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OUVRAGES THÉORIQUES GÉNÉRAUX

résultats sont attribués à la chaleur interne du globe et à l'expansion qu'elle a occasionnée en même temps que la rupture des couches, leurs inclinaisons, leur redressement et tous les phénomènes qui dénotent une action physique plus ou moins énergique. Ces idées n'ont, comme on le voit, rien d’absolument original, et ne sont que la reproduction, avec des développements, de celles de Needham, de L. Moro et de beaucoup d’autres.

Pour Hutton, toutes ou presque toutes les couches calcaires renferment des débris d'animaux marins, et toute couche calcaire horizontale doit avoir été déposée au fond de la mer. |

Dans la troisième partie de son ouvrage, il établit que l'action des feux souterrains n’a pas dû produire d’éruptions analogues aux volcans modernes, mais que son effet a dû être de soulever les couches au-dessus du niveau de la mer, « Si cette théorie est « juste, ajoute-t1l, on doit s'attendre à trouver des matières « fondues ou fusibles, sous forme de laves, parmi des couches « où il n'y a aucune marque visible de volcans. C'est un fait « important, car s'il se trouve que des quantités considérables « de matières analogues aux laves ont été comme imjectées « parmi les couches originairement formées au fond des eaux, « et maintenant au-dessus de leur surface, il en résultera que « nous avons découvert l'opération secrète par laquelle la ra- « ture travaille et durcit de nouveaux continents et la manière « dont elle à préparé celui que nous habitons. »

Il ya beaucoup de vrai dans ce passage; l’imjection des roches isnées à travers les roches sédimentaires, et leur influence sur les modifications de ces dernières, qui est le principe des effets du métamorphisme de contact, sont très-réels; mais il ne faut pas perdre de vue que Hutton attribuait l'endurcissement et la consolidation de tous les dépôts sédimentaires indistinetement à cette même chaleur centrale.

Ses disciples reçurent le nom de vuleaniens ou vulcanistes, de plutoniens où plutonistes, par opposition à ceux de Werner, appelés neptuniens ou neptunistes. Parmi les plus distingués

Plasfair.

nous signalerons Flayfair, qui a donné, en 1802, une Explication de la théorie de son maître, travail remarquable à beaucoup d'égards, et sur lequel nous nous arrêterons un instant (1).

Il rappelle d'abord que, suivant Hutton, «tous les strates de « la terre, non-seulement ceux qui sont composés de chaux, « mais encore tous ceux qui recouvrent les premiers, ont tiré « leur origine de la mer, par la réunion du sable, du gravier, «des coquilles, des coraux, des crustacés, des terres et des « glaises mélangés ou séparés et accumulés. Telle est la con- « clusion générale qu'autorisent les apparences de la nature «et qui est de la plus haute importance dans l'histoire natu- « relle de la terre. »

Plus loin, après avoir cité les coquilles fossiles trouvées en place dans la roche par D. Ulloa, près de la mine de mercure de Guanca-Velica au Pérou, à 2222 toises d'altitude, Playfair se demande (p. 106) si ce changement de niveau relatif de la terre et de l'eau doit être attribué à l'abaissement de la mer ou bien à l'élévation des strates eux-mêmes, et il se prononce pour cette dernière supposition. Les raisons qu'il en donne sont les plus plausibles, et il cite à l'appui le passage de de Saussure, relatif aux poudingues de Valorsine, puis il ajoute (p.115) : «Rien de « mieux fondé que ce raisonnement; et, si son ingénieux auteur « l'avait poursuivi plus systématiquement, il l'aurait conduit à «une théorie des montagnes très-peu différente de celle que « nous cherchons maintenant à expliquer. » Car s’il est prouvé que quelques lits, aujourd'hui verticaux, ont été formés horizontalement, 1ln°y a pas de raison pour ne pas adopter la même conclusion pour tous.

Quant au résumé le plus succinet et le plus explicite des idées de Hutton, son élève s'exprime ainsi (p. 8 et 391) : « Hutton, « dit-il, attribue aux phénomènes de géologie un ordre sem-

(1) Explications sur la théorie de la terre, par Hutton, in-8, Édimbourg, 1802. Tradnet. française par GC. Basset, avec un Examen comparatif du système géologique fondé sur l’eau et sur le feu, par M. Murray, en réponse à l'explication précédente, in-8, Paris, 1815.

TRAVAUX DESCRIPTIFS. 154 « blable à celui qui existe dans les opérations de la nature qui « nous sont les plus familières; 1l produit les mers et les conti- « nents, non par accident, mais par l'action de causes régulières « et uniformes. Il fait servir la destruction d'une partie au réta- « blissement d'une autre, et il donne de la stabilité au tout, « non en perpétuant les individus, mais en les reproduisant par « succession. » C'est, en effet, la manière la plus large, la plus simple et la plus conforme aux faits généraux alors connus, et que les découvertes ultérieures sont venues confirmer. L'incandescence de l'intérieur du globe et son refroidissement graduel, quoique aujourd’hui excessivement lent, donnant lieu, par l'expansion des gaz et des matières fluides, au déplacement, au soulèvement et à l’inclinaison des roches stratifiées, complète un système parfaitement ordonné dans ses diverses parties, parce que les éléments et les forces qui agissent fonctionnent dans leurs attributions propres, suivant leurs véritables propriétés, simultanément, dans les limites de leur pouvoir. Ce système est donc préférable à celui de Werner, en ce qu'il est moins exclusif, fait la part plus juste entre les divers agents qui concourent au résultat commun, et il doit être, par conséquent, plus près de la vérité.

8 2. Travaux descriptifs.

Si nous passons actuellement aux travaux plus particulièrement descriptifs, soit stratigraphiques, soit paléontologiques, nous signalerons d’abord les recherches de George Owen, né dans le Pembrockshire, et qui, vers la fin du xvr siècle, avait écrit, sur la topographie de ce pays, un mémoire qui ne fut publié que longtemps après, dans le deuxième volume du Cambrian register. L'auteur y trace, avec beaucoup d’exactitude, la direction et l'étendue des couches de houille, celles de calcaire qui Les accompagnent dans toute la portion sud du pays de Galles, et il fait voir leurs relations avec les parties du Gloucestershire et du

xvi° sièc®.

xvit siècle,

Somersetshire qui l'avoisinent. C'est probablement le premier essai qui ait été tenté pour établir ce principe, que les mêmes séries de couches se succèdent dans un même ordre, régulièrement sur de grandes surfaces, de manière à dévoiler leur constitution géologique. Ce travail, resté ignoré pendant bien des années, est encore un de ces exemples de l’anticipation des découvertes, qui ne sont appréciées que longtemps après leur apparition, et qu'on rencontre à chaque pas dans l'histoire des sciences. Elles ne contribuent point à leur avancement, faute d’avoir été comprises, et c'est ce que nous avions déjà vu en Italie et en Allemagne.

T. Lawrence (1) a fait connaître quelques coquilles du Norfolk provenant probablement du crag supérieur; Merret (2) a donné un recueil des objets d'histoire naturelle de l'Angleterre ; Childrey (5), un ouvrage à peu près du même genre el dans le même temps; J. Beaumont (4) a publié deux lettres sur diverses pétrifications du Somersetshire, et Plott, son histoire naturelle de l'Oxfordshire (5), où l'on trouve encore aujourd'hui d'utiles indications.

Martin Lister (6) paraît avoir eu l'idée de la construction de cartes géologiques régulières, ce qui mdiquerait qu'il comprenait déjà, comme G. Owen, la disposition symétrique des couches sédimentaires sur de grandes étendues de pays. Son projet n'a point été mis à exécution, mais 1l trace la marche qu'il aurait suivie en parlant des divisions qu'il se proposait d'adopter pour le Yorkshire, et une carte coloriée d’après ses données aurait déjà représenté d'une manière satisfaisante la composition

(1) Mercurius centralis or a Discourse of subterraneal cockle, muscle, etc., in-12, Londres, 1664.

(2) Pinax rerum natur. Brilannic., in-4. Londres, 1667-77, 1704.

(3) Histoire des singularités naturelles de l'Angleterre et de l'Écosse, ele., in-12. Paris, 1667.

(4) Two letters concerning rock -plants, etc.—Philos. transact., vol. Il, n° 199, p. 124, 4676. — 1b., vol. XIIE, p. 159.

(5) Natur. hist. of Oxfordshire, in-[, 1686.

(6) Historiæ anün. Angliæ tractatus, in-4. Londres, 1678.

séologique de ce pays. Lister connaissait aussi la continuation de la craie d'Angleterre au delà du détroit, sur les côtes de France, et l'on peut présumer, d'après diverses notes, qu'il admettait, au moins dans certains cas, la distinction des couches par la différence de leurs fossiles.

[a donné la première figure d'une coquille du genre Productus, qui à joué un si grand rôle parmi Les brachiopodes de la période carbonifère : c'est le P. giganteus (1); il a décrit des Glossopètres ou dents de Squales (2), des baguettes d'échinides, appelées alors dactyli Idæi et lapides judaici où Judæi (5) plantes fossiles (4) et des Astéries (5).

Dans son Essai d'une histoire naturelle de la terre et des corps qu'elle renferme, J. Woodward (6) a reconnu la véritable origine des fossiles qui devaient se trouver au fond de la mer lorsqu'au moment du déluge les abimes s'entr'ouvrirent Lout à coup. Ces débris organiques furent enfouis dans des dépôts qui se consolidèrent ensuite. Le sol de l'Angleterre est, dit-il, composé de couches horizontales superposées et formées

, des

sous les eaux. Mais il ajoute que les matières sédimentaires sont arrangées suivant leur pesanteur spécifique, les supposant toutes en dissolution en même temps dans le même liquide. L'examen attentif qu'a fut Woodward des caractères des fossiles et de leur arrangement dans les strates prouve que c'était un observateur beaucoup plus judicieux que la plupart de ses contemporains.

L'ouvrage le plus remarquable de ce temps-là et qui vient clore la liste des publications du xvn° siècle est celui d'Édouard

(4) Historia seu synopsis methodica conchyliorum, in-F, 1685-1688. (2) Philos. transact., vol. V, p. 293.

(3) Ibid., vol. IX, p. 224

(4) Jbid., vol. VIT, p. 6181, 6191, n° 100.

(5) Tbid., n° 112, vol. X, p. 274.

(6) An essay towards a natural history, ete., in-8. Londres, 1695. — 2° et 5° éd., 1702,1723.— Éd. lat. de Scheuchzer. Zurich, 1704. Éd. allem., 1744. — An attempt towards a natural history of the fossils of England, in-8, 2 vol. Londres, 1729, — Acta erudit., p. 548, 1730.

E. Lhwyd.

Lhwyd ou Luidius, intitulé Lithophylacii britannici ichnographia (1), où distribution classique des pierres fossiles de l'Angleterre et d’autres pays, remarquables par leur forme particulière, recueillies par lui ou par ses amis. Ce livre se distingue par son esprit essentiellement linnéen, par la précision et l’exactitude des descriptions comme par la simplicité de la méthode. C'est une énumération systématique de 1600 fossiles, animaux et végétaux, et de quelques substances minérales. Les localités d'où ils proviennent sont partout indiquées avec soin et d'une manière aussi scrupuleuse que nous pourrions le faire actuellement, On n'y trouve point ces digressions verbeuses dont les écrivains allemands de ce temps-là étaient si prodigues, et lon conçoit que le livre de Lhwyd ait paru sous d'illustres patronages, tels que ceux de Newton, de Lister, du grand chancelier d'Angleterre, du comte de Dorset, ete. On remarque parmi ses souscripteurs, ce qui devait ètre bien rare alors, le nom d'un savant français, de Geoffroy (2).

Cest Lhwyd qui proposa le nom de Terebratula pour des coquilles symétriques à valves inégales et dont le crochet de la grande valve est perforé, On sait que ce nom est synonyme de celui d'Anomya, que nous avons vu adopté par F. Colonna et qui prévalut jusqu'en 1801, où Bruguière reprit la dénomination de l’auteur anglais en en séparant les Anomies actuelles.

Lhwyd désigna sous le nom d’alvéole le cône cloisonné intérieur des Bélemnites, et sous celui de Trinucleus un trilobite qui, dans ces derniers temps, est devenu le type de tout un genre de cette famille, Il a décrit des crinoïdes (Encrino Lachmundi), des poissons, des vertèbres de reptiles (fehthyospondylus), gte.,

(1) In-8, 23 pl. Londres, 1699. — Leipzig, 1699. — Acta erudit., 1699, p. 393. — Editio alt. Oxford, 1760, avec 25 pl.

(2) Nous ne savons pas précisément lequel des deux frères de ce nom, qui furent tous deux chimistes et de l'Académie des sciences, est ici désigné ; l'aîné était professeur au Jardin des Plantes et au Collége de France. On ne peut pas supposer que ce fut le fils de ce dernier, l'auteur du Traité des coquilles des environs de Paris, qui est né seulement en 1729.

TRAVAUX DESCRIPTIFS. 175 et a publié plusieurslettres sur des sujets particuliers (1). On reurette qu'un esprit aussi distingué et naturellement juste se soit laissé influencer par les opinions de son temps au point d'ad-

mettre les idées les plus étranges sur la nature et l'origine des corps fossiles qu'il attribuait à des êtres organisés, disséminés par les vents et les eaux, ayant pénétré dans l'intérieur de la terre pour y produire, sinon des êtres parfaits, au moins des ébauches assez avancées qui représentaient de véritables animaux. Au point de vue géologique, 1l semble néanmoins avoir eu l'idée de l'existence de fossiles particuliers en rapport avec la position des couches, car il a remarqué que les mêmes formes d'échinides se trouvaient à la fois dans la craie d'Angleterre et dans celle d'Irlande.

De la Pryme (2) a fait connaitre des coquilles provenant des sv: siècle, carrières de Broughton dans le Lincolnshire; S. Gray (5), celles de Reculver-chiff; Sloane (4), les ossements de grands animaux découverts en Angleterre, qui sont des restes d'Éléphant et de cétacés, et non ceux d'une race éteinte de géants comme on le croyait avant lui. Baker (5) a donné quelques détails sur les Ammonites, puis il a décrit des échinodermes (6) et des dents d'Éléphant trouvées dans le Norfolk (7). Packer.(8) a signalé quelques circonstances particulières de fossilisation, M. Gilkes (9) a traité des pétrifications du Derbyshire; J. Hit (10), de l'histoire géné-

(1) Lettres à Lister, Philos. transac., n° 243, p. 279. — [d., sur les fossiles des environs d'Oxford. — 1b., vol. XVII, p. 746, 1693. — Jd., sur les pierres figurées du pays de Galles. 1b., vol. XXE. p. 187.

(2) Philos. transact., n° 266, p. 677.

(3) Ibid., vol. XXII, n° 268, p. 762.

(4) An account of Elephante teeth, ib., XXXV, n° 405, p. 457, 404, 497. — Mém. de l’Acad. r. des sciences pour 1727, p. 505.

d) Philos. transact., vol. XEVI, n° 491, p. 37.

6) Ibid., vol. XLIV, n° 482, p. 432.

7) Ibid., vol. XUHE, n° 475, p. 3351. — Hamb. Magaz., vol. 1, p. 455. 8) Ibid., n° 19, p. 529.

9) Ibid., 1740, p. 352.

(10) | The History of fossils containing the history of metals and gems

or fossils buried in the earth of deluge, ete., in-P. Londres, 1748. -

Géologues stratigraphes.

rale des fossiles; F. Parsons (1), des échinodermes pétrifiés, puis des fruits et autres corps fossiles de l'île de Sheppey (2), ainsi que Jacob (5), tandis que Pennant (4) a mentionné des Fungies et d'autres polypiers ; J. Brewer (5), les lits d'Huitres des environs de Reading (Berks); S. Dale (6), les coquilles fossiles de: falaises d'Harwich, et, plus anciennement, Hatley (1), les pétrifications de Hunton (Kent).

Quelques observateurs, purement stratigraphes, se sont fait connaitre, dans la première moitié du xvin‘ siècle, par lenrs travaux sur les couches secondaires que nous appelons aujourd'hui jurassiques et crétacées, dans le Somersetshire, le Bedfordshire et le Kent. Ce sont Holloway, Packe et Strachey, qui étaient certainement dans une voie de recherches plus exactes et plus rationnelles que la plupart de leurs contemporains du continent. Ainsi, l'existence des collines crayeuses et sableuses, en zones parallèles dans le Bedfordshire, est constatée par Holloway (8), et le mème fait est encore mis plus en lumière par une bonne description de la triple rangée de collines de craie, de pierre de Kentish rag et d'argile traversant le comté de Kent, description donnée par Packe, auteur d'une earte chorographique de la partie orientale du même pays, publiée en 1750. Vers le même temps, Strachey, dans ses communieations à la Société royale, décrivait le district houiller du Somersetshire. [I signalait la position inclinée des strates carbonifères et celle au contraire horizontale des dépôts rouges et du lias qui les recouvrent. Ses coupes font voir qu'il comprenait

Voy. aussi : J. Williams, Hist. nat. du règne minér. de la Grande-Bretagne.

(1) Philos. transaci., vol. XLIX, p. 159.

(2) Philos. transact., vol. L, p. 596, 1757. — An account of the impressions of plants of coals, p. Mendes da Costa, tb, p. 298.

(3) Plantæ in Hortus Favershamiensis, m-12. Londres, 1777.

(4) Philos. transact., vol. XLI\, p. 513.

(>) 1bid., vol. XXII, p. 484,

(6) 1hid., vol. XIV, n° 291, p. 1568.

(7) lbid., vol. XIV, p. 463. — Acta erudit., p. 371, 1685.

(8) Ibid., 1725.

très-bien la succession régulière des strates de ce pays, depuis la craie, les calcaires oolithiques, le lias, les couches rouges, le terrain houiller, le ealeaire métallifère des Mendip-Hills, ete., mais l'explication qu'il en donne était peu propre à généraliser les faits. De son côté, Ch. Leigh avait dès 1700 publié à Oxford un mémoire sur le Cheshire, le Lancashrre et une partie du Derbyshire. Dans le chapitre vi du livre [, il traite des pétrifications, qu'il prend pour des jeux de la nature,

En 1760, le révérend J. Michell publia un travail sur la cause et les phénomènes des tremblements de terre, et il se prononça, d'une manière plus formelle que ses prédécesseurs, sur la succession régulière des masses. Il observa que, dans la structure de la terre, on trouve toujours des zones de diverses masses minérales qui se suivent parallèlement pour s'élever vers les crêtes des principales chaines de montagnes, proposition qu'il déduisit de la considération de celles du nord et du sud de l'Amérique, aussi bien que de celles de l'Angleterre. Dans ce dernier pays il étudia la direction générale des couches et celle des chaines qu'elles constituent, courant du N.-E. au S.-0.; il remarqua, comme Lister, la continuité des collines de craie qui s'étendent de chaque côté du détroit, et il ajouta qu'il serail aisé de démontrer la succession normale des couches de toute l'Angleterre, comme il l'a d'ailleurs prouvé en publiant, en 1788, la série des terrains de ce pays, depuis la craie Jusqu'au terrain houiller. C'était quelque chose certainement de plus complet que ce que Werner donnait dans le même temps pour l'Allemagne centrale et de tout à fait comparable aux résultats de Lehmann et de Fuchsel, Quant aux idées générales, elles étaient aussi plus précises et plus avancées que ce que l’on avait dit jusque-là sur le continent.

Whitehurst, en 1778, dans ses recherches sur la formation de la terre, insiste également sur la succession des couches, et la confirme par une relation exacte et complète de la structure géologique du Derbyshire. De la ressemblance des roches appelées toadstones avec la lave des volcans, de leur position et de leurs effets, il a conclu qu’elles devaient avoir surgi de l'mté-

Paléontologistes iconographes,

Invertébres,

rieur et avoir élé injectées violemment à travers les couches supérieures qu'elles ont dérangées. Il a peu laissé à fanre à ceux qui sont venus après lui, relativement au calcaire carbonifère etau terrain houiller de ce pays. Malheureusement des idées cosmogoniques, au moins inutiles, viennent gâter ce travail, d'un mérite réel à tout autre égard, et qui fut continué par Kier pour le sud du Staffordshire, où ce dernier traite du calcaire, de la houille et des basaltes.

La publication des fossiles du Hampshire, que firent Brander et Solander (1) en 1766, comprend ceux des argiles tertiures marines des falaises de Barton. Cette localité est bien déerite par les auteurs qui rejettent les idées de Woodward, suivant lesquelles ces dépôts auraient été produits par le déluge. Les coquilles fossiles, disent-ils, se rencontrent partout, aussi bien sur les montagnes que dans les plaines, toujours en mmense quantité, et beaucoup d’entre elles n’ont plus leurs analogues que sous les tropiques. Presque tous les végétaux, les Grocodiles, les poissons, les Éléphants sont dans le même eas. Les Ammonites, les Bélemnites, etc., actuellement inconnues, vivent peut-être encore à de très-grandes profondeurs, dans des régions inexplorées, mais parmi les fossiles figurés un très-petit nombre sont connus à l'état vivant dans les mers Britanniques ou même sur les côtes d'Europe, et le plus grand nombre, au contraire, serait tout à fait différent des animaux observés dans la faune actuelle.

Barrington (2) s’est également occupé d'un fossile trouvé près de Christ-Church, et Walcoll (3) a donné des descriptions avec figures des pétrifications recueillies aux environs de Bath.

(1) Fossilia Hantoniensia collecta et in museo Britannico deposita à G. Brander, n-4, 9 pl. Londres, 1766. — Brander a publié seul une dissertation sur les Bélemnites (Philos. transact., vol. XLVIIF, p. 803).

(2) Philos. transact., vol. LAIT, p. 171, 1775.

(3) Descript. and Figures, etc., in-8 avec 16 pl. Bath, 1779. — Voyez aussi : Lettre sur les endroits d'Angleterre où l'on trouve le plus de fossiles (Hordwel, Solbury, environs de Bristol, Ipswich, ile Sheppey, Farringdon, Reading, etc.). (Mélanges d'hist. natur. d'Alléon Dulae, vol. 1, p. 317, 1765.)

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