cet état de choses on conçoit qu*il ne pouvait y avoir d'eau douce permanente ; car, en supposant que l'atmosphère fût déjà assez refroidie et puriGée des substances étrangères tenues en suspension soit à Tétat de gaz, soit à l'état de vapeur, l'eau résultant de la condensation retombait toujours dans la mer, ou sur ses îlots primitifs, ne trouvant encore aucun récipient suffisant pour se conserver. S'il y en avait, leur faible étendue, leur peu de profondeur, l'élévation de la température du fond comme celle de l'air ne permettaient pas a Peau d'y séjourner ; de sorte que ces étangs et ces lacs des premiers âges de la terre étaient purement temporaires.

Si nous en jugeons par ce que nous connaissons des êtres organisés de la période silurienne, il en fut ainsi pendant uu laps de temps énorme, car nous n'y trouvons nulle part de formes animales qbi rappellent , je ne dirai pas celles de nos eaux douces actuelles, mais celles que nous connaissons dans les époques tertiaire et secondaire, lesquelles sont d'ailleurs tellement analogues à celles de nos jours, que l'on comprendrait difficilement qu'il en eût été autrement dans les époques antérieures. Toutes les formes paraissent donc être marines et rien dans les produits organiques de ces temps reculés ne trahit l'existence de terre& émergées d'une certaine étendue; les premières traces des végétaux qu'on y rencontre sont d'origine aquatique et marine, et celles de la période dévonienne apièsirtiennent à des plantes qui ont vécu sinon dans la mer, du moiiiâ j

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à une bien faible iiauteur au-dessus de son niveau ou dans des eaux peu profondes qui n^en différaient guère.

La première condition pour la permanence des eaux douces Premières êlait donc l'existence de surfaces émergées, assez étendues et ^^^^^^ assez élevées, pour que celles qui provenaient de la condensa- s«»»n>âire9. tion des vapeurs aqueuses de Tatmosphère pussent s*y conserver dans des dépressions sans communication avec TOcéan, et la seconde une température assez basse pour qu'il ne s'y produisit plus de vaporisation complète.

Il est probable aussi que dans les premiers temps les vapeurs aqueuses entraînaient une certaine quantité de substances étrangères, et ce ne fut qu'après une succession assez nombreuse de vaporisations et de condensations que Teau se trouva dégagée de ces substances et fut tout à fait douce, de saumâtre qu'elle devait être d'abord. Ce ne fut même que lorsque Tatniosphère eut acquis à peu près la composition que nous lui voyons aujourd'hui, que les vapeurs aqueuses condensées devinrent réellement douces.

Les conditions nécessaires à l'existence permanente des eaux conséquences douces paraissent ne s'être réalisées que déjà assez tard dans rexistence rhistoire de la terre, car ce n'est qu'à l'époque carbonifère gjm^j*„c^ que nous en observons les effets avec certitude, et sur une grande échelle. La végétation de cette époque, d'ailleurs d'une immense durée, dénote une température comparativement encore élevée , une atmosphère humide dans laquelle nous avons supposé une proportion d'acide carbonique de 0,05 à 0,08 de son volume, et un sol également humide, presque au niveau de la mer, au moins dans beaucoup de cas. Cette végétation, que nous voyons s'être étendue du 80° lat. au 35^ sans qu'elle se soit prolongée au delà, dans chaque hémisphère, jusque entre les tropiques, est un des grands phénomènes organiques de l'histoir^de la terre, phénomène qui ne s'est jamais reproduit depuis avec la même généralité ni avec les mêmes (^ractères. Il a donc fallu, pour qu'il se manifestât, un concours de circonstances bien particulier dans les conditions, physiques de la surface de notre planète.

5i ORIGINE ET DISTRIBUTION DES EAUX DOUCES.

Avec une végétation qui annonce la présence des eaux douces et des eaux saumâtres, quelques animaux respirant Pair en nature, des reptiles, des insectes, des mollusques terrestres, tous encore en bien petit nombre à la vérité, prouvent aussi une modification dans sa composition et une adaptation à des fonctions physiologiques qui auparavant n'aurait pas été possible. Si les calculs approximatifs dont nous avons indiqué les résultats pouvaient être admis et que l'atmosphère de la période houillère ait perdu 36 millièmes de son volume en acide carbonique, on conçoit que les périodes suivantes se soient ressenties d'une semblable perturbation dans les conditions de la vie, comparées à celles qui les avaient précédées.

Cette fixation dans Tintérieur de la terre d'une partie constitutive de son atmosphère, à un moment donné ou mieux pendant une période dont nous avons déjà cherché à apprécier la durée (antè^ 1^^ partie* p. 523, nota), est une circonstance sur laquelle nous, avons appelé ci*dessus Tattention et sur laquelle on ne réfléchit peut-être pas^ssez. Le résultat accompli par la seule intervention des forces végétales porte à se demander s'il entrait dans le plan général de la nature, ou bien s*il n*est qu*un fait particulier, non essentiel à son harmonie, surtout lorsque l'on considère la pauvreté relative des faunes et des flores qui lui ont immédiatement succédé. »

A-t-il fallu que Téquilibre se rétablit par Tarrivée successive de nouvelles quantités de carbone, comme il on vient encore aujourd'hui de l'intérieur? ou bien a-t-il fallu attendre le développement graduel de nouveaux êtres en rapport avec ces nouvelles conditions? L'affaiblissement sensible, ouTappauvrissement général des forces organiques, remarqué depuis longtemps pendant l'ère permienne et triasique, comparé à l'exubérance de la vie pendant la période carbonifère qui l'avait précédée efla période jurassique quij'a suivie, peut appuyer Tune et Tautre hypothèse.

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas non plus un fait moins curieux, comme nous l'avons déjà dit (antè^ p. 19), que le rôle qui semblait être destiné à l'homme dans cette question d'cco-

faite

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rarcroifse-

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