SCRTENUS DANS LES CONDITIONS DE LA VIE
daDS le nord de l'Asie el de rAmcrique, de 60** à l^y il paraîtra peu probable que les mers polaires fussent courertes de daces même temporaires pendant ces périodes, et à plus forte raison pendant celles qui les auraient précédées ; aussi sommes- QOQs porté à croire que l'existence de glaces permanentes i]ai)»le Toisinage des pôles ne remonte pas au delà de l'époque leiiiaire.
Lfs chaînes de montagnes isolées, comprises entre les cinquantièmes degrés de latitude N. et S. et couronnées de neiges perpétuelles, sont toutes peu anciennes quant à leur grande élévation, qu'elles ont atteinte pour la plupart depuis l'ère crétacée, par conséquent pendant Fépoque tertiaire. Ainsi, I inOnence des glaces polaires, comme celle des neiges perpétuelles sur la diversité des climats et sur' les cfaangements qa*ils éprourent dans le cours d'une année, en un point quelconque de la surface de la terre, est un phénomèmc relativement peu ancien.
Avec l'époque tertiaire commence, au point de vue organique, un ensemble de faits nouveaux dont les formations secondaires n'offraient point d'exemples, ou pendant lesquelles se manifestaient seulement des tendances encore mal caractérisées vers un ordre de choses différent. Des familles entières et des genres avaient cessé d'être représentés, tels que les céphalopodes à cloisons persillées, les Bélemnites, les rudistes, les Anancfaytes, etc., tandis que d'autres genres ou familles et même des classes apparaissent pour la première fois, tek que les mammifères terrestres placentaires et les vrais dicotylé- 'lones. C'est à ce qu'il semble le changement organique, à la fob le plus considérable et le plus brusque, qup nous offre la ^rie des terrains, et tout porte à croire qu'il a coïncidé avec quelque modification profonde dans les conditions climatolo* ziqu» ou mieux orographiques et hydrographiques de la surbcc de la terre.
Mais ce ne sont point étidemment les petites causes locales, quelque multipliées qu'on les suppose, invoquées par Bronn p. 555 et suivantes), qui ont amené ces changements généraux
à un moment donné, comme dans la série des temps. Elles seraient complètement insuffisantes *pour en rendre compte. Cen'estpas avec deseiTets limités à certains points particuliers que Ton peut s'élever à une véritable syntfaèse des phénomènes et à Torigine de leur cause. Ces influences bornées ont produit des résultats bornés, mais non pas nécessairement dans le même sens, dans celui du progrès, de l'élévation ou du jierfectionnement des êtres, conune le présumait le savant paléontologiste de Bonn, qui fut en cela le précurseur d'un naturaliste dont nous étudierons tout à Theure la théorie, car ces influences pouvaient tout aussi bien se maniCester par des changements inverses ou de dégradation.
La diversification des êtres organisés soumis à la seule action des causes locales aurait été ici dans un sens, là dans un autre, et sur un troisième point ces êtres auraient pu rester parfaitement stationnaires; or, c est ce que Ton ne remarque pas. La diversification des types organiques, leur complication ou leurs perfectionnements, l'apparition des uns comme Yextinction des autres marchent parallèlement dans les deux règnes, s' avançant toujours dans le même sens et partout en même temps ou à très-peu près. Telles sont les preuves frappantes de rexTstence de lois indépendantes des causes locales ou accidentelles et auxquelles la nature organique semble avoir été soumise depuis l'origine des choses, tout en restant plus ou moins dépendante des conditions physiques générales.
C'est ce que Bronn désigne par l'expression de loi du développement progressif indépendant et de loi du développement terripète du règne organique; mais rien n'établit pour nous la distinction bien nette de ces deux résultats ni de leurs causes; aussi les regardons-nous comme trop intimement liés dans l'état actuel de nos connaissances pour essayer de faire la part des uns etdes autres* .