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tous les faits observés ; mais il nous semble inutile d'ajouter que l'oxygène, devenu libre par la formation successive delà houille, aurait été employé à Toxydation successive des métaux. Cette action, depuis cette époque, ne s'est guère exercée, sur une certaine échelle et par la voie humide, que sur le fer, et elle ne peut avoir employé qu'une faible proportion de l'oxygène do l'air (i).
Néanmoins, si la composition de Tatmosphère était différente de celle de nos jours, quant à la nature de ses éléments, ou quant à leurs proportions s'ils étaient les mêmes, elle a pu agir d'une manière favorable sur les classes de végétaux et d'animaux que nous voyons plus particulièrement représentées dans les périodes anciennes de la terre, tandis qu^ellc s'opposait au développement de celles qui ont apparu ou se sont développées surtout depuis. Les changements se sont d'ailleurs toujours manifestés graduellement et sans secousses, sans interruptions, tels qu'ils se sont produits à tous les âges. Nous avons déjà indiqué cependant qu'après la période carbonifère il y avait eu une diminution sensible dans les produits de l'activité organique, annonçant quelque modification importante dans les conditions de la vie. Les animaux les plus inférieurs qui s'assimilent le carbonate de chaux, les rhizopodes, les polypiers, les radiaires, sont rares ou manquent dans les couches pcrmiennes et triasiques de la plupart des localités; les couches calcaires n'y ont aussi qu'un faible développement comparé à celui des grès, des poudingues, des argiles et des sables.
Si la géologie ne nous apprend pas quelle était la tempéra- caube» ture de la surface du globe lors des premiers dépôts de sédi- p**î*^"°*ment, on peut supposer qu'elle était assez basse pour que l'eau y '^^^^l^y^'^' demeurât à l'état liquide en s'accumulant dans les dépressions; ment graduel c'est, comme on le sait, une température à laquelle arrive la ses errcu. partie supérieure d'un courant de lave peu de jours après sa sortie du cratère.
(1) Sairant Ebelmea, il suffirait que les roches stratifiées continssent 1 p. iOO de proloxydc de fer pour que celui-ci absorbât tout Toxygônc de Tair.
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Outre que cette surface aurait été alors beaucoup plus chaude qu*elle ne. l'est actuellement, les conditions d'humidité et de pression ou de densité devaient être difTérentcs, les mers plus étendues et les climats plus uniformes. Il n*y avait point de neiges sur les montagnes, qui étaient d'ailleurs peu élevées, constituant seulement des collines, peut-être comme celles du Limousin et de la Bretagne ; il n*y avait point de glaces aux pôles, et les courants atmosphériques, dont la température et l'humidité sont aujourd'hui si variables, n'ont pu acquérir les caractères que nous leur voyons qu'à mesure que l'écorce terrestre se refroidissait, que les montagnes prenaient plus de relief, que leurs sommets, comme les extrémités de l'axe de la terre, se couvraient de neiges éternelles. Les saisons deviennent aussi de plus en plus prononcées par les contrastes et les oppositions en rapport avec l'influence solaire, qui était d'autant plus prépondérante que la chaleur propre de la terre diminuait elle-même davantage.
Tous ces effets ont dû être graduels, comme le refroidissement lui-même, et devenir de plus en plus lents, et les modifications qu'il s apportaient dans les conditions de laviesuivaient la même marciic, de sorte que les changements subis par les cires organisés et en rapport avec ces conditions devaient précisément produire des résultats que nous pouvons encore apprécier.
Si les choses se sont passées ainsi, dit Bronn, à qui nous empruntons ses considérations sur l'ancien état de notre planète, sauf à les discuter et à les commenter s'il y a lieu, le caractère essenliel des premières faunes et des premières flores a dû être leur uniformité dans toutes les zones, au moins quant aux familles, si les genres et les espèces diHcraient. L'abaissement successif et continu de la température aura dû occasionner l'extinction également continue et successive de ces premières formes, puis leur remplacement par d'autres adaptées à ces nouvelles conditioas, mais moins nombreuses alors, suivant le paléontologiste de Bonn, parce qu*un climat tempéré ne nourrit, à surface égale, qu'un nombre d'espèces
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infériear à un climat chaud, remarque dont Tcsactitude n'est d*ailleiirs que rebtÎTe, car il se hàlc d'ajouter que h diversifiulion des dimats a du lairc varier a population de telle sorte, que rensemblc des dÎTerses zones réunies peut odrir un aussi f^TRod nombre de types que lorsque la température plus éleréc était aussi plus égale partout.
Le refroidissement s'avançant des pèles vers Téquateur, à mesure que la cbaleur propre du globe se perdait ou diminuait et que celle du soleil deyenait, par suite, plus prépondérante, les animaux et les végétaux ont dû, toujours d'après Bronn, dbparaitre des premiers, tandis que sous le second ils auraient conservé une partie de leurs richesses originaires. Mais ce raisonnement, tout spécieux qu'il semble d'abord, n'est pas sufti* samment justiGé par l'observation, et conduirait, en outre, à itoe hypothèse émise souvent par des personnes qui ne se rendent pas bien compte de l'état de la science à cet égard. Cette lij-pothèse, qui consiste à faire descendre les flores et les faunes des pôles vers l'équateur, conformément à la marche du refroidissement de la surface, tombe devant la plus simple observalion comparative des faits, et, si elle pouvait être admise, le pt incipe fondamental de la distribution des êtres organisés dans les couches de la terre se trouverait complétemoit détruit.
Pour nous, les mêmes faunes et les mêmes flores ont été contemporaines et non successives des pôles vers l'équateur, e( cela parce que Tordre des formations géologiques qui les renferment n'est pas géographique, mais stratigraphique ; il ne s'ob- "^ffve pas dans l'espace, mais dans le temps. C'est ainsi que la flore carbonifère du Spitzberg, par 80"* lat. N., est contemporaine de celle d*Espagne, par 40** lat. N., comme celle de la NouTelle-Écosse, par 45'' lat., l'est de celle de l'AIabama, par 35*. Sur ces divers points, en effet, elle a été précédée et suivie dans le Nord par des faunes et des flores comparables elles* mêmes à celles du Sud, sans avoir, pour cela, pénétré entre i€s tropiques. L'hypothèse du déplacement des formes par migrations, si elle s'est réalisée, n*est pas une loi, c'est tout au plus un fait local, accidentel, dont nous verrons que quelques
tiicoriés modernes ont singulièrement abusé. La Téritable loi de la succession des êtres doit être assignée à une tout autre cause ; elle est fonction du temps et non de l'espace.
Quant à cet autre principe déduit par Bronn (p. 551), qu'il Y a décroissance du nombre des genres et des espèces en un lieu, tandis que la diversification des faunes et des flores se manifeste dans différentes zones, et que les changements et la réduction des formes sont plus rapides vers les pôles que vers Téqualeur, on peut dire que la première partie reste à démontrer. S'il y a parmi les végétaux et les animaux actuels des familles telles que les cryptogames vasculaires, les palmiers, les liliacées, les cyc^dées, les cupressinées, les cactées et les magnoliacées, ou les oiseaux-mouches, les perroquets, les sin- • ges, etc., propres aux régions chaudes du globe, on n^cn peut pas conclure que la température détermine seule des types organiques particuliers; car dans les deux règnes certains genres ont des espèces qui vivent sous les tropiques et d'autres sous les zones tempérées et même glaciales. Il y a d'ailleurs pour les animaux carnassiers, insectivores, frugivores et herbivores, une relation nécessaire avec les productions végétales des pays, et, par suite, entre eux.
Orjgrapiiie ^ massifs cHstallins ancienâ sont peu nombreux, peu étenii dro*^ra ihic ^"* ®^ P^" élcvés, tandis que les hautes chaînes de montagnes ont jété formées à des époques comparativement récentes, comme on en juge par les roches sédimentaires plus ou moins redressées sur leurs flancs. On peut en déduire que les bassins des mers étaient à l'origine moins profonds qu'ils ne le sont devenus depuis, que les surfaces continentales étaient moins étendues et les iles basses très-nombreuses, de sorte que la sur^ face du globe devait offrir Taspect d'un immense archipel. Par suite d'émersions successives^ les continents se formèrent^ et les ridements de l'écorce terrestre, quelles qu'en aient été la cause où les causes, constituèrent les chaînes de montagnes.
Les courants marins, résultant du mouvement général de la rotation de la terre, d'abord assez réguliers, devinrent, par suite des nouvelles terres émergées qui modifiaient leur direc-
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tion, de plus en plus irrégiiliera, Tariant à chaque modification des contoors de ces terres. Or, de pareils changements apportés dans la profondeur des eaux^ Vélération, les Tonnes et Tétendue des terres, durent aCTect^ les animaux qui peuplaient les premières, comme Teslension et les reliefs plus prononcés des secondes élablirent à leur surface un régime nouTeau ei de nouvelles stations pour les animaux et les plantes. Ce régime prodaisil les eaux douces des lacs, des marais, des tourbières, les eaux sanmàtres des caspiirauies et des cours d'eau de plus eo plus étendus. A ces nouvelles conditions de la Tie ou hab'Uûis correspondirent des familles, des genres et des espèces d'animaux et de fégétanx, organisés suivant des types particuliers oi rapport arec ces mêmes conditions.
n se forma des dépôts dont les caractères, également particuliers, étaient en relation avec ces causes. Ce furent des marnes, des calcaires lacustres accompagnés de silice, des dépôts sableux, argileux, limoneux, caillouteux, torrentiels ou d*eau tranquille. Toutes ces modifications hydrographiques, tapagraphiques et, par suite, météorologiques^ durent manifester loir influence sur les caractères des faunes et des fl<M'es, modiiicalions fort lentes sans doute de part et d*autre et néanmoins continues, si Ton en juge par leur comparaison attentive.
M. flopkins (l |, Tun des savants anglais qui se sont occupés avec le plus de talent des applications de la physique a la théorie de la terre, a pensé que si un alTaîssement du nord de ■ Europe permettait au Golf-stream de passer au nord de l'A- 'ie, la Sibérie pourrait jouir d*un climat presque aussi tempéré que celui de TEurope septentrionale, dL il ajoute qu'il serait de nouveau. possible que les Éléphants et les Rhinocéros vécussent là où leurs os et même leurs cadavres entiers gisent actuellement dans un sol glacé.
Mais les plaines de Textrémité nord'-est de TEurope et de TAlâe, qui sont actuellement sous les neiges pendant plus de la
I) LmdongeoL Journ.f vol. Vtll, p. 2i-55; 1852.
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moitié de Tannée, et privées de lumière pendant deux mois, ne produiraient pas pour cela une végétation susceptible d'alimcnter une pareille population. C'est une erreur que d^altribucr à Faction seule duGulf-stream rabaissement d s lignes isothermes sur les côtes de FEurope occidentale, et il y a, pour celles de la Norvège en particulier, deux causes dont les effets s^ajoutcnt pour y déterminer une température comparativement douce. Cet abaissement tient surtout à la direction des vents dominants qui tendent à faire participer cette région de l'Ouest à l'unirormité plus grande de la température de TAtlantique, avantage qui diminue a mesure que Ton s'avance vers TEst, à travers Tancien continent, et dont ne jouirait pas T Asie septentrionale, quand mcrne le Gulf-stream suivrait ses côtes au lieu de se replier au Sud.
M. Dana (l) a appliqué le même raisonnement aux côtes occidentales de TAmérique centrale, en supposant un aflaisseraent de sa partie Sud et une émersion un peu plus étendue de TArrique méridionale. L'élévation de la température due à cette cause ne serait pas moindre de 10° à iT.
D'un autre côté, 1 élévation et Tagrandissement des masses continentales en a rendu les climats plus extrêmes, indépendants des zones géographiques, plus secs, plus ciiauds en été, plus froids en hiver, en même temps que Téloignement et la diminution des surfaces océaniques alTaiblissaient rinfluencc égalisante dont nous parlions tout à Theure. oiiM7rvattons Le savant auteur de l'Index paixontologicus se met ensuite à ^*1!^ traiter, sans aucune transition, des glaces polaires, et des neiges c. Bror.n. perpétuelles, de la fonte des anciens glaciers des Alpes, elc. Un pareil sujet méritait bien quelques recherches en traitant de la climatologie ancienne, et il importait de s'assurer à quel moment cet état de choses avait pu conunencer.
Si Ton prend en considération les caractères généraux de^K roches des dernières formations secondaires et ceux des fossiles jurassiques et crétacés rencontrés sous des latitudes fort élevées
(1) Amer. Joum. de SîUiman, vol. XVf, p. 591, 4854.